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LE 



BIBLIOPHILE 



BELGE 



Bruxelles. — Fr. Gobbaerts, imprimeur du Roi, rue de la Limite, 21. 



o 

LE 



Bibliojïljile 



"BELGE 



BULLETIN MENSUEL 

PUBLIÉ 

SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ 

DES 

BIBLIOPHILES DE BELGIQUE 



Douzième année. 




THEODO. MARTIN 



^BRUXELLES 

Chez Fr. J. OLIVIER, Libraire 
II, T^e des T^aroissiens 

MDCCCLXXVII 









^ • 



I REdlL BIMIP 



BOURGMESTRES DE LIEGE 



Le Recueil héraldique des bourgmestres de la noble cité de 
Liège est un des livres les plus répandus et les plus estimés dans 
l'antique ville de saint Lambert : il ne s'y trouve pas seulement 
sur les rayons de toute bonne bibliothèque, on le rencontre 
encore chez la plupart des vieilles familles liégeoises, d'origine 
patricienne ou bourgeoise. 

Ce n'est guère que depuis dix ans que l'on connaît le véritable 
auteur, Louis Abry, de cet ouvrage intéressant; jusque là il 
avait été universellement attribué à l'avocat Loyens, qui n'en fut 
que l'éditeur. Nous avons exposé dans le Bibliophile belge |i) ce 
fait étrange, inexplicable, d'un écrivain qui se vit, pour ainsi dire 
de son vivant, dépouillé de la propriété de son œuvre. En effet, 
le Recueil héraldique était imprimé, sauf les pièces préliminaires 



(i) Voyei\e Bibliophile belge, 1867, p. 170. 
ToHi zu. 



et les tables, lorsque Louis Abry mourut, le 18 juillet 1720; 
le 14 août suivant, le Conseil de la cité, dans une assemblée où 
siégeaient soixante-six personnes des plus considérées de la ville, 
décernait publiquement à « Fauteur dudit Recueil » une médaille 
d'or portant cette inscription : 

Leglœ DonVM CIVI sYo LoYens (1). 

Celui qui fut, d'une façon si singulière, l'objet de cette récom- 
pense civique, eut soin de faire reproduire la médaille, sous ses 
deux faces, au dernier feuillet du livre (2). 

Quoi qu'il en soit, le Recueil fit fortune : outre le véritable 
intérêt historique qu'il présente, il flattait l'amour-propre des 
membres du Magistrat dont il donnait les armoiries et les généa- 
logies ; aussi fut-il largement subsidié par la ville, qui souscrivit, 
en outre, à vingt-quatre exemplaires (au prix de 5 florins) des- 
tinés aux bourgmestres et aux conseillers. En somme, au double 
point de vue de l'honneur et de l'argent, l'avocat Loyens fit une 
excellente afifaire. 

Il nous apprend lui-même que l'accueil fait à ce livre l'engagea 
à continuer 5on Recueil héraldique (3). On trouve, en efifet, dans 



(1) On lit dans les comptes de la cité : 1719. « Payé au sieur Duvivier, 
graveur, pour la médaille d'or présentée au sieur advocat Loyens pour la 
recognoissance du livre héraldique, et la gravure d'icelle, 284 fis. » — 1720. 
« Au sieur Loyens, pour payer la façon et fournir le reste de l'or de la médaille 
que la ville lui a fait présent, 200 fis. » (Voy. Bullelin de V Institut 
archéol. liégeois, VII, SgS.) 

(2) Voyez le Recueil héraldique, page 58i . La suite de l'inscription, que cette 
médaille porte au centre, est toutefois moins explicite : Obfastos consulares 
publico datos, ex S. C. 

(3) Voyez Continuation du recueil héraldique, page 1 . 



3 

presque tous les exemplaires de cet ouvrage, vingt feuillets por- 
tant une pagination spéciale, avec ce titre : Continuation du 
recueil héraldique, avec un petit traité des mahais de la cité 
de Liège (i). Cette continuation, qui concerne la magistrature 
de r^janée 1720, neut pas de suite. Loyens mourut-il en 1721 ? 
Fut-il autrement empêché de poursuivre son entreprise? Je 
rignore. 

Toujours est-il que, pour le moment, il ne fut plus question 
de continuer le Recueil héraldique. Mais, afin de perpétuer le 
souvenir des magistratures subséquentes, le Conseil de la cité fit 
représenter, par la sculpture ou par la peinture, à Thôtel de ville, 
les blasons géminés des nouveaux bourgmestres élus chaque 
année au mois de septembre; ce furent d'abord des groupes 
sculptés qui ornèrent les endroits les plus apparents du vesti- 
bule (2) ; plus tard, à mesure que Tespace devenait plus restreint, 
ce n'étaient plus que des peintures, qui envahirent bientôt les 
moindres places disponibles de l'édifice. En moins de cinquante 
ans, tout était occupé et, en 1767, l'on ne trouva plus d'endroit 
convenable pour faire figurer les armes des barons Vander 
Heyden et de Hayme, élus le 29 septembre. 



(1) Dans mon exemplaire, qui est celui de Simon-Joseph Abry, fils de l'au- 
teur (sa signature se trouve sur le titre), la carte des mahais est suivie d'un 
faSum intitulé : Transaàion faite par MM. les bourgmestres... touchant le 
procès intenté par le syndic des areines contre les maîtres de la fosse délie 
Cave. M. deTheux, dans sa. Bibliographie liégeoise, tome I, p. 212, ne men- 
tionne pas cet opuscule comme devant faire partie du recueil. x 

(2) 14 septembre 1764 : c< Le Conseil ordonne au rentier de payer 40 florins 
au sculpteur Vivroux pour les armes des seigneurs bourgmestres dans le 
vestibule de l'hôtel de ville, et à Gérard, 3o fis., pour les avoir peints et dorés. » 
(Heg. aux reces de la cité de Liège, 1761 à 1765, fol. 222.^ 



Le Conseil décida alors, par recès (décision) du 20 juin 1768, 
qu un album spécial serait ouvert à' l'effet dy représenter par la 
peinture, sur des feuillets en parchemin, les armoiries de tous 
les bourgmestres qui avaient administré la cité depuis la clôture 
du Recueil héraldique, c'est-à-dire depuis 1720. 

Voici le texte de ce recès : 

« Comme les armoiries des seigneurs bourgmestres, qu'on est 
en coutume de faire sculpter et peindre chaque année dans les 
vestibules et autres places de l'hôtel de ville, coûtent considéra- 
blement à la cité, et que celles j déjà placées, occupant toutes les 
places qui pouvoient être propres à cet usage, il faudroit, si on 
devoit continuer, couper dans les tapisseries, peintures et sculp- 
tures, ce qui ne pourroit se faire sans beaucoup de fraix et sans 
gâter des ouvrages de grand prix ; outre que des armoiries mul- 
tipliées et placées les unes sur les autres ne pourroient autrement 
que de faire un très-mauvais efifet : le Conseil, pour mettre fin à 
ces dépenses et prévenir tous inconvénients, ordonne que les 
armoiries des seigneurs bourgmestres élus depuis 1720 soient 
peintes dans un livre en parchemin, dans lequel les armoiries des 
seigneurs bourgmestres à élir seront égallement peintes chaque 
année, sans qu'on puisse en placer aucunes, en peinture, sculp- 
ture ni autrement, dans les vestibules et autres places de l'hôtel 
de ville (i). » 

En conséquence, on s'entendit avec le peintre Racle qui s'en- 
gagea à reproduire quatre armoiries sur chaque feuillet, au prix 
de 1 2 florins ; on lui donna, en outre, 5 florins pour l'achat du 
parchemin. Au mois de septembre. Racle avait terminé sa 
besogne, et le receveur de la cité lui comptait 36o florins ; le sieur 



(1) Registre aux reces, ^t 1765 à 1768, fol. 246 v®. 



5 

CoUin reçut 60 florins pour avoir écrit les noms et titres des 
bourgmestres sous leur blason respeftif (i). 

Cet album, qui était autrefois conservé au grand-greffe de la 
cité, existe encore. 

C'est un grand volume in-folio piano, de 88 feuillets .de par- 
chemin, mesurant 60 centimètres en largeur et 5o en hauteur. 
Un côté seulement des feuillets a été utilisé. Chaque page peinte 
ou écrite est encadrée d'ornements divers, de couleurs et de des- 
sins variés, souvent entremêlés de fleurs, et quelquefois d'inseftes 
ailés. 

Le verso du premier feuillet représente le péron de Liège, 
entièrement doré ; quatre anges soutiennent, suspendus à des 
guirlandes, deux médaillons rouges où on lit les lettres L et G. 

Le verso des feuillets 2, 8, 29, 5i, 61, yS et 87 est consacré 
tout entier aux armoiries respeftives des princes-évêques J.-C. de 
Bavière, de Bergh, J.-Th. de Bavière, d'Oultremont, de Vel- 
bruck, de Hensbrouck et de Méan. En regard, c'est-à-dire au 
reâo du feuillet qui suit chacun de ces blasons, on trouve les 
huit quartiers respeftifs de chaque prince et un texte relatant son 
éle£lion. 

Trente-six autres feuillets portent, également au verso, les 
armoiries des deux bourgmestres de deux années, c'est-à-dire 
quatre blasons. Au verso du feuillet 4®, figurent les armoiries 
des bourgmestres de 1720 et 1721 : ce sont les premiers; au 
verso du feuillet 85, celles des bourgmestres de 1791 et 1792 ; ce 

sont les derniers. En face (au refto de chaque feuillet qui suit) se 

» 

lit le texte relatif à la rénovation magistrale des deux années 



(1) Recès des i5 avril, 6 juin, 14 et 16 septembre 1768. (Registre do lySS à 
1768, fol. 224 yo, 240, 253 yo, 260,) 



correspondantes, avec les noms des présidents, des conseillers, 
des élus, etc. (i). 

Les feuillets 32 vo et 43 v® se distinguent en ce qu'ils ont un 
blason de plus que les autres, par suite du remplacement, pen- 
dant les années 1744 et lySy, de deux bourgmestres morts dans 
l'exercice de leurs fondions. 

Le feuillet 81 v^ offre une autre particularité : en-dessous des 
armoiries des deux bourgmestres de 1788, sont peintes, dans de 
petits médaillons ou écussons ovales, les armoiries des vingt con- 
seillers de cette année, avec cette note : Ces armes ont été faites 
aux frais de messeigneurs les conseillers. 

Les feuillets 83 v© et 84 r^ sont entièrement bâtonnés; ils se 
rapportent aux deux bourgmestres régents et aux deux bourg- 
mestres corégents « nommés à la dignité magistrale par le peuple, 
à la suite de l'heureuse révolution du 18 août 1789. » Le Magis- 
trat issu de la révolution s'était, en effet, empressé de faire 
peindre ses armoiries dans le registre officiel ; mais un des pre- 
miers soins de la Commission impériale, après la rentrée du 
prince-évêque, fut de se faire apporter « le grand livre en vélin qui 
repose dans les archives de l'hôtel de ville et de faire rayer, can- 
celler et bâtonner sous ses yeux les armes des révolutionnaires, 
afin qu'il ne restât aucun vestige de cette magistrature intruse (2). » 



(1) Il paraît évident que les feuillets, non reliés lorsqu'on y a peint les armoi- 
ries, étaient destinés à être réunis en volume, de façon à présenter les blasons 
au reélo de chacun. Mais lorsque Ophoven eut écrit des textes sur de nouveaux 
feuillets, il a, en les intercalant dans les anciens, adopté la disposition que je 
viens d'indiquer, afin de mettre les textes en regard des armoiries des bourg- 
mestres auxquels ils se rapportent. 

(2) HiNNisDAEL, le Chapitre de Véglise Saint-Lambert à Liège, tome V. 
(Manuscrit appartenant à M. X. de Theuz.) 



. 



Il est étonnant, et en même temps fort heureux, que, dans ces 
temps de troubles et de haines, on n ait pas arraché et déchiré ces 
deux feuillets, mais qu'on se soit contenté de barrer très-pro- 
prement à Tencre, en se servant d une règle, les deux pages 
odieuses. La Commission impériale exigea toutefois, au bas du 
texte révolutionnaire, l'insertion de cette note : 

« L'exécution décernée par les sentences de la supérieure 
Chambre impériale, en date des 27 août et 4 décembre 1789, 
contre les insurgés liégeois, aiant été arrettée par différens événe- 
meps et eu le succès désiré par les secours généreux du nouveau 
chef de l'empire, Sa Majesté Impériale Léopold II, comme duc 
de Bourgoigne, dont les trouppes auxiliatrices sont entrées dans 
la cité de Liège le 12 janvier 1791 (les membres de la régence 
rebelle et intruse de la cité, dont les principaux chefs s'étoient 
déjà enfuis en suivant l'impulsion de leur mauvaise conscience, 
aiant été démis de leurs places conformément aux sentences sus- 
dites, et le Magistrat légitime, qui avoit été expulsé par les 
rebelles, remis et restitué dans ses fondions en vertu des mêmes 
sentences), la Commission impériale chargée de cette exécution 
a fait biffer le faux narré cy-dessus, repréhensible tant par les 
monumens de la révolte qu'il devoit transmettre à la postérité, 
qu'à cause des tirades et calomnies audacieusement osés contre 
les évêques et princes prédécesseurs de la aérénissime maison de 
Bavière contre le légitime prince-évêque aéluellement régnant 
et le tribunal suprême de l'Empire. 

« Donné à Liège, le 27 de juillet 1791. 

« Par ordonnance de la commission impériale. (Signé) Lem- 
MEN (i). » 



(1) Voyez Bibliothèque de Vuniversité de Liège; catalogue des manuscrits, 



8 



C*est sur les feuillets encore détachés de cet album que Racle 
peignit chaque année les armes des deux nouveaux bourgmestres, 
jusqu'à sa mort, arrivée vers 1775. 

Le peintre Hanson fut désigné pour le remplacer ; le 21 août 
1776, il reçut 12 florins « pour avoir peint les armes de la 
présente et de la précédente régence, à la grande satisfaction 
du Magistrat (1) ; » le 19 septembre de Tannée suivante, 
on lui paya 8 florins pour l'encadrement d'un feuillet, et 
autant pour les blasons des bourgmestres qui venaient d'être 
élus (2). 

Cependant ce registre, quelque beau qu'il fût, ne pouvait tenir 
lieu d'un livre imprimé. C'est ce que comprit le procureur général 
et syndic Ophoven, qui forma, en 1779, le projet de continuer le 
Recueil héraldique (3), en utilisant à cet effet le manuscrit con- 
servé au grand-greffe. Mais, pour cela, il fallait avant tout com- 
pléter ce dernier, en y ajoutant toute espèce de renseignements 
à l'instar du livre d'Abry, notamment les généalogies des bourg- 
mestres, les noms des présidents et des délégués aux éle£tions, la 
liste des conseillers, etc. Ophoven offrit d'abord au Conseil de se 



1875, no 854, page 562. Il est très-tâcheux que l^administration communale 
actuelle n*ait pas trouvé d'autre registre à offrir à la signature de l'ambassade 
marocaine, le 3 juillet 1876. Heureusement, le feuillet de garde seul a servi à 
cet usage. 

(1) Reg. auxreces, 1775 "à 1777, fol. 140. 

(2) Reg, aux reces, 1777 à 1778, fol. 64 v®. On remarquera que chaque 
blason, payé précédemment 3 fis., en coûte présentement 4. 

(3) Ophoven est aussi l'auteur d'un manuscrit avec armoiries, intitulé 
Recueil historique et généalogique des régents ou mambours du pays de 
Liège, dédié au prince de Rohan, qui fut élu mambour de la principauté 
le 14 septembre 1790. Ce manuscrit appartient à M. de Theux. 



charger de cette besogne à raison de 25 florins la feuille • or 
comme, depuis 1720, cinquante- neuf régences s'étaient succédées 
à Liège, la dépense totale eut été de 1,475 florins. Les députés du 
Conseil acceptèrent ces propositions ; mais le chiffre parut sans 
doute un peu élevé au Conseil même, qui les repoussa. Nous 
devons supposer qu'Ophoven rabattit alors de ses prétentions, et 
s'engagea à faire exécuter le travail par son fils Henri, pour une 
somme de 800 florins. Il accompagna cette offre, le 28 mai, de 
la supplique suivante : 

« Messieurs les Bourgmestres et Conseil de la 

NOBLE CITÉ DE LiÉGE, 

« Lorsque le très-humble soussigné est convenu, avec Mes- 
sieurs les députés, parmi vingt-cinq florins pour chaque feuille, 
qui contiendra, outre les noms des deux seigneurs présidents à 
Téleftion, des six dénommés et des vingt conseillers, les généa- 
logies des quatre bourgmestres : il avoit en vue de rendre l'ou- 
vrage reposant à votre grand-greffe, aussi util qu'il est beau ; et 
comme cela ne lui coûtoit que les peines de son fils, il espéroit se 
dédomager des grands fraix qu'il sera obligé de faire pour l'im- 
pression de cet ouvrage et pour la gravure de 122 armoiries 
ornées de leur cimiers, supports et couronnes telles que les 
feuilles le portent aujourd'huy (i). 

« Vos Seigneuries pensent peut-être que le premier volume 
n'a rien coûté à la ville, sinon une médaille d'or : mais c'est une 
erreur; outre 1,600 florins que le Magistrat de l'an 1778 (2) a 
donné au sieur Abry, héraut d'armes, monsieur l'avocat Loyens 



(1) La continuation d'Ophoven, de 172031779, contient 129 blasons; mais 
ils ne sont accompagnés d*aucun ornement extérieur de Técu. 

(2) Lisez : 1718. 



10 



en a reçu plus de 900 florins, ainsi qu il est aisé de le vérifier par 
les registres aux comptes (i). 

« Peut-être vos Seigneuries diront-elles que 825 (2) florins que 
coûtera cet ouvrage, est une dépense pour la ville : cela est vrai ; 
mais aussi cet ouvrage, outre qu'il transmettra aux siècles à 
venir les noms des seigneurs bourgmestres et de messieurs les 
conseillers qui ont gouverné cette cité, il deviendra aussi util aux 
descendans de ces familles consulaires, qui y trouveront leurs 
généalogies, dont ils pouront avoir besoin un jour. 

« Le seigneur bourgmestre de Hayme de Bomal a aggréé ces 
raisons, et en conséquence il s'est rendu samedi dernier au greffe 
où il a déclaré qu'il consentoit que, pendant son absence, vos 
Seigneuries finiroient cette affaire. » 

Signé: « Le sindic Ophoven (3). » 



(1) Voici les postes que j*ai relevés dans les comptes de la cité, touchant les 
subsides accordés par la ville pour le Recueil héraldique : en 1717, fis. 60 pour 
papier et copie ; en 1718, fis 200 « pour faire achever le Recueil héraldique ; » 
en 1719, fis 245 à Gramme (imprimeur), pour le livre héraldique et le correc- 
teur ; en 1721, fis. 120 à Gramme pour 24 exemplaires du livre héraldique 
livrés à MM. les bourgmestres et conseil. Le conseil partagea aussi, peut-être 
même supporta seul les frais des plans de Thôtel de ville dont le volume est 
orné; il paya : en 1716, fis. 760 au sieur Sarto, ingénieur, pour ses dessins de 
ITiôtel de ville; en 1719, aux sieurs Duvivier, graveur, et Léonard, 827 fîs. 
pour dessins et gravure du plan de la maison de ville ; la même année, 3i6 fis. 
à Léonard pour le papier et impression du plan de la maison de ville; 
en 1721, fis. 20 à G. Duvivier pour avoir gravé les armes des bourgmestres 
sur la première feuille du plan de Thôtel de ville ; la même année, 97 fis. 
à J. Fontaine pour avoir imprimé cent exemplaires de Thôtel de ville. 
Total : 2010 fis. 

(2) Lisez : 800. 

(3) Recès de la cité, 1778 à 1780, fol. 87 v«. 



Il 



Le projet du syndic fut agréé le 4 juin, àTunanimité des mem- 
bres du Conseil, et trois jours après, le receveur de la cité paya 
un à-compte de 3oo florins (1) ; le 18 septembre, Ophoven, ayant 
terminé sa tâche, reçut 5oo florins destinés à parfaire la somme 
convenue; le Conseil accordait en outre deux louis à son fils 
« en récompense des soins qu'il s'est donné à perfectionner cet 
ouvrage et pour l'encourager à faire des progrès dans les beaux- 
arts (2). » 

Cette besogne achevée, Ophoven travailla aftivement à l'œuvre 
qu'il comptait livrer au public ; au mois de septembre, il présenta 
au Magistrat la dédicace de son livre, et reçut une « rémunéra- 
tion » de dix louis, à condition de présenter un exemplaire à 
chaque membre du Conseil (3); le 22 septembre de Tannée sui- 
vante, on lui accorda une nouvelle subvention de 100 florins 
« pour continuer l'ouvrage qu'il a entrepris (4). » 



(1) Recesde la cité, 1778 à 1780, fol. 88 v®. 

(2) c< Attendu que notre syndic Ophoven a entièrement achevé la continua- 
tion du Recueil héraldique jusqu'à cejourd*hui, sur les feuilles de vailin lui 
délivrées au grand- greffe (en conformité de sa suplique présentée le 28 mai 
dernier et autres mémoires délivrés auparavant en suite de, l'autorisation et 
convention du 4 juin suivant), pour être ledit ouvrage joint avec les feuilles 
contenantes les armes des seigneurs bourgmaistres élus après le Recueil 
héraldique (1720), reposantes au grand-greffe, etc. {Registre aux recès, 1778 
à 1780, fol. 140 vo.) 

(3) Vu la lettre dédicatoire présentée au magistrat par le syndic au sujet de 
la continuation du Recueil héraldique qu'il a entreprise pendant la régence 
précédente, auquel il aurait ajouté, depuis l'an 1720, les noms des seigneurs 
conseillers privés de S. Â. qui ont présidé aux élections magistrales, ceux des 
seigneurs nommés à chaque magistrature et qui ont échus au sort.... » 
(Registre aux recès, 1778 à 1780, fol. 247 v®.) 

(4) Registre aux recès, 1780 à 1785, fol. gS v». 



12 



Ce ne fut toutefois qu'au mois de juin 1782 que le manuscrit 
fut prêt pour l'impression; Ophoven le soumit au Magistrat qui 
le renvoya à l'examen du conseiller Piron, chargé de prendre 
aussi « les arrangements convenables pour la gravure des armes 
et impression de ce Recueil, qui devra être dédié au Magistrat 
régent, et faire rapport (1). » 

Ce rapport fut favorable, et le 9 août, le Conseil, « voulant 
seconder cette entreprise aussi utile que nécessaire (sic), et par- 
venir à l'impression de cet ouvrage, » décide de faire à Ophoven 
une avance de 2,000 florins, avec lesquels il devra entreprendre à 
ses risques et périls la publication du Recueil, sous la surveillance 
du bourgmestre de Bourguignon et du conseiller Piron. Le fond 
de l'ouvrage, les biens du syndic, sa propre personne devaient 
servir de caution pour le remboursement, dans l'espace d'une 
année, de la somme prêtée (2). Il fut stipulé, en outre, le 23 du 
même mois, quele conseiller Piron, dépositaire des 2,000 florins, 
payerait l'imprimeur; que tous les exemplaires de l'ouvrage 
seraient déposés à l'hôtel de ville; qu'on en remettrait cent à la 
fois à Ophoven pour les vendre et en verser le produit à la caisse 
communale jusqu'au complet remboursement, qui devait être ' 
efFe£hié avant le i^r septembre 1783 (3). 

Aussitôt qu'Ophoven eut connaissance de ces conditions, il 
protesta, et, le 3o août, il refusa en plein Conseil de s'y soumet- 
tre. Le contrat fut annulé séance tenante, et le Magistrat ordonna 
que le registre sur vélin, relié en maroquin (qui servait sans doute 
de guide pour les armoiries et avait été confié au syndic) fût rap- 



(i) Registre anx recès, 1780 à 1785, fol. 111 v». 

(2) Ibidem, fol. 122. 

(3) Ibidem, fol. i25 yo. 



i3 

porté dans les trois jours à la bibliothèque de la ville ou au grand- 
greffe de la cité. Cette ordonnance fut renouvelée le 14 sep- 
tembre (i). 

Cependant Ophoven, ayant rompu avec la cité, ne savait où 
se procurer de largent pour imprimer son livre. Ne voyant aucun 
moyen de sortir d^embarras, il vint à résipiscence au bout de trois 
mois, et présenta à la ville, à Feffet d'entrer en accommodement, 
un mémoire que nous ne possédons malheureusement pas ; tout 
ce que Von en sait, est qu'il demandait un prêt de 2,000 florins 
remboursables avant le i^r septembre 178 3; qu'il consentait à 
fournir, comme gage, cinq cents exemplaires (2) de l'ouvrage ; que 
l'impression de celui-ci devait être achevée avant le i«r mars. Ces 
conditions furent acceptées le 25 novembre 1782 (3), et il semble 
qu'Ophoven n'eût plus qu'à livrer son manuscrit à l'imprimeur, 
lequel n'était autre que son neveu, le sieur Bourguignon. Il n'en 
fut rien cependant, car le 3o mai 1783, ce manuscrit était encore 
entre les mains du « censeur des livres » et recevait Vimpri- 
matur. 

Le 14 avril précédent, l'auteur avait été, nous ne savons pour- 
quoi, appelé à comparaître en séance du Conseil; tout ce que les 
recès nous permettent de deviner, est que le receveur de la ville 
reçut défense de lui avancer plus de 200 florins sur les 2,000 
qu'on lui avait promis (4). 



(1) Registre aux recès, 1780 à 1785, fol. 126 v« et i33 v®. 

(2) Peut-on conclure de là que l'ouvrage ne fut tiré qu'à 5oo exemplaires? 
Nous ne le pensons pas, car s'il en eût été ainsi, 34 exemplaires seulement 
auraient circulé dans le public en cinq années. Voy. plus loin le recès du 
19 septembre 1788. 

(3) Registre aux recès, 1780 à 1785, fol. 166 v®. 

(4) Ibidem, fol. 202, 202 v». 



l,a condition du contrat relative à la date où le livre devait être 
achevé, n'ayant pu être remplie, il était nécessaire de prendre de 
nouveaux arrangements. C'est pourquoi nous retrouvons, le 
28 juin, Ophoven, accompagné de son neveu, à la séance du 
Conseil. Là il fut stipulé que les 925 florins qui restaient 
à payer (i) seraient remis à Bourguignon; que celui-ci déposerait 
au greffe, avant le 10 août, cinq cents exemplaires complets delà 
continuation du Recueil héraldique, en garantie du rembourse- 
ment des 2,000 florins prêtés ; qu'Ophoven, « pour achever la 
totalité de l'impression des tailles-douces, » abandonnerait à son 
neveu les deux tiers de ses appointements de syndic, à échoir le 
25 janvier 1784 (2). 

La continuation du Recueil héraldique, comprenant 248 pages, 
fut effeflivement imprimée et livrée au public dans le courant 
de 1783; elle contenait même la magistrature de cette année et 
les faits qui se passèrent à Liège jusque dans le mois de mai. De 
ce côté, Bourguignon et Ophoven se trouvaient donc à peu près 
en règle. Mais le i^r septembre et l'année entière passèrent sans 
que le remboursement des 2,000 florins prêtés par la ville fut 
opéré. On prit patience pendant une bonne partie de 1784 ; mais 
le 19 juillet et le 9 août de cette année arrivèrent deux invitations 
à s'exécuter dans la huitaine, « sinon sera agit pour faire vendre 
les exemplaires du Recueil reposants à l'hôtel de ville (3). » Les 
choses traînèrent encore pendant plus de deux ans, et enfin, le 
18 septembre 1786, Ophoven ayant déclaré qu'il ne pouvait s'ac- 
quitter de sa dette, le Conseil déclara que les cinq cents exem- 



(1) Ophoven n'avait donc encore reçu que loyS fis. comme avance. 

(2) Registre aux recès, 1780 à lySS, fol. 229 v®. 
{3)/W</em, i783ài785, fol. 120, i25. 



i5 

plaires de son livre étaient sa propriété ; il en fut donné un 
à chaque membre du Magistrat ; les autres devaient être dis- 
tribués en prix, chaque année, aux étudiants du Grand collège 
(Jésuites). 

Ce fut l'occasion, pour Tadministration communale, de faire 
preuve de délicatesse et de générosité : ayant calculé qu'au 
prix de 5 florins (auquel se vendait l'exemplaire) le fonds qu'elle 
possédait représentait une somme de 25oo florins, c'est-à-dire 
supérieure de 5oo florins au montant de sa créance, elle ordonna 
au receveur de la cité de verser cet excédant entre les mains du 
sieur Ophoven pour l'engager à continuer son œuvre (i). 

Il ne paraît pas, toutefois, que le syndic se soit occupé immé- 
diatement de poursuivre son livre. Ce ne fut même, semble-t-il, 
que sur l'ordre exprès du Magistrat qu'il fit paraître, après deux 
ans, les pages 249 à 284 (9 feuilles in-folio) du Recueil, relatives 
aux magistratures des années 1782 (suite) à 1787 inclus. En effet, 
le 19 septembre 1788, le conseil de la cité approuva et fit payer 
à Ophoven un état de 932 florins « pour avoir fait imprimer, 
aux ordres du Magistrat, neuf feuilles d'ajoutés à la continuation 
du Recueil héraldique, selon la convention, pour compléter 
466 exemplaires restant à la ville (2). » 

Le conseiller Ansiaux ayant été chargé d'examiner cet état, 
profita de l'occasion pour déclarer « qu'il serait d'avis, pour reti- 
rer une partie de la dépense que cet objet a occasionné, d'inviter 
nos successeurs à remplacer par des exemplaires de cet ouvrage 
une partie des prix que l'on est dans la coutume de distribuer 
aux étudiants du Grand collège, ne fusse que pour une centaine 



(1) Registre aux reces, 1785 à 1788, fol. gS. 

(2) Ibidem, 1788 à 1789, fol. 33 yo. 



i6 

de florins par an. » Ainsi donc, cette mesure n'avait pas été 
prise, malgré le recès du 18 septembre J786. 

Les pages 249 à 284, tirées sans doute à pareil nombre que 
la continuation même, furent distribuées en feuilles ; aussi s'en 
perdit-il un grand nombre ; elles devinrent tellement rares que 
de nos jours « une vingtaine à peine d'exeitiplaires d'Ophoven les 
renferment, et que leur simple présence augmente d'une centaine 
de francs la valeur du volume (i). » Désireux de rendre service à 
.l'histoire du pays de Liège, et voulant être agréable aux biblio- 
philes, un amateur fit réimprimer en 1862, à cent exemplaires, les 
précieux feuillets, avec un soin capable de satisfaire les plus 
difficiles. « Le format, la pagination et l'orthographe de l'édition 
primitive ont été conservés ; le texte a été réimprimé page par 
page et ligne pour ligne, avec des caraâères analogues, sur du 
papier fait à la main en 181 5, parfaitement identique; les 
blasons ont été gravés en taille-douce, suivant le procédé employé 
pour l'ouvrage original (2). » Notre scrupuleux bibliophile ne 
s'est permis qu'une innovation, à savoir : de joindre aux feuillets 
réimprimés un titre qui permît aux possesseurs d'exemplaires 
déjà reliés, d'en faire une partie distincte. 

Il eut été dommage de s'arrêter en si beau chemin. C'est ce que 
comprit M. X. de Theux, qui s'imposa la tâche de compléter 
enfin cette œuvre intéressante, et de mener le Recueil héraldique 
jusqu'en 1794^ 

Il fit imprimer en i863, chez Carmane, quinze feuilles (y com- 
pris un titre et une table des noms de famille) se rapportant aux 
magistratures des années 1788 à 1794 ; cette troisième Conti- 



(1) Prospe6his de la réimpression des feuilles 249 à 284, en 1862. 

(2) Prospeftus cité. 



'7 

nuation est exécutée sur le même plan que les précédentes, dont 
elle suit la pagination (pages 285 à 342); même format, même 
papier, même genre de gravure. C'est une œuvre vraiment 
utile et, malgré les difficultés qu'elle présentait, parfaitement 
réussie. 

L'intention du Magistrat était, du reste, de ne pas abandonner 
en route cette publication patriotique. On trouve, en effet, dans 
les recès de la cité, une résolution du 7 août 1789, ainsi conçue : 
« Le conseil est d'avis de faire continuer et d'ajouter la feuille de 
la présente régence au Recueil héraldique, au prix de cinq sous 
la feuille, pour compléter le nombre qui restera encore à l'hôtel 
de ville (i). » Mais la révolution ne permit pas de donner suite 
à ce projet : le 18 du même mois, à 9 heures du matin, le peuple 
envahit l'hôtel de ville, déposa les bourgmestres et brisa leurs 
écussons. 

Avant de terminer cette notice, je dois dire que la continua- 
tion du Recueil héraldique n'empêcha pas le Magistrat de tenir 
au courant l'album commencé par Racle ; on y ajouta régulière- 
ment chaque année les blasons des deux bourgmestres, jusqu'en 
1792. Nous avons recueilli, dans les registres aux recès de la cité, 
quelques résolutions qui se rapportent à cet objet. Le 18 sep- 
tembre 1784, le Conseil approuva un état de 1 19 florins Brabant 
(y compris 42 florins pour les régences précédentes) présenté par 
Ophoven fils, pour avoir peint les armoiries des bourgmestres 
de 1781 à 1783, et celles du prince (2). Le 23 septembre 1786, le 
Conseil vota à Ophoven père une somme de 19 florins, pour avoir 
écrit sur quatre feuilles de vélin (non compris les cadres) du grand 



(1) Registre aux recès, 1788 à 1789, fol. i3o v®. 

(2) Ibidem, 1783 à 1785, fol. i58 yo. 

Tome zn. 



i8 

livre relié en maroquin, les généalogies des bourgmestres, depuis 
1780 jusqu'à ce moment, avec celle de Son Altesse (i). Le 
22 septembre de Tannée suivante, Henri Ophoven recevait 
3o florins pour les armoiries des bourgmestres nouvellement 
élus (2). Enfin, le 20 septembre 1788, on lui payait 24 florins 
pour le même objet (3). C'est la dernière mention contenue 
dans les registres aux recès (4). 

S. BORMANS. 



(1) Registre aux recès, ijSb à 1788, fol. io3 v^. — La reliure primitive en 
maroquin est aujourd'hui remplacée par une vulgaire couverture en toile rouge 
chagrinée. C'est regrettable. 

(2) Ibidem, fol. 21 5. 

(3) lindem, 1788 à 1789, fol. 38 vo. 

(4) En 1792, le S3mdic Ophoven fut vi6time d'un fâcheux événement. Des 
paroles imprudentes lui étaient échappées, sans doute, contre le Magistrat, et il 
fut mis en prison. Mais il ne tarda pas à être relâché après rétraâation. 
(Reg. aux recès, 1791a 1792, fol. 139 vo, 141 vo.) 



'9 



LE PEINTRE GRAVEUR 



DES PAYS-BAS 



AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE (i) 



KAISER 



KAISER, /. W. 



1. Débâcle du Rhin. 

L. 0,224. H. o,i35. 

A gauche, la terre ferme, des maisons et un débarcadère, des 
bestiaux et des personnes sauvées y débarquent ; le restant de la 
planche est occupé par les eaux et la glace ; on y voit quelques 
maisons au loin. Marqué au milieu du bas, N^ 1. — (Cette plan- 
che forme le n<> 1 duWaterrarnp dQ i855. Elle est d'après un dessin 
deJ. Pelgrom.) 



(1) Suite. Voir les volumes précédents, passim. 



20 



2. Rupture de la Grebbendijk près de Opheusden. 

L. o,2i5. H. 0,127. 

A droite, un chemin et des arbres. Au fond, un village avec 
clocher pointu. 

Marqué au-dessous, n^ i3. — Dans le Waterramp y sous ce 
numéro. 



MARI TEN KATE 
1. Endignement de la rupture à Speet. 

L. 0,240. H. 0,144* 

Au fond, au milieu de la planche, se voit la rupture ; des tra- 
vailleurs cherchent à l'endiguer, au moyen de travaux circulaires. 

Signé, au bas de la gauche : Mari ten Kate fe. Marquée du 
n^ 11. — Cette planche est à sa place dans le Waterramp 
de i855. 



2. Vue de la rupture de la digne de la Meuse à Poederoijen. 

L. o,2i3. H. 0,125. 

Un homme sur la digue rompue, fait avec son chapeau signe 
à une barquette ; au fond, on voit un village inondé. Porte le 
no 23 du Waterramp. 



21 



3. Maison de paysans merveiUensement préservéeà Âltenaar. 

près d'Elst. 

L. 0,237. H« 0,143. 

La maison est à droite. Elle a été protégée par des arbres entre 
lesquels les glaces sont venues s'accumuler. 
Signé, au bas de la droite : Mari ten Kate. 
Marqué du n^ 24 du Waterramp. 



VANDER KEELEN 

1. Le menuisier. (Pièce en ovale.) 

T. c. L. 0,070. H. 0,098. 

Un menuisier à son établi, entouré d'outils, examine une scie 
à main. 

2. Le blessé. 

L. 0,110. H. 0,148. t 

Un guerrier blessé, assis au pied d*un mur ruiné, près d'un 
sapin, est occupé à se bander la jambe. Il est tourné vers la 
droite ; son épée est à ses pieds. 



I 



22 



VANDER KELLEN Senior 



VâNDEB EELLEN Senior, David. 



1. La vieille. 

L. 0,090. H. 0,100. 

Une vieille femme aveugle, vue de face. 

\^ état. — Avant le travail, à la pointe sèche. 

2« état. — Avec celui-ci. 



2. Le mendiant. 

L. 0,097. H. 0,125. 

Un mendiant debout, le chapeau à la main, et s*appuyant sur 
une canne, à la porte d'une église ; à ses pieds est assise une; 
petite fille, près de laquelle est un panier. 

3. Le dessinateur on portrait de Van Rykelijkhuizen. 

L. 0,095. H. 0,121. 

Un homme portant sous le bras un portefeuille, le cou entouré 
d'une écharpe à carreaux, se dirige en pleine campagne, vers la 
gauche, où se voient dans le lointain deux tours et un moulin. 

Signé, au haut de la droite : V. D. K.f. 



23 



4. Le paysage an ohasseor. 

L* o,o83. H* 0,093. 

A gauche, une ferme près d'une mare d*eau avec quelques 
arbres ; à droite, deux arbres, au pied desquels s'avance le chas- 
seur, suivi de son chien. 

leï" état. — Avant la reprise des ombres, la mare d'eau est 
presque blanche ; rare, six épreuves seulement ont été tirées. 

2« état. — Avec les travaux ajoutés, la pièce poussée au noir. 

5. La femme à la porte de la fenne. 

L. 0,112. H. o,o85. 

Une paysanne qui a puisé de l'eau à une mare, s'en retourne 
vers la ferme qui est à droite et devant laquelle on voit deux 
arbres, entre lesquels est assis un homme. 

6. Le paysage au champ de blé. 

L. 0,112. H. o,o85. 
T. c. L. 0,100. H. 0,072. 

A gauche, un champ de blé avec les gerbes formées ; en arrière, 
une ferme entourée de grands arbres ; à droite, des collines. 

icr état. — Avant l'ombre, au-devant de la ferme, et la reprise 
des montagnes ; très-rare, il n'y a que trois épreuves de cet état. 

2« état. — La planche terminée ; elle est également rare, la 
planche ayant été grattée après un tirage de six épreuves. 



24 



VANDER KELLEN 

VÂNDES EELLEN Junior, D. 
1. Intérienr de l'église Sainte-Gertrude à Utreoht. 

L. 0,227. H. 0,188. 

Vue de cette église, où s'étaient réfugiés les inondés de i855. 

On en voit deux travées, habitées par des femmes et des enfants. 

A droite, on introduit un enfant que reçoit un homme armé d'un 

balai. 
Signé de ce côté : D.v. d. KeL 

Cette planche, marquée n^ 7, au milieu du bas, est la septième 

du Waterramp àe, i855. 



KIERS 



:ii:^în 



, ^. 



1. Aocnmnlation de glaces devant Ârnhem. 

^ . L. 0,237. H. 0,140. 

A gauche, on voit Arnhem, précédée d'une allée d'arbres, 
devant celle-ci, un entassement de glaces. A droite, quelques 
maisons presque sous l'eau . 

Signé, au bas de la droite, sur un glaçon : P, K. Marqué 



25 



au-dessous de la planche, à gauche : J. F. T., et au milieu, 
no 2. 

Cette eau forte, d'après le dessin de J. F. Tack, est la 
deuxième du Waterramp de i855. 



KRUSEMAN 



ERUSEMÂN C. 



1. Sept études de têtes. 

L. o,ii3. H. 0,094. 

Cette planche, qui porte au haut^ à gauche, n^ i, comprend 
sept études de tête : à gauche, au-dessus, trois têtes de femme, 
au-dessous, une tête couchée; au milieu, un homme revêtu d'un 
bonnet, au haut, à droite, une tête de vieillard, vers le haut du 
buste, au bas à droite, une tête d'enfant de profil. 

Signé, au bas de ce côté : C. Kruseman, 1818. 

2. Six études. 

L. 0,080. H. o,o5i. 

A gauche, d'abord une tête de femme, au-dessous, un profil 
d'homme, au milieu, une tête de jeune homme, vu de face et 
coiffé d'une toque à plume ; à gauche, un homme à collerette ; 
au-dessous de ces deux figures^ deux légers croquis de femmes. 



26 

Signé, dans le coin de droite, en haut et perpendiculairement : 
C. Krusemany 1818. (La date à rebours.) 



. 3. Portrait de l'artiste. 

L. 0,160. H. Of2oo. 

Il est vu de face, la tête couverte d'un béret, le manteau relevé 
sur Tépaule. Le travail est grisâtre et terne. 

Kruseman a également lithographie : 

10 Trois études d'après nature, une tête d'Arabe et deux 
Italiennes. Ces sujets sont réunis sur une même pierre. 
20 Le portrait d'Henriette Sontag (1827). 



KUHNEN 



EUHNEN, Louis. 



1. Vae de la Wartbourg. 

L. ? H. ? 
T. c. L. 0,079. H. 0,107. 



Le château de Wartbourg, vue du bas de la montagne. 
i^ état. — Avant le nom. 
2« état — Avec celui-ci. 



27 



2. Lisière de bois. 

L. 0,100. H. 0,121. 
T. c. L. o,094j. H. 0,114. 



A gauche est le bois terminé par de gros arbres et bordé d'un 
chemin ; au fond de celui-ci on voit une croix devant laquelle est 
un promeneur. A droite, un arbre élancé et feuillu. 

Signé au bas de la gauche, dans le terrain : L. Kuhnenft. 



VAN KUYCK 

VAN EUTGE, L., né à Anvers, le 4 août 1821, y décédé le 
4 juillet 1871. 

1. Tètes de chèvres. 

L. 0,118. H. 0,084. 

Deux têtes de chèvres que Ton pourrait, en termes héraldiques, 
dire affrontées. 

i®*" état. — Avant le fond, les reprises dans les ombres et le 
nom. 

2e état. — Retravaillé avec le fond et signé au bas delà gauche : 
i. Van Kuyck, 1862, 



28 



2. Tètes de veaux. 

L. 0,118. H. 0,084. 

L*une est vue presque de profil, à gauche; Tautre des 3/4 à 
droite. 

!«*' état. — Avant le fond, les reprises et le nom. 

2« état. — Retravaillé dans les ombres, avec le fond et le nom 
au bas de la gauche : Van Kujrck, 1862. 



KUyTENBROUWER dit MARTINUS 

KUTTBNBROUWER, Martin, dit Martinus. 

1. L*étang. 

L. 0,160. H. 0,097. 

Un vaste étang occupe la majeure partie de cette pièce ; au fond, 
des montagnes, à gauche, un groupe d'arbres, à droite une pointe 
de bois et en avant de celle-ci, un ilôt avec quelques arbres 
presque dépouillés. 

Signé au bas de la gauche : Kuytenbrouwerf.^ 1845, 

2. Le coup de vent. 

L. o,3oo. H. 0,320. 
T. c. L. 0,262. H. 0,195. 

Dans un paysage orageux et pluvieux, on voit à gauche une 






29 

f 

femme qui s*enfuit. Au milieu de la planche, un arbre se rompt 
SOUS l'elEFort de la tempête et tombe dans les eaux agitées. 

icr état. — Avant le travail de roulette. 

2® état. — Ébarbé avec le travail de roulette. 



3. Le chemin entre les deux tonffes d'arbres. 

L. 0,225. H. 0,148. 
T. c. L. 0,204. H. 0,139. 



A gauche, un bouquet de quatre ou cinq arbres, puis un chemin 
sur lequel il y a deux personnages, un berger et une bergère. 
A droite deux arbres élancés. 

i«r état. — Argentin avant les travaux à la pointe sèche dans le 
ciel. 

Signé au bas de la droite : Kujrtenbroujperf., 1845. 

2^ état. — La planche retravaillée : au milieu des deux per- 
sonnages, il y a un chariot, des deux côtés des buissons succè- 
dent aux deux groupes d'arbres. Quelques changements dans le 
fonds, enfin un ciel à la pointe sèche. Même signature. 

4. Les condottieri. 

L. 0,177. H. 0,257. 
T. c. L. 0,1 32. H. 0,173^. 

En face d'un rocher à pic couronné d'arbustes, au pied d'un 
chêne, se trouvent quelques guerriers. 

Signé au bas de la droite ; Mart. Kuytenbrouiper, i85o. 
C'est le no 11 de la fête artistique de cette année. 



3o 



5 à 35. ILLUSTRATIONS DU VOYAGE EN ARDENNE 

PUBLIÉ PAR V. JOLY (l). 

5. Frontispice. 

L. o,325. H. 0,236. 
(Tous les cuivres ont cette dimension.) 

Au haut, un paysage où l'on voit un sanglier, un renard et un 
cerf avec sa biche, au bas à gauche une scène rustique avec un 
chasseur, au milieu deux moutons, à droite les voyageurs passant 
devant une ferme : Viftor Jcdy, en marchand de peaux de lapins 
et Martinus avec ses insignes de dessinateur. 

Signé au bas : Mart^. A. Kuytenbrouwer^ en gothique. On 
lit, au milieu du frontispice, en lettres ornées : Tournée pitto- 
resque dans les Ardennes. 

6. Vne de Booillon, prise de la rente de Sedan. 

T. c. L. o,3oo. H. o,2i4« 

La citadelle et la ville occupent la gauche, la Meuse la droite. 
Au fond on voit un pont. Au bas de la gauche sont les armes de 
Bouillon. 

Sous la droite, dans les exemplaires ordinaires, on lit Findi- 
cation, I, io6. 



(i) Les Ardennes, par Viftor Joly, illustré de 3o planches à Teau-forte, 
gravures sur bois, lithographies, etc., par Martinus A. Kuytenbrouwer . 
Bruxelles, J. Van Buggenhoudt, 1854. 



3i 



7. L'attaqne dn château (1137). 



Au bas du roc, dans le camp, on voit passer, au milieu des 
tentes, la châsse de Saint-Lambert. 

Signé au bas de la droite : Marten. A. Kuytenbrouwer (Lu 3), 
au milieu : Bruxelles, Impr. Seghers et Bouwens. 

8. La cour des corps de garde. 

T. c. L. 0.284. H. 0,198 à 0,175. 

Au fond on voit une tour, un pont, puis en avant deux corps de 
garde ; devant celui de gauche, il y a deux hommes, un officier 
parle à Fun d'eux. Au premier plan, deux guerriers, lun Farque- 
buse sur Tépaule, Tautre assis sur un tambour auprès de diverses 
pièces d'armement. 

Sous le bas de la droite, on voit dans les exemplaires ordi- 
naires, les chiffres L 11 5. 

9. Quatre vues différentes. 

10 TOUR D'AUTRICHE. 
L. o,i55. H. o,i35. 

Tour hexagonale entre divers corps de bâtiment dans une cour 
servant de parc d'artillerie. 
Elle occupe le haut du cuivre, à gauche. 

2© TOUR DE L'HORLOGE. 
L. o,i55. H. o,i35. 

Elle est carrée et précède une tour semi-circulaire par laquelle 
elle est dominée. 



I 



32 



3® SIÈGE DE GODEFROID. 



Sous un encadrement en ogive on voit une sorte de caveau 
avec une étroite fenêtre ; deux personnages s'y trouvent, celui de 
droite observe la campagne. 

Au milieu du bas, un cartouche architeftural avec armoiries et 
la date i55i ; puis, dans un autre encadrement en ogive : 

40 LES OUBLIETTES. 

On voit, dans une sorte de cachot, un moine et un soudart 
éclairés par une lanterne accroupis auprès d'une sorte de puits 
qui se ferme par une grille que le moine tient soulevée. 

Dans le coin de droite, au bas : I. 116. (Ex. ordinaires). 

10. Le monlin à eau. 

T. c. L. 0,296 H. 0,206. 

A gauche une ferme avec un moulin, une femme est à la porte, 
un faucheur chargé d'herbe traverse à gué le cours d'eau. Le 
fonds est boisé. 

Signé dans l'eau, à droite : Mart^* A. Kuytenbroutper, i85o, 
et au-dessous, à gauche : Bruxelles, Imp. Seghers et Bouwens, 
(1. 134). 

Il y a de cette planche comme des autres, un état avant l'indi- 
cation du volume et de la page. 

11. Les quatre villages d*Oar, Aile, Hozéve et Gherière 

I. OUR. — Quelques maisons, en avant d'un bois ; à gauche, 
une barquette montée par deux personnes et vers laquelle accourt 
un petit paysan. 



33 

» 

2. ALLE. — Dans un fond, auprès de trois collines qui for- 
ment autant de vallées,' on voit le village, dont les toits fument, 
et son église. 

3. MozÈVE. — Au fond, un cours d'eau au pied d'une mon- 
tagne : vers la gauche, le clocher de Téglise. 

4. CheriÈRE. — Le village est dans une plaine au pied de 
rochers escarpés. 

Ces quatre sujets en médaillons ovales sont entourés d'orne- 
ments au trait. Au milieu un piéton consulte un indicateur 
portant les différents noms. 

Signé au bas de la gauche \ M, A. K, 

12. Dohan. 

Un cirque de montagnes dans le lointain : au fond de celui-ci 
est le village baigné à droite par un cours d'eau. Au premier 
plan à gauche les armoiries. Au-dessus de celles-ci on lit Dohan 

Signé, à droite des armoiries, dans la planche: Marf* A. Kuy- 
tenbvQuwer, Au bas de la droite, il y a : I, 216 (1). 

13. La roche percée. 

Sous un arceau, on voit, à droite, la roche percée ; des deux 
côtés, il y a un personnage, à gauche un chasseur, à droite un 
pêcheur. Sous le chasseur, on lit la date i853 ; sous le pêcheur, 
le nom Martinus, et, plus bas, I, 223. 



(1) Il existe de toutes ces estampes des épreuves d'un état antérieur à Tindi- 
cation du tome et de la page. 

Tome xn. 3 



34 



14. La grotte ou l'oratoire de Saint-Bemaole. 



Sujet à trois compartiments : au milieu est l'oratoire, grotte 
sauvage dans laquelle on voit le saint ; à droite, la légende de la 
pièce de monnaie ; à gauche, celle des Danois et de la châsse de 
Saint-Remacle. 

Signé, au bas du milieu : Mart. A. Kuytenbrouwer^ cufforV, 
1849, et sous la droite, I, 227. 

15. La vanne et les brouillards de la Semoy. 

Au fond, un rideau de montagnes à moitié cachées par le 
brouillard. Au bas, la Semoy et, à la rive, deux moulins. Dans le 
lit de la rivière, une sorte de vanne ou de barrage. Au premier 
plan des saules et de grandes herbes. I, 239. 

16. Hortehan. 

Au milieu d'un village dominé, au fond, par des montagnes, on 
voit un lavoir et un troupeau de bœufs conduit par un jeune 
pâtre qui sonne du cor. 

Signé, au bas de la gauche : Kuytenbroujper, dans le terrain. 
Au bas de la droite, en marge, il y a : I, 243. 

17. Buines de l'église romane d'Orval. 

Elles représentent des pans de murs et des arceaux et, vers la 
droite, trois petites fenêtres cintrées, surmontées d'une rosace 
romane. 

Signé, au bas de la gauche : Martinus^ 1854. Adroite, II, 34. 



35 



18. La tour, du rocher au chftteau d'Ârdennes. 

La tour sur le plateau de droite, dominant la pente du rocher 
qui descend vers la rivière, tandis qu'à gauche, s'élèvent d'autres 
rochers presque à pic. Marqué, à droite, II, 121. 

19. Vue d'Esch sur la Sure. 

A gauche, au premier plan, la route, une chapelle et un rocher ; 
au milieu, un pont ; en arrière, le village dominé d'abord par 
son église, puis par les ruines d'un château fort. A droite, 
des croupes rocailleuses. Sur le seuil de la chapelle, on lit 
M. A K.f. à rebours. Sous la droite, on voit : II, i8o. 

20. Ruines du château de Bourscheid. 

Elles occupent le sommet d'une montagne, dominant à droite 
le cours de la Sure. Ce sont des construftions grandioses et Jort 
ruinées. 

Signé, au bas de la droite : Martinus, 1854 ; puis au-dessous 
II, 191. 

21. Bestes de la frise de la cheminée du salon 

des Bourscheid-Metternich. 

/ 

Au milieu d'autres débris, entre des pignons et le restant d'une 
croisée qui laissent apercevoir au fond la vallée de la Sure, on 
voit la frise brisée en trois morceaux. 

Signé, sous la droite : Martinus, i852. 



36 



i«r état. — Avant Findication du volume et de la page. 

2« état. — Avec cette indication précédant la signature II, 194 



22. Solitude en Ârdenne. 

A droite et à gauche, des arbres de la plus belle venue ; au 
milieu, un rocher. Sous les arbres de droite, un cerf et sa 
biche. 

Signé, au coin de gauche, dans le terrain : Martinus. Sous 
celui de droite, on voit II, 21 5. 



23. Vue du oMteau de Beaufort. 

Il occupe le milieu de la planche : à gauche, des rochers ; au 
premier plan, à droite, de Feau. Marqué au bas de la droite 
II, 216. 

24. Vue des ruines de la salle des comtes au château 

de Vianden. 

Au fond, à droite, on voit les fenêtres byzantines en arcades 
trilobées ; au milieu, il y a un passage en plein cintre, et au bas, 
à gauche, on voit une salle soutenue par des piliers. Sous le 
coin de droite, on lit : II, 241. Martinus, i855. 

25. Le château de Vianden, vu du perron. 

Le perron est placé vers le milieu de la planche ; on y arrive 






par un plan incliné ; un chasseur passe sur le chemin qui est 
devant le château. 

Signé, à droite, au bas, dans le terrain : Martinus, et, sous la 
droite, II, 242. 

26. Le donjon de Falkenstein. 

Il est au second plan, domine à gauche un chemin et d^ux 
habitations modernes. A droite, il y a une croix surmontant une 
fontaine où une jeune paysanne va puiser de Teau. 

Signé, au bas de la droite : Martinns, i855. II, 25 1. 

27. Boines du château de Brandebourg. 

Quelques murailles parallèles percées de fenêtres. Au premier 
plan, une mare. 
Signé, au bas de la droite : Martinus, II, 257. 

28. Intérieur des ruines du château de Feltz (La Bochette). 

A droite, un puits avec ses engrenages ; à gauche, une arcade ; 
au fond,' les bâtiments avec leurs mille fenêtres et arceaux, le 
tout entremêlé de ronces. 

Signé à gauche, en bas, sur une pierre : Martinus, i855. Sous 
la droite, on lit : II, 261. 

Il y a des épreuves avant cette indication. 

29. Entrée du château de HoUenfeltz 

A gauche, une sorte de chapelle, au milieu, une porte sur- 



38 

montée d*armoiries, qui permet de voir deux autres portes. Dans 
la cour» en avant du château, est une femme tenant une que- 
nouille. 

Signé, au bas de la gauche : MarttnuSy 1854. 

i«' état. — Avec la barbe, avant Tindication du volume et de la 
page. 

a« état. — Avec cette indication II, 271. 

30. Vue de la salle des draperies (Grotte de Han). 

A droite, on voit les draperies formées de stalagmites et de 
stalactites ; à gauche est le groupe appelé le tombeau de Maxi- 
milien. 

Signé au bas de la droite : Martinus, et plus bas : II, 276. 

31. Vue du gouffre de Belvaux. 

La roche forme deux arcades, sous celle de droite coule la 
Lesse. Sous le coin de droite, on lit : II, 280. \ 

32. La sortie de la grotte de Han. 

On voit des roches percées de fentes verticales et couvertes de 
végétation. 

Signé au bas de la gauche : Martinus. Sous la droite on lit : 
II, 280. 



39 



33. Autre vue de grotte. 



Une partie est en plein jour, et à droite il y a quatre moines. 
II, 281. 

84. Vue du chftteau de Hontaigle. 

Au sommet d'une côte escarpée, on voit les ruines du château. 
Au pied de la montage, il y a trois saules, un à gauche, et deux à 
droite. 

Signé, dans Teau, au coin de gauche : Martinus. Marqué sous 
la droite II, 281. 

Il y a des épreuves avant cette indication. 



40 



LA BIBLIOTHEQUE DE MATHIAS CORVIN. 



On sait que le sultan Abdul-Hamid vient de restituer à 
l'université de Pesth une partie de la célèbre bibliothèque 
provenant du roi Mathias. Ce prince, ami des lettres et des 
livres, avait fondé, en 1467, une université où il se proposait 
d'admettre 40,000 étudiants, et en vue de laquelle il avait réuni 
une bibliothèque considérable qui ne comptait pas moins de 
5o,ooo volumes, la plupart des manuscrits, tous reliés en velours 
bleu, enrichis de ciselures d'or et d'argent aux armes du roi. 
Trois cents copistes et peintres étaient, dit-on, attachés en 
permanence à la Bibliothèque dotée d'une subvention annuelle 
de 33,000 ducats. Le roi n'épargnait rien d'ailleurs pour acquérir 
à tout prix ces volumes précieux que les savants grecs avaient 
sauvés du pillage de Constantinople par les Turcs. Dès 1470, il 
y avait adjoint une imprimerie privée, placée sous la direflion de 
Ladislas Gereb, prévôt de Bude. Un des plus beaux spécimens 
des ateliers royaux de la Corvina est le fameux Missale romanum 
que Marie de Hongrie, veuve de Louis II, apporta à Bruxelles, 
où on le montre toujours parmi les joyaux de la Bibliothèque 
de Bourgogne. Le florentin Attavanti y travailla cinq années 
entières aux miniatures, parmi lesquelles figurent les portraits 
du roi, df sa femme et de son fils. Après la mort de Mathias 
Corvin, ce précieux trésor fut fort négligé, et des centaines de 
volumes s'éparpillèrent aux quatre vents du ciel : le restant fut 
emporté à Constantinople, où le feu et l'humidité des caves du 
vieux sérail achevèrent l'œuvre de dévastation. Et cependant, 
Soliman le Magnifique, qui ordonna le transport de ces collée- 



41 

tions et de bien d'autres objets d'art arrachés aux palais et aux 
églises de la Hongrie, Soliman, disons-nous, n'était pas un 
barbare comme le furent ses successeurs. Mais il dut compter 
avec le fanatisme religieux de son peuple. Ce ne fut qu'une 
centaine d'années après la conquête de la Hongrie qu'on connut, 
en ce pays, la destinée de tant de trésors. Quelques volumes 
oubliés dans une tour furent rachetés à grand prix par le célèbre 
antiquaire et diplomate flamand Busbecq: ils figurent aujourd'hui 
à la bibliothèque impériale de Vienne. Les Hongrois firent 
dès lors beaucoup de démarches pour recouvrer au moins une 
J)artie de l'ancienne Corvina, mais elles n'eurent aucun résultat. 
Le cardinal Pazman offrit, dit-on, 200,000 florins pour la rançon 
de ces reliques si chères de l'époque la plus brillante de l'histoire 
hongroise. Les Turcs refusèrent et les livres restèrent à l'abandon 
dans un coin du garde-meuble de l'empire absolument inacces- 
sible aux étrangers : aussi, les appréciations varient-elles consi- 
dérablement : quelques voyageurs ou diplomates les ont estimés, 
par oui-dire, à plusieurs milliers de volumes, tandis que d'autres 
assurent qu'il n'y en a plus qu'un nombre insignifiant. Ce qu'on 
sait mieux et à peu près exaftement, c'est qu'il existe 38 manus- 
crits de premier ordre dans les bibliothèques de Londres, 
Bruxelles (1), Paris (2), Wolfenbuttel, Florence, Venise, Rome 
et Besançon, plus 363 autres de moindre importance et plus ou 
moins authentiques, disséminés dans toute l'Europe. La Hongrie 
elle-même n'en possédait, jusqu'à ce jour, qu'un fort petit 
nombre : 2 à l'académie des sciences, 7 au musée de Pesth et 
1 au chapitre de Raab. 

Aussi feint-on d'y regarder, comme un a£le de haute courtoi- 
sie, la munificence non désintéressée du sultan. Son présent se 
compose de trente-cinq manuscrit? complets, dont voici l'énu- 
mération assez vague : 



4» 



1 Vitruvius Candidus. 

2 Âristoteles — Âegidius Romanus. 

3 Traité du mouvement. 

4 Suetonius : Imperatores. 

5 Grammaire latine. 

6 Plutarque : Vie d'Aristide. 

7 M3rthologia. 

8 Albertus Magnus : de Mineralibus. 

9 Aelius Spartianus. — Aemilius 
Probus. 

10 Grammaire. 

1 1 Terentii Comoediae. 

12 Simon Pannoniensis : Sanationes. 
i3 Pompeius Trogus. 

14 Gicero. 

i5 Piinius secundus : Panegyricon. 

16 Traité de Chirurgie. 

17 Caesar : de Bello gallico et hispa- 
nico. 



18 Scriptores Augustae historiae. 

19 Clementinus. 

20 Simon Pannoniensis : Synonymi. 

21 Spéculum humanae salvationis. 

22 Theophrasti Historia plantarum. 

23 Tertullianus contra Mardonem, 

24 Tadtus. 

25 Silius Italicus. 

36 Eusebius: Prseparatio evangelica. 

27 Bible manuscrite du ziii^ siècle. 

28 Livre religieux. 

29 Quintus Curtius : Alexander. 

30 Dante : Divina Commedia. 
3i Politique d'Aristote. 

32 Eusebius. Chronicon, transi. Hie- 
ronymi. 

33 Historiographus. 

34 Livre de navigation. 

35 Cicero in Verrem. 



La perle de cette collection est la Divina Commedia, de 
40 centimètres de hauteur sur 3o de large, épaisse de 8 centi- 
mètres ; c'est, selon toute apparence, Fœuvre d'un artiste florentin, 
peut-être Attavanti lui-même. Les initiales et les miniatures sont 
de toute beauté et d'une admirable fraîcheur, malgré leurs quatre 
siècles d'existence. Une partie des volumes sont reliés en velours 
violet ou en soie, les autres en maroquin rouge avec agrafes en 
or et en argent. Ils portent tous sur le titre les armes des 
Hunnyades, un corbeau, et celles de la Hongrie. 

Inutile d'ajouter que le fonds de la Corvina à Constantinople 
n'est pas épuisé par cet envoi II y reste encore des monceaux 
de manuscrits bien plus précieux que ceux-là, sans doute, et la 
Porte rendrait certainement tin fort grand service à la science, si 
elle mettait ces trésors à la portée des érudits de l'Europe. 



43 



CHRONIQUE. 



Au moment que ces lignes paraissent, commence à Paris 
(i6 avril) la vente des dessins et des gravures de la collec- 
tion Didot, une des plus importantes qu'on ait jamais vues. 
M. An^broise Didot n était pas un simple colleftionneur : c'était 
aussi un artiste de goût, que n'eût pas séduit la pièce la plus rare 
si elle n'avait été en même temps la plus belle. Son œuvre de 
Rembrandt est le plus complet qui ait jamais été mis en vente, 
il surpasse même celui de Verstolk de Soelen, qui passait en 
Hollande pour une merveille depuis un siècle. Il y a là des 
gravures uniques, et en grand nombre, qu'on ne rencontre que 
dans les cabinets publics de premier ordre, Amsterdam, Londres* 
Paris, Vienne: La Pièce de cent florins, splendide épreuve 
sur papier du Japon, ÏEcce Homo, le Bourgmestre Six, 
Ephràim Bonus, Des cent neuf cuivres de Durer, de Bartsch, 
M. Didot en possédait cent huit, et il ne lui manque qu'une 
douzaine de bois des 270 connus : au surplus toutes épreuves 
merveilleuses. Martin Schoen et Lucas de Leide sont dignement 
représentés. L'école italienne l'est peut-être moins bien en com- 
paraison des autres. Cent neuf dessins originaux de grands 
maîtres, Holbein, Lucas de Leide, Rembrandt, Durer (un admi- 
rable portrait de sa mère) le cèdent à peine en importance à la 
colle£lion des estampes. Il faut citer aussi la colleâion des por- 
traits historiques qui formait, à la mort de M. Didot, la galerie 
privée la plus importante et la plus intéressante qui existât. La 



44 



Bibliothèque royale trouverait là Foccasion d'enrichir son cabinet 
déjà si remarquable et il faut espérer qu'elle ne la laissera pas 
échapper. 



L'écrivain Salomon Hirzel a légué, à l'Université de Leipzig, 
sa riche coUeftion d'éditions et de manuscrits de Goethe : elle 
comprend 400 manuscrits originaux et 60 vol. in-40 formés 
d'extraits de publications relatives à l'auteur de Faiist 



La bibliothèque du célèbre professeur Tischendorf vient d'être 
achetée pour le Free church Collège de Glascow. 



Voici quelques prix de la vente Emm. Martin, qui a eu lieu au 
mois de février : Heures de Rouen, de Vostre, sur vélin, 1 , 1 5o fr . 
— Galerie du Palais-Royal, 3 vol. in-f>, épr. avant la lettre et 
eaux-fortes, 4,000 fr. — Galerie de Florence (1789-1814), 4 vol. 
in-f<>, épreuves avant la lettre, 5oo pièces ajoutées, 1,400 fr. — 
Les dessins originaux ont péri dans l'incendie du Louvre 
allumé par les pétroleurs de la commune. — Anacréon, trad. 
de Moutonnet, 1773, in-40, figg. d'Eisen, gr. papier de Hollande, 
reliure de Derome, 2,i5o fr. — Horatius, Londres, 1733, 2 vol., 
texte gravé, 58o fr. — Satires deJuvénal, trad. Dussault, 1770, 
2 vol., reliure de Derome, 2,35o fr. — La Henriade, de Didot, 
1790, i,oo5 fr. à cause des figures ajoutées. ~ Fables de Dorât, 



J 



45 

177^» 3,6oo fr. pour les vignettes de Marillier. — Les saisons de 
Saint-Lambert, 1796. in-fo, i,25o fr. — Chansons de Laborde^ 
4 vol., 6,400 fr. — Molière, de 1734, 6 vol. in-40, non rogné, 
(très-rare en cette condition), 3, 000 fr. — VHeptaméron de 
Marguerite de Navarre, 1792, 3 vol. in-80, en papier fort, 
reliure de Cape, 900 fr. — Rabelais, 1823, 9 vol. in-S^, gr papier 
de Chine, figures ajoutées, i,ï5o fr. — La Fontaine, Psyché, 
Didot, an III, gr. av. la lettre et eaux-fortes (très-rares), 1,100 fr. 

— Fénelon, Télémaque, 1785, 2 vol. in-40, nombreuses figures, 
entre autres 24 dessins originaux de Le Barbier qui n'ont point 
été gravés, 8,100 fr. — Montesquieu, Le Temple de Gnide, 
1772, états rares des fig. d*Eisen, reliure de Derome, 7,900 fr. 

— Gil'Blas, en 6 vol. in-i8 (1798), un des deux imprimés sur 
vélin, 1,000 fr. — Manon Lescaut, 1753, 2 vol. in-12, 6,5oo fr. 

— Paul et Virginie, de Curmer, i838, sur pap. de Chine, fig. 
ajoutées, 1,100 fr. — Le Voltaire de Beuchot, 71 vol., 2, 120 fig. 
ajoutées, 11,000 fr. — Les Classiques de Lefebvre, 75 vol., 
reliure de Cape, figures ajoutées en grand nombre, aussi 1 1 ,000 fr. 

— hes Lettres à Emilie, 1809, 6 vol., Cape, 12 dessins originaux 
et figures ajoutées, 2,3o5 fr. — Les tableaux historiques de la 
Révolution, 1 791-1804, avant la lettre, épreuves ajoutées, eaux- 
fortes, et surtout complètes, c'est-à-dire avec les deux textes, le 
premier rédigé dans le style et l'esprit des plus beaux jours de 
1793, le second fortement modifié sous l'empire. — On voit, par 
cet aperçu sommaire, que la bibliomanie n'est pas morte : il est 
permis de regretter seulement que sa faveur se porte sur des 
objets si futiles. Les 686 numéros de la vente ont produit 
197,200 fr. 



46 



PIERRE SCHOEFFER DE GERNSHEIM. 



Monsieur A. Helbig, qui a tant et si bien fait pour compléter 
la liste des produits typographiques de Pierre Schoeffer, à 
Mayence, a négligé de prendre note des numéros 17 et 18, aux 
pages 323 et 324 du Catalogus librorum sœculo XV^ impresso^ 
rum quotquot in Bibliotheca Regia Hagana asservantur, Edidit 
J. G. Holtrop (Hagae Comitum, Mart. Nyhoff, i856, in-80). 

Cette circonstance, très-bien explicable du reste, me donne le 
plaisir de pouvoir appeler son attention sur deux éditions de 
Schoeffer qui manquent encore à sa liste et qui n'invalident en 
aucune manière les conclusions tirées par lui à la page 3oo du 
Bibliophile belge, onzième année, récemment complétée. 

Le no 17, Aesopi Fabulae, metricè, cum glossa Seb. Brant, 
imprimé vers 1497, in-folio, a 74 feuillets (1), à 44 lignes longues 
par page pleine, des signatures mais pas de chiffres ni de 
réclames. La grande quantité de gravures sur bois, d'un réalisme 
quelquefois fort piquant, ajoute au charme du volume. Les types 
sont les mêmes qui ont servi à imprimer le Hortus Sanitatis 
de 1485. 

Le no 18 est un de ces minces opuscules, imprimés en alle- 
mand; il ne compte que 18 feuillets et doit avoir été publié 



(1) Notre exemplaire est incomplet de la fin. 



47 

en 1498 par ordre, ou du moins aux frais de Jean comte de 
Nassau. Le titre porte : Ordeninge der ^weyer atnpte Siegen 
und Dillenburch. 

De plus amples détails bibliographiques sur ces deux incuna 
blés ont été donnés par M. Holtrop et par moi dans le catalogue 
cité. 

M. F. A. S. Campbell. 

La Haye, 16 avril 1877. 



LE 400e ANNIVERSAIRE DE CAXTON 

ET DE L'IMPRIMERIE EN ANGLETERRE. 



Les Anglais se préparent à célébrer au mois de juin la qua- 
trième centenaire de ce grand événement : il y aura à cette 
occasion une grande exposition d'antiquités, de reliques et de 
curiosités typographiques au musée de South Kensington. Cette 
exposition, qui sera ouverte du 1 1 au 23 juin (i), réunira tous les 
objets appartenant aux diverses branches de Timprimerie, 
matériel, procédés, produits, la technique et Tart. On parle déjà 

(1) Les renseignements sur lesquels on se fonde pour arriver à donner une 
date approximative ont été fournis par Caxton lui-même. On les a relevés dans 
les observations qui forment comme le prologue et Tépîlogue des livres 
imprimés par lui. Son premier ouvrage portant une date authentique d'im- 
pression, The Dictes and Sayinges ofthe Philosopher s, fut publié en 1477 • 
« Enprynted by me, William Caxton, at Westmestre, theyere ofour Lord 
m.cccc.l.xxvij. » Adoptant donc cette année comme celle de la date que Ton 
cherchait, il a été résolu qu'une fête en commémoration de cet important 
événement sercdt organisée pour le mois de juin prochain. 



48 

d*une série de gmvures sur bois et de vignettes provenant de 
diverses coUeftions privées qui fera sensation parmi les amateurs 
et les connaisseurs. Ce sera comme un tableau historique de la 
gravure sur bois, depuis ses origines jusqu^à nos jours, accom- 
pagné des chefs-d'œuvre de Tart de Durer, de Cranach, de 
Burgmayer et de toute notre école des Pays-Bas : on y verra des 
impressions en couleurs du XV!» siècle, produites au moyen de 
blocs découpés suivant les contours d'un dessin tracé d'avance 
et chargés d'encres de couleurs diverses, art illustré par les 
travaux de Hugo de Carpi, d'Andreani, de NicoUetto, d'An- 
toine de Trente; puis, viendra. la lithographie avec toutes ses 
modifications, depuis Senefelder jusqu'à nos contemporains. 
Tous les pays tiendront à honneur de se faire représenter à cette 
grande solennité bibliotechnique. Chose triste à dire, dans la 
patrie des Thierry Martens et des Plantin, il ne se trouve plus 
aujourd'hui un imprimeur qui ait en soi letoffe d'un délégué à 
la hauteur de cette mission. Le métier et la politique ont tout 
envahi et stérilisé l'art. Il n'est pas question d'apprentissage, non 
pas littéraire, mais simplement professionnel : un déclassé 
quelconque qui n'a pas trouvé à s'utiliser dans les charbons ou 
la photographie, s'établit imprimeur, fait rouler une presse, 
la fait gémir plutôt, raccole quelques compositeurs d'occasion 
qui reprennent volontiers l'alêne ou la serpe lorsque l'imprimerie 
chôme. Aussi lorsque le savant et sympathique W. Blades fait 
appel à tous les typographes qui peuvent concourir à augmenter 
la splendeur de cette exhibition, nous ne pouvons que nous 
renfermer dans un silence honteux et supposer avec bienveil- 
lance qu'il n'a pas eu l'intention de faire une épigramme contre 
nos imprimeurs belges. 

J. P. 



UN ÉCRIT INCONNU 



BRUHEZIUS OU VAN BRUHEXEN. 



Bccdetièvre, Ulysse Capitaine, et quelques autres biographes 
avaient signalé Bruhezius comme étant l'auteur du premier 
ouvrage spécialement écrit sur les eaux de Spa. Malheureuse- 
ment aucun de ceux qui avaient mentionné cette particularité 
ne connaissait l'œuvre en question et ce fut vainement que Capi- 
taine chercha à découvrir l'opuscule du savant médecin. 

Bruhezius s'était occupé non-seulement des eaux de Spa, 
mais aussi de celles d'Aix-la-Chapelle; cela suffisait pour provo- 
quer des recherches non moins ardentes de la part des biblio- 
graphes aixois. Deux médecins, notamment, MM. Lersch et 
Strater, mis en éveil par l'indication d'Ulysse Capitaine, dans une 
élude sur Spa au XVI^ siècle (i), se livrèrent à de patientes inves- 
tigations qui ont enfin .été couronnées de succès. Ils ont réussi 
à retrouver en Hollande le rarissime ouvrage de Bruhezius et 



5o 

en ont fait prendre une copie fort exafte pour la bibliothèque de 
la ville d'Aix-la-Chapelle. 

Grâce à M. Lersch, nous sommes mis à même aujourd'hui 
de juger de l'écrit du médecm brugeois. Hâtons-nous de dire que 
nous n'espérions pas trouver dans Bruhezius des renseigne 
ments d'un extrême intérêt ou complètement neufs sur notre 
ville d'eaux au XVI^ siècle. Comme dans la plupart des traités 
balnéologiques de l'époque, notre auteur se livre à des digres- 
sions scientifiques, à des dissertations dont on ne peut tirer 
aucun profit. Quoi qu'il en soit, nous nous estimons fort heu- 
reux de connaître autrement que par ouï-dire l'écrit, premier 
en date, qui ait paru sur nos sources minérales. 

Il consiste en deux lettres que Bruhezius adressait à un 
savant de ses amis, et dont, paraît-il, il fut pris plusieurs copies 
avant leur impression. Cette correspondance n'était point des- 
tinée à la publicité et si elle fut imprimée, ce fut contrairement à 
la volonté formelle de l'auteur. La préface ou l'avant-propos, 
dont l'imprimeur anversois jugea bon de faire précéder ces deux 
épîtres, ne nous apprend pas le motif pour lequel Bruhezius 
tenait à laisser son œuvre inédite. 

Elle est intitulée comme suit : 

D. Pe. BruhEZII de Thermarum aquisgranensium viribus, 

causa ac legitimo usu, epistolae duae, scriptae anno MDL, in 

quibus etiam acidarum aquarum ultra Leodium existentium 

facultas et sumendi ratio explicantur. Antwerpiae. Excudebat 

Joannes Lceus, anno MDL V, cum gratia etprivilegio. 

Ce curieux opuscule est daté des calendes d'août 1 55o et forme 
un petit in-8o de 97 pages. Il débute ainsi que nous l'avons dit, 
par un avant-propos : Typographus Leâori, Après quoi vient 
la première lettre qui traite exclusivement des eaux d'Aix. Elle 
est intitulée : Petrus Bruhezius Sauvagio Sua, S, Z). 



J 



5i 

La rareté de cet écrit nous a suggéré Tidée de reproduire ici 
la seconde lettre qui a rapport aux eaux de Spa. 

Qu'il nous soit permis, auparavant, d'ajouter quelques mots 
concernant Tauteur. 

* Les bibliographes ne sont pas d'accord sur le nom même de 
Bruhezius. Chenu, dans sa Bibliographie balnéologiqueVappéUe 
VanBruhesen, etGrossen, dsinsl^Bibliotheca hydrographica, le 
nomme Bauhesius et Bruhezius, Aoni il semble faire deux auteurs. 
Nous renverrons pour la biographie à Foppens, Bibliotheca 
belgica, et à Van der Aa, Biographisch Woordenboek der 
Nederlanden, M. E. Rousseau, dans la Patria Belgica^ a 
donné, au courant de son histoire des sciences physiques, mathé- 
matiques et naturelles, quelques renseignements intéressants 
sur notre auteur. On trouve une couple de lettres de Bruhezius, 
écrites vers i55o. dans les/. Femelii ConsiL Med,y 1664, mais 
qui ne nous apprennent rien sur lui. 

Enfin M. le dofteur Lersch, médecin-inspe£leur des bains 
d'Aix-la-Chapelle, a fait connaître Bruhezius, à ses conci- 
toyens dans un article très-intéressant publié dans la Curliste, 
d'Aix-la-Chapelle et de Borcette. Cet article nécessairement 
écourté a été reproduit avec de nouveaux développements sous 
le titre de Bruhezius redivivus^ dans une brochure intitulée : 
Aufstà^e aus der Aachen^ Burtscheider Curliste vom Jakre 
1872, von D' Lersch, 

ALBIN BODY. 



î)2 



Epistolae primae finis : 

Sed ecce dum epislolam tuam relego, aliquid comperio prae- 
termissum. Rogas si quid compertum habeam de aquis acidis 
quae ultra Leodium in marchionatu Francemontano existant, 
communicare velim ; hasce profeélo non vidi, sed ud satis 
curiose consuevi de huiusmodi rébus inquirere, spero me 
earundem vires aclegitimum usum ex eorum qui illas (sine uUo 
tamen medici indicio) biberunt, aliosque sic bibentes viderunt, 
relatu bona fide communicaturum. Sunt hae frigidae aélu, lotio- 
nibus incommodae et acidae : unde passim nomen Germanibus 
Zuerenboerriy quasi acidas aquas dixeris, acceperunt. Prorum- 
punt e ferratorum montium ac rupium cavernis, in valle quae 
pagum valde amoenum Spae nomine compledlitur ac locis 
campisque aliquot vicinis, ubi ferri ingens copia eruitur. Fons 
in ipso pago Spae incolis in potum quotidianum recipitur : sed 
aquas habet parum medicamentosas. Hisce viribus pares aut 
non multo superiores sunt aquae vicini fontis Sanfti Joannis 
aut Sar difti. Utrasque translationem absque ut corrumpantur, 
aliis melius admittere affirmant : Omnium saluberrimae sunt 
fontis Sauenir vocati, qui ab jam diélo pago dimidio miliari 
abest : scaturiuntque e montis utcunque excelsi medio, ita ut 
ad multos passus ascendere potaturi cogantur : qui sane labor 
admodum est utilis aegrotantibus : nam corporis motu vis aquae 
diuretica et purgatrix citius ad operationem deducitur, id quod, 
omisso divini Hippocratis oraculo, frequens illic experientia 
comprobat. Habent hae sulphuris plurimum, unde et si aftu 
frigidissimae sint, calefaciunl tamen evidenter : eisdem solis 
quasi pinguedo quaedam vel spuma supernatat a sulphure vel 
alia quapiam re metallica, vel minerali sublata, quae chartae 
illita, aureo colore perfefte ungit. Quae in campis et vallibus 
quibusdam humilioribus sunt, cum periculo bibuntur, vel 
quod noxam aliquam ab argento vivo aut minera aliqua venenata 
trahant, vel quod aliae aquae sordidae in illarum alveos reci- 
piantur. Nam quotiescunque hoc postremum priori bus quas 



53 

dlxl salutaribus fontlbus ob ingentem pluviam accidit, omnino 
ad fundum usque exhauriendi simt, quo aquae de novo scatu- 
rientes consuetam medelam potoribus melius adferre queant. 
Quando autem, ut jam dixi, a ferro praecipuas vires trahant, 
manifestum est eas cum primis salutares esse coeliacis, dysenteri- 
cis, choiera morbo laborantibus, stomacho dissolutis, hydrope 
praesertim sicca ac e praegresso calore nata laborantibus, adus- 
tis, bilîosis, lienosis, atque venarum ad hepar aut lienem perti- 
nentium obstruftionem habentibus, potissimum si ea fuerit 
ex biliosis aut adustis aut varie mixtis humoribus : id quod hinc 
manifeste evadit, quod Dioscorides sic affe6lis exhibeat vinum 
aut aquam in qua ferrum candens sit restindum. Et Galenus 
nona de compositione pharm. part., splenicis exhibet aquam 
aut (si non febricitent) vinum in quo ignitum ferrum saepe sit 
extinftum. Et Aè'tius : Convenientissimum (inquit) spleni in 
scirrhum indurato remedium existit : ferrum in aqua, aut vino, 
aut posca extindum. Ibidem ait : multos ex ordine dies exhi- 
bendam esse hanc aquam aut poscam, vel si non febrictent, 
vinum : ferrum autem sit (inquit) stomoma (hoc est quod instru- 
menti alicuius formam sit adeptum)^ Ipsius autem stomomatis 
ferri squama, quam in fabrilibus officinis ferrum dum ignitur ac 
malleo tunditur abjicit, postea agrestioribus hominibus utiliter 
exhibetur : praeclare enim haec splenem liquefacit, utpote quae 
consumendi facultatem praestat. Haec Aëtius. Quae quum 
praesens memoria suppeditaret, hic addere volui, quo bonorum 
testimonia tui citra negotium ob oculos posita haberent : Tute 
alia multa hue speftantia adjicere poteris, quale est hoc Plinia- 
num : Tungri, civitas Galliae, fontem habet insignem, plurimis 
buUis stillantem, ferruginei saporis, quod îpsum nonnisi in fine 
potus intelligitur : purgat hic corpora, tertianas febres discutit 
calculorumque vitia. Eadem aqua igné admoto turbida fit, ad 
postremum rubescit. Haec Plinius. Cuius authoritate permotus 
hune fontem olim studiose quaesivi, tandem in coliiculo extra 
civitatem, triplo quam olim fuit nunc minorem versus septen- 
trionem repperi habetque aquas rubescentes, ferruginei sapo- 
ris et coloris : quarum potu vulgus etiam hodie ait febres 



54 

abigi. (Ibidem Plinius agit de medicatarum aquarum vtribus). 

Sed ut nunc ad aqiias acidas recurrat calamus, ego e multis 
inaudii plurimos passim harum aquarum ad multos ex ordine 
dies continuato potu, a commemoratis paulo ante malis, quibus 
quasi contabescentes diu coUuâati eatenus essent, perfeâe fuisse 
libérâtes : imbeciliiores tamen in ipso aquarum usu sive pota- 
tione interdum pereunt : unde vulgo aiunt aegros ab illarum usu 
vel perfeilam sanitatem consequi, vel omnino mortem obire, 
quod posterius accidere arbitror ob hominum dementiam, qui- 
busvis temperaturis et morbis hasce imperantium (siquidem 
senibus, frigidis et humidis, similiterque afFeflis noxiae sunt) : 
aut symptomata intervenientia mitigare non potentium ; vel ob 
nimîam imbecillitatem, quod serius, scilicet quum jam despe- 
rata salus est, remedium quaeritent, idque nuUo adhibito 
medico, in aliis, qui opportuna posset praescr ibère et incom- 
moda intervenientia arcere : horum intérim infelix eventus 
remédia alioqui salutaria damnare nequit. 

Jam vero si eaedem aquae sulphuris et bituminis forte plu- 
rimi participes fuerint, id quod omnino existimo, ad ea utiles 
erunt quae supra de istorum viribus ex Dioscoride et Galeno 
recensui. Et manifestum est eas afifatim movere urinas, menses 
ac alvum ; neque hic vulgo, iudici iniquissimo, credendum, quod 
putat sulphur intus sumptum exitio esse : nam Galenus aliique 
fréquenter id exhibent, ut et bitumen, cuius ac scyllae atque 
sulphuris vivi, singulorum obolum cum aceto mulso pro dosi 
Galenus dédit in dyspnoea. Multis autem coniefturis adducor ut 
credam aquas istas a bitumine non multo minus virium, quam 
a ferro et sulphure sumpsisse : colorem siquidem ferrugineum 
non habent : ad haec carbonum fossilium ut ferri ingens passim 
in eo mundi traélu copia visitur ; facultas quoque urinas ac menses 
movendi bitumini insigniter inest, ut et hisce aquis : quae forte 
vim etiam contra serpentum morsus et venena obtinent. Nam 
iniefta in eas rana aut bufo animam illico evomit. At de hisce 
satis. 

In ipso autem aquarum usu haec observentur primum : Etsi 
aquae fontis Savenir aliis omnibus praestent et sint dulciores, 



5î) 

fit tamen ut quidam ex harum, nonnuUi ex aliarum potu citius 
et melius convalescant. Eligantur itaque affeâui praesenti ac 
constitutioni magis convenientes, quod ex ipso eventu quisque 
edicere débet. 

Ante Maium et post Augustum in usum non recipiantur, 
eo quod aqua pluvia e montibus vicinis cum sordibus affluente 
vicientur. Primis diebus non hauriantur affatim, postquam 
vero ventriculus et palatum eisdem assueverint, id quod paucis 
diebus accidit, liberalius ad o£lo, decem vel duodecim ad sum- 
mum libras ingerantur, prout scilicet natura cuiusque id ferre 
ac ad aâum deducere potest. 

Si autem vel ob quantitatem nimiam vel naturae imbecilli- 
tatem aut magnas obstrufliones per alvum aut vesicam non 
exonerentur, statim clystere eluantur. 

Si quoque humor obstruâionum causa ob tenacitatem vel 
frigiditatem efflagitaverit incisionem, assidue ea per id tempus 
quo aquae bibuntur procuranda est. 

Humores quoque interdum convenienti pharmaco vacuentur, 
praesertim per principia, et sub ipsarum aquarum usum, quo 
scilicet liberius per venas iam reseratas ferri queant. 

Sumantur fere aftu frigidae, recens e viva scaturigine haustae, 
quas sic promptius operationem suam exercere asserunt : nihil 
tamen impedit easdem propinare calidas, aut cinnamomo aliove 
aromate correélas, ventriculis praesertim frigidis, nauseabundis 
aut vomiturientibus : qui intérim sic resupinati roborentur 
pipere, gingibere condito similibusque. Tepefaftas improbo, 
quod omnia tepida aut foris admota aut intus sumpta ventriculi 
vires dejiciant. 

Bibantur mane ieiuno ventriculo ad odavam e ta prandio (quod 
tenue esto) ad quartam horam : atque perpetuo subsequatur 
duarum vel trium horarum ieiunium : Imbecilliores si semel 
duntaxat per diem hauserint, sat erit. 

Corpus a sumptione, quoad fieri potest moveatur, quo copiose 
alvus et vesica sese exonèrent; quod vero fit dum potatio est 
bene cessura. * 

Continuatur vero potatio ad quatuor, quinque vel sex hebdo- 
madas, ad exigentiam scilicet morborum. 



56 

Universa viâus ratio instituatur pro eo quo corpus affligitur 
affe£lu. Atque hic repctantur, quae de convalescentium et senum 
viflu supra in médium attulimus, ceu omnino hic usui futura. 
Memineris tamen cibos concoâu faciles prompte corruptioni 
itidem obnoxios esse, ac proinde non convenire biliosis quibus- 
dam constitutionibus, quibus tamen aquas hasce acidas cum- 
primis salutares esse iam diximus. Sed iam huius prolixitatis 
me piget pudetque. In eo candore nostra accipies : quo libenter 
etsi admodum tumultuarie communicavimus. Iterum vale. 
Brugis ipsis calendis Augusti. 

Anno i55o. 

Tuus Bruhezius. 



^7 



LE PEINTRE GRAVEUR 



DES PAYS-BAS 



AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE (i) 



LAMBERTS 



6BRRIT LAMBERTS. 



1. Le chantier de radoub. 

L. o,i35. H. Ojioi. 
T. c. L. 0,120. H. o,o85. 



A droite deux petites construdions en planches, auprès 
desquelles il y a un bâtiment que Ton radoube et un autre qui 
est à la voile. 

Signé au coin de gauche dans Teau : G. L. 



(1) Suite* Voir les volumes précédents, passim. 



58 



2. Le pécheur dans la nacelle. 

L. 0,190. H. o,i33. 
T. c. L. o,i63. H. o,io5. 



A gauche des construâions bordant un canal, au fond un 
moulin et un pont. En avant des constructions est un pêcheur 
dans une nacelle. 

Signé sur une construAion : G. L., 1810. 

i«' état. — Avant le ciel et diverses ombres. 

2« état. — Avec le ciel et des travaux dans les ombres. 



■Wi^M^^^^r^ 



LAMBRICHS 



IiAMBBIGHS, 



1. La pauvresse. 

L. 0,106. H. 0,127. 
T. c. L. 0,074. H. 0,106. 



Une pauvre femme enveloppée d'une châle et allant vers la 
gauche. Au fond, on voit une église ; la campagne est couverte de 
neige. 

Signé au bas de la droite : JE*. L., 55. 



j 



59 



LAMME 



LAMMfi, P. J. 



1. La lecture. 

L. 0,126. H. 0,178. 
Marge en haut 0,017, au bas o,oo3. 

Dans une salle gothique, éclairée à droite par une croisée, se 
rouve un homqie assis à une table et lisant. 

Signé au bas de la droite : P. /. Lamme. 

Il a aussi lithographie à la plume un dessin de Rembrandt, 
La Cène, appartenant à M. W. Baartz. 



2. Le peintre romantique. 

L. 0,113. H. o,i65. 
Marge du bas, o,025. 

Dans un atelier excentrique, on voit un peintre revêtu d*un 
costume moyen âge, assis devant son tableau, à ses pieds sont 
des morceaux d armures. 

Dans la marge du bas il y a quelques griffonnements. 



6o 



LAMORINIERE 

LAMORINIÈRE, François, 

1. Forât de Fontainebleau. 

L. 0,224. H. 0,162. 

Des taillis entre lesquels passent deux vaches et un vacher. 

i«f état. — Eau-forte pure, les vaches et le vacher au trait, le 
premier plan fort peu fait. 

2« état. — Le premier plan retravaillé. L'arbre de gauche est 
repris ainsi que le fond. 

3« état. — La planche est terminée et poussée plus loin. 

Cette planche a été effacée et est fort rare. 

1^'*. Reproduotion d'une esquisse peinte. 

L. 0,070. H. o,io3. 

Z, Vue prise dans la Flandre orientale. 

L. 0,120. H. o,o85. 

A gauche une ferme, au fond le village, à droite un verger. Le 
premier plan à gauche est occupé par de Teau. 

i®*" état. — Avant le ciel, le nom et divers travaux dans les 
ombres. 

2C état. — Avec le ciel et le nom au haut du ciel à gauche : 
F. L., 2 (ce chiffre à rebours). 

3« état. — Les ombres poussées au noir, les arbres du verger 
repris en noir. 



6i 



3. Les bords de la Meuse, rochers. 

L. 0,110. H. 0,080. 

Des pointes de roches blanchâtres coupent une terrasse boisée. 

ler état. — Avant le nom, d un ton argentin. 

2e état. — Avec les reprises dans les ombres, la côte est d un 
travail inégal, avant le nom. 

3e état. — Avec le nom, la côte est couverte d un travail serré 
et uniforme. 

Signé en haut de la droite : F. L., 3. 

4. Ferme aux environs de Schilde. 

L. 0,080. H. ojiOv 

On voit la ferme au milieu de la planche, en avant de celle-là 
il y a un arbre. 

i^r état. — Avant le nom et avant le ciel. 

2^ état. — Avec un ciel éclairci au brunissoir et traité à la 
pointe sèche. 

Signé dans le coin de gauche en haut : F. L., 4. 

5. Vue prise aux environs d*Anvers* 

L. 0,110, H. 0,080. 

Dans une campagne plate bornée par un rideau d'arbres et 
quelques construélions, on 'voit un homme qui s avance sur un 
chemin. 

i^^ état. — Avant le ciel et le nom, le coin de droite en bas est 
blanc. 



62 

2« état. — Avec le nom et le ciel. La planche est terminée. 
Signé en haut de la droite : F. L., 5. 

6. Lisière de bois (Laroche). 

« 

L. o,o8o. H. o,iio. 

La lisière du bois est au fond, quelques arbres isolés sont 
au-devant ; au milieu il y a un chemin. 

i^ état. * — Avant le ciel et le nom. 

2* état. — Avec le ciel et le nom, au haut à gauche : F, L.,6, 

3« état. — Remordu et poussé au noir, le haut des troncs est 
tout noirci. 

7. Les bords de la Lienne près de Rahier. 

L. 0,140. H. 0,090. 

Au fond et des deux côtés, des montagnes ; la rivière coule à 
droite au pied de la montagne. 

i^' état. — Inachevé, le bas au premier plan et le côté droit de 
la montagne, au bas, sont blancs. 

2« état. — Les parties inachevées, travaillées à la pointe sèche, 
sont grisâtres ; avant le nom et le pêcheur. 

3« état. — Avec le nom au haut à droite : F. L., 7, et le 
pêcheur, mais avant le ciel. 

4« état. — Avec le ciel. 

8. Llnondation dans les polders. 

L. 0,140. H. 0,090. 

A rhorizon un village, quelques arbres dans les prairies 
inondées. 



i 



63 

i*** état. — Avant le ciel et le nom. 

2* état. — Avec le nom en haut à gauche : F. L., 8, et le ciel. 



9. Les deux fermes (Flandre orientale). 

L. o,ii5. H. o,o8o. 

Deux fermes vues par le pignon et Tune à côté de Tautre. 
i«r état. — Avant le nom et avant que la planche eût été 
nettoyée. 

10. Les bords de rÂmblève près de Targnon. 

L. o,i3o. H. o,o8o. 

A droite, un bouquet d*arbres ; dans le lit de TAmblève, de 
grosses pierres ; au fond des collines. 

i«' état. — Avant le ciel et la reprise; la planche n'est pas 
nettoyée. 

2« état. — Avant le ciel et le nom, mais la planche nettoyée 
et reprise. Les montagnes du fond blanches. 

3« état. — Avec le ciel, le nom et les travaux. 

Signé au haut à gauche : F. L., lo. 



11. Vne prise en Gampine. 

L. o,i5o. H. 0,100. 

Un chemin va du milieu du premier plan, vers le fond, où 
Ion voit des buissons et deux chaumières. 

i*' état. — Avant le ciel et le nom, ainsi que de nombreux 
travaux. 



04 

t 

2« état. — Avec le ciel, le nom et les arbres du second plan . 

Signé au haut à droite : F. L., 1 1. 

3« état. — Avec un homme esquissé légèrement sur le chemin. 

12. Anciens glacis d'Anvers. 

L. 0,070. H. o,ii5. 

Quatre peupliers, un à gauche et trois à droite ; au milieu on 
voit une chapelle. 

!«' état. - Avant le nom et le ciel. 

2* état — Avec le ciel et le nom, au haut à droite \F, L., 12. 

13. Sur les hauteurs (Ardennes). 

L. 0,110. H. 0,160. 

L'horizon est terminé par une barrière, au delà quelques som- 
mets d'arbres, en dedans deux arbres et un passant. 

Signé au haut à gauche : F, L, 

i«r état. — Avant la teinte sur les arbres et sur le terrain. 

2« état. — Le ciel est retravaillé, il y a une teinte sur les 
arbres et sur le terrain. 

3« état. — La teinte est portée sur certaines parties du ciel. 

14. Le crépuscule, vue prise à Hastières. 

L. o,io5. H. o,i5o. 

Un vallon encaissé et ombragé avec un ruisseau au milieu. 
1er état. — Avant le nom et le ciel. 

2e état* — Avec le nom et le ciel. Au haut à gauche, on lit : 
F,L. 



65 

3e état. — Les arbres qui, dans l'état précédent, se confon- 
daient avec le ciel ressortent ici en noir, mais il y a des crevés 
dans les troncs. 

4« état. — Les troncs sont remordus ; il y a des parties assom- 
bries dans les buissons au pied des arbres, 

15. Sur les hauteurs près de Dinant. 

L. o,22o. H. o,ogo. 

Morsure énergique, deux collines en pente douce, au fond 
une silhouette d arbres, un ciel rudimentaire. 

Signé au haut, à gauche : F, L., i5. 

» 

16. Le château de Montplaisir (bords de rÂmblève, 

clair de lune). 

L. 0,220. H. o,i65. 

Le château domine une côte couverte d'arbres, 
i^r état. — Avant le ciel. 

2^ état. — Avec le ciel, avant les travaux sur le cours d eau. 
3« état. — Avec les travaux sur le cours d'eau, la planche est 
achevée. 

17. Vieilles maisons en Ardenne. 

L. 0,220. H. 0,090. 

Elles occupent le milieu de la planche et sont construites en 
planches. 

Signé au haut, à droite : /^, L., 17. 
ler état. — Avant le ciel. 

2^ état. — Avec celui-ci, les travaux du fond renforcés. 
Tome xii. . 5 



66 



18. Ancien ohâteau-ferme près d'Anvers. 

L. 0,110. H. o,i65. 

A gauche un hangar, au fond le château, au pignon flamand 
et à tourelle hexagonale. 

i^^ état. — Avant le ciel et le nom. 

2« état. — Avec le ciel et le nom ; au haut, à gauche F. L, 18. 

3« état. — Avec les ombres renforcées, le toit du hangar est 
noirci, sur les bords. 

4« état. — Ces défauts sont éclaircis au brumissoir. 

19. La chapelle près de Stoumont (Ardennes). 

L. 0,220. H. 0,170. 

En avant de la lisière d'un bois qui occupe le fond de la 
planche, on voit une petite chapelle et quelques troncs isolés. 

i^r état. — Avant le ciel, 

2« état. — Avec celui-ci. Le coin de droite en bas est blanc 
dans ces deux états. 



20. Vue prise en Angleterre. 

L. 0,200. H. o,i53. 

Une femme chargée d*un fagot longe un cours d'eau près de 
quatre grands arbres, 
i®»" état. — Avant le nom. 
2« état. — Avec le nom, au haut, à gauche : F. L. 12. • 



67 



21. Hokoy, village en Ârdenne. 

L. o,i65. H. 0,220. 

Au fond un village, à droite un parc, à gauche deux grands 
arbres. 

i*"" état. — Avant le ciel. 
2« état. — Avec le ciel. 

22. Vue prise en Angleterre. 

L. o,i65. H. 0,1 lo. 

23. Vue prise en Angleterre* 

L. o,220. H. 0,170, 



LAUTENBERGER 

LAUTENBERGER, F., de Mayence, est élève de L. Van Kuyck. 

1. La chevrette et les deux pigeons. 

L. 0,162. H. 0,111. 

Une chevrette est couchée tournée vers la droite, au devant 
d'un panier sur lequel roucoulent deux pigeons ; dans un plat 
posé par terre on voit un rat. 

Signé, au bas de la gauche : F. L., et, au bas de la droite : 
Juni 64. 



68 

i«r état. — Eau-forte primitive avec traces de pointe sèche au 
front, au cou et à la patte de devant de la chevrette. 

2« état. — Quelques lumières enlevées au front, sous l'œil, 
à Tépaule, la pointe sèche ébarbée. 

3^ état. — La planche terminée, les lumières enlevées sur les 
pigeons et sur toute la chèvre. 

2. La taupe. 

L. o,iio. H. o,i6i. 

Une taupe morte, entourée d'inseftes, est suspendue à une 
branche d'arbre ; on lit, au bas sur un écriteau, mais à rebours : 
Mort aux taupes. 

3îgné au bas de la droite, à rebours, dans le fond : F. L., 64. 



LAUTERS 

LÂUTERS, Paul, est né le 16 juillet 1806, à Bruxelles, il y 
est mort en novembre 1876. Il avait été élève de Malaise et a 
travaillé comme peîtitre, aqua-foniste et lithographe. 

1. Derniers moments du comte d^Egmont dans la maison 

dite BrOOd-Huys (d'après Van Rooy). 

L. 0,175. H. 0,276. 
T. c. L. 0,118. H. 0,137. 

Egmont, assis dans un fauteuil, devant une table supportant 



69 

un crucifix, est assisté par un prélat ; à gauche, dans le fond, 
deux soudards. 

Signé, dans le bas de la planche : P. Lauters scup. (sic) i836. 
et dans la marge on lit : Van Roojr pinxt, — Lauters sculp, — 
École royale de gravure, à Bruxelles. 

Salon de i836,par Alvin. p. 38. 

2. Dévouement des magistrats et des citoyens d*An?ers 

(d'après De Braekeleer). 

L. 0,175. H. 0,276. 
T. c. L. 0,175. H. 0,118. 

La scène, qui représente un combat acharné, se passe au 
milieu d'une place entourée de vieilles maisons et au fond de 
laquelle on voit la tour d'Anvers. A gauche les Espagnols, à 
droite le groupe des Anversois. 

Signé, au bas de la gauche : P. Lauters sculp. i836. 

Dans la marge on lit : De Braekeleer pinxt, — Lauters sculp, 
— Ecole royale, etc. Page 67 du compte rendu d' Alvin. 

3. Un militaire s*arrêtant pour boire devant un cabaret 

de village (d'après H. Denobele). 

L. 0,175. H. 0,276. 
T. c. L. 0,148. H. 0,121. 

Un militaire assis sur un banc, son équipement à ses pieds, 
reçoit à boire d une femme ; il y a deux autres personnages : un 
paysan assis et un gamin coiffé du shako du militaire. 

Signé, au bas delà gauche, dans le terrain : P. Lauters , i836. 

Dans la marge il y a : //. Denobele pinxt, — P. Lauters 
sculp, — École royale, etc. Salon d'Alvin, p. 92. 



70 



4. Massacre des magistrats de Louvain (d après H. Leys). 

L. 0,175. H. 0,276. 
T. c. L. 0,157. W- o»>*6. 

L^eau-forte représente la scène du massacre au pied de 1 esca 
lier de l'hôtel de ville. 

Signe', dans le bas, vers la droite : P. Lauters, i836. 

Dans la marge, on lit : Leyspinxt, — Lauters sculp. — École 
royale, etc. Salon d'Alvin, p. 117. 



5. Hiver, intérieur de bois (d après L. P. Verwée). 

L. 0,175. H. 0,276. 
T. c. L. 0,173. H. 0,126. 

Un homme à cheval, suivi de trois chiens, va passer au travers 
d'un bois dépouillé de feuillage. 

Signé, au bas de la droite, dans Teau : P, Lauters, i836. Ins- 
criptions comme sur les précédentes planches P. i35 du Salon 
d'Alvin. 



6. Halte militaire (daprès Bellangé). 

L. 0,175. H. 0,276. 
T. c. L. o,i63. H. 0,125. 

Au devant d'une chaumière est arrêté un groupe de cavaliers 
montés et démontés qui s'entretiennent avec les paysans et les 
. enfants ; à droite, sur le chemin, on voit la tête du convoi. 

Signé, au bas de la gauche : P, Lauters sculp,, 1837. 

Dans la marge les inscriptions ordinaires. P. 201 du Salon 
d'Alvin. 



71 



7. Une kermesse aux environs d'Anvers 

(d'après Eugène Deblock). 

L. 0,175. H. 0,276. 
T. c. L. o,i58. H. 0,118. 

La scène représente une danse en plein air ; à la porte du caba- 
ret deux couples sont surtout remarquables. 

Signé, au bas de la gauche dans une mare d*eau : P. Lauters 
i836. Salon, p. 248. 

8. Convoi de ohevaux de tontes raoes attaqué par des loups, 

dans une forêt de Pologne (d'après Eugène Verboeckhoven). 

L. 0,175. H. 0,276. 
T. c. L. 0,181. H. 0,124. 

Au premier plan d'une gorge escarpée, un cheval est tombé 
sous les morsures des loups, les autres s'effrayent et se cabrent, 
une partie des gardiens fuient. 

Signé, au bas de la planche, vers le milieu : P. Lauters 
sculp,y 1837. 

Dans la marge les incriptions ordinaires. Salon d'Alvin, 
p. 379. 

9. Paysage (d'après Huysmans). 

L. 0,267. H. 0,186. 
T. c. L. o,i65. H. 0,116. 

Cette eau-forte reproduit le n^ 209 du musée de Bruxelles. Site 
très-accidenté ; à droite, un escarpement de rochers et de terrains 
sablonneux ; à gauche, un groupe d'arbres dont les cimes touchent 



72 

au cadre ; dans le fond, un pont avec des navires ; vers la droite, 
un groupe de personnages. 
Signé, dans le terrain, au bas delà droite : P. L., i835. 

10. Nooit te vreden (Jamais en paix). 

L. 0,102. H. o,i68. 
T. c. L. o,o88. H. o,i38. 

Une sentinelle battant la semelle pour se réchauffer, en pleine 
campagne. Au fond on voit le restant du cordon. 

Signé, au bas de la gauche : P. L. en monogramme, dans la 
marge on lit : Noordstar-Noot te Vreden, 1842. 

i«r état. — L'eau-forte est grise et a peu mordu, il n'y a sur la 
crosse du fusil qu'une taille perpendiculaire, la jambe gauche 
n'est pas fortement chargée d'ombre. Les herbes du bas de la 
planche sont plus finement étudiées que dans le 2^ état. 

2^ état. — Remordu et retravaillé, l'effet est augmenté, mais 
la planche est devenue beaucoup plus dure. 

Cette planche a paru dans l'année 1842 du Noordstar, 
tome !«*". 

11. Environs de Bruxelles. 

L. o,25o. H. 0,181. 
T. c. L. 0,235. H. o,i63. 

■ 

Cette planche gravée pour l'album de la fête artistique du 
5 janvier i85o, dont elle forme le n«> i3, représente l'entrée d'une 
ancienne ferme, entourée d'arbres et de buissons ; une femme, la 
tête chargée d'un paquet d'herbes, se dirige vers cette ferme, sur 
la porte de laquelle on lit : C. L. Au haut à gauche, dans le ciel, 
il y a le monogramme P, L, traversé par une ancre. 



73 



12. Primes amours. 

L. 0,164. H. 0,240. 
T. c. L. o,i35. H. 0,200. 

Sous une allée éclairée par le soleil, une jeune fille surprend 
un jeune homme en lui couvrant les yeux de ses deux mains. 

Signé dans la planche, au bas de la gauche : P. Lauters, et 
dans la marge : Paul Lauters del, et sculp, — Primes amours, 
— J. BouwenSy imp, Brux, 

Cette eau-forte se trouve à la page 58 de la 2^ édition de la 
légende d'Ulenspiegel, par Ch. De Coster. 



LAVAERTS 

LÂVÂERTS, Ad., de Malines. 

1. La ohaamière. 

L. 0,092. M. 0,128. 

■ 

T. c. L. 0,074. H. 0,096. 

Une chaumière assez ruinée, au pied d'un bouquet d'arbres 
élancés. 

I®' état. — Eau-forte pure, avant le nom et la reprise dans 
Tarbre. 

2e état. — Avec le nom, au bas de la gauche : Ad, Lavaerts 
fecit et deL 



74 



LAUWERS 

LAUWBRS, Frans, Ânversois. 

t 

1. Mater dolorosa. 

(Planche ovale) L. 0,173. H. o,2i5. 

Gravé d après le tableau de H. De Caisne. 
Voyez dans la Vlaamsche Schooi, p. 85, de 1871 



75 



ALMANACHS BELGES 



Moi aussi, j*ai le faible des almanachs et puisque d'autres, 
au grand jour, avouent leurs faiblesses, pourquoi cacher plus 
longtemps les miennes? Je possède des almanachs; j'ai même 
sur mes rayons une rareté du genre, c'est YAlmanach national 
de France de Tan IV. On n'en connaissait que quatre exem- 
plaires. La coUedion complète de VAlmanach royal de France 
se compose de 176 volumes, et un exemplaire de Tan IV vaut à 
lui seul le prix des 175 autres volumes de l'ouvrage, quoique les 
colleftionneurs payent couramment 25 francs les premières 
années. 

Si la possession de ÏAlmanach national de l'an IV ne suffi- 
sait pas à me justifier du crime de colle£lionneur d'almanachs, je 
rappellerais qu'en Amérique, Abraham Lincoln^ qui était avocat, 
avant de devenir président des États-Unis, gagna un jour sa 
cause dans un procès capital, sans même plaider, et rien qu'en 
exhibant un petit almanach. Un jeune Yankee, accusé d'assas- 
sinat, allait être condamné d'après le dire des témoins qui tous 
prétendaient l'avoir parfaitement vu accomplir le meurtre à la 
faveur d'un beau clair de lune. Les témoins entendus, Lincoln, 
pour toute plaidoirie, se contenta de faire passer sous les yeux 
des jurés un almanach qui indiquait que, le jour du crime, la 
lune s'était levée trois heures après la perpétration de l'assas- 
sinat : le client de Lincoln fut absous, grâce à un almanach. 

Paix donc aux collectionneurs d'almanachs, et comme suite 



76 

au savant travail de M. Douret, et sous le même titre qui a 
abrité ses recherches, je citerai de 

BRUXELLES : 

1694. L Incomparable Almanach de Pasquin et 
de Marfore pour ratifiée MDCXCIV contenant des 
observations astronomiques, historiques, politiques el 
morales et des prédirions admirables sur les affaires 
du monde, traduites de l'italien : le tout compris dans 
des entretiens divertissans, accompagné de ce qui 
peut être utile aux habitants de ce pays. 

Se vend à Bruxelles, che{ Jean Léonard, libraire- 
imprimeur, rue de la Cour, 1694. 

« Avis important au leâeur, — On avertit le public que 

Y Almanach de Milan, pour cette année, a été contrefait sous le 
nom de J. Léonard, nonobstant le privilège que le libraire a de 
le pouvoir seul imprimer en ce pays. C'est pourquoi il avertit 
un chacun que Talmanach contrefait n*est pas semblable à 
celui de son impression; on le pourra reconnaître : 

« 10 Par le papier qui n'est pas si grand ni si beau que celui 
de rimpression dudit libraire ; 

« 2° L'almanach contrefait n'a pas de catalogue de livres au 
commencement, ni à la fin un traité de cuisine qu'on trouve dans 
la véritable impression ; la fausse étant remplie de bagatelles 
tirées d'autres almanachs et des choses qui ont été mises dans 

Y Almanach de Milan de Tannée passée 1693. » 

\S Incomparable Almanach de Pasquin et de Marfore nous 
prouve qu'aux Pays-Bas, avant 1694, il existait un privilège 



11 

oftroyé à un libraire pour la publication des almanachs ; que 
cet almanach officiel et patroné était XAlmanach de Milan, 
Quoique XAlmanach royal français date de 1 699, nous possédons 
dans notre coUeftion un almanach ou calendrier pour Tan- 
née 1694, imprimé à Paris, du même format que 1*^4 /manac A 
royal àt 1699, publié par le même éditeur, Laurent d'Houry, 
revêtu dun privilège du Roi, en date du 16 mars 1679, et anté- 
rieur par conséquent de cinq ans à Y Almanach royal. Nous tenons 
ces deux almanachs de 1694, belge et français, comme d'insignes 
raretés. UAlmanach de Milan, publié bien antérieurement 
à 1693, à Bruxelles, par Jean Léonard, serait-il antérieur à la 
publication de Laurent d'Houry qui existait incontestablement 
en 1679, d'après la date d'o6lroi du privilège royal? Il serait cer- 
tainement intéressant de trancher cette question, et nous laissons 
à de plus raffinés que nous le soin de la décider. 

1768. Almanach de Milan, pour Vannée bissex- 
tile MDCCLXVIII ou le Pescheur fidèle . 

Observations. 

Delà Création du monde, 5717. 

De l'Incarnation, 1768. 

De la Corredlion Gregor., 186. 

A Bruxelles, chei Jean Léonard, libraire, rue de 
la Madeleine montant à la Cour, avec privilège , 

Extrait du Privilège : « La Cour a permis et consenti, permet 
et consent par cette que Jean Léonard, à l'exclusion de tous 
autres, pourra imprimer ce livre intitulé Almanach de Milan ou 
le Pêcheur fidèle, comme il se voit plus amplement es lettres 
patentes données à Bruxelles, le 22 mars 1752. » 



78- 

Le privilège accordé ici, en 1752, ne peut être que le renou- 
vellement d'un plus ancien puisque, en 1694, le fameux Aima- 
nach de Milan existait déjà en vertu d'un privilège antérieur. 
Mais le Jean Léonard de 1768 est-il le même que le Jean 
Léonard de 1694? Dans ce cas, le bonhomme serait presque un 
centenaire. En tout cas, si les deux ne font pas un, ils sont pro- 
bablement père et fils. Les vieux registres de corporations 
pourraient seuls nous le dire. 

1790. Le Chansonnier patriotique des Pays-Bas, 
contenant un choix des meilleurs morceaux qui ont 
paru depuis 1787 a 178g. 

Aux dépens du patriotisme , 1 790. 

Hymnes à Vander Noot , au baron Vander Haegen , à 
Vander Mersch. — Comme gravure, la Caricature de larmèe 
de la Lune. 

Pas de nom d'imprimeur. 

1790. Étrennes Belgiques, pour tan ijgo, avec tes 
Étrennes de 1788 et le Poisson d* Avril de 1789. 1 790. 

Pas de nom d'imprimeur. 

1791 . Almanach de Milan, pour Vannée de N. S. 
J. C. M.DCC.XCI ou le Pêcheur fidèle . 

A Bruxelles, et se vend à Lille, che{ Léonard 
Danel, imprimeur-libraire, sur la Grand'place. 
Avec permission. 

Les douze mois de Tannée sont gratifiés chacun d un dessin 
suf bois, signé : P. Lesueur. Le type de ces gravures est de 



79 

beaucoup antérieur à Tannée 1791 ; elles semblent faites au com- 
mencement du XVI II« siècle, et si elles étaient Tœuvre de 
P. Lesueur, graveur sur bois, à Rouen, elles seraient dignes 
d'être recherchées par les amateurs de gravures. Rouen, à cette 
époque, exportait beaucoup de papiers peints pour le brochage 
et la reliure, et il ne serait pas impossible que les éditeurs 
bruxellois de cette époque aient commandé à Rouen les bois 
de leurs illustrations. En tout cas, ces gravures, à cause du sujet, 
ne sauraient trouver place dans les collerions des Anglais. 

1791. Almanach des Trépassés, pour Tanné 1791, 
contenant des chansons nouvelles sur de vieilles 
choses et des pièces fugitives sur les affaires du temps 
passé ; enrichi d'estampes en taille-douce relatives à 
des circonstances très-rudes. Pour servir de Mémento 
aux Belges. 

A Andoy, au quartier général, et se vend à V armée 
des croisés che{ tous les imprimeurs du Congrès, 

Cet almanach est attribué à E. J. Dinne. 

1793. Universelen Almanak der stad Brussel 
Eerste Jaer 1793. Tôt Brussel, by A.J. D.de Braec- 
kenier Drukker en Boek-Verkooper op de Visschers- 
Zenne. 

Almanach curieux, parce que son existence n aura pas été de 
bien longue durée. Nous y voyons que les portes de la ville 
s'ouvraient à 6 heures en hiver et à 3 heures en été, pour se 
fermer à 5 heures et à 9 heures. 



8o 

1798. Vingt'troisième recueil d'arriettes des Opé- 
ras et autres chansons connues pour la présente année. 
A ThèbeSy chei les enfans d'Amphton, Calendrier 

pour Tan VII de la République française. 

A Bruxelles, che{ Ad. Stapleaux, imprimeur- 
libraire, rue du Capitole, ci-devant rue de la Mag- 
delaine, n^ 407 . 

Cest le calendrier républicain avec ses 6 jours complémen- 
taires. Et dire que nous avions tous oublié que la rue de la 
Madeleine s'était appelée rue du Capitole ! 

1800. Almanach de poche pour la présente année 
mêlé d'ariettes contenant les tables pour la monnaie 
décimale en livres tournois, en argent courant de 
Brabant et en argent de change de Brabant ainsi que 
celles pour la conversion de l'argent de Brabant en 
celui de France et de celui de France en celui de 
Brabant. 

A Bruxelles, che^G. Huyghe, imprimeur-libraire. 
Marché aux fromages. 

Cette grande utilité a dû se débiter assez bien : on y trouve, 
outre tous les tarifs cités plus haut, Tannuaire pour les fêtes 
nationales de Tan VIII; un double almanach mentionnant la 
concordance des jours républicains avec les jours sous leur 
ancienne dénomination et de plus un calendrier grégorien avec 
les noms des saints proscrits : quant au format, il est mignon à 
mettre dans la poche du gilet ; ce format long et étroit d'une 
forme monastique à faire rager les républicains. 



8i 

1802. Étrenne Mignonne de Liège, pour Van X, 
à Liège, che{I. A. Latour, Imprimeur-Libraire, sur 
lepont d'Isle. 

Ce petit volume contient la liste de tous les fonâionnaires 
de l'époque, et parmi eux, beaucoup de noms connus, dont les 
descendants existent encore. On peut dire de ce livre que c'eàt 
un petit indiscret. 

i8o6» Gerieflyke Nieuw-Jaers Gif te ofte Aima- 
nach poor f Jaer ons heere MDCCCVI. 

Tweede Jaer van t' fransch Keyzerryk. 

TAntwerpen by H. P, Vander Hey op den hoek 
van de Schrynjverkerstraet . 

1811. Le Télégraphe lyrique ou choix des plus 
jolies chansons. Almanach pour Tan 181 1, contenant 
un calendirier ayant plusieurs Saints pour chaque 
jour de l'année d'après le martyrologe romain et 
autres choses curieuses et utiles. Bruxelles, L. Pou- 
blon, Grand'place, n^ 840. 

1814. Le Cadeau du Jour de Van. Recueil choisi 
d'ariettes et romances. Calendrier pour l'an de 
grâce 1814. Se vend à Paris, che^ les marchands de 
nouveautés ; à Bruxelles, che^ la V^ Lemaire, libraire. 

Malgré l'adresse de Paris, c'est un ouvrage bruxellois. 

1824. Almanach National pour Vannée 1824, 

Tome xn. 6 



82 

4* année, à Bruxelles, che{ J. B. Dupon, impri- 
meur-libraire près du poids de la Ville. 

On nous demandera maintenant pourquoi nous n'avons pas 
cité le Calendrier de la Cour. C'est que cet almanach à lui tout 
seul vaut un chapitre, et que nous craignons de prendre, dans 
le Bibliophile, l'espace réservé à des travaux plus sérieux. Nous 
réserverons donc pour plus tard YAlmanach de la Cour, V Al- 
manach royal de 1842 de Belgique, YAlmanach de Gotha, 
ï Almanach royal de France, et toute la série des grands alma- 
nachs historiques depuis Louis XIII. 

C'est beaucoup et c'est peut-être trop d'almanachs. 

Bon DE ViNCK D'ORP. 



SUR LE 



CERCLE ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE 



DE BRUXELLES 



Le souvenir de Torigine du Cercle est bien près de se perdre ; 
M. Louis Hymans, page i6o de ses Types et silhouettes, le fait 
naître dans les salons de Bériot. La vérité est que sa première 
installation, qui date du mois de janvier 1844, eut lieu au café 
des Boulevards, place des Nations, sur le territoire de Saint- 
Josse-ten-Noode, d'abord dans les deux salons latéraux du rez- 
de-chaussée du café, puis dans les grands salons du premier 
étage. 

Les sociétaires eurent l'avantage d'entendre de bonne musique, 
faite sous la direâion de Ch. de Bériot, président du Cercle, 
succédant en cette qualité à Eug. Simonis, le sculpteur. 

Les littérateurs organisèrent des séances de le£lure et de 
déclamation; il suffira de mentionner une le£lure faite par le vieux 
Raoul, Fauteur de la Traduâion en vers français des trois 
satiriques latins. 

Les amateurs de journaux eurent à leur disposition le Journal 
des Débats, V Illustration, Y Indépendance belge, la Revue des 
Deux-Mondes, la Galette musicale belge. 

Les peintres, les dessinateurs, les graveurs faisaient bande à 
part ; il y avait parmi eux des loustics croquant le portrait, la 



84 

charge de quelques-uns des membres. Ainsi fut faite la charge 
d'Altmeyer, dans laquelle on crut trouver de la ressemblance 
avec Voltaire. 

Edouard Smits posa à son tour. Ceux qui ont connu mon 
honorable prédécesseur pour la statistique générale, au ministère 
de rintérieur, se rappelleront sa face caraflérisée par ce di£lon 
populaire : « Le bourgogne rougit la trogne. » Uartiiste, dessi- 
nant au crayon noir comme d'habitude, retourna son porte- 
crayon et fit le nez en rouge. L'œuvre étant exhibée, elle fut 
accueillie par une bruyante hilarité; le héros de la plaisanterie 
ne fut pas le dernier à en rire. Le vrai portrait de Smits, peintre 
lui même, se trouve en tête de ses Œuvres poétiques, Bruxelles, 

1847, ^ ^ol* îï^"8°- 

Deux ans après sa fondation, le Cercle artistique et littéraire, 
dans lequel la Société polyharmonique s'était déjà fusionnée, au 
mois d'o£lobre 1844, alla s'établir dans l'hôtel de Bériot, où un 
Français, M. Lemercier, ouvrit, le 14 avril 1846, un cours de 
physiologie humaine et comparée à l'usage des gens du monde, 
fait à l'aide des modèles artificiels du douleur Auzoux. Il y eut 
des séances du jour pour les dames, et du soir pour les hommes. 
Ces démonstrations d'anatomie plastique excitèrent un vif 
intérêt dans les deux auditoires. 

L'un des membres fondateurs du Cercle artistique et littéraire, 
je cessai d'en faire partie lorsqu'il entra en ville, aux Galeries 
Saint-Hubert. Jusque-là la société composant le cercle était 
moins mêlée qu'elle ne l'est aujourd'hui ; on ne jouait pas aux 
cartes. Bref, lelément intelleéluel y dominait davantage. C'est là 
que je conçus l'idée de ma Noblesse artiste et lettrée, ouvrage 
dont M. Auguste Scheler, bibliothécaire du Roi, a rendu compte, 
en 1864, dans le Bulletin du Bibliophile belge. 

Xavier Heuschling. 



CONTRIBUTION 



A LA 



BIBLIOGRAPHIE MOLIERESQUE 



J*ai fait hommage à la Bibliothèque royale, il y a quelque 
temps, d*un livret assez insignifiant dont voici le titre : 

L'Avare de Molière où, comme étant absolument 
nécessaire pour faciliter la prononciation du fran- 
cois, I les e e/ h muets^ les consonnes qui ne se pro- 
noncent pas, sont en caradère italique; II, etc., & un 
discours sur la prononciation françoise, par M. L . 
B., avocat au parlement de Paris & professeur de 
langues modernes à l'académie de Heath, dans la 

province d'York. — Paris, Leclercq, 1752. 

« 

C'est un bouquin dans toute l'acception du mot, mais il 
emprunte un intérêt de curiosité à cette particularité que Tau* 
teur, à qui il a appartenu, a écrit sur les gardes la note résignée 
qui suit : 

« Ce petit ouvrage fini, je comptois le faire imprimer à York sous mes 
yeux. L'imprimeur me parla en ami, et me dit qu'il lui falloit faire faire une 
fonte de caractères qui ne lui serviroient peut-être jamais, et que cela me 
coûteroit beaucoup, me conseillant de l'envoyer à Paris. Je suivis son avis. 
On m'a fait payer cinq louis d'or pour corriger la presse : l'ayant reçu de 
Paris, j'y trouvay tant de fautes d'impression que j'avois grande envie de le 



86 



jetter au feu ; mais comme il m'a voit coûté beaucoup d'argent pour Timpres- 
sion, le papier, la correâion de la presse, les droits payez, la voiture, outre 
mon travail, j'ai pris le parti de faire un errata qui est presque aussi long que 
louvrage. Il y en a eu une autre édition qui a été bientôt vendue; il ne me 
reste que 4 ou 5 exemplaires de la première édition. » 

La dédicace à Madame (Anne Kepel), fille du comte d*Albe- 
marie, ambassadeur d'Angleterre en France, est signée De 
BOISSY. 

M. P. Lacroix (Bibliographie moliéresque, n^ i38) cite ce 
livre et l'attribue à Laus DE BoiSSY. Quérard et Barbier le 
prêtent de leur côté à LE Bret, mais ce dernier n'a jamais été 
avocat au Parlement ni professeur en Angleterre ; et quant à 
Tautre, il y a une petite difficulté : c'est que la première édition 
du livre en question est de 175 1 et que Laus de Boissy n'était 
né que quatre ans auparavant, en 1747. Il est superflu de mettre 
le leâeur en garde contre la tentation de confondre LAUS de 
Boissy avec Louis DE BoiSSY. On fait appel à tous les Molié- 
ristes pour résoudre cette énigme. 

J. P. 



ANALECTES TYPOGRAPHIQUES 



Nous livrons aux analystes de la bibliographie un fragment de 
fac-similé d*une ordonnance monétaire datée du 26 août 1499, 
provenant d'un atelier de Louvain ou d'Anvers, selon toute 
apparence : la pièce, petit in-folio, est imprimé d'un seul côté, 
sur deux colonnes. Nous n'avons pu en identifier le caraftère 
tout à fait typique avec aucun de ceux de Holtrop : le style par- 
ticulier des capitales, le type (régulier) allongé et étroit des 
minuscules ne se rencontrent dans aucun des calques si fidèles 
de l'habile bibliographe hollandais. Si quelque chercheur plus 
subtil que nous a l'heur de reconnaître l'imprimeur de ce 
document et la ville où il exerçait son art, nous serons enchantés 
d'accueillir sa communication. Le fragment reproduit ici est 
Vincipit et la moitié de la première colonncdu placard. Le papier 
ne porte aucune marque. 



Le Hambourgeois Henning Conradinus ou Cunradinus, né 
à Hambourg en 1 538, mort le 8 oftobre 1 590, corefteur du 
Johanneum depuis 1575 jusqu'en 1584, et vicaire de la cathé- 
drale de Hambourg, poëte couronné par l'empereur Rodolphe, 
a laissé un recueil de poésies latines intitulé : Henningii 
CUNRADINI Hamburgensis P. L. Caes. Poemata, Antea nun- 
quam in lucetn édita (avec cette épigraphe : Horat. art. Poè't. 
omne tulit punélum, qui, etc.) Rostochii, Litteris Reusnerianis, 



88 

anno 1607, în-80, 16 ff., n. chiffr. et 349 pp. ; on lit aux pages 
179, 254 et 264-265, les pièces suivantes, inconnues, sans cloute, 
en Belgique, où je ne pense pas que le livre existe : 

ADVENTUS DUCIS 
ALBANI IN Belgicum (i568). 

HesperIIs VeLoX ALbanVs CVrrIt ab VnDIs 
QVI DVCIbVs BeLgIs sVstVLIt ense CapVt. 

De vendit» ECCLESIIS 

IN Belgico. 

Non satis est Latii fîirias aequare tyranni. 

Et premere innocuos viq3 doloq5 viros. 
Quin sacra jam vulgo prostant venalia Christi. 

Est levis errantes prodere ludus oves. 
Heu pudor, heu pietas, verbi vis luce recepta, 

Omnia in antiquum degenerare chaos ! 

De CAROLO V, ROMANORUM 
IMPERATORE. 

Caesareum fulvo jun6lum diademate scepi. 

Cum cessit fato, Carole dive, tibi, 
Addita tune fuerat nîveis Viâoria pennis, 

Ut cornes hsec san6him clauderet aima latus. 
Submisere tibi pulchrum mox lilia florem, 

CaptaqS te leni Caesare Roma fuit 
Non fatis Europae, non Africa viâa ; nec ultra 

Jam tellus Asiae, Turcaq^ pulsus erat : 
Quin ea quœ nobis obvertit America plantas. 

Et fortunatis littora fluminibus : 
Cannibalesq3 truces agnoscunt jura potentis 

Caesaris, et dominae mitia sceptra manus. 
Quatuor imperij tanti bis lustra fuerunt, 

Quae utsenij tempora grata ..ui. 

Tune sceptnim fratri dédit, imperiiqS coronam, 

Optans sic placidum mortis obire diem. 

Feu F.-L. Hoffmann. 



AIGAR ET MAURIN 



FRAGMENTS 



DUNE CHANSON DE GESTE PROVENÇALE INCONNUE 



PRÉFACE- 

Lorsque, l'an dernier, j'insérai dans ce recueil le fragment 
épique intitulé le Roi Gormond, dont la Bibliothèque royale de 
Bruxelles venait d'acquérir le manuscrit original et qui, bien 
que publié dès i835, par M. de Reifienberg, appelait une nou- 
velle révision, je ne me doutais pas que l'occasion me serait 
sitôt offerte de gratifier les explorateurs de l'ancienne littérature 
française d'une nouvelle trouvaille tout aussi digne de solliciter 
leur intérêt et leur sagacité. Elle m'a semblé trop précieuse 
pour que je la leur livrasse autrement que sous sa forme 
authentique, à peu près toute brute, sans coup de lime ni 
retouche. 

C'est aux hommes experts en la matière, aux provençalistes 
de profession, qu'incombera la tâche de la travailler et de la 
reproduire, monde et pure, sur le marché littéraire, ainsi que 
celle d'élucider les diverses questions scientiâques qu'elle sou- 

ToMB «11. 7 



90 

lève. Peu versé dans le maniement des textes en langue d'oc et 
péne'tré du sentiment de mon insuffisance, surtout en présence 
d'un manuscrit qui ne brille ni parTexaftitude dans la reproduc- 
tion, ni par la pureté des formes grammaticales, j'ai cru devoir 
m'efifacer devant les maîtres et me borner au rôle d'un simple 
fournisseur de matière première. Je ne prétends qu'à un seul 
mérite : celui d'avoir consacré bon nombre de mes heures de 
loisir à une transcription rigoureusement exafte. 

C'est à la bienveillante attention de M. Ferd. Vanderhaeghen 
de Gand, dont la réputation comme bibliothécaire et comme 
bibliographe n'est surpassée que par l'affeaion cordiale qu'il 
inspire à ses amis, c'est à son goût distingué pour les choses de 
l'art et de la science, que je dois d'être mis en état de présenter 
aux romanistes une pièce de valeur. 

Quand, il y a quelques mois, ce zélé et fécond travailleur 
m'adressa, pour mon esbattement, les deux vastes feuillets de 
vélin dont il avait soigneusement dégarni les ais d'une vieille 
reliure de son dépôt, je ne me promettais d'abord que le modeste 
plaisir d'y découvrir quelque fragment plus ou moins intéressant 
de l'une ou l'autre des compositions poétiques françaises, mises 
en circulation dans le cours du moyen âge. Mais dès les pre- 
miers regards scrutateurs jetés sur les parchemins, je vis sans 
peine que je n'avais pas affaire à un texte de langue d'oil, mais à 
l'œuvre d'un troubadour ; de plus, que cette œuvre appartenait, 
non pas au genre lyrique, abondamment représenté dans la 
littérature du Midi, mais à un genre que nous ne connaissons 
de près que par trois ou quatre spécimens au plus, celui des 
romans épiques. 

Le fait que je me trouvais en face d'un manuscrit provençal, 
langue à laquelle je n'avais voué jusqu'ici qu'une étude acces- 
soire, me fit un instant reculer devant la besogne de déchiffrer 



91 

les quatorze cents vers qui s'alignaient en vingt-quatre colonnes 
sous mes yeux ; mais je m'encourageai bientôt à la pensée que 
l'honneur d'avoir enrichi le répertoire épique des Provençaux 
d'une pièce inconnue, valait bien un sacrifice de temps et de 
labeur. En me mettant à l'œuvre, je comptais sur les hommes 
spéciaux qui compléteraient mon travail de simple transcripteur, 
en soumettant à leur critique exercée le texte que je leur aurais 
offert et en examinant les divers côtés par lesquels il me semble 
propre à éveiller leur curiosité. 

Le poème dont mon fragment est extrait, est-il réellement 
inconnu ? Existe-t-il quelque part, en entier ou en partie, en 
français ou en provençal ? Ou, du moins, en connaît-on quelque 
mention, quelque allusion ? 

Faiblement préparé pour ce genre d'études, je m'impose toute 
réserve sur ces points et j'attends patiemment le jugement des 
savants. Ge qui, provisoîreriient, entretient mon illusion — si 
illusion il y a — d'avoir publié du nouveau, c'est que tous les 
auteurs à ma portée que j'ai consultés à ce sujet, sans négliger 
les poèmes didaftiques de Guiraut de Cabreira et de Guiraut de 
Calenson, ne contiennent aucune indication qui puisse m'en- 
gager à y renoncer. 

Le sujet traité dans les quarante-cinq tirades dont se compo- 
sent les deux fragments que je publie, se rapporte aux démêlés 
d'un roi anglais Aigar (Edgar) et de son fils avec un groupe de 
barons français, parmi lesquels un vieux comte Maurin joue le 
principal rôle ; démêlés suscités, paraît-il, par le refus du roi de 
faire droit aux prétentions de Falque, son parent par alliance. 
Les noms de personnes et de lieux abondent, mais ils ne m'of- 
frent aucun secours pour fixer le terrain où se cféroule Taftion, 
voire même le cycle auquel le poème doit être rattaché. 

Le texte provençal est fortement entremêlé de formes fran- 



92 

çaises, mais l'exainen attentif des rimes, généralement correftes, 
ne permet pas de douter qu elles ne soient imputables à Tincurie 
du copiste et que le poème n'ait été composé en provençal. 
Aune exception près (vers 1293) (1), on peut aisément redresser 
toutes les licences du copiste français, sans vicier ni la mesure, 
ni la grammaire. C'est encore au scribe qu'il faut attribuer 
certains vices de grammaire (comme los pour las), ainsi que 
certaines particularités d'orthographe (telles que olbret, vers 522 ; 
redoltent, vers 709 ; sorbre pour sobre, vers 753, etc.). 

Je pense bien aussi que sa négligence a tout autant que mon 
ignorance contribué à multiplier les passages dont l'intelligence 
m'a échappé et où la divination m'a fait défaut. Je le soupçonne 
d'avoir passé sur des vers entiers, aussi bien qu'il s'est permis de 
supprimer des syllabes et des mots. 

.L'écriture est, en ce qui concerne nos feuillets, d'un caraftère 
net et régulier, mais l'encre y a des teintes variées, et plusieurs 
colonnes sont écrites en lettres moins serrées et plus fortes que 
les autres. Le fac-similé qui accompagne ces pages permettra 
aux connaisseurs d'apprécier l'époque du manuscrit, qu'ils ne 
placeront guère, je pense, en deçà du premier tiers duxive siècle. 
Les initiales des tirades sont fleuronnées et coloriées alternati- 
vement en rouge, bleu et vert. 

Grâce au soin avec lequel le décollement a été opéré, mes 
feuillets n'offrent de véritables difficultés à la lefture que pour 
un petit nombre d'endroits, plus ou moins entamés par l'effet 



(1) Le texte port^omme premier hémistiche non aveit femme; impossible 
de corriger par avie qui fausserait la mesure ; il faut donc admettre ici, bien 
que le fait soit isolé en ce qui concerne mes fragments, un no élidé et écrire 
n'avie femme. 



93 

de la colle et que remploi de la loupe a été insuffisant à faire 
déchiffrer complètement. 

Les deux feuilles de parchemin qui font Tobjet de ce travail, 
recouvraient Tintérieur des deux ais d'un volume in-folio, 
intitulé : Hier. Grati Bonon. Responsorum Liber primus a 
D. Andréa ab Exea recognitus. Lugduni, 1 544, fol. (Bibl. de 
Gand, Jurispr., n® loSy). Déployées, elles forment deux carrés 
longs, mesurant en largeur (correspondant à la hauteur de la 
reliure) 40 centimètres, et en hauteur (largeur de la reliure) 
28 V« à 29 centimètres. Chaque face de largeur présente cinq 
colonnes de vers intadles et la moitié ou un tiers d'une 
sixième; c'est cette mutilation d'un des côtés de chacune des 
feuilles qui a causé l'état tronqué des vers de nos colonnes 3, 
4, 9 et 10. 

En superposant l'un sur l'autre les deux carrés et en les pliant 
par le milieu et dans leur pli primitif, je fus heureux de décou- 
vrir qu'ils formaient quatre feuillets d'un même cahier, et que 
plies in-40, ils donnaient deux fois une suite ininterrompue de 
quatre pages à trois colonnes, soit de douze colonnes. L'étendue 
de la lacune existante entre les quatre premières et les quatre 
dernières pages dépend du nombre de feuillets dont se compo- 
sait le cahier et du rang qu'occupaient les nôtres dans le cahier. 
Elle ne peut, toutefois, dépasser le montant de huit de nos pages, 
soit environ 1,440 vers. 

J'ai, à raison de cette lacune, divisé notre texte en deux par- 
ties, comprenant : l'une, les colonnes 1-12 (vers 1-725); l'autre, 
les colonnes 13-24 (vers 726-1442). 

Cependant, une difficulté se présentait. Suivant la manière de 
plier les deux feuilles superposées en dedans ou en dehors. 
Tordre de succession à donner aux deux parties devenait diffé- 
rent. Le texte devait décider sur ce point ; mais malheureusement, 



94 

il n'était pas aisé de démêler les rapports d*antériorité ou de 
postériorité des faits relatés dans les deux parties, et je n'ai pu 
lever mes doutes à ce sujet qu'après avoir fait une méprise. 
D'après une vague impression, j'avais attribué la priorité à notre 
deuxième partie et je préparais mon travail pour l'impression dans 
cet ordre, quand je m'aperçus qu'Alerant le Baiver, mort au 
cours de ce que je prenais pour la première partie, reparaissait 
dans la seconde. Cette circonstance me fixa et détermina 
l'ordre respe£lif sous lequel je présente les deux divisions de mon 
texte. 

J'ai promis une transcription authentique, sans aucune 
retouche ; j'entends par là une reprodudlion non pas paléogra- 
phique, mais rigoureusement exadle. Cette exadlitude ne devait 
pas m'interdire la résolution des signes abréviatifs, qui n'offrent 
rien de particulier, ni l'emploi de l'apostrophe, du tréma et de la 
cédille, ni la ponctuation — tout ledleur sait que les erreurs 
commises de ce chef sont à charge de l'éditeur et n'altèrent pas 
la vérité du texte, — mais elle m'imposait une scrupuleuse con- 
servation des formes, quelque vicieuses ou suspeftes qu'elles 
fussent (i). 

Les sic, largement prodigués, ont pour but de me prémunir 
contre le reproche d'étourderie ou d'ignorance ; les italiques, de 
distinguer les lettres, mots ou groupes de mots dont je ne 
garantis pas la bonne leélure ; les points marquent les passages 
illisibles. Les quelques mots entre crochets se trahissent d'eux- 
mêmes comme des bouche-trous de mon cru. 



(i) Je me suis quelquefois écarté de cette règle, surtout en ce qui touche la 
division des mots, mais j'ai eu soin de Tindiquer en note. J'ai peut-être eu tort 
d'avoir conservé les i =7 et les « = v. 



95 

Attendant moi-même, pour l'intelligence d'un bon nombre de 
passages, la lumière de la science d'autrui, on comprendra que 
je renonce à toute tentative de commentaire; aussi mes notes 
n ont-elles d autre visée que de faciliter la tâche aux philologues 
qui se sentiront disposés à soumettre les fragments à une étude 
approfondie. C est dans cette intention aussi que j'ai composé 
la table des lieux et des personnes, ainsi que celle des rimes. 



A. SCHELER. 



Bruxelles, juillet 1877. 



96 



PREMIERE PARTIE. 



(Col. i) Ke d un ellais en ac dos abatus. 

Point Fortunet e uenc los sais menus. 
Van s'en ferir li iouenes el canus, 
Per los blîzons passent lo fers agus, 
5 E peills osbers se sentent as cors nus, 
Fraignent les (sic) astes, mais non es uns mogus. 
Maurins s'en passe e claime els confondus, 
Ke cel sol es en sele remasus : 
« Ai, reis Aigars, uoelz (sic) com es erobus, 
10 « Oi nep, oi fils o catent fest cregus, 

(( E non sai dont, kanc plais non fo sobus, 
« Mais molt er pros quant sera recongus, 
« Tos tos afars te ietera a lus. » 
Lo socors broce el caples es tengus. 



II 



i5 Fors es li caples que tenent li baron. 
Draugue de Saure poig al socors Folcon. 



4. Lo p. los, cp. 722, 736. 

6. Non, équivaut à no en (n'en); je n'ai pas plus ici que dans de nom- 
breux passages, marqué ce non complexe par un signe diacritique. Il en est 
de même des autres formes enclitiques. 

8. Ms. soles (en un mot). 

10. Catent; 390 et 732, catenc; 863, captenc. 

i3. Ms. alus (en un mot). 

i3. Jeter a lus, mettre au clair, faire venir à fin. 



Df oalrœarif oanof ar iDf gfpubliffrr t 
Drn jfjEui-D.if!) U(in aufluOio intiacr/ffii» 

3nDfn icrffrn rgout 

i^ioin ffuurro 
jFiiiii- fitiiirra 
jffuin* Quurra 
jfjFiUi' riKurra 

un-nufgror-jni'ïî 

iiMinfr(raf-jfui&' 

jFjrjHjiiMiiiticrd 

rjFjfiii jftuufre 

ii)'nnr0ulDrui|ff 

ui'3-niifiinlDfii 

11.1 iiDiirii.iiit 

ffm thiIKTO 

iiiniifijf jfuiti'fl. 
11.1 iiDiiniaut 
lil'lhiitrro 
rruilhiiifrci 
oiriTor tBi 



^gulom oitra 
Drn pl)û9 QuiDrn 
Dm .iDDnro gulor 
DmouIDruiiDir 
Dm 0ulDm irru 

Oru)tit;rImudrrl;iIt 
cra orotm r|7.îri 
Dr l)«ilur 
Dr oif rriiDf rlm 
Dr fruitlimo 
om ulmirrlKii itoUrI 
Dmtimnmaiiobrl 
Dr ^i)l(ir m UinniDrrlr 

OriioDclmmrrorm 
Dr i^aliir ni UinniDrrlr 
DraiiQrlottcii 
driyattir 
DniriMOi^giiloruinDr 



97 



i 



El fils del rei faic son tor per canp bon, 
K'Aimont apele amie e conpagnon, 
De Mirasuaus, lo fil al comte Aimon, 

20 Un soldader de cel autre reion : 

« Se uassaus es e fres, conquer ton don. » 
Cel uenc broçant entrels rens a bandon, 
Enmi la presse uait iostar a bandon, 
Fer le en Tescut, u a d aur un lion, 

25 K'enmei lo pis tôt lo fer li repon. 

Kant Taste fraig, non renlarrere (sic) en l'arçon. 
E lo coms Draugue ferit si lui el son 

« 

Ke plane s'aste Tabatet el sablon; 
Prent lo cauau balçan de Quarrion 

3o E lo donet son fraire en guiardon ; 
Aitant la force p.. ms el gonfanon. 
E li reiau poignent ab esporon, 
E mainent los deser el prat Franon, 
O lor sont bones los barres el buisson 

35 E li arcer el seruent el poon 

Ke tengut n'anc (sic) cen cauaus qui son bon. 

Mil cauaillers essire borel ponzon, 

K'il lor dara, s'el uen a raençon, 

Mil liures d'aur, n'i aura mans (sic) mangon, 



17. Faic, sic ; les c et les t sont bien distincts dans le ms. — Canp bon, sic 
aussi 296; p. cambon (dérivé usuel de camp)? Cp. Gormond, 292 ckampon, 
et 274 par is [t] campon. 

23. Bandon, répété du v. préc, est sans doute un lapsus p. Folcon. 

26. Renlarrere est une forme corrompue, d'ailleurs trop longue d'une 
syllabe ; non farrere ? d'un verbe areirar, faire reculer, rejeter? 

28. Le scribe avait mis d'abord en l'arçon p. el sablon ; il corrige en repas- 
sant sur les traits primitifs. 

34. Le masc. los près de substantifs féminins se présente plusieurs fois« 
cp. '86 ; v. 77 los anstes, 83 los uignes, etc. 

36. Un ami propose de corriger : Ke rengat uant con. 

37. £stre (hormis) Borel Pon:çon f II pourrait bien y avoir après ce vers 
une lacune. 



98 



40 El fils del rei del tornar s es somon, 
Renias s'en uai a tote sa prison. 



III 



IVlauris s'en uai el prat ioste el navei, 
E cil s'en uant tuit reniât e estrei. 
Ce dis Sicars : « Maurin, créés en mei ; 
45 « Hui a trente ans que auges autal lei 
« Ke ia tosés ans de uos non folei ; 
« Molt o fet mal uils bon d'aital agrei. 
« Perte auas (sic) fête e non sabes per kei : 
« Ki fet bataille c on a force non uei, 
5o « Desconfis es per raison e per drei. » 
É li réial caualcent a esplei. 
Desos Peride al moste[r] sant Elei, 
Es herberias la nuit el fils del rei, 
L'abes Guillelme lor doneit lo conrei ; 
35 Ni trais osberc ni desçant (sic) son baldi'e[i] 
Tros al matin que lo iors lor parei 
Kel mes .... mil .... galei, 

E ab un gonfanon frei 

Sos es roide passare lo rabei. 
60 Cil lo persiguent e cadus , . . . co crei, 
(Col. 2) Li coms Maurins lor renge lo tornei, 
Er i poc far cel qui er non i fei. 



49. Le sens réclame on sa force. 
52. Ms. moste santé lei. 

54. Guillelme, abrégé par Guill (Il étant barré du haut). 

55. Descantp. desceint. 

59. Sos es roide, sic ; faudrait- il lire Sos Esroide? 
62. La faute J70C p. pot revient souvent. 



99 



IV 



Lo rabei passent e mesclent los torneis. 
E poc i far cel qui ben es après, 

65 K'a Maurin ioig lo coms Tiebaus de Blés, 
E ab Bertran Berengers li Daneis, 
E ab Draugon Manigos d'Espaneis, 
E ab Folcon Rainers de Looneis ; 
Entre rens poins qui d'armes es certes ; 

70 Ben i estant e Normant et Frances. 
Enmi la presse, lai o sont plus espes, 
Joins a Sicar Milaues lo Galeis ; 
Tant grans se donent per los escus d'Orles 
Ke tôt se trauquent los ausbers tioncs. 

75 Lui el cauau a tôt Sicar ius mes, 
Ben li estere sel cauau non caies. 
Fraignent los anstes e ronpont li aurfres 
E auit dire per conte, que ueirs es, 
Ans que socors partis nis remanes, 

80 N'i ac cagus per ueir.lx.e treis, 
Tal mil cauaus i ant caniat e près, 
K un sols non torne a lestable dont es. 



Lo torneis mescle sos los uignes Austent. 
Lo coms Maurins lai cadele sa gent, 
85 E li arcer e borzeis e seruent 

Tenont los barres els fossas ausiment 



64. Ben = be en. 

77. Ms. aur/res, de même io3o. 

78. Auit, sic p. aui. 

79. Socors paraît fautif p. Vestors. 



lOO 



£1 fils del rei fai un enuaiement ; 
Per lo boscau intret laïns peignent 
E uait ferir Bertran qui lo deffent. 
90 L'escut li trauque e losberc li content, 
E Faste fraig, per quel el non descent. 
Bertrans fer lui el bon cauau mouent, 
Per mei le cap que tôt lo fer i fent, 
Kel gonfanons deuant lo (sic) iels li pent, 
95 Aiço l'essorbe per quei s'en torne lent. 
Cil feit son tôr e is d'entr'eus corent, 
E a s'espade abat Milon d'Aiglent, 
E prent per fran lo ros liar d'Agent. 
El coms Maurins lo uenc aconsegent ; 

100 El bon destrer lo refer maintenent, 
Tros al boscau Ten menet enpaignent 
E met lo ios al derrer passament. 
Puis a Fortun s en gabe e s'en content : 
» Estort uos ai d'aiqueste soradent, 

io5 (( Se li legves tener un an uertent, 
« Ne uos ni eu n'i aurem garriment. » 
E Fortunés, com la rason entent, 
Escot lo cap e de corre s'estent. 
El fils del rei, quant a terre se sent 



87. Plus loin (264) envaiment. 

90. Content est clairement écrit ; mais ne faut-il pas concent {= conscindit) ? 
ou coissentf Cp. le composé desconcendre dans Gormond, yi : la blanche 
broine desconcendre (car c'est bien ainsi qu*il £aut lire, et je suis heureux d'avoir 
l'occasion de réparer la bévue que j'ai commise en voulant réparer celle de 
M. de Rei£Fenberg). Raynouard signale plusieurs exemples d'escoissendre 
= ital. scoscenderCy mais il néglige coissendre, bien qu'il se présente dans 
le roman de Jaufre (Lex. Rom. I, 1 146, y.3) : E sos bli:(auts es coissendut:^, 

95. Ms. les sorbe, 

101. Ms, en paignant. 

104. Pour soradent, voy. le Glossaire de la chanson de la Croisade des 
Albigeois (éd. Meyer) sous sobredens. 

io5. Le V dans legves (licuisset) est mis en surcharge. C'est, outre celui de 
uip (825), le seul v que je trouve dans mon ms. 



101 



I lo Mohtel el ros, per tant ac cor dolent. 
De son socors non pot cobrar nient, 
Meis iame a terre incols d'aige pendent, 
Kel trais la sele el frain el garniment, 
Non la uol perdre por mil liure d'argent. 

1 1 5 Gel torne al renc e dis as seus rient : 
« Perdut i ai mais auque m*esteut gent 

Lo 

O 

Ben debent estre 

120 Entresaignat sont tuit e conoissant {sic), 
(Col. 3) E las do. . . Etfaitsos. . 

A las 140 E ac de los. 

Laissent. . . Mil cauaus. 

Cascun. ... Renias se. . 

125 Non es Mors e na. 



VI 



VII 



Q 



uant. . . . 

Aiqui. . . . 

E los enso. . . 

Ab los. . . . 
i3o E tantca. . . 

Dont so. . . . 

E de uois. . . 

Tant ca. . . . 

Cil eseisce. . . 
i35 Ben gaaig. . . 

.XV. eau. . . . 

Nonsen. . . . 

Mais non sa. . 



Lo fil de. . . 
145 El coms. . . . 

Al canp. . . . 

Noi ac gar. . . . 

Que seut no. . . 

U frain u. . . . 
i5o Arbercg. . . . 

E Maurins. . . . 

Totloga. . . . 

La de nul. . . . 

Mais los a. . . . 
i55 Tàu cent. . . . 

Tos li sord. . . . 



112. Incols, quid? faut-il Wteju (p. jus = jos) cols? Col (colline) se pré- 
sente 483. 



102 



Edesarmen VIII 

Enmi 

Trais acons. . . . 170 v^edis M. . . . 

160 EdonFolcon. . . . Noil sen. . . . 

EdonDrau Nostre cauaus. . . 

Maurin. ... E nostre engin . . . 

D'aikest. . . Ai, dis Mau. . . . 

Eu uos en. . . . lyS Parens al no. . . . 

i65 Oeuoel. . . . Cui lo mo 

Persegem. . . . Kaus sorbre. . . . 

Kar ben sa Si non li . . . 

Ce dis Sicar .... Ce dis Mau. . . . 

Kar non a 180 Trôs does pi. . . . 

La col, 4 (vv. 181-240^ constituant le verso de la col. 3 et 
comme celle-ci mutilée sur le côté dans toute sa longueur, ne 
laisse plus voir que les lettres finales de ces vers. Ces finales 
indiquent des tirades en us et en ent. Celle en us continue la 
tirade VIII et celle en ent (IX) se poursuit à la col, 5 

IX (suite), 

(Col. 5) Jb fet son ban criar iradement 

Corn vl\ remaigne de .xv. ans tros a cent, 

Neïs li monge non retiegne seruent, 

Ke trei cent mile sont a pié conbatent, 
245 E cauailler uint miller ausiment ; 

El trap reiau sor la riuere estent, 

Tote Tautre os enuîron lui porprent. 

Quant dui message uingrent al rei corent, 

Ki de son fil li disent son talent, 
25o Lo uasselage e son contenement, 

Tal iauc n'a reis que tôt en troble el sent ; 

243. Il faudrait retiegnent. 

25 1. JjMc(joie) ; dejoi 853 et dejau 1045 (avec plaisir, ardeur). 



io3 



Is contre lui en un mul d'Aguilent. 

Tal mil de Tost lai uant ab lui peignent, 

Ke tuit sont d'els cobeitos e dolent, 
255 Car lor partirs de lor torniament, 

Los astes fraites, li escut d*aur puigent (pingent ?^, 

El blanc osberc e li elme luisent, 

Frait e fendut per grans cops maintenent, 

Et il nafrat e falsat e sanglent, 
260 E lor cauaus uant per lo canp murent. 

E non muert uns c'on aiqui non li rent ;^ 

Tal mil de Tost n ant près auillament, : 

Tros a tier die, ce sap mon essient. 

En perparant tant fort enuaïment 
265 K en plorerant maire e fil e parent. 

El reis acol son fil aliegrament, 

Beiset los iés e la boce en rient. 

Ab sa maisnade libre el bore a prezent , 

Ke li cauau non couinunt al uent. 
270 Al trap reiau lo paire el fils descent ; 

Lo reis lo fai desarmar sei ueient : 

« M oit as bel cors e escabit e gent, 

« E t es ben près del premer ardiment, 

« Ane tant pros hom non fo de ton iouent ! » 
275 Aitant Bos intre e Bernar de Clarvent. 



X 



Ijos e Bernar s intrent, li compaignon : 
« Dex uos saut, reis, e tos ceaus d'environ, 
« Vostre parêns Falc uos met a rason, 
« Cui uos fesés couent d'ista reion, 
280 « Auent. ij. comtes qu'aici en queste ost son, 
« Mais el disent toi (sic) lo mal e lo bon. 
a Un fil aués, e non sap dont se fon, 
« Cui autrias uostre terre a bandon ; 



104 



« SU Ten consent tant longe teneison 
285 « E puis li quier, ben Taura per bricon ; 
u Mais fai Ten drei, o uos diias que non, 
« Que s'en aurés desfiance esomon. » 
Lo reis consire iras ans que mot son, 
Mais SOS fils parle a guise de fric on. 
290 (( Enquer non uei son couent, non son don, 
« Tant com lo reis calcera esporon, 
« Ni eu ni el n'i aurem ia mason, 
« Mais el me serye e port mon gonfanon, 
« El reis el creisse aisi com son baron, 
.295 « Ke s el li bause a guise de félon, 

« E eu rencontre en plan ni en canp bon, 
« Tôt lo reiame métrai a deuison, 
« En nostres lances portarem Tespison 
« Com tôt lun lais, o tôt Tenport per son ; 
3oo « la non n'er lais d escut ni de baston, 
(Col. 6) « Ni puis sa mort non auram contenchon. 



XI 

— « Oeigner », dis Bos, « nos en uolem tornar 

« A don Falcon qui uos {sic) fais raisonar ; 

« Respondés nos aitant con cuidés far, 

3o5 « K'a uostre fil non saben ren parlar, 

(( Ni messagers non deu en cort causar ; 

« Mais poisses er tornas oltre la mar, 

« Pos er don Falc uos hom e uostre bar ; 

« E sel volés fais couens autreiar, 

3 10 « Non n'i a plus mais sanor abaissar 

« E ac (sic) tos iors seruir e aiudar, 



289. Ms./ricon, 

294. Ms. aisi. 

307. Poisses, forme frgjicïaét de poichas, poissas; ici conjonction, après que. 



io5 



« Kar son ranc ten e sos plais afiar, 
« Kant uos uoldrez enuers lui adreçar, 
« Non pot per home faillir ne guerriar, 

3i5 « Mais sel uolés per cestui abaissar, 

« Tant quen cuidas de sos plais engaflar, 
a Sel fos rix hom, pogre sei oblidar, 
« Mais paubres es, ce dis, al rei causar, 
« Nos lassera las uius deseritar. » 

320 — « Bos », dis lo reis, « pos mais non uels estar 
<( Kalques noueles deis de la cort portar. » 
Trait son gant destre e fait son fil leuar : 
« Eu dons ma terre, seguentre mon finar 
(( E lo seruice, que non ti aus uedar, 

325 « E non retenc citât per coronar, 
« Ni tor, ni sale, ni donion, ni caslar, 
a Ni abaie que eu aie a gardar, 
« Ni duc, ni comte, ni uiscomte, ni par, 
(c Ke tos nos face lo saigrement iurar 

33o (( E as prebos, que non puisse bausar. » 
Cel près lo don e baiset lo soUar. 
« Seigner », dis Bos, « nos uedem lo donar, 
Kar aiquis plais non fai gins a celar, 
a Taus mil n'a ci tos a gris e a uar, 

335 (( Ki tuit entendent de Falcon mal menar ; 
« Nos en irem e sadrem li contar, 
tt Ke non uolés bien estance mandar, 
a Ni plait d'amor, ni per dreit enseignar, 
(( Ni pars ni fils qui son couent ant par, 

340 « Dis hui enant uos pos en lui fidar, 

« Irem nos em, e Damlisdex (sic) uos gar ! » 
A Fuis del trat (sic) uant el cauau montar. 

319. On peut aussi lire uuis; je présume qu*il faut tos vins. 

329. Nos p. nols, 

336. Le sens veut sabrem. 

338. Bien estance, p. benestansa. 

339. Ant par fautif p. ampar. 
342. Trat p. trap, aussi 714. 

Tome xii. 8 



io6 



XII 

Vant s'en andui per un[sl cemins ferras. 
Desos Peride en la ribere els pras 

345 Trobent Falcon com es contramontas, 
E don Maurin e Sicart sont delas. 
« Bos », dis don Faic, « ios noues me diias, 
d E sans mentir, si com es la uertas. » 
— « Per ma fei, segnre, non er ia mos canias ; 

35o « Lo paire els fils uimes ensens iostas, 
a E ob grant ost e ob homes assas, 
« Ben aesmas a .xx. mile d'armas, 
E d'altre gent a tant lo reis mandas 
« Ke per sanblance es feire o grans marchas. 

355 « Nos fezem clam, mais pauc nos fo preizas, 
a Lo uostres dreis lai fo ben rasonas, 
« Lo meu ueiant fui reiames donas, 
a K'anc non remas ni casteaus ne (sic) citas, 
« Ni abaïe, ni tors, ni fermetas ; 

36o « De tôt ensems en fo sos fils casas. 
(Col. 7) « Gel près lo don, e uos fus manechas 
« K'al premer loc u serés encontras 
a Ke uos ni el ia des i^ls non ueias, 
« Tos lo reiames uos ère abandonas, 

365 « A uostres lances er lo dreis essegas, 
« U tôt Taures, u tôt laura en pas. » 
E Falc respont : « Dex en sie laudas, 
« Eu non sui dont del tôt deseritas, 
« En aventure sui del anor tornas ; 



35o. Ms. ui mes, — 363. Vos veias ? 

365. Essegas ; je prends ce mot p. lat. exaequatus, au sens de Tall. ausge- 
glichen. Nous retrouverons le verbe essegar, avec une acception analogue, 
au V. 733. Le correspondant français serait essiver (cp. dessiver, Enfances 
Ogier, 7257, notes). 



1 
I 
I 

i 

j 



107 



370 « Se Dex me salue ma vie e mon solas 
« E mon ardit e mos mans e mos bras, 
« Enquer n'ara tôt mon dreît, se Deu plas, 
« E aiquel plait qui m'en er destinas. » 
Point le cauau, qui uait tost e uias ; 

375 Quatre arpens s'es de la terre eslaissas 
E fu allègres com ère fu iras. 



XIII 

Talc tras sa resne sos l'ombre d'un albar, 

Sicart apele per cossel demandar, 

E Sicars broce lo destrer balçan uar, 
38o Ço es Lirons qu'aués auit nomar, 

Ki fu noris en forés sans baillar. 

Dont lo .iii. breque lo annarent enblar, 

E Salapans li fes la {sic) brac nodar. 

Al rei de Nubie l'enmane per conprar, 
385 Des mile de bezans l'en fet dar, 

A la reigine l'enuiet per annar ; 

Maurins l'annet per proece acatar. 

En isle Fade, quant i uenc arberiar, 

Det li la dosne, quel tenie molt car, 
390 Per son catenc e per s'onor cobrar, 

E el Sicart, qui nel uolt puis basar (sfc), 

Kar lo uit grant e bon per caualiar. 

E Bertrans poins Abstruget lo nauar. 

Tant bons cauaus non auit hom nomar, 

372. Le sens appelle n'araL 

378. Les mots cossel demandar sont transposés dans le ms. 

383. Cette histoire du cheval de Sicart ne m'est pas claire du tout ; cependant 
je ne fais pas erreur, je pense, en prenant Salapans pour un personnage. 

384. Vers trop long ; lisez rei Nubie ou plutôt rei de Nube. 

385. Vers trop court. 

391. Basar ^ns doute p. lasar, laissar. 



' 



io8 

395 E lo coms Draugue lo fal roin de Bar, 
Neguns de corre mot non Fause sonar ; 
El pros Renelmes lo brun Eliazar, 
Corteis cauaus e de corre e d anblar ; 
E Ascelins Cobeitos lo liar, 

400 Folque de Saure Talferant d'oltremar, 
Kel coms Maurins lai gaiegnet, li bar, 
Kant a Rodans fu al tornei mesclar, 
Lo Maur de Tir en auint desraucar 
En terre sece qu'anc pas non poc leuar; 

405 Folcon donet quant non li pot uedar, 
Kel seus fo mors a Peride al intrar 
De .XXX. lances maintenant sans lançar. 
El coms Maurins fes Fortun eslaissar. 
Ane non fo beste qui au lui pos annar, 

410 Aitaus peruis es greus a ajostar, 

Quant le perdra, Maurins de mort se gar. 
Ere sont set per lo conseil donar. 
« Segner », dis Falc, « eu uoel a uos palar (sic) y 
« La deffiance a fet araisonar, 

415 « E dei ben mai ma guerre comenchar. » 
Folque respont : « Annem los encalchar, 
« En las herberies per terme d'abeurar, 
« E nos siem cent a Tespreonar (sic), 
« E uos a mil annas uos enbuissar, 

420 « .Kels fils del rei es leus a traginar. » 
(Col. 8) — « Cenbeaus de nuis es malz a encalcar, » 
Ce dis Maurins, « laissem aiço estar, 
Kel reis set ben sos os entregaitar ; 
tt E lo matin, quant uira lo ior clar, 

425 « Fera per Tost tos sos graisles sonar, 

« En uostres terres interra herbreiar, 

I 

395. Rofn, mot curieux; serait-il apparenté au néerl. ruin, cheval hongre 
(notez toutefois que celui-ci est monosyllabique) ; ou y a-t-il un lapsus du 
scribe p. rocin f 



109 



« E a Peride uenra per torneiar. 

« Annem nos em (sic) garnir e adobar, 

« Los elms brunir e los osbers breiar, 

43o « Toschar las lances e los astes dreçar, 
« E los cauaus ab aure conredar, 
« K'al premer ial lor toldrem lo maniar ; 
« Eu ai uegut reial rote aiostar, 
« Ki uenc cantant e puis plore al tornar. » 

435 Ce dis Si«ars : « Mils lo poriam far ; 
« Ki a celât nos sabrie guidar, 
« Si poriem ollre celé ost passar, 
<( Lai non ac home qui puisse armes portar, 
« Kel reis ac tôt ab sei quant pot menar ; 

440 « Gent nos estere un càstel laironar, 
« A las maisnade Falcon pogues estar, 
« Enmi lor terre per Tonor gueroiar. » 

— « Eu sai », dis Falc, « o podem faidiar ; 
« Al (sic) castelans non cuit que ren s*i gar, 

445 (c E es mos dreis, s'en i podie intrar, 
« Kel reis donet ma maire a mariar, 
« Pos li bauset, que nol li uol laissar. » 
Ce dis Sicars : « Annem los essaiar, 
« E el remaignent per la terre gardar ; 

45o « Fazem la coce e siem andui par, 

a Ke mal deit traire pros hom per gaiegnar. » 

— a Segner », dis Falc, « non fai mais a tarzar. » 
Aiquest consseil ant fremat per celar. 



43i. Aure (avre) = havre (d'où haveron), = ail. haber? L'accent s'oppose 
à rétymologie avéna. 

432. Jal = gal^ coq, chant du coq? Cp. 460 : quant fu iaus canSj et 1 igS, 
al premer tau cantar. 

438. 39 Ac p. at; sic passim. 

442. La forme gueroiar {oi p. ei) est conforme au ms., de même 474, 475, 
et ailleurs. Aux vers 314 et 735, nous trouvons guerriar. 



110 



XIV 

Lo consaus part quant solaus fu colchans. 
455 El coms Maurins uai erberiar abans, 

Draugues e Folques e Sicars Talemans 

E lor conpaigne, qui sont bones e grans, 

Mil e set cens ab elms reflambeians ; 

E Bos los guide per los uals des Karrans, 
460 Al port d'Aissent las aut quant fu iaus cans, 

Aikes passet lo ponteners Joans , 

Del port d'Aissen d'aiqui en tros al Lans 

E doe ligues de dreis cemins errans ; 

Lo Fars lo clau, une aiguë perillans, 
465 Tôt en rodont corne solaus uirans, 

E entre dois est lo uaus de Brians. 

E li anfrun e los aces trenchans, 

Ki per bataille la debent costumans 

E ab es lances com es leuas li bans, 
470 Segues uias non er entraus durans 

Mil cauaillers a ben laïns intrans, 

Ki ant maisnades e moillers e enfans, 

Cauaus e armes e saluages talans, 

Ke lo plus uils es fers e guerroians. 
475 Li dui castel ant guerroiat cent ans , 

Per la costume ki es de neufsans {sic) ; 

Cadune naus lor deit .iij. cens bezans. 

455. Ms. aucà, mais Xa initial est sous-pointé. 

461. Le premier mot est écrit par aiks flanqué d'un crochet. 

463. Le ms. a bien e (c'est-à-dire le signe habituel de la conjonction et) ; 
le sens réclame a. 

466. Dois, mauvaise orthographe p. Dos, 

467-470. Ces quatre vers sont aussi faciles à la lecture qu'impénétrables 
pour le sens. Le v. 467, s'il ne représente pas deux ou trois vers du ms. 
original, doit peut-être être corrigé a lor aces, 

476. Lisez de neuf cens ans» 



III 



Deman er fins ans lo soleil leuans, 

K'a Falcon er iustise e aclinans, 
480 Rix n'ert li segnre qui aura a comans 
(Col. 9) L'anor al rei pogra . . . 

A Peride n'er Maur ... 

De sobrel col les descend . . . 

Ke çai uendront .... 
485 E lo reis n'er e iras e p[esansj 

Tos li er iauc uers .... 

Er en en (sic) ert guerre e . . . 

XV 

Uait s'en Sicars e . . . . 

E Bos los guide per . . . 
490 Al Lans los ac en la . . . 

Aiqui s'enbuissent el uer . . 

Lo castel uirent qu'anc 

Aut siet en rauque la ... . 

E ios al peu la sale el p .... 
495 Los canbres uoltes els . . . » 

E la capele el bore de sa . . . 

E tos es claus sans pon .... 

Jos el uermel ac maior .... 

De uauassor qui sont . . . 
5oo Ab grant solers claus d . . . 

Mais en ost sont tuit per 

E bas lonc Taigue el tor . . 

Ben .iiii. mile a 

L aiguë del Far los cl ... . 
5o5 La mars i uenc .iii 

Ki fait son tor del la 

Per kei li orne sont tuit .... 

Et al seigner uei molt 

Lo iors esclaire permi le . . 
5 10 Sicars demande Boso [n] . . . 



112 



Signer, dis Bos, non .... 

Ke chàins sont mei .... 

Mostre s'enseigne e en . . . . 

Quant la uerrés sus en ... . 
5i5 Intrar pores per los .... 

La'ins uai Falcs e hor 

E SOS la cape cascuns .... 

L'osberc e Telme e res[cut] . . . 

Venc a la porte si que re . . . . 
5 20 Soau apele, le porter .... 

E el quant aut son uer .... 

Olbret la porte sans 

E Bos quant intre permi .... 

Manace el gendre que .... 
525 Vers lau e porte .... 

Son conpaignon ap . . . . 

Ki la posterne olbr 

E Bos s en monte sus . . . 

Gete la lance e . . . . 
53o E Sicars intre .... 

Tuit sont en terre per 

E tui (sic) li home .... 

Père ni lance 

Ne nus Tautre non a . . . 
535 Mais prender 

E Bos lor uai per .... 

Annas Falcon 

E uos seigner nan . . 

E sabés tuit quel reis .... 
540 De uostre aueir ni per .... 

Le verso de col. 9, notre col. 10, ne laisse plus voir que les 



522. Ce / parasite de olbret Couvrit), que nous avons déjà remarqué dans 
dois (466), se représente dans olbrade (ouvrée), 641 ; redoltent, 709 ; redoltans, 
996. 






ii3 



fins de vers; nous les donnons ici rangés sur deux colonnes. 



(COL.io) . .entent 

. .me rendent 
. .esfendent 
. .uaïment 
545 . .esgarent 
. .ensement 



XVI 



570 



575 



. .alques aiostas 

. .li es donas 58o 

i .nus seignoras 
55o . . .seus guerrias 

. .sontensanbleenpas 

. .s mandas 

. .si afinas 585 

. .ment d'amistas 
555 . . .cars menbras 

. .s coronas 

. .ar los feltas 

. . los cauals corsas 590 

. .rei uias 
56o . . .rs es canias 

. .lor iretas 

. .si lor plas 

. .ns er casas 595 

. .erem assas 
565 . . .es amas 

. .laus fil leuas 

. .sant German es pras 

. .nbels trias 600 

. .e d'armas 
(Col. 1 1). Aut o lo reis, anc non fo tant iras 



. .barnas « rei » 
(mot de renvoi), 

. .garde es montas 

. .rnei aficas 

. .repairas 

. .re e fossas 

. .fors ietas 

. d*ardised*essaia$ 

. .coce aduras 

. .entresegnas 

. .demandas 

. .que laias 

. .trobas 

. .ndre adalmas 

. .taigne nas 

. .neis es mesclas 

. .en e en pas 

. .desraucas 

. .engolas 

. .entaillas 

. .ssages intras 

. .e abrieuas 

. .ab unes las 

. .e contas 

. .mos celas 

. .s uos es enblas 

. .caualias 

. .ors esdairas 

. .tor puias 

. .iètas 

. .e forças 
. .desiretas. 



114 



Mandet son fil quis per ces desramas ; 

E cel lo fai, qui gent es ensegnas. 

Assas i laisse des mors e des nafras, 
6o5 Des cauaillers a des cauals selas 

Ab grans saietes e a dars enpenas. 

Ki ac perdut, s'ac perdut ses iuras ; 

Ke al rei es tos ses afars canias. 

Ans que sse {sic) sie une ligue eslonias, 
6 10 A Maurin comte es messages passas, 

Ki dis l'afar coment essie (sic) annas, 

Sin es Maurins ab los seus alegras, 

Kel reis saura ans que sie arbreias. 



XVII 

U ait s'ent lo reis parmi unes calçades (sic), 
6i 5 Per els harbers tome la os irade, 
E SOS fils mane Farrer garde reniade. 
Mil cauaillers de conpaigne triade. 
Trestot lo ior a s'ost contre gaitade, 
Desci al seir que Ior fail la iornade. 
620 El gaut en est larreregarde intrade ; 
Maurins lo sec con uit Taure baissade, 
A escarit a .v. cens de maisnade 
Kel sap cauzis de fort conpaigne ausade, 
Tos de Peride e d'Eisse sa contrade, 
625 Ki sont a Fost a mige nuit passade. 
Lai fes Maurins lo coms une bofade, 
K*en Fost al rei es intras a celade. 



614. Lisez une calçade; je m'aperçois d'ailleurs que Vs du substantif est 
sous-pointé. 

618. Ms. contre gaitade, 

620. Escarir, choisir, trier; a escarit, d'élite. Cp. 1182; voy. Diez, I, 871 
(sous schiera) et le Gloss de la Croisade des Albigeois (éd. Meyer). 



ii5 



.V. sont au lui de conpaigne priuade : 
Folque e Renelmes e Pons de Pierelade, 

63o E Alerans lo Baiuers d'isle Fade, 
Ki uai ob els une ensegne enlachade. 
Lo trap reiau conuc a Tesclair^tde 
Ke li carboncle fan entor per la prade. 
Li mil Ingles ant l'autre nuit ueillade, 

635 Cui fu al seir la gaite comandade ; 
Endurmi sont per prat a la rosade 
E ac cascuns s'ace las lui pausade. 
Quant Maurins uit Teskergaite colcade. 
Al leit del rei ac sa lance lançade, 

640 Lo cobretor trencet e la felçade, 
Ki fo de porpre e de samit olbrade, 
El prat las lui n*a mes une braçade. 
Kant uit lo reis lonf (sic) sei Taste passade, 
Guide per ueir que sa mors seit parlade ; 

645 Tos nus cobret son escut e s'espade. 

Lo (sic) camberlenc saillent a la mesclade ; 
Folque el feri Oelin de Belnade, 
El tos Renelmes Molet de Ual Penade 
E Pons Begon d'oltre la mar salade, 

65o E Alerans ac s'e[n]seigne baissade, 

El pes (sic) Beraut ac sa lance fremade, 
Mort lo crabente arre en la coirade. 
Des camberlens ant la cambre librade, 
Katre en ant mors, frans de bone linade. 

655 E ob aitant es lor gens adunade ; 
El cap de l'ost fant lor esporonade, 
Metenît lo foc a la lune colcade 
E fant lor graisles sonar a la menade, 
Come si fus grans bataille iurade. 



640. Felçade = ftessade, couverture, voy. Rayn., III, 325. 
652. A rre ; lisez arrer ? 
658. Menaie, = maisnade. 



ii6 



660 Maurins s en is e ac sa gent iostade ; 
(Col. 12). Corteisement Ta la nuit cadelade, 

E sans mazans con coie a laironade, 

Abans que Tos se sie ramenbrade. 

Lo fils del rei ac sa broigne endossade, 
665 Son elm laçât e s'enseigne fermade, 

Una conpaigne en es ab lui cobrade ; 

Dreit uers Peride encalcent per Testrade ; 

Aiquele terre ac Maurins obliade, 

Ke uers lo Lans a sa resne uirade ; 
670 Al port d'Eissent er a Taube esclairade. 



XVIII 

Lo fils del rei encalce per fadie, 

Mais as seus lu e tornas e gaudie 

E sans coniat coms lo rei non desfie« 

E sunt .iii. cent tuit en une parie ; 
675 Cent n'i remainent, qui cuident far bauzie, 

A don Ponçon, uiscomte de Tubie, 

Ki ac al Lans tor e sale e lestie 

E par las rues par tôt erbergerie, 

E ni ac home de lui casas non sie. 
680 Cel los retenc e sa moillers negie, 

E donet lor son aueir sans faillie, 

Destrers lor done e palefreis d'U[n]grie, 

Aur e argent e altre manantie ; 

Trestote Fos es par els esbaldie. 

662. Ma^atty bruit, tumulte. 

663. Ms. sen seigne ; de même 707. 

672. Je soupçonne qu'il y a entre tornas e et gaudie une liaison fortuite 
amenée par quelque omission de vers. 

673. Coms n*est pas certain ; on peut aussi lire coins. 

Çi'j'j, Lestie^ mot curieux, sans doute p. lesdie, dér. de les4a = leuda ; 
voy. Rayn., IV, 61 et Diez, II, 358. — 679. Non n'i ac home? 



117 

685 El coms Maurins uers por[t]d'Eissent embrie, 

L'autre conpaigne encontre e [n] mi sa uie, 

Non n'i ac un que non bais e non rie, 

A obs Falcon los ferme e los plaidie ; 

Bertran apele qui Fescac lor deuie 
690 Kel trais la nuit de Tost ab Tesclarzie ; 

Aisin la raube lor a Bertrans partie. 

Grant aueir done e promet e afie, 

Fai los iurar sorbre sant leremie, 

En dreit Falcon tostans mas seignorie, 
695 E ab son oes se de lui de faillie. 

Lo Far lor passe lo ponteners Garsie, 

Dessos lo Lans en la prade florie 

Sont aiostat ab altre conpaignie. 

Tote la gens es encontre els issie, 
700 Eis li enfrun qui sont plan de felnie, 

En sont uint mile dont la (sic) uals es garnie. 

El coms d'aueir e d'annor les conuie, 

Assas ac Falsc (sic) a cui face fulie 

De cauaillers, e sans mot de mentie, 
705 Ben sont .iii. mile de fort conpaigne ardlè, 

E cascuns d'els ac sa broigne uestie. 

Son elm laçât e s'enseigne fremie ; 

Tant par se fient en lor cauaillerie 

K'il ne redoltent c'on rien los desconfie ; 
710 Proc uirant Tost en tros qu'à merques die {sic), 

XIX 

Al ben {sic) matin, quant Talbe pert el tron, 
Lo reis fai motes e sont ben de saison ; 

690. Trais (de même, i23i), au v. 377, tras, 
701. Il faut sans doute B^ii sont p. Ensont, cp. 705. 
707» Fremie est-il un participe féminin ou un présent indicatif. Dans les 
eux cas, il m'embarrasse ; fremie serait-il = baulie t 
"^^^^ Proc, p. prop ou prof. 



ii8 



Cent graisie cornent per tote Tost en son 
E sont cueillit li trat el pauillon, 

715 Auent la messe de Tabat Nevelon, 
E puis apele Galeron e Saiison, 
L*uns es sos cas e drus de la mason, 
E l'autre fils a conestable Odon. 
« Per lo reiame poignes ab esporon, 

720 « Mon rere ban fant cridar abandon. . . . 



DEUXIEME PARTIE. 

XX {suite), 

(Col. 1 3) « Ane tant grans plais non fu tant leus a far, 
« Mais lo maiors deuem premers menar, 
« A sa niebode lo fazem essegar, 
« Con son parent non desiretar. 

730 « Com eu uenie per lo péril de mar, 
« En isle Fade me fest Deec arribar. 
« Lai li fezie mon catenc âfiar 
a E baillet m'en un son dru bacelar, 
« Ces Alerans qu'aués auit nomar, 

735 « Ab taus uint mile per l'anor guerfiar; 
« Tos lo sorderes sab ben torneis mesclar ; 
« Tant com mos cor pora armes portar, 
a Non aurai reis ribere ni cachar, 



714. Trat, cp. 342. 

728. C'est plutôt mebode qu'on lit; toutefois niebode est plus probable 
(cp. V. 797), bien que la bonne forme provençale soit neboda. Ce n'est pas la 
seule fois que mon texte se permet la diphthongaisoh de e, 

729. Vers incomplet ; je suppose qu'il faut intercaler deu après non. 
732. Ms. afiar, 

736. Sorderes est fautif p. sorders, cp., 917, li sorder: le mot est, je pense, 
== solder (mercenaire). 



119 



« Tros el reiame li face deuisar 

740 « E par mi loc partir e meitiar, 

« Comte per comte e duc per duc lassar, 

« E saigrement contre o autre iurar, 

« Citât per altre e castel per son par, 

« E Falcon face sos couens autriar, 

745 « Ki pos sa mort lo ueiem coronar 

« E pos Bernart Viane ad acuitar 

a Ke son linage lo uimes achatar. 

« E de meus plais non ac mais a tarzar, 

« Redem mon feu qu'eu li achatar, 

750 « Sel m'a penac (sic) et m'a fet trabellar, 

« A mos feus creistre e ab aueir donar 

« Me pot ben l'ire tote del cor getar, 

a E s'aiço non, trôs qu'ai sorbredurar 

« Auem la guerre c'uns non pot desmesclar ; 

755 « Pos serem mort entre mei e Aigar, 

« Vos e Bertrans en pores pro trobar. » 
Lo fils del rei s'en enquet a irar. 
Mais non o poc a sa guise menar. 

« Per Deu, Maurin, ben l'ai auït contar, 

760 « Que uostre orguels non poc om deportar, 

« Orgueil en guerre et orgueil en gabar, 

« En tota ren uos fai orguels sorbrar ; 

(( la eu non muire tros eu (sic) face abaissar, 

« Si ferai eu, si Dex o mi lais far. » 



740. La préposition per est d'habitude donnée en abrégé (la queue du p 
étant barrée) ; rarement elle est écrite en plein soit par per (741, per comte, 
y^Sf per altre), soit par /?jr (comme ici, 019, 972). — Raynouuard a meitadar^ 
mais non pas meitiar. — 742. Contre autre ? 

745. Ki est bien dans le ms. 

749. Vers trop court ; il manque un mot (voil ?) dans le second hémistiche. 

753. Ms. sai co, — Notez sorbre p. sobre; p. 762, sorbrar; i025, corbre- 
tures, etc. 

757. Enquet (cp. 793, 1194), de enquar (lat. inchoare), commencer; 
voy. Diez, II, 286. 



120 



XXI 

765 Lo fils del rei parlet com aïros : 

(( Per Deu, Maurin, ben es gaillars et pros, 

(( Saibes de guerre e d'afar trabillos, 

(( E uers lo rei fel e contralios ; 

« Vostres fiances ne (sic) li ualent un tros, 
770 « Non li tengés saigrement ni somos ; 

« Si uos per force li fais d'un roine dos, 

tt Ben es de lui segner e cabaillos. 

« Kar non uos menbre de n*Alaric lo ros 

Ki ère coms rix e mirauillos 
775 « E fu pendus, kar fu trop orguillos, 

« E fes el rei quant en fu poderos. 

« Vos es de guerre e d*ardit coboitos, 

tt De caualcar fers et uolenteros, 

« Mais ans un an uos en uira si blos, 
780 « K'en remandrant ist assaut perillos, 

« E a Peride serés tant encombros, 

(( K*eu tenrai siège e serés escos, 

(i Tros a marcé uos liberrés a nos, 

(( K'eu sui tozés e uos es plus dios, 
785 « E serés mais pesans e nouillos. » 
(Col. 14) — « Dex », dis Maurins, « com parle ben kis tos, 

« Cauailler fort (sic), se d'auol lin non fos ! » 

Aitant Sicars n'aduis per Taigue ios 

771. Roine, forme francisée de reine ou re^e (royaume) ; cp., v. 777, 
coboitos p. cobeitos. 

782. Complétez le vers en lisant e vos serés escos. — Le participe escos 
(de escodre) doit signifier ici, non pas comme le plus souvent (cp. v. 1422), 
secouru, repris à Tennemi, mais soit expulsé, soit dépouillé (voy. ma note. 
Trouvères belges, p. 345, à propos de garbe scose). 

785. Nouillos = nuallosiyoy, Rayn. IV, 844, et Diez, II, 387); ici flasque, 

mou. 
787. Fort, lisez /or^, comme 1091. — Se p. si est exceptionnel. 



121 



Los près qu*el solue en uint bateaus coitos. 
790 Cel los en maine e uai s'ent pesanços, 
El e Maurins non partent amoros. 



XXII 

Lo fil del rei es tornas a son paire, 

L'orgueil Maurin o enquet a retraire : 

a Per ma fei, segnre, Maurins es bobenchaire, 

795 a De uostre anor uos cuide tôt fors traire, 
« E del reiame uol dos parties faire, 
« Kel deuisaz ab la fille ton fraire, 
« E Falque er reis e non targeret gaire, 
« E de Viane coms Bernars Tordubaire ; 

800 a A tota gent Tauem cridar e braire : 
« Ki rei desfai, que ben es enperaire. 
« A uostres comtes es taus espauentaire, 
« Corne senglars entre lebrers a l'aire, 
(( Kel plus ardis ab lui non s'auze traire, 

8o5 « Tant sans los prent con lonbars son conpaire ; 
tt E uos meens es tant Falc guerroiare (sic) 
« K*anc non tolgues ni castel ni repaire, 
« Ans uos toit el lo Lans et Bel Veiaire 
a El port d'Eissent el castel de sant Caire; 

810 « E a Peride serai puis osteiaire, 

a Ke de bataille non mi er contrestaire; 
« Mandas grant ost e sias lars donaire, 
« E eu serai guerries (sic) e caualiaire, 
fc Fazem li blance, si li auen (sic) fet uaire, 

8i5 tt K'al cap de Fan non sie taus gabaire. » 

799. Ordubaire est un lapsus du scribe p. adubaire, arbitre (voy. Rayn 
sous adobador). 
806. Meensf lisez meeus, forme variée de meteis, meteus, même. 

Tome vi* ^ 



122 



XXIII 



Q' 



'uant aut lo reis la solte de uertat, 
Molt n*a lo cor pesanços e irat, 
Mais non er ia conogut ni parlât, 
K*el non uol perdre de sos comtes lo grat. 

820 (( Per ma fei, fils, ben aués plaidiat 

« Quant per lor près sont li nostre librat. 
« Eu e Maurin auem molt guerroiat, 
« Ane parlement non ui mais aiostat, 
« Dis mile homes del mils de mon régnât 

825 « Erent tuit uiv quant d*aiço fu mesclat, 
« Ki puis sont mort, e li altre sont nat, 
« Des que Maurins a auques lo pecat. 
« Mais si Deu plas, per uos serant ueniat. » 
Fait demar lo prior e Tabat, 

83o E il repairent, que hui ant repairat; 
Cascuns caualie un cras mur soiomat, 
E cascuns porte un girfalcon mudat ; 
Un palefrei ant de grudes cariât ; 
Gent sont uestit e sont ben conredat, 

835 Bliaus de paile, cemise de cendat. 

Cakes ben fêtes, dont son estreit calçat. 
Un mantel gris ac cascuns afublat, 
Denant lo rei sont ius iambe-atterrat. 
Se dis lo reis : a Tos uos es auaniat, 

840 a Kanc k*auias quesut ni demandât, 
Ke per Maurin serés quit (sic) clamât ; 



824. Mile est p. mila ; cela excuse l'irrégularité de la césure. 
827. Le sens réclame De que. 

829. Le sens et la mesure appellent demandar p. demar, — Le prieur don 
il s'agit doit être Brun (voy; 891), et Tabbé, son frère Beraut (859). 
839. Je tiens avanjat pour fautif; avantat f 
841. Lisez quîte. 



123 

(( Ici uos soil, sans engin recelât, 

« De quanc qu'avés ne pleuit ne iurat. » 

Trais de sa borse ,i. besant reondat ; 
845 Rent li per solte, car si ère ostaiat, 
(Col. i5). E ac .vii. comtes, qui auant autreiat 

Ke Velauent lor aduis enselat 

E lo uairet d'Aquillant Fabrieuat ; 

Lor blans osbers et lor elmes gemat 
85o Lor sunt rendut, cui que fuissent donat ; 

Escus e lances, aiço lor es caniat 

Altretant bon, que non es sordoiat. 

E il andui se sunt de ioi armât. 

E quant il s'arment, sunt ades raisonat, 
855 De per lo rei lo grant plait présentât : 

(c Se uolias estar en ma feltat, 

« Kascun de uos darie une citât 

« E cent castels de cui fuissiés casât. » 

Ce dis Beraus : « Trop i aués tarsat, 
860 « Kan d'oi annant (sic) estes afianchat, 

« N'augras bon plait s*en auguissiés parlât, 

« Pos per Maurin en soit e aquitat 

« De son captenc anfrenc e adurat ; 

a Tôt nostre aluet nos aués abaissât, 
865 « Mais si nos uiure podem un an passât, 

« Ja non irés del gaaig al marchât. » 

— « Dex », dist lo reis, « molt i fai grant foldat 

« Cil qui nurrist lo basto ab ques bat ; 

« Le ior qu'en fos rendus près e liât, 
870 « Vos deugras essre ab las forces leuat, 

« Mais s'en ia mais n'auie poestat, 

845. Vers obscur ; à qui se rapporte le pronom li f 

847. Ms. keuelauent: je prends Velavent pour le nom du cheval. 

862. Je remarque qu'entre soit et aquitat, il y a un espace disproportionné, 
au milieu duquel une autre main a tracé le e. — En p. «m. 

863. Anfrenc est bien écrit ainsi. 

869. Je pense qu'jl faut quem (que me)yb/jf rendut. 



124 



« Per uostre dan m'aurias chastiat. » 
Aitant montarent e uant s*ent sens coniat ; 
A esporons sunt al pont aualat. 

875 L'autre abat ant, Francon, deschaenat, 

E tuit li monge sont fors des saz (la^ ?) ietat ; 
Lor bon cauau e lor osbers safrat 
Lor sont rendut, mais greu sont aiostat. 
A tôt s'en uant e sont aseûrat, 

880 Desci qu'ai Lans, o ant lo port passât. 
Kant Franques uit Beraut contremontat. 
Son dreit segner (sic) e son ami priuat, 
Descent a pié e uenc a lui per prat, 
Rent li la croce e ac lo enclinat : 

885 « Ici uos rent tôt quant m'aués donat, 
« E rent bon grat, non i ai afolat 
Obédience ni autre a uoluntat, 
a Ke en Tenclaustre torneraî al mandat, 
(c A Rocelaure dins le mur batellat. » 

890 E Auliuns gorpi son priorat 

Brun son segner^ cui Tauie baillât. 
Escos lor libre un calant enionchat. 
En que il sont tuit ensens assegat, 
Al pei del Lans sont al mur arribat. 



XXIV 

895 Ëscos los guide en Taigue per grauer 
E tome s'en, el e seu mariner; 
E els s'en intrent per le bore osteler, 
Dedins les murs del Lans en un uerger, 



890. Ms. E au li uns, je fais des trois derniers mots, un peu à l*aventure, 
le nom propre du personnage qui tenait le priorat de Brun pendant la cap- 
tivité de celui-ci. 

893. Assegat = assis. 



* 



125 

O Maurins parle ab lo son fil Garner. 

900 Kant uît Beraut, son abat dreiturer, 
Leuet uers lui e baiset lo primer, 
E puis Brunet ab lo talent léger ; 
Asses las lui e marcés lo refer, 
Ke anc non forent traitor ne [sic) baufer, 

905 Nels plais del rei non uolgrent escolter. 
(Col. 16) Pello Francon tornet son consier. 
Abat deffait l'apelent per gaber : 
« Kant uos laissas traginar cell *autrer, 
« Erent sor uos tal .vii. cent cauailler, 

910 « Ki tuit montauent per uostre messager, 
« Hui non aués nis un sol conpagner, 
« E es grans dels d'aital gonfanoner 
« Ki lo matin poc mandar un miller 
« E al mei di non mais son escuier. » 

915 Trait son gant destre e a Francon profer : 
« Menbrant uos doig sorbre Faigue de Cler, 
« La tors es aute e sunt grant li sorder 
« El pans el uins e la chars el celer, 
« E a tos iors .iiii. cent estager, 

920 « Tuit bons per guerre e d'armes présenter ; 
a Vos portas congés mais cil en sont sorbrer, 
« K'a totes coches se fan contar dobler, 
« Cent per dos cens se metent uolunter, 
« E par la rue sont bien dez (sic) mile arcer, 

925 « Ki seruent aus de boiure e de manger, 
« E per Terberge lonc la riue de mer, 
« Kar non arie torment ni destorber, 
« Lai sont mes braiues e lai mi egecer (^/c), 

904. Baufer est-il le même mot que bofar (bourdeur), iio5, ou une 
mauvaise lecture p. bauser (trompeur)? 

906. Consier, pensée, attention, cp. 1101. — 909. Sos vos ? 

921. Congé est assez lisible, mais je ne sais qu'en faire; gracieusement? 
Vous êtes de gracieux maintien ? 

928. Je ne comprends nullement le mot egecer. 



126 



« E cent goerig trestuit saluage e fer, 
93o « E mil polan qui tuit serant corser ; 

« Lai se solient anar mi (miei?) soldader ; 

« Tôt uos o don quite sans encombrer, 

« Ke tant seruise m'aués fait bon et cer. 

— tt Seigner », dis Franque, « iamais once nonquer 
935 « Ni d'altre aueir uaillant .i. sol dener, 

« Mais sol mon cors e armes e destrer, 

tt K'obedir uueil Tanor de mon mester. » 

L*abes leuet de génois en Tonbre [r] 

E près lo don e lo gant ab aur mer. 
940 Francon demande per non de bobancer. 

Ce dis Maurin : « Uimas uos cuit disner 

Per los ostaus si com es compaigner. » 

A pars, lai chantent cil iogler, 

E ab dis pe . . abler. 

945 . de laitras lai bruit a baratrer. 

... los dis, ni a ioc/ementer. 

Tant estreit naissent ni coignut lo desrer, 

Frais remasent li priuat conseiller. 



XXV 

Cl uerdier sos un auliu foillut 
950 Parlet Maurins, e sont ab lui soi drut. 
« Seigner », dis el, « ben nos es auengut, 
« K'a grant dolor auem lo rei uencut 
E grant aueir cobrat e retengut, 
« K*a tos iors iermes .xxx. mile a escut. 



g32. Vo de tôt est enlevé par une piqûre. 

943-948. Je comprends trop peu ce passage, fort malmené par l'efTet de la 
colle, pour savoir si ces vers font encore partie du discours de Maurin. 
949. Auliu = oliu, olivier ou champ d*oliviers. 
954. Ce futur iermes est remarquable. 



J 



127 

955 a Er caualiem a Tubie a saubut, 
« Ans que li comte sient aperchobut, 
« Podem aueir .viii. sors siège tengut; 
tt Com m'aurias onrat e erobut 
« S'eu SOS .... . auraî^a fort iagut ; 

960 « Per tôt tendent li grant e lî menut, 
« Mei per puiat e lui per descendut, 
« E s'en fas tant que en sa terre mut, 
tt Lai nurant tuit mi uenador barbut^ ^ 
« Per la forest escoltarei (sic) mon rut 

965 « Ke pos ma mort sera dit e cregut ; 
(Col. 17) « Kant a Tubie aurai mon trap tendut, 
« Tuit li repaire mi serant sens rendut, 
« Si Fauc auie, Montros e Feragut, 
« Grant part aurie del règne conquesut ; 

970 « Per un bastart d'altre terre uengut 
« Cuidarent estre tuit en pas remasut, 
« E per sa lance que nussent atendut, 
« Nos los dotem, mais non o ant uaigut 
« Con nos auem lo Lans per els perdut ; 

975 « Anceis ueiram lo rei si confondut 
« Tornera s'ent en la terre dun fut ; 
Tal sunt par lui en orgueil encregut 
« Ki par mes mains en seront tuit pendut. » 
Aiquel consseil ant bien tuit entendut ; 

980 Auquant lo laudent e auquant n'estant mut» 
Mais taus l'autrie cui sera car uendut. 

957. SorSy lapsus du scribe p. iors. 

958. La forme habituelle est ereubut, notre forme avec o s*est présentée 
V. 9, et revient 1092. — 960. Ms. Per tôt en rient. 

963. On peut au besoin aussi lire mirant \ le plus probable est de lire 
uenrant, 

967. Sens, ensemble. 

972: Nussent est clairement écrit. 

973. Vi de uaigut est un peu effacé ; le mot paraît représenter vegut, forme 
secondaire p. de ve:(ut. Mieux vaudrait uaigut, 

977. Par est écrit en toutes lettres. 



128 



XXVI 

Oeguentre lui parlet sos fils Bertrans, 
Leuet en pez e tenc pleias ses gans : 
« Aiques consels es proece e bobans 

985 « E es corages c'onques non fo tant grans, 
a E si ben sap[s] que i agre tos dans 
« E ke lai perdes mil cauals alferrans, 
« Per tôt aiço non laissar que n*i ans, 
a Kar retrait er d*ui cest ior en cent ans 

990 « Al rei Aigart e ab sos eritans, 

tt Kel coms Maurins, pos fu uils e ferrans, 
a Jac sorbre lui e tent sa terre a pans, 
(c Tu as tos tans guerroiat ab engans 
« E fais encontres e assaus perillans, 

995 « Mais caualiaires fos taus et guerrians 
a K'enquer en es uers tos sens redoltans ; 
« E deis ben essre ryc ber d*aichi enans, 
« E faces ost e que siugues los mans, 
« E pos pausar de paines e d*afans; 
1000 « Ke tant as homes e nebos e enfans, 
a Si a Tubie pos esser ostoians, 
« K*es set iornade chai es uergers dauans, 
« Reis en er Fauques, o eu tos fils Bertrans, 
« E lo plus frans n*er iras e pesans, 
ioo5 « E lo reiames per tôt mirauillans ; 
« E quant orés que trametra sos mans 
« Per aiostar Ior Ingleis abs Normans 
« E tu t'en tomes a Peride o al Lans, 
« Garnissem nos de fais et de sanblans, 

988. Ans, ailles; cette forme avec s est remarquable; cp., demans, 1011 
Voy. Diez, Gramm. (éd. franc.), II, 167. 
996. Redoltans, sens passif, redouté. 
1010. Sor s= surgit. 



129 



1010 « Car si sa force nos sor e mal talans 

« Ke el nos segue, ia plus ien non demans, 
« S*el de bataille .ij. iors i est pausans. » 
Aiquels consels non sera mais tardans, 
Si ol consent lo Baiuers Alerans. 



1025 

{Col. i8) 



XXVII 

10 1 5 C^eguentre parle Renelmes li cortes : 
« Maurins ac dit tôt aiço que mils es, 
« Trop bon consseil, si trop greu non fu près ; 
(( Anuit estam as ostaus des borzeis, 
« E lo matin cornent li graisle espes, 
1020 a E port le segne (sic) Alerant li marces, 
« E anuit sient .c. message trames 

E lo matin cornent li graisle espes . 

E port Vensegne Alerans li marques 

E anuit sient .c. message trames 

Per aiostar las naus d'aiquest paies, 

E passent Guir as pors de Marmones 

E armem nos es pras del camp Gresles. 

Aiqui paresce qui bons cauaillers es ; 

Face entresains as dras sarazines, 

E corbretures e gonfanons d'aurfres, 

Ke bons uassaus a sos armes pares, 
« E port cascuns does lances u treis, 
tt Ke .iiij. iors durera li torneis. 

lou. Jen^=z gent. 

1014. 01 est-il admissible? Ne faut-il pas lo ? ou ois = o los (= o lor) î 

1020. Ms. lesegne, 

1022-1024. Ces trois vers sont une répétition négligente des trois précé- 
dents ; ils nous donnent la preuve de la nonchalance avec laquelle notre scribe 
maniait orthographiquement et grammaticalement le texte qu'il copiait. Le 
V. 1023 présente sur 1020 trois variantes, dont deux avantageuses : lensegne 
p. lesegne, Alerans p. Alerant, marques p. marces. 



io3o 



i3o 



« Dreit a Tubie nos en guit lo naues, 
io35 « Desos le port Garin lo Landones ; 
« SI est lo reis, sie tant fort reques 
« Ke ne li uaillent ni Normant ni Engles, 
« Ke per la porte intrem, mais ben li pes; 
tt Pos herbreiem es uergers Godafires 
1040 « Entre le mur el ualat el defeis, 
« E estem lai .xv, iors u un meis. 
« E quant uirant que serant sorbrepres, 
« Si manderant los Irlàns els Gales 
« Per nos combatre, que iras er lo reis, 
1045 • E nos de iau combatons nos ab eis, 

« Ke sans bataille non uirame conques. » 



XXVIII 

Deguentre parle Ascelines li fris, 

La caire ac brune e ac perclar lo uis, 

Grans per espaules e per range escabis, 
io5o E ac uestit un bliaut de samis, 

E fun calchas estreit d*un paile bis 

E afublas d'un tiret e de gris : 

(c Bon conseil done, Maurins, lo coms marcis, 

u Se le segués e ia non s*en partis ! 
io55 « Mouem de chai ans que sie midis, 

tt Pos caualcem a Tubie la cis ; 

« El torneis sie fors e fers e escis, 

E aempras per nos a sorbrequis ; 

1047. FriSt jeune (fric) ou frison? 

io53. Tiret, nom d*un vêtement; serait-ce le primitif de notre mot tirètaine T 
Ce dernier pourrait bien avoir produit dans la bouche des Anglais la forme 
tartan. L*origine de tiret ne serait-elle pas Tyr f ^ 

loSy. Escis de esquiu (v. fr. eschiu), difficile ou terrible. 

io58. Aempras := a:(empras, de ad-imperare, mander ; a sorbrequis, avec 
outrecuidance (cp. sorbrepensas, 1 147). 



i3i 

« Pos arbreiam (sic) al moster san Eudis 
1060 « E estem lai en ost sorbr'els set dys; 

« E se Deus puis de perde nos garis, 

« Del retornar sui molt uolentadis, 

(( Ke lo reis es rix hom nominatis, 

(( E cobrara la gens de son pais, 
io65 « E non poc essre quel reis ia sie aisis; 

a Ans d'un ostau sia fort la espris, 

a Er el tos temps uergoignas e onis. » 

Diient li autre : « Asselin, bien o dis. » 

XXIX 

beguentre lui parlet Tabès Berars, 
1070 Dis son talant con pros e con gâillars : 

« Cavaliar poc (sic) Maurins, mais non o tars, 

« Ke las os sont parties per .c. pars, 

« Mânes taus geldes, si pros ies ni ausars, 

(( Ki (sic) non remaigne ars ni lance ni dars, 
1075 a Kel reis es tos fel e ros e gaignars, 

(( E SOS fils sap de guerriar grans pars, 

u S'el s'ert retrais desci aices lonbars, 

(( Ke mais a force non caces en sos iars, 

a Desci el fu cregus li fils bastars, 
1080 (( Cil qui nol laue, de parlar es coars. )> 

Tuit o autreient mais lo uescomps Sicars. 

XXX 

beguentre parle Draugue Taperçobus : 
a Maurins, caualge e garde non o mus, 

io65. Le premier / de aisis est surmonté d un petit archet, qui me faisait 
d*abord lire assis (un s long, au lieu d'un i). 
1066. Corrigez : si a tort l'a espris, 
io83. Mus, 2« ps. prés. subj. de mudar, mu^ar (changer, empêcher)? . 



l32 



« Ke lo reis es mermas et confondus, 

io85 « E seu uassau ant lor cauals perdus 
(Col. 19) « E l'autre aueir que çai es remasus; 

« Abans que sie amendas e rendus, 

« Ni el de ren cobras e reuengus, 

a las sorbre lui e despoille tos nus ; 

1090 « En longes terres er lo blasmes sabus, 

« E sorbrel rei ias Maurins lo canus ; 

« Se ben i pers, si sera erobus. » 



XXXI 

oeguentre lui parlet Folques dos moz : 
<f Maurins, caualge, u non sies ia pros, 

1095 « Er en pos moure grant ire e grant coros, 
Maine ta gelde els boriois els noos, 
« Ki lor enpirent e les fons et les pos, 
« E tu erberges es uerdiers de sos 
« E laisse corre tos fils e tos nebos, 

1 100 « Ke pechoas n'ert bons castels e ros. » 
Autrias fore se fos auis per tos, 
Mais el er raus e ac pauque la uos. 



XXXII 

Oeguentre parle Alerans li Baiuers, 
Li pros, li saibes, lo bons confanoners, 
I to5 Ki onc non fo bofars ni trop parlers : 



1096. Noo5, quid? 

1098. Il n^est pas sans intérêt de noter que 17 de verdier fait syllabe, de 
même pi. h., 949. La forme verger paraît en rime, v. 1271 . 

1 io3-i 104. Le scribe avait donné aux mots-rimes de ces deux premiers vers 
de la tirade la finale iers^ mais il s^est ravisé et a sous-pointé Vu 



i33 



a  don Sicart es tos mos consiers, 

« Kel es de cor saibes e conseillers 

(( E en bataille ardis e faisenders ; 

« Croire (sic) lo deu de conseil uns enpers. 

1 1 lo « Se lui plogues (sic) que lui non lau esters, 

« Bon ueder fire de Tubie els clocers, 

« El torneis fos lo retors uolunters, 

« Ke lo reis es fors hom e bons guerrers, 

« E SOS fils tant de maltalant légers, 

1 1 15 « Ke manderant de cap lor ostelers, 

« E a breu ior uiram los arengers ; 

a E nos aiqui en els aiquel grauers 

« Sient armât a lei de cauaillers 

« E fazem rancz de geldes e d'arcers 

1 120 « Ke ia del Lans non ueient los terrers, 

« Kant dins de nos aura cent es destrers. » 
Dient li autre : « Ben o dist (sic) lo Baiuers. n 



XXXIII 

Des quant Sicars los a tos escoltas, 
De maltalent es sus en pes leuas : 

1125 tt Àhi, Maurin, com es mal conseillas, 
« De tos consaus tles en louent tornas, 
« Kar tuit te dient, Maurin, car caualias ! 
« El non se gardent si es sens o foldas, 
« Car s'eu en fuisse cregus ne escoltas, 

ii3o « Espiessem, car grans es li régnas, 
Un des rix bors o de las fors citas, 
E fuissem i ans c'om en fos selas, 
(c E pre'issem aur e argent assas 
« E mus e mules e destrers soiornas, 

II 35 E uair e gris e bons pailes pelas, 

1 1 1 1. Notez remploi de eh p. los^ aussi plusieurs fois el p. lo. 



134 

« De quei tu fuisses rix hom e assazas ; 
« Una grant part de tos ambars paias, 
« Kar se tu uas a Tubie e i ias, 
« La o lo reis est (sic) desconfis tomas, 

1 140 « Tu Tas iurat fiances e feltas, 

u E uie e membre que ia nol prenias, 
E ki met siège, si nos non adiuuas, 
« D'aiqui enant seras 30s pariuras, 
« E ai pauor que Dex f en sie iras, 

1 145 tt Ke non es dreis quel reis sie aseias, 
(Col. 20) « Mais tant f esforce ta maie uoluntas 
a E tos orguels e tos sorbrepensas, 
« Ke tu iras, ia mos non er canias, 
« E eu ab tei, ia soit ce que non plas ; 

1 1 5o « S'eu remanie, ferie que maluas, 

Mais lent irai uersquant uenrai uias, 
« Ke lo reis es rix hom enpoestas, 
« E cobrarant soi home de tos las, 
« E er de cap sos rerebans cridas, 

1 1 55 « Que non remaigne hom uis de feme nas ; 
(( E SOS fils es tant pros e tant membras 
« K'uns non parra tro se sie uenias ; 
« E si perdes, ia non serai blasmas, 
« Ne del gaiaig non uol esser laudas, 

1160 « Que li gramaire dient e li clerias 

K'orguels non chai desci qu'es aus montas ; 
4n Mais a tant es d'omes apoderas 
« Ke tos iors n as .xxx. mile d*armas ; 
« la non garras ni esteras en pas 

1 165 « Desci en sies a mesure tornas, 

« A does mile qu*en as de tos casas. » 
Lo consaus part, que Sicars n'es forzas ; 
Tro a tierc ior en er alcuns iras. 

1137. ambars doit être fautif p. lomhars. 
1147. ^s* sorbre pensas. 
1160. U gramaire, les seyants. 
1164. Ms,empas. 



i 

r 



i35 



XXXIV 

Li consaus part e il uant arberiar, 

1 170 E al matin fant les graisles sonar. 

E Maurins fait al Lans son ban cridar^ 
E si el fai, non poc aueir restar. 
Falcon comande sa ost a cadelar 
E a Bosun lo premiers a guidar. 

1 175 Sos le castel passent al pont del Far, 
El camp Gresleis lonc la ribe de Clar. 
Aiqui uiras tant bon uassaus (sic) armar, 
Tant blanc hosberc e tant elme làçar, 
E tante iupe uestir e afublar, 

1 180 Faites (sic) de paile e de gris e de uar. 
Maurins los renge, qui es rix hom e bar ; 
Mil n'a premers escarit fet triar, 
Ki a Tubie lor irant Tassant far ; 
E Alerans (sic) fait Tensegne portar, 

1 185 Per dreit sa dogne qui lor aut caleniar I 
•v. mile elmes fet seguentr'els annar 
E sa bataille a présent cauàlcar. 
El fils del rei, a la maisnade Aigar, 
Estait de nuit sor la ribe de mar, 

1 190 O en las naus fet son castel fermar 
As nautoners, que non laissent desfar 
Ki a son siège se puisse recobrar, 
E a la lune, al premer iau cantantar (sic), 
Dreit uers Tubie s'en enquet a annar. 



1 174. Lo p. tos. 

1 184. Lisez aierant, c*e8t un datif. 

11 85. Je ne comprends pas sa dogne; il faut, je suppose, s'adogne, qui, 
toutefois, ne donne pas un sens très-clair ; serait-ce un subjonctif (à forme non 
inchoative) de adontir ou adonir, déshonorer, honnir f — Aut,^= aille, n*est 
pas du provençal ; corrigez donc ant. 



i36 



1 195 Ans ior se met en les aies gesmar. 

El reis Aigars comencet a parlar : 

« Franches maisnade, tant uos uoldrai prouar 

Ke m'aiudés ques honte a ueniar, 

« L'ost m'aués fait quem deués per mandar, 
1200 « Mos soldaders uos uolrai apelar, 
^ « Per mon aueir que m'annés aiudar, 

« Si en uos met costume d*amendar, 

(c Eu serai lars de mon aueir donar, 

« Tôt mon tresaur uos uoeil abandonar, 
i2o5 « L'aur e l'argent uos ferai aportar, 
(Col. 21) « El uair e gris els pailes despleiar. » 

E el respondent : « Bon es a essaiar. » 

Aitant uenc Ior Ganiel lo iuglar, 

Ki uit la nuit Maurin Guire passar 
12 10 A tant grant ost que non la pot esmar ; 

Tant a cochât son palefrei liar 

Ke mors cadet a las noues contar. 

« Deus », dis lo reis, a tant uos dei aorar, 

« Don, per los tors que t*ai fet, non laissar 
121 5 « Uorguel Maurin ke nol fece abaîssar, 

i< E lo meu drec sabeir e demostrar. » 

Atant descent corent sei adobar, 

Coche en er faite, non o quer mes celar. 

XXXV 

1ns en las aies de la forest d'Armite 
1220 Sont descendut en Tessart d'un ermite, 
Ki Ior dis messe sagrete e benedite ; 
Non i ac un s'aumosne n'i aufizte (sic) ; 

1195. Gesmar, quid ? un nom propre ou un verbe î — 1197. Corr. proiar. 
1198. Ques, sic p. qtteste. 

1222. Auflj^te m'est aussi énigmatique qu'au vers suivant sacarite{sa carite t 
ou s*acarite ? s'agit-il d'eucharistie ?). 



] 



i3y 



Lai penitencent e parant sacarite ; 
Taus s'es confes qui pert le ior la uite ; 
1225 Al rei non nuis, pos sa terre en aquite. 



XXXVI 

ins ens (sic) las aies sarment tuit apresente, 
Aiqui uiras tant obre cobinente 
D'osbers e d'elmes e d'altre uestimente. 
Lo reis los renge a la bone esciente ; 

i23o Ab un poncel d'une aiguete corente, 

Trais son cenbel sans gab que lai om sente. 
Sos fils lai passe premers, caire riente, 
A tal ardit que ren non Tespauente, 
E sunt ab lui tuit menbrat mil e . xxx. ; 

1235 Oh {sic) Alerant penra ancui contente. 
E l'autre escale manie dus d'Aiguilente 
El Landoneis el palain d'Artente, 
E sunt .V. mile ab elmes senes mente. 
E lo reis mane altre gent conessente 

1240 Dune conpaigne e forte e conbatente ; 
Fore del bore caualiet a paruente, 
En la ribere es d'una lègue gente. 
S aiço es cause e Deus la Ior consente, 
Ensegne blance n'ert uermelle e sanglente, 

1 245 E plorera maire e sor e parente 

E de Ior drus per altre ben uolente ; 
L une conpaigne n'er irade e dolente, 
E laltre rice, anorade e manente. 



1 24 1 . Ms. aparvente. 

1242. Il est difficile de méconnaître une lacune après ce vers. 
1 243 Ms. 5^1 co. 

1244. Ms. blance uert. 

Tome xii. 10 



i38 



XXXVII 

El camp Greîsleis, lonc la ribe de Claire, 

12S0 Viras Maurin tant gente escale faire. 

Els primers guide Bos e Folcers lo laire, 
E Alerans los cadele, el poignaire, 
E l'autre escale e Beraus, Bruns sos fraire, 
El coms Bertrans, qu'es de coche enperaire, 

1255 E sab de guerre e molt es debonaire, 
E a man destre uai Bec de sant Ylaire» 
A quatre cens de Monteblanc repaire, 
Ki sont tuit blanc, li fil come li paire, 
E sunt, le ior qu'el naissent de lor maire, 

1260 Blanc lo caual, c'un sol non i ac uaire; 

Ensaignes blances de porpre de Monchaire, 
Pauque conpaigne, mais non es obelaire, 
Ço es aiquele qui non fuit anc gaire ; 
Franque es d'aiquels segner e capdelaire, 

1265 Cui los donet Maurins lo bons donaire ; 
;COL. 22) Ab lui Sicart e Enriz de sant Daire, 
Vit la bataile que non la poc desfaire, 
Kar uengut sunt a lanchar e a traire ; 
Sin ac coart, molt s'en uoldrie raire. 



XXXVIII 

1270 Lo camps Gresleis non es estrans senters, 
Ans es ribere de pras e de uergers. 
Cels dechai guide Maurins lo bons guerrers, 
El reis los altres, qui es fors batenters. 



1253. Il faut évidemment déplacer e et lire Beraus e Bruns. 

1260. Ac p. a, comme souvent. 

1 262. Obelaire, quid ? faut-il lire bel aire, à l'air joyeux ? 



J 



i39 



Cascuns cenbels es de mil cauallers, 

1275 E en cascun a doe mile arcers; 

L*os Maurin guide Alerans lo Baiuers. 
E de lai uenc lo fils del rei premers ; 
Baissent los (sic) lances els gonfanons enters, 
Vant se ferir per escus de quarters ; 

1280 Li cop puissent des bons gonfanoners, 

K'el fils del rei n es sanglens li baigers {sic) 
Del sansdel pis ki deuale tos clers, 
E lo sons cops fu fers e sobrancers, 
K*anc Aleran non ual osbers doblers, 

1285 Parmi Fescine non pas oltre Tacers, 
Mort lo crabente entre paus auliuers; 
Grans es la perte els dams els destorbers, 
Ab oés (sic) Maurin e ab tos sos maisners; 
En isle Fade n*ac grant doels e pleners 

1290 Per la reigine e per set .c. millers. 
luon de Resnes la iete mort Folcers, 
Dont estral rei libras gran3 enconbrers, 
Non aueit feme ni non laisse eriters, 
Mais de sos armes ère bons faisenders, 

1295 De cent castels ben acrec sos enpers, 
Vant sei ferir Bos del Lans e Miuers, 
Andui s'abatent des bons cauuaus corsers ; 
Sonnent li graile e mesclent li caplers, 
Nol poc suirir coars ni lauzengers. 



XXXIX 

i3oo t n la ribere Claire del camp Gresleis 
Viras mesclar un fort estor espes ; 

1280. Ce vers ne se joint ni au précédent ni au suivant; il y a ici, comme 
ailleurs, à présumer une lacune. 

1281. Baigers, lisez bragers (brayer). 

1 293. Cette forme française aueit est embarrassante (voy. la préface). 



140 



La non efange (?) ei;contres ni torneis ; 
Fraignent los astes per escus quartereis, 
Ronpent ensegnes de pailes e d'aufres {sic)j 

i3o5 Falsentlas lances los osbers tiones, 

Trencent los elmes li bon brant uianes, ^ 
Tal cent n'i caient ab oses de corues. 
Mort e nafrat dans ren non sap o ses, 
As uis sab hon con force lor pares,.. 

i3io Labes Beraus, lo prios Bruns ab es, 
El coms Bertrans e Folque Tespanes, 
E sunt .V. mil sans conte de Bordeis ; 
E de la uenc Garin lo Landones 
E d'Aguilant li pros dus, li cortes ; 

1 3i 5 Baissent las lances e uant ferir mânes, 
Ben lîï aura que de mors que de près. 



XL 

Entre Bertrant e lo duc d'Aguilent 
Se uant ferir andui de maltalent, 
Ke do., falssent li osberc iaserent, 
1 320 E Bertrans n'a lo gonfanon sanglent, 
El dus la plage non presere nient, 
Mais aiço prese que estre grat descent. 
Folque lai ioig ab lo marcis d'Artent, 
E Beraus Tabès al Landones s'atent, 
(Col. 28.) E Bruns sos fraire lo Leoneis perprent, 

Fraignent los hastes per grans cops maintenent, 
Ab les espades fièrent espessement, 
E ab aiques n'aiostent tal .vii. cent 



1 307. On peut lire aussi Coivès. 

i3io. Ms. bruns abes; corrigez ab eis (cum ipso), cp. v. 1045. 
i323. Uo de Folque n*est pas très -net. cependant le mot est plus probable 
ici que Falque (voy. i3ii). 



141 

Cuns n'i coignuc amie ne ben uoeillent ; 
i33o Ki trobe mort, ni fraire ni parent, 

Nol met en plait de son confessament, 

Mais poig enant per penre ueniament, 

Ercascuns d*aus ab sei medesement, 

D'aital péril com eisse a gariment. 
i335 Lo trauerser los socorent poignent : 

Cil de Monblanc e li uermeil d^Artent. 

XLI 

ils canps Gresles, desos los puis pelas, 

Ec uos los blans els uermels aiostas. 

Ode el uermels a sos homes guidas, 
1340 Katre cens elmes de Mont uermeil ietas, 

Tos de castel e sos homes priuas, 

Ki ant uermeilles las caires e las fas, 

Los iels uermaus e los (sic) mans e los bras, 

£ es uermaus cascuns, des pos fu nas, 
1345 E ant uermaus cauaus entresegnas, 

Osbers uermaus e de uermaus safras, 

Jupas uermeilles de pailes entaillas, 

Espades chaintes a pons uermals damas, 

Escus uermels e de uermeil boclas, 
i35o Elmes uermels ant en lor caps lâchas, 

E ensegnetes uermeilles de cendas. 

Odes, lor sengnre, s*ere hui matin uanas, 

K'anc non fui ne non fu encalchas, 

Hom ère al rei e pleuis e iuras, 
i355 Mais per sa coche non sera ia mandas. 

Non li dec os ne seruic€ taillas, 

i333. Il doit y avoir une lacune après ce vers. 
1346-49. En quatre vers, trois formes : vermaus, vermals, vermels. 
i352. Ms. nanas. 

i356. Dec (dut); on peut aussi lire det,îotmç. incorrecte : le sens recom- 
mande le présent, donc deu. 



142 



Mais sil reis es uencus ne uergoignas, 

O ac perdut o es arrer tornas, 

Kant el lo sap, el deman es uenias, 
1 36o O per bataille quant es sos bans cridas, 

E seu mesage que ia sie uenias, 

Quant il o auent, si s*arment per palas 

E ant socors tost e ben e en pas. 

la per lo rei non sera uns renias, 
i365 K'ab lor talent uont (sic) per camps e per pras, 

O lor seigner los mane com lui plas, 

Odes penners de son elme enbronchas, 

E cil Testraignent as flans e as costas. 
1370 E de lai Franc, lo derrer des abas, 

Mane los blans que Maurins Tac donas ; 

Baissent las lances els gonfanons frainias, 

Vant sei ferir per escus coloras ; 

Andui s'abatent des destrers soiornas, 

E li socors esporone d'ans las ; 
1375 D'aiqueste part fu Monblans escridas, 

E délai fo Mont uermgjiis essauças; 

Cil sont uermeil corne feus en for ias, 

E cist sont blanc corne neis sorbre glas. 

Ec uos los blans ab los uermaus iostas, 
i38o Aiquis estors es fors e aduras. 



XLII 

» 

Lai o s^encontrent li blanc et li uermeil, 
Fraignent los astes mantenent li donzel, 
Ab lor espades adurent lo tornel, 
(Col. 24) Ke sont trenchat elm e col e cabel. 

i385 E kant s'abatent, partent sei per caumel, 

1377. Ms. enforias ('en un mot). 

ï385. Caumel, champ de chaume, cp. v. 1400 (où je trouve caumil). 



'43 



Pos se cotnbatent sol a sol a parel ; 
De son segner a cascuns ques coreil 
Ke cent n'i morent fors Simon de Canpel, 
K'anc uns non ac ni garde ni peruel 
iSgo Essre (sic) la lande e Terbe et le solel, 
Ki Tobs lor agre uns des signors dorel 
Ki lor donere a lor anemes conseil. 



XLIII 

Des quant s'encontrent li uermeil e li blanc, 
D*aitant pauc d'ornes tal estor non uis anc. 

iSpS Andui s'abatent, Ode el uermaus e Franc ; 

Pos se detrencent los pis, los (sic) uentre el flanc 
E pet e poig, de coi sunt clop e manc. 
Tal cent n'i caient c'uns non es en son banc 
Per négligence, car non es quis estanc ; 

1400 Tôt lo caumil (sic) uiras uermeil de sanc. 



XLIV 



Q« 



|uant li blanc uirent que Franc es abatus, 
E li uermel que Odes es cagus, 
Vant sei ferir mantenant péls escus, 
E ab lor brans de lor espades nus, ^ 

1405 Trencent lor caires d'elmes e d'agus, 
Tal cent n'i caient c'uns non er raïmus, 

* 

i386. Ms. aparel, 

i38g, Pervel, subst. de pervegliar, faire la garde; manque dans Ray- 
nouard. 

iSgi . Ne feut-il pas plutôt K'il obs ? Dorel, quid ? cCOrel ? 

1394. Ms. Dai tant, 

1405. Le second hémistiche delmes e dagus est impossible et d'ailleurs 
trop court d'une syllabe. 



144 



Grans er li dois quant cis plais er sobus 
De las uermeilles, que lai perdent lor drus, 
E de las blances qui i rant molt perdus. 

1410 Maurins caualiee sa bataille adus, 
E délai es lo reis Aigars uengus. 
Baissent los lances els gonfanons uosus, 
Lor blisons trencent, lor osbers mau menus. 
Tant fort Tenpains Maurins lo uiels canus 

1415 K*ansdos los caingles el poitrail es ronpus, 
E per la crope n'es lo fus descendus, 
Mais tos en pes remas en la palus, 
Ere fu tos cobras e retengus. 
Aiquest estor es molt ben conbatus, 

1420 Non er a onte Maurins hui mais uencus. 



XLV 



Qt 



uant li reial uirent quel reis fu ios, 

Per sa maisnade fu durement escos ; 

Lai iambe-a-terre Mile, lo dus d'Auros,.. 

El reis cobreit el liart balçant ros. 
1425 Pos uiras faire tant cop mirauillos. 

Tant blanc hosberc e tant elme treros, 

E tant donzel desrocat uergoignos, 

Tant aste fraite dont uant uers cel li tros. 
^ Parmi la presse uai Bertrans pesanços, 

1430 S'espade traite qui fo al rei n'Anfos ; 

Des treis iaus bers a mânes mors los dos 

E il n'ant mort Austreget Tengignbs. 

1412. Le premier s de uosus n*est pas net ; ce peut être un /. 

1423. Il y a, paraît-il, une lacune après ce vers ; cp. v. 1431, où il est parlé de 
treis bers. 

1426. Treros =z transruptus ? Ou terros, souillé de terre? 

1431. Ms., iausbers; ne sachant que faire de iaus, y je corrigerais par 
ians= gens. 



145 



E Sicars uenc sus en Liron brios, 
E uait ferir Rater de Mont Simos, 
1435 Un conestable de la cort cabaillos ; 
Mort le crabente el prat qui fo erbos. 
Pos dis Maurin dos mos contrarios : 
« Viels beubancers, sobrancers, orguillos, 
« Ancui serés uencus e uergoignos ; 
V 1440 (( Mal o fet uiels qui creit conseil de tos, 

I « De grant riceses n'esdeuenc sbfraitos ; 

« Ki les lor uei uenir pausas e pros 



1441. Ms. nés deuenc. 



146 



TABLE 



DES 



NOMS DE PERSONNES ET DE CHEVAUX 



Abstruget, Austreget, cheval de 
Bertran, SgS, 1432. 

Aguilant; voy. Aiguilante. 

AiGAR, Edgard, roi d'Angleterre, 9, 
755, 990, 1188, 1195, 1411. — Son 
fils, qui joue un des principaux 
rôles dans le récit, n'est jamais 
nommé par son nom. 

Aiguilante (duc d'), chef dans Tarmée 
d'Aigar, i236, i3i4 {Aguilant), 

i3i7;848(i4^«i7/a«0- 
AiMOMT (Edmond) de Mirasvaus, fils 

du comte Aimon, 19. 

Alaric lo ros, un riche comte pendu 
• pour son orgueil ; mentionné, 773. 

Alerant lo Baivers, chevalier et 
gonfiEuionnier de la suite de Mau- 
rin, 63o {cTisle Fade), 65o, 734, 
1014, 1020, iio3, 1184, 1235, 1252, 
1275, 1284 (tué par le fils du roi). 

Anfos, le roi Alphonse, mentionné 
comme ayant possédé Tépée de 
Bertran, 1430. 

A(iuiLLANT, prob. le même person- 
nage qu'Aiguilante, 848. 

Artente (le paladin d'), chef dans 



l'armée d'Aigar , 1 23 1 , 1 323 (i4 rtent). 

AscELiN ou Ascelinet, chef dans l'ar- 
mée de Maurin, 399, 1047. 

AuuuN, nom d'un ecclésiastique (f), 
890 

Bec de SantYlaire, chef des Blancs, 
1256. 

Begon, chambellan d'Aigar, tué par 
Pons, 649. 

Berart, abbé, 1069 ; me paraît être 
le même personnage que l'abbé 
Beraut. 

Beraut, abbé, frère de Brun ; com- 
bat dans l'armée de Maurin, 859, 
881,900, 1253, i3io, 1324. 

Beraut, chambellan d'Aigar, tué par 
Alerant, 65o. 

Berenger lo Daneis, 66 (adversaire 
de Bertran). 

Bernart de Clarvent, chevalier du 
parti de Maurin, 275, 276, 746, 799. 

Bertran, le comte, fils du comte 
Maurin, 66, 89, 92, 393, 689, 691, 
756, 982, ioo3, 1253, i3ii, i3i7, 
1429. 

Bos (rég. Boson), 275, 276, 3o2, 32o, 



147 



332, 347^ 4^9' 4^9' 5»o» 5ii, 523, 
528, 536, 1174, i25i, 1296 (Bos del 
Lans). 

Brun (aussi Brunet), prieur, frère de 
Tabbé Beraut; du parti de Maurin, 
891, 902, 1253, i3io, i325. 

CoBEiTos, cheval d'Ascelin, 399. 

Draugue de Saure (cas régime Drau- 
gon), 16, 27 (lo coms), 68, 161, 395, 
456, 1082. 

Eliasar, cheval de Renelme, 397. 

Enri de Sant Daire, chevalier dans 
Tarmée de Maurin, 1266. 

Escos, un pontonnier, 892, 895. 

Falc, Fauques (rég. Falcon), parent 
par alliance du roi Aigar et dont 
les prétentions paraissent avoir sus- 
cité la guerre entre le roi et le con^te 
Maurin, 278, 3o3, 3o8, 335, 345, 
347, 4i3, 441, 443, 452, 5i6, 537, 
688, 7p3, 744, 798, ioo3, 1173. 

FoLCER lo lairej chef dans Tarmée de 
Maurin, i25i, 1291. Peut-être iden- 
tique avec Folque. 

FoLCiUE (rég. Folcon), frère de Drau- 
gue (3o), 16, 68, 160, 400 {Folque de 
Saure), 405, 416, 456, 629, 647, 
1093, i3n (tespanes). 

FoKTun.Fortunet, cheval de Maurin, 
2, io3, 408. 

Franc ou Franque (rég. Francon), 
abbé, prend part aux exploits de 
Maurin, fait prisonnier par Aigar, 
puis délivré et combattant de nou- 
veau contre lui, 875, 881, 906, 
934, 940, 1264, 1370, 1395, 1402. 



Galeron, homme et familier d'Aigar, 
716. 

Ganiel, jongleur, 1208. 

Garin le Landones (io35), ou le 
Landoneis tout court, chef dans 
Tarmée d'Aigar, 1237, i3i3, i323. 

Garner, fils de Maunn, 899. 

Garsie, pontonnier, 696. 

Guillelme, abbé du parti du roi, 

54. 

IvoN de Resnes, chevalier d' Aigar, 
tué par Folcer, 1291. 

JoAN (lo pontener), 461. 

Leoneis (lo)f i325 ; ce personnage 
n'est pas autrement dénommé dans 
nos fragments; probablement le 
même que Rainer de Looneis. 

LiRON, le cheval de Sicart, 38o, 
1433. 

Manigot dEspaneis, 67 (adversaire 
de Draugon). 

Maur de Tir [lo), pers. incidemment 
mentionné, 4o3. 

Maurin, le comte, le personnage prin- 
cipal du récit; je me dispense 
d'indiquer les 57 passages où il est 
nommé. Ce nom, quand il n'est pas 
écrit en toutes lettres, est rendu 
par Maur. (avec une barre sur w), 
ou MR, ou M. 

MiLAvÈs lo Galeis, 72 (adversaire de 
Sicart). 

Miles lo dus dAuros, vient au 
secours du roi Aigar, 1423. 

MiLON dAiglant, tué par Bertran, 
96. 



I4B 



MivERs, chevalier d*Aigar, se bat 
contre Bos, 1296. 

MoLET de Val Penade, chambellan 
d*Aigar, tué par Renelme, 648. 

MoNTEL, cheval du fils du roi Aigar, 
110. 

Nevelon, abbé dans l'armée d'Aigar, 
7i5. 

Nubie (lo rei de), 884 (mentionné 
incidemment). 

Ode, homme du roi, chef des Rouges, 
iSSg, i352, 1367, ^395, 1402. 

Odon, connétable d'Aigar, 718, peut- 
être le même que le précédent. 

Oelin de Belnade, chambellan d'Ai- 
gar, tué par Folque, 647. 

PoNçoN, viscomte de Tubie, grand 
seigneur au Lans, 676. 

Pons (Ponson) de Piereiade, cheva- 
lier de la suite de Maurin, 629, 
649. 



Rainer de Laoneis, 69 (adversaire de 

Folque). Voy» aussi Leoneis. 
Rater de Mont Simos, un conestable 

de la cour du roi, tué par Sicart, 

1434. 
Renelme, un des chefs d*armée de 

Maurin, 397, 629, 648, ioi5. 
Salapan, personnage non défini et 

incidemment nommé, 3o3. 
Sanson, fils d'Odon, connétable d'Ai- 

gar, 716. 
Sicart, chef d'année et conseiller de 

Maurin, 44, 72, 346, 378, 436, 

448, 456 (avec répithète « Tale- 

tnans »), 5io, 53o, 788, 1081 (lo 
« vescoms\ 1106, ii23, 1167, 1266. 
Simon deCanpel, i388. 
SoAU, portier d'un castel, 5 20. 
Thiebaut de Blets, le comte, 65 

(combat avec Maurin). 
Vêla VENT, nom de cheval, 847. 



TABLE 



DES 



NOMS DE LIEUX ET DES NOMS ETHNIQUES 



AissENT (le port d'), 460, 4^62{Aissen) ; Artent {li vermeil d"), i33i5. Il s'agit de 

aussi Eissent, 670, 685, 809. la troupe des Rouges, commandés 

Armite (la forêt d'), 1219. par Ode ; je ne sais si Artent est 



149 



ici réellement un nom de pays ou 
s'il désigne un seigneur (le duc 
d*Artent, cité plus haut ?). 

AusTENT, 83 {les vignes A .) 

Bar {h /al roïn dé)^ SgS. 

BelVeiaire, 808. 

Brians, vallée entre la Far et la ville 
de Lans, 466. 

Clar, Cler, Claire, rivière, 916, 1176, 
1249, i^ûo. 

CoRvès (oses de), iSoy. 

EissE, localité du pays de Maurin, 
probablement identique avec Ais- 
sant, 624. 

EissENT = Âissent. 

Fade (risle), 388, 63o, 731, 1289. 

Far (/o), rivière qui coule autour de la 
ville de Lans, 464, 5o4, 696, 1175. 

Fauc, localité du domaine du roi, 
968. 

Feragut, localité du domaine du roi, 
968. 

Franges, 70, les Français sous le dra- 
peau du comte Maurin, opposés 
aux Normands (et Anglais) com- 
battant sous Aigar. 

Franon, 33, le nom d'un pré. 

Gales (Gallois), 1043. 

G0DAFREIS {les vergers), 1039. 

Greslès {le champ), 1027, 1176 (lonc 
la ribe de Clar), 1249 (Greisleis), 
1270, i3oo, 1337. 

GuiR, GuiRE, une rivière, 1026, 1210. 

Inglès , Anglais au service du roi 
Aigar, 634, 1007 {Ingleis), 1037 
{Engles). 

Irlans (Irlandais), 1043. 



Karrans {los uals des), 459. 

Lans (lo), ville importante dans le 
récit, 462, 490, 669, 677, 697, 
808, 880, 894, 898, 974, 1008, 
1120, 1171, 1296; cette ville paraît 
située entre Péride et Tubie. 

Marmonès {les ports dé), 1026. 

Menbrant (Monbrant), nom d'un châ- 
teau donné par Maurin à Franque, 
916. 

MiRASVAUs, 19 {Aimont de M.). 

MoNCHAiRE {porpre de), 1 261 . 

Monteblanc ou Monblanc, le pays 
des Blancs, 1257, i336, 1375. 

MoNTRos, localité du domaine du 
roi, 968. 

MoNTVERMEiL, i34o, 1376 ; le pays 
des Rouges. 

NORMANT, 70, 1007, 1037. 

Peride, ville, pays du comte Maurin, 
52, 344, 406, 427, 482, 624, 667, 
781, 810, 1008. 

QuARRioN, 29 {cheval de Qu.). 

RocELAURE, nom du cloître de l'abbé 
Franque, 889. 

RoDANS, localité où Maurin gagna le 
cheval de Folque, 402. 

San Eudis(/o moster), 1059. 

Sant Caire {lo casteldé), 809. 

Sant Elei {lo moster de), 52. 

Saure, 16 (Draugue de S,), 400 {Fol- 
que de S.). 

Tubie, ville où réside le roi Aigar, 
955, 966, 1001, 1034, io56, 1111, 
ii38, ii83, 1194. 

Ungrie {palejrei d), 682. 

Vf ANE, 746, 799. 



i5o 



TABLE DES RIMES 



é 

MASCULINES. 


Es, eis, 4, 27, 39. 


Ane, 43. 
Ans, 14, 26. 
Ar, 11, i3, 20, 34. 
Ars, 29. 
As, 12, 16, 33, 41. 


Is, 28. 

0», 2, 10, 19. 
Os, 21, 3i, 45. 
Us, 1, 8,3o,44. 
£7^ 25. 


Ai, 23. 


FÉMININES. 


Ei, 3. 


Ade, 17. 


£/, «7, 42. 


^ire, 22, 37. 


Ent, 5, 9, i5, 40. 


Ente, 36. 


Er, 24. 


/^, 18. 


£r5, 32, 38. 


Jte, 35. 


Les rimes des tirades 6 et 


7 sont inconnues. 



ADDITIONS AUX NOTES 



Dans le cours de Timpression, j'ai reçu de précieuses indica- 
tions d'un savant romaniste allemand, aux lumières duquel 
j'avais eu recours ; plusieurs d'entre elles ont trouvé place dans 
les notes du texte; quelques-unes, arrivées trop tard, seront 
consignées ici : 

12. Retengust 

33. Desci ou de for f 

329. Non ou nolsface ? 

742-43. Ces vers doivent peut-être être transposés. 

776. El rei ; peut-être un lapsus p. desrei, derrei. 



i3i 



782. L'insertion de non, au lieu de 1^05, donnerait un excellent sens :« Vous 
ne serez pas délivré, jusqu'à ce que... 

839. Conjecture p. auantajat. ai (ou er) autriat. 

843. Il y a à supposer, après ce vers, une lacune, où se trouverait l'indi- 
cation de Tun des deux prisonniers, présentant un besant au roi pour sa 
rançon ; le pronom /i (845) se rapporterait ainsi au roi. 

926. Â transférer devant 924 ? 

928. Braine, jeune vache ; voy. Carpentier sous brana. 

929. Gorris, porc, diminut. du subst. qui a donné le fr. goret, 

1012. 01 est du dialecte poitevin, = prov. o (fr. le) ; on pourrait aussi le 
prendre pour oil = o + ^'' 

1048. Peut-être preclar^ qu'on trouve daus Boèce, 170. 

io52. On trouve fréquemment le pluriel tires comme nom d'une étoffe. 

iio5. Befars f 

1137. Ambars, embarquements; voy. Rayn. sous embarc. 

1149. Mieux vaudrait nom (ne me) . 

1262. Obelaire tient au vfr. hobeler; cp. le subst. hobelet^ dans la 
Chronique de Benoit. 

1273. Bestencers, au lieu de batenters ? 

1293. Non aveit peut sans difficulté se convertir en non avia, ce dernier 
mot se présentant souvent comme bissyblabique. 

1367. Premiers (p. penners) ? 

1431. Des reiaus bers, au lieu des Des treis iausbers ? 



l52 



LE PEINTRE GRAVEUR 



DES PAYS-BAS 



AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE (i) 



LEGROS 

LEGROS, Sauveur, est né à Versailles, eA 1754, il décéda à 
Enghien, le i5 mars 1834. ^- Fi'éd. Hillemacher a publié le 
catalogue de son œuvre en appendice à un curieux volume sur 
la vie et les œuvres de Sauveur Legros, par Loumyer. Nous ne 
faisons que le reproduire à peu prés textuellement, non sans 
remercier M. Hillemacher de la gracieuse autorisation qu'il 
nous en a oftroyée. 

1. Portrait de Sauveur Legros. 

C. H. 0,114. L. 0,100. 

Vu de face, en buste, coiffé d'un chapeau à larges bords. 

On lit au bas à gauche ; 5. Le Gros, se ipsum deL et sculp. 



(i) Suite. Voir les volumes précédents, passim. 



i53 



2. Portrait de Sauveur Legros. 

H. 0,137. L. 0,090. 

Dans un médaillon ombré, presque de face, coiffé à poudre, le 
cou nu. 

Dans la marge à gauche : François pinxit, à droite : Le Gros 
sculpsit, 7786 (?). 

3. Portrait du marne. 

H. o,o85. Lk 0,066. 

Buste des trois quarts à gauche ; coiffé à faces, habit à revers 
de peluche ouverts sur le collet. 
Signé L. G. à Tangle inférieur gauche. 

4. Portrait de Sauveur Legros en femme. 

H. o,i3i L. o,og3. 

Il est travesti en femme, coiffé d'un bonnet blanc et porte un 
fichu sur sa poitrine. 

5. Portrait de madame Legros. 

H. o,ii3. L. 0,090. 

Coiffée d*un bonnet blanc, que traverse un ruban, les épaules 
couvertes d'un fichu ; ovale, au pointillé. 

Dans la marge à gauche, on lit : Le Gros ad vivum del, et 
sculpsit, 1789. 

icr état. — Inachevé, le pointillé seulement entamé. 

2e. état. — La planche terminée et le pointillé fini. 
Tome xii. 11 



i54 



6. Emile Legros. 

L. 0,099. H. 0,084. 

Enfant à côté d'un chien couché sur un fauteuil et qui lui 
lèche la figure. 
Signé au bas de la gauche : L. G. 

i7. Portrait du même, ovale. 

H. 0,117. L. 0,082. 

Legros est vu de profil, appuyé contre un meuble que sur- 
monte un vase. Il tient, de la main droite, sa pipe, et, de la 
gauche, un livre. On lit au-dessus de l'ovale, à droite : 5. Le 
Gros, et, à gauche, 1800. 

8. Portrait du même et de Soliman. 

H. 0,120. L. 0,088. 

Le personnage est debout et s'appuye, de la main droite, 
contre une chaise sur laquelle est assis un vieillard à barbe 
blanche, coiffé d'un haut bonnet à poils et couvert d'une robe 
fourrée. Ce vieillard est un Turc du nom de Soliman. 

Signé à gauche dans la marge : 5. Le Gros, 

9. Joseph IL 

H. 0,145. L. o,io5. 

L'empereur Joseph II, en habit blanc, décoré de ses ordres et 
tenant une lettre ouverte. 

Quatre vers sous le buste : Son droit éteint , etc. 



i55 



10. Le prince de Ligne. 

H. i35. L. 117. 

Le feld maréchal prince de Ligne, en buste, de trois quarts à 
droite; au-dessous on lit : S, A. le prince de Ligne, à droite, 
contre le trait circulaire : Le Gros ; à gauche : 1792. 



11. Le prince de Ligne. 

T, c. H. 0,090. L. 0,078. 

Des trois quarts à gauche, dans un ovale, le fonds en légère 
grisaille. 

12. Le prince de Ligne. 

L. 0,045. H. 0,087. 

Portrait en pied, de profil, à gauche, gravé au simple trait ; 
ayant un habit à revers et les mains croisées derrière le dos. 
Signé, dans la marge, à droite : L, G, 



13. La princesse de Ligne. 

H. 0,164. L. 0,123. 

En buste de trois quarts à droite ; au devant de la coiffure 
élevée une rose ; dans la marge, on lit : Le Gros deL et sculpsit, 
— A gauche et à droite : 164. 



i56 



14. La princesse de Ligne. 

H. o,o63. L. o,o5o. 

Représentée en pied, elle est coiffée d'un chapeau, a le corps 
tourné vers la droite et s*appuye des deux mains sur le dossier 
d*une chaise. 

15. L'abbé DeliUe. 

H. 0,107. L* o»o77. 

En buste dans un ovale ombré, la tête tournée de trois quarts 
à droite, et vêtu d'un habit noir. Sous Tovale on lit : L'abbé 
Delille, Contre Tovale à gauche : Le gros, et à droite : 1792. 

16. Henri Joseph Van der Noot. 

H. 0,067. L* o»o55. 

Il est vu en buste dans un ovale ombré, le cou nu, la chemise 
rabattue sur les épaules. 
Au-dessous : H. Vander Noot, en majuscules. 

17. Titre. 

H. 0,217. L* o»*?^. 

Une pierre ruinée, ombragée d'arbustes, sur laquelle on lit 
rinscription : Recueil de Gravures à Veau-forte diaprés les 
dessins de différents maîtres, par S, Le Gros, amateur 1789. 1 

Dans la marge on lit, à gauche : O. Le May ; à droite : L, G, 



157 



18. Diane et GalUsto. 

H. 0,180. L. 0,283. 

La déesse est représentée au milieu de ses nymphes décou- 
vrant la grossesse de Callisto dont les nymphes écartent les 
voiles. 

Dans la marge on lit à gauche : Jos. François; à droite : 
Legros, 1789. 

i«f état. — Inachevé, avant les travaux de l'éclaircie, dans 
le ciel de la forêt. 

2e état. — Avec les travaux de Téclaircie, et des ombres ajou- 
tées sur divers personnages. 



19. Les folâtres jeux. 

H. 0,134. L. 0,12g. 

Sept nymphes couchées dans diverses attitudes, à Tombre de 
grands arbres; un carquois et des oiseaux morts au premier 
plan ; sur les terrains, à gauche, on lit : F. Boucher, à droite : 
Legros. 

20. La puissance de Tamour. 

H. 0,184. L. 0,159. 

Deux femmes nues soutenant un amour qui se retient à leurs 
cheveux; ovale dans un carré» angle inférieur de gauche : 
Bouchardon ; à droite : Le Gros, 1788. 



i58 



21. Le jugement de Paris. 

H. 0,128. L. 0,127. 

Vénus accot^pagnée de l'Amour reçoit la pomme du berger, à 
la confusion de Junon et de Minerve. François pinxit. Legros, 
dans le terrain, à gauche et à droite. 

22. L'enfant couché. 

H. 0,098. L. 0,080. 

Un enfant reposant sur une draperie à gauche, de profil ; au 
pointillé. 
Signé F. Flamand, à gauche, et, à droite : Le Gros. 

23. Sainte Oertrude. 

H. 0,109. ^' 0,061. 

Cette pièce représente la terre cuite d'Huygens qui surmonte 
la fontaine de Sainte-Gertrude à Ixelles, lez- Bruxelles. La sainte 
tient d'une main un bâton pastoral et de l'autre un rat. Sous la 
niche on lit : 5. Gertrudo (sic). 

24. Le poste avancé. 

H. 0,097. ^- 0*129. 

A l'entrée d'un bois, un gros de cavalerie, dont les deux 
officiers causent à pied, leurs chevaux étant tenus en main. On 
lit dans les terrains à gauche : Langendyk inv. et à droite : 
Le Gros, 1792. 



i59 



25. Le goutteux. 

H. 0,077. L. o,i58. 

Un homme trainant dans une brouette un personnage aux 
jambes empaquetées et tenant un parasol. 
Signé L. G. au bas à gauche. 



26. La carte de Legros. 

H. 0,069. L- Ojoyi- 

Deux amours dont l'un tient les grelots de la folie au-dessus 
d'un cartouche entouré de fleurs sur lequel est écrit en majus- 
cules : M. Le Gros, 

Signé au-dessous, en petits caraéléres à gauche : Legros et à 
droite : 1790. 

i«r état. — Avant le nom. 

2® état. — • Avec le nom sur le cartouche et des ombres sur le 
papier déroulé. 



27. Carte de Madame Sneessens. 

* H. 0,078. L. 0,080. 

Un cercle de branchages et d'instruments aratoires entoure le 
nom de Madame Sneessens ; et au-dessous, en petits cara£lères, 
à gauche : De Wailly inv. et à droite ; Le Gros seul. 

i*»" état. — Avant le nom. 

2e état. — Avec le nom sur le cartouche. 



i6o 



28. Carte de W^ de Walokiers 

H. o,o56. L. 0,080. 

Sur une pierre reposent entourés de feuillages, une lyre, des 
flûtes et un livre de musique ouvert. On lit sur l'épaisseur de la 
pierre en caractères majuscules : — Mademoiselle de Walckiers. 

29. La sainte famille d'après Rembrandt. 

H. 0,140. L. 0,174. 

Joseph et Marie assis auprès du berceau, la Vierge lit dans un 
livre, la lumière éclaire vivement le berceau. 

On lit dans la marge, allant de gauche à droite : Rembrandt 
pinx. Dédié â mon ancien élève en 1791. Le Gros. 

30. Le repos. 

H. 0,120. L. 0,088. 

Un oriental, coiffé d'un bonnet à poils, est assis à une fenêtre 
et regarde dans un jardin. Un pot de fleurs est sur Tappui d'une 
fenêtre. A terre il y a des pantouffles. 

Signé dans la marge à gauche : S. Legros f. 

31. L'hospitalité. 

H. o,io5. L. 0,089. 

Un vieillard assis dans un fauteuil est déchaussé par un enfant, 
tandis qu'un autre prépare le lit. 

Signé, dans la marge inférieure, à gauche : Rembrandt del.y à 
droite : Le Gros se. 



i6i 



32. — 33. Deux gueux (d'après Rembrandt). 

H. 0,084. L. o,o5i. 

Un gueux coiffé, d*un bonnet élevé, appuyé sur un bâton, 
tourné à gauche et avançant une main. 
Signé Rembrandt/., au bas, à gauche; au haut : L, G, 

H. o,o5g. L. o,o5i. 

Un gueux coiffé également d*un bonnet élevé et tourné de 
profil, à gauche ; ayant un sabre court au côté. 

On lit au coin gauche, en haut : Rembrandt /. et au côté 
opposé : L. G. 1789. 

34. Le cabaret (d'après Ostade). 

H. 0,182. L. 0,154. 

Des buveurs entourent une table, l'un tenant un verre, l'autre 
un pot, un troisième des cartes ; quatre autres personnes sont 
également dans la salle. 

On lit à l'angle inférieur gauche Ostade, et en haut, du même 
côté : L. G. 



35. Le bénédicité (d'après Ostade). 
H. 0,084. '"• OjOyS. 

Une famille d'artisans s'apprête à prendre son repas. Copie 
de la pièce de Bartsch, n» 34. 
Signe au bas : L. G. 



l62 



36. Les ftimeurs (d après Ostade) 
H. 0,077. L. 0,060. 

Copie du même; i3, catalogue de Bartsch. 
Signé L. G. 

37. Le gueux debout (daprés Ostade).. 
H. 0,087. ^' Oio56. 

Copie de la pièce n» 21, de Bartsch. 

38. Portrait d*un Turc. 

H. 0,120. L. 0,087. 

Tête d'oriental, le portrait de Soliman, cité dans la pièce 8. 

39 A 42 MENDIANTS. 
39. Mendiant (d'après Vandevelde). 

H. 0,094. L. o,o53. 

Un personnage coiffé d'un bonnet, vêtu de culottes en 
lambeaux, les bras croisés, se dirigeant vers la gauche. 

On lit au bas du côté gauche : A. Vandevelde, et à Tangle 
supérieur droit : L. G: 

40. Mendiant (d'après Saftleven). 

H. 0,126. L. 0,077. 

Un homme de profil, à droite, coiffé d'un chapeau à plumes, 



i63 

se tenant appuyé des deux mains contre une longue perche. 
On lit au bas de la gauche : Sactléven (sic); à droite : L. G. 

41. Mendiant. 

H. 0,089. L- 0.067. 

Un homme coilFé d'une casquette fourrée dont les attaches 
sont pendantes, debout de face^ s appuie des deux mains sur un 
bâton qu'il tient derrière lui. 

42. Mendiant. 

H. 0,108. L. 0,057. 

Il est coiffé d'un bonnet et couvert d'une houppelande, a 
les pieds chaussés de lourds souliers, est vu de dos et s'appuie 
sur un bâton. 

Signé à l'angle supérieur de droite : L, G 

43. Le paysan. 

T. c. H. 0,077. L" 0)04^- 

Coiffé d'un chapeau, les mains dans les poches de son pour- 
point, il est tourné de trois quarts à gauche; lavis d'aqua-tinta. 
Signé au haut à droite : L. G. 

44. Le centenaire. 

H. 0,092. L. 0,086. 

Un vieillard assis de profil, à gauche, sur un tertre. 



164 

On lit dans la marge : Vieillard de Bruxelles^ âgé de 
lîo ans 1789; adroite : O. Lemqy; à gauche, dans la marge à 
rebours : L. G. 

45. L*âne (d'après Van Bloerner). 

H. 0^146. L. 0,162. 

Un âne, tête tourné vers la droite et regardant le spedateur. 

46. Le chien épagneul. 

H. 0,154. L. 0,193. 

Un chien épagneul couché, le corps dirigé à gauche, et regar- 
dant en face. 

On lit au bas à gauche : O. Lemajr deL, à droite : Le Gros, 
1789. 

47. Le chien de garde. 

H. 0.121. L. o,i38. 

Un chien tourné de trois quarts à gauche, il regarde vers le 
fond. 
Signé à 1 angle supérieur droit : L. G. 

48. Les chevaux (daprès Wouwermans). 

H. 0,128. L. 0,181. 

Deux chevaux mettant en émoi les villageois; au premier 
plan, un petit paysan tombe à terre, un personnage tire un 
cheval par une longe. 



i65 

On lit dans les terrains à gauche : Woun/ermans, et à droite : 
Le Gros. 

49. Le convoi. 

H. 0,064. L. 0,170. 

Deux voitures suivant le même chemin, un personnage assis, 
au haut du premier chariot. 

On lit au haut, à gauche : Théaulon inv. et dans un carré, 
adroite : Dédié à M, A. Théaulon par ses admirateurs de 
Bruxelles, Dèscheppere père, maisonavit, Coquereau arbravit. 
Le Gros tachavit, de Scheppere fils scripsit, Bruxelles 
2Q janvier i8o5. 

50* Les cavaliers^ 

H. 0,100. L. 0,066. 

Deux hommes sont arrêtés, Tun à cheval, l'autre préparant les 
étriers de sa monture ; son bâton est à terre près de lui. 

Signé au bas de la marge à droite : L, G,; k gauche, on lit : 
P, Verhaes. 

51. Le troupeau. 

H. 0,114. L. 0,175. 

Un troupeau composé de plusieurs moutons et d*un bouc 
couché à Tombre sur la gauche, une vache blanche au milieu. 
Sur le terrain, on lit : H. Rocs, à gauche; Le Gros 1789, à 
droite. 



i66 



52. Le passage du gué. 

H. 0,098. L. 0.149. 

Une vache et deux moutons traversent un gué; on lit dans la 
marge : Ommeganck, à gauche et à droite : Le Gros, 
i«r état. — Avant le ciel. 
2« état. — JAvec le ciel. 

53. Le passage du gué. 

H. 0,077. L. o,ii3. 

Copie du sujet précédent, avec suppression d*un mouton, du 
ciel et des fonds. 

54. Marine (d'après Backhuysen). 

H. 0,124. ^* 0,210. 

Plusieurs barques à voiles ; la plus importante est au premier 
plan. Le fond forme rivage, avec une tour carrée. 

Signé L. G. à Fangle supérieur gauche. Dans la marge, on 
lit : Backhuysen y à gauche; à droite : Le Gros, 

55. Marine (d'après Vandevelde). 

H. o,i35. L. 0,206. 

Un vaisseau de haut bord entouré de barques, dans Tune 
déciles deux pêcheurs jetant leurs filets. 

Signé à l'angle supérieur gauche : L, G. — Dans la marge 
inférieure, on lit G, Vandevelde et Le Gros de gauche à droite. 



167 



56. Marine (d après O. Lemay). 

H. 0,124. L. 0,189. 

 droite, un grand rocher ; un pêcheur, portant ses filets, se 
dirige vers la gauche ; il y a plusieurs voiles sur la mer. 

Signé à gauche en haut : L. G. Dans la marge, on lit : O, Le 
May, 

57. 2« Marine (d'après O. Lemay). 

H. 0,124. L* 0,189. 

Bordant la mer on voit un rempart à droite. Un personnage 
monté sur une vache, une femme portant un fardeau traverse 
un gué. 

Dans la marge inférieure on lit : O. L. M. et Le Gros, 1788. 

58. Le pont à la croix. 

H. 0,125. L. 0,174. 

Une langue de terre s'avançant dans une rivière, sur laquelle 
on voit un homme et un mouton. Sur la rive opposée, un bâti- 
ment carré porté sur un rocher ; l'on y voit deux soupiraux 
voûtés où s'engouffre le cours d'eau; et plus loin un pont 
supportant une croix. 

Signé au bas de la gauche, dans les eaux, L. G. 

59. Le troupeau traversant le gué. 

H. 0,171. L. o,i38. 
Un troupeau de quatre bœufs, dirigé par un berger monté sur 



i68 



Tun d'eux, traverse un gué sous un groupe de roches surmontées 
de beaux arbres. 
Signé au bas O. Le May et Legros, 1788. 



60. Les pêcheurs. 

H. o,i5o. L. 0,133. 

Deux personnages dans une barque pèchent, au premier plan 
d'un cours d'eau bordé de deux chaumières : au fond il y a un 
pont de bois que traverse une femme. 

Signé O. Le May et Le Gros, dans la marge du bas. 



61. Effet d*hiyer. 

H. 0,108. L. 0,143. 

Une rivière glacée où se Voient des patineurs ; la rivière est 
bordée de chaumières, et au fond un homme chargé de ramée 
traverse un pont. 

Signé dans la marge : M Meyer et Le Gros. 



62. Paysage (d'après J. de Grave). 

T. c. H. 0,102. L. 0,146. 

Un château situé au bord de la mer ; un homme sur la plage 
considère un vaisseau, et, au premier plan, il y a, près d'un fût de 
colonne, deux personnage^. 

Signé /. de Grave et Le Gros, 1789, dans la marge. 



169 



63. Ruines. 

H. 0,087. L. 0,119. 

Un vieux mur, accosté d'un escalier, se trouve au bord de la 
mer qui le baigne ; au premier plan deux barques dont Tune 
supporte une tente. 

64. Marine (d'après Backhuysen). 
T. c. H. 0,079. ^' o>ii3. 

Une barque à voile est à sec au premier plan, entourée de 
plusieurs personnes ; et sur la mer différentes barques à voile. 
Signé à Tangle supérieur : L. G. 

65. Marine (d'après Pillement). 
H. 0,082. L. 0^123. 

Une barque montée de deux personnes aborde une rive 
rocheuse. 
Signé dans les eaux à droite : Pillement, 

66. Marine (d'après Van Goyen). 

T. c. H. 0,071. L. 0,125. 

Un rivage escarpé où deux personnages portant des bâtons 
sont à gauche. Une fabrique à pignons et à deux cheminées se 
trouve à droite. 

Signé dans la marge : Van Gqyeriy à gauche, et au haut à 
•Iroite t L, G, 

Tome xii. 12 



y 



170 



67. La marine an môle. 

H. 0,057. L. 0,095. 

Un petit môle avançant en mer et le long duquel on voit 
diverses personnes. Il y en a deux dans une barque ; une autre 
barque est échouée, et au fond à droite sur la rive opposée se 
trouve un clocher élevé et un moulin. 

Signé à Tangle supérieur : L.G. 

68. Marine. 

T. c. H. o,o56. L. 0,080. 

Deux barques. Tune ayant une grande voile triangulaire, 
montées par trois individus chacune; Thorizon est bordé d*abres. 
La pièce est lavée d'eau-forte. 

Signé à Tangle supérieur gauche : L. G. 



L La visite. 

H. o,i53. L. 0,227. 

Un homme vient sur Fescalier d'un manoir rustique recevoir 
une dame et son cavalier, dont les montures sont gardées par 
deux hommes assis. 

Signé à l'angle supérieur gauche : L. G. 

70. Étnde de troncs de chêne. 

H. o,i53. L. 0,200. 

Trois hommes et leur chien sont au pied du tronc principal. 
Signé à l'angle de gauche en haut : L. G. 



171 



71. Étude de tronc de saule. 

H. o,i5o. L. o,i33. 

A côté du saule, on voit une branche coupée. 

Signé sur le terrain, à gauche : Le Gros del, \ 



72. Les arbres dépouillés. 

H. 0,1 52. L. o,2oo. 

Des arbres dépouillés de feuillage entrecroisent leurs bran- 
ches ; au pied du plus gros sont trois chasseurs et leurs chiens. 
Signé au haut à gauche : L. G. 



73. Les raines (d'après Roos). 

H. o,i8o. L. 0,137. 

Sur une terrasse se voit une dame qui considère des ruines au 
premier plan ; sur le mur à gauche, on lit : H. Roos, à Fangle 
supérieur gauche : L. G. 



74. La cascade. 

H. o,i58. L. 0,126. 

Une chute d*eau tombe de rochers entremêlés d*arbres ; deux 
personnages la considèrent en tournant le dos au spectateur. 
Signé au bas : L, G. dans le terrain. 



172 



76. La charrette (par Wagner). 

H. 0,146. L. 0,191. 

Un cheval attelé à une charrette chargée gravit une côte, un 
homme pousse à la roue, un autre le soutient à la tête. Une 
femme porte un panier sur le dos en avant de la charrette. Au 
fond on voit un cavalier qui chemine. 

Signé dans la marge : Wagner et Le Gros, 

76. Le paysage à réminence. 

H. o,i3o. L. o,i35. 

Au milieu du sujet une colline, à gauche un petit courant, à 
droite dans les airs un arbre sur un fond de verdure ; un homme 
portant un bâton se dirige vers le fond. 

Signé au haut à gauche : L. G, inv, 

77. Paysage (d'après Van Heil). 

H. 0,127. L. 0,193. 

Un homme, assis sur un cheval chargé, traverse un chemin 
vers le speâateur. On voit au fond deux clochers entourés de 
massifs d'arbres. 

Signé, dans les terrains, D. Van Heil, à gauche. Le Gros, 
1790, à droite : 

78. Le torrent (d'après Molitor). 

H. 0,128. L. 0,175. 

Un torrent roulant au milieu des rochers; au premier plan, un 



173 

homme dresse un tronc d'arbre, tandis qu'une femme et un 
enfant traversent un pont de bois. 
Sur un rocher, on lit : Molitorinv, 

79. Le bouvier. 

H. 0,127. L. 0,175. 

Un bouvier conduit sur un pont en pilotis un troupeau de 
trois bœufs. Un homme est assis, au premier plan, sur un tertre. 

80. La porte de bois. 

H. 0,125. L. 0,173. 

«Un bloc de maçonnerie carré, auquel est attenant un mur 
fermé par une porte de lattis de bois, çntouré d'arbres. En 
avant deux hommes assis, ayant prés d'eux des bœufs. 

Signé en bas : L. G, 

81. La oonversation. 

H. o,w3. L. 0,173. 

Dans un paysage où Ton voit des rochers et des arbres,, il y a 
deux hommes assis, au premier plan, occupés à converser ; à 
gauche on voit, au deuxième plan, une chaumière. 

Signé à droite en bas : L. G. 

82. Le marais. 

H. 0,121. L. 0,149. 

Un petit marais entouré de feuillages, à droite il y a un gros 
arbre et des herbes aquatiques. 



174 



83. La grotte (daprès Molitor). 
H. 0,116. L. 0,173. 

Des personnages pénètrent dans une grotte sombre sous une 
colline ; à droite, la route indiquée par quelques arbres. 
Dans la marge on lit : Molitor inv. Le Gros. 

84. Le ehemin oreux. 

H. o,ii5. L. 0,173. 

Un bœuf et deux moutons sont dans un chemin creux, con- 
duits par un homme qui cause avec une personne assise sous un 
arbre, auprès d*un tronc dépouillé. 

Signé à Tangle supérieur droit : L. G. 1799. 

85. Le bouleau. 

H. o,n6. L. 0,170. 

Près d'une chaumière s'élève un tronc de bouleau ; sur une route 
à droite, marche un homme portant un bâton. 

Signé : L. G. 1799, à Fangle supérieur gauche. 

i««^ état. — Inachevé, avant l'effet . 

2^ état. — La planche poussée au noir, les nuages complète- 
ment ombrés. 

86. Le berger. 

H. 0,121. L. o,i5o. 

Au-dessous d'un rocher, à gauche, se trouve un troupeau de 



175 

bœufs et de chèvres, gardé par un berger endormi, appuyé sur 
son bâton; le chien est endormi à côté de lui. 

On lit dans la marge : Ov Lemay, et L. G., au haut de la 
gauche. 

87. Ruine du jardin de M. le vibomte de Walkiérs. 

T. c. H. 0,117. ^* o»»6o. 

Un mur ruiné soutenu par des arcades est au milieu de la 
planche ; de Tarcade du milieu s*écoule une cascade descendant 
à travers des rochers; à gauche, deux dames, dont Tune 
assise et tenant un parasol, cause avec un homme. Des moutons 
sont couchés épars sur la pelouse. 

On lit dans la marge : Ruines du jardin de M. le vicomte de 
Walckiers, 1789. 

Signé, à gauche dans le terrain : L. G., sculp, ,* sur le mur, U 

y a les initiales O. L. M, 

* 

i^^ état. — Inachevé. 

2« état. — Avec l'effet complet. 

88. La bergerie^ 

H. o,ii5. L. o,i5o. 

Un troupeau sort d'une bergerie, à côté, des laboureurs diri- 
gent une charrue traînée par des boeufs ; au premier plan, il y 
a des moutons. Effet de pluie à Thorizon. 

Dans la marge on lit : H. Meyer, Le Gros^ 1790. 

i«r état. — Le bouquet d'arbres faible. 

2e état. — Avec des travaux ajoutés sur le bouquet d'arbres, 
au-dessus de Ja maison. 



176 



89. Le mausolée (d'après Asselyn). 

H. 0,112. L. 0,160. 

Des cavaliers s*arrétent au pied d*un mausolée, Fun d'eux 
descendu de cheval flatte un chien; à Thorizon, il y a une 
montagne. 

Signé, dans les eaux et sur le terrain : 7. Asseiyn, dans les 
terrains : Le Gros, 1790. 

90. Le couvreur. 

T. c. Ff- 0,109. L. 0,146. 

Ui^ homme, monté sur une échelle, travaille au toit dune 
chaumière ; auprès de Féchelle, il y a des bottes de paille ; un 
petit garçon, assis à côté d'une brouette, joue avec un chien. 

On lit à Tangle inférieur de gauche : Le Gros inv. se. 

91, Le voiturin. 

T. c. H. o,ioo< L. o,i5q. 

Sur une route, un homme conduit un vpiturin vers le fond du 
sujet. Un autre homme portant une gaule sur Tépaule, marche en 
sens contraire. 

Signé à l'angle supérieur gauche : L. G. 

98. L'hôtellerie (d'après Mansvelt). 

H. 0,096. L. o,i35. 

Une hôtellerie devant laquelle il y a deux cavaliers, dont l'un 



177 

monte à cheval, au bord de la route. Du côté droit, trois 
hommes sont au pied d'un monticule, surmonté d'un bouquet 
d'arbres. 

Signé dans la marge : 7. 7. Mansvelt inv. et Le Gros, dans le 
terrain à droite. 



93. Ruines. 

H. 0,095. L. 0,148. 

Un pan de mur semi-circulaire, percé de trois fenêtres, au 
pied duquel est un soupirail. Il y a un petit escalier en pierres. 
Signé au haut à droite : L, G, 



94. Ruines. 

H' 0,092. L. o,i53. 

Une charrette est placée, brancards contre terre, près d'un 
soupirail : à côté de celui-ci un vase sur un piédestal ; trois 
personnages, l'un assis, animent le site. 

Signé au haut à droite : L. G. inv. 



95. Ruines. 

H. 0,092. L. o,i38. 

Une ruine au bord d*une route sur laquelle un homme dirige 
un cheval chargé de foin. 
Signé au haut à gauche : Le Gros, 181 5 



17» 



96. Raines. 

H. o,og6. L. 0,116. 

Une grande ruine devant laquelle chemine un troupeau de 
quatre vaches, conduit par deux hommes. 
Signé au haut à droite : L. G. 

97. Le ravin. 

H. 0,087. L. o,i3o. 

Un groupe d*arbres est sur le côté le plus élevé. 
On lit au haut : Rechtberger inv. 

98. L*indioatenr. 

H. 0,086. L. 0,133. 

Sur le talus d'un chemin bordé, d'un côté, par quelques 
arbustes, et, de l'autre, par un tronc dépouillé, deux personnages 
sont debout, et l'un d'eux montre à l'autre un poteau indicateur 
de la route. 

Sur un tronc gisant à terre, on lit : L. G. 

99. Les chaumières. 

H. o,o83. L. o,i5o. 

Au centre, des chaumières ; à gauche, l-horizon ; à droite, une 
colonne. 

Signé à langle inférieur droit : Le Gros, 1789. 



179 



100. La rivière. 

H. 0,082. L. 0,107. 

Au fond, dans la direâion du speâateur, coule une rivière, sur 
la rive gauche de laquelle on voit des ruines ; la droite est 
occupée par un massif d*arbres, dont deux se détachent au bord 
de Teau. 

101. La cour de ferme. 

T. c. H. 0,077. L- 0,114. 

Dans rintérieur d'une cour, fermée par des bâtiments assez 
élégants, se trouve un homme tenant à la main un bâton et qui 
conduit un troupeau, composé d un âne, deux chèvres, et une 
douzaine de moutons. 

Signé dans le ciel : L, G, 

102. L'attelage. 

H. 0,072. L. 0,149. 

Un attelage de deux chevaux, sur Fun desquels est assis le 
conduâeur, qui conduit dans un chemin menant dans un bas 
fond, une charrette de foin. 

Sijgné dans le terrain à gauche : L. G, 

103. Vue d'une porte de ville. 

H. 0,070. L. 0,120. 

Vue extérieure de la porte d'une ville. Deux hommes en sor- 



^ 



180 



tent, Fun d'eux est sur un cheval bâté qui porte deux paniers ; 
un personnage assis sur un tertre les regarde passer. 
Signé au bas à droite : L. G. 

104. La ville au bord de l'ean. 

H. 0,061. L. o,i35. 

Au bord de Feau des fabriques qui représentent la ville; 
derrière une maison élevée, on voit un dôme ; des personnes 
attablées devant une porte auprès d une femme occupée à filer. 

Signé au bas à gauche : L. G. 

105. Chaumière (d'après Pillement). 

T. c. H. 0,062. L. 0,078. 

Une chaumière auprès de laquelle il y a une sorte de niche. 
Sur la gauche du devant se trouve un petit étang. 

Signé dans la marge ; Pillement et Le GroSy de gauche à 
droite. 

106. Croquis. 

H. 0,064. ^' 0,098. 

Sur un cours d'eau vogue une barque ; à gauche, il y a de la 
verdure. 

Signé au haut à droite ; L. G. 

107. Titre. 

H. 0,066. L. 0,089. 

Des animaux couchés au bas d*une toile tendue sur laquelle 



i8i 

on lit : Suite de douane petits sujets de paysage inventés et 
gravés à Veau-forte, par S, Le Gros, 1796. 

108. Le torrent. 

H. o,o65. L. 0,089. 

Entre deux rochers s'échappe le torrent ; il précipite ses eaux 
dans un]ac,au bord duquel sont assis, à Tombre d'un grand arbre, 
deux hommes et un chien. 

109. La tour. 

H. o,o65. L. 0,088. 

Une vieille tour contre laquelle est adossée une chaumière. 
Deux individus causent dans un petit sentier voisin. 
Signé au bas : L. G. inv,, dans le sol. 

110. Sous bois. 

H. 0,066. L. 0,088. 

Dans répaisseur d'un bois, on voit un pan de muraille orné 
de bas-reliefs, duquel se détache en vigueur un personnage 
portant un vase. 

111. Les travaux ohampètres. 

H. 0,064. L. 0,089. 

Dans un paysage, des individus : Fun monte à un pigeonnier 
placé sur un pieu, l'autre brouette du fumier, un troisième 
a tendu du linge sur des cordes suspendues aux arbres du fond. 



l82 



112. Intérieur rustique. 

H. o,o65. L. 0,088. 

Dans la cour d^une maison de campagne, deux individus cau- 
sent assis par terre, près d'une porte ouverte. On aperçoit une 
charrette sur un plan plus éloigné. 

Signé au haut à gauche : L, G, inv. 

113. La route. 

H. o,o63. L. 0,088. 

Sur une route encaissée chemine un homme à cheval, accom- 
pagné d*un piéton qui porte un fardeau suspendu à un bâton. 
Un troisième individu, à gauche, est assis au pied d'un rocher 
portant l'inscription : L. G., inv, 

114. Ruines. 

H. o,o63. L. 0,088. 

Des ruines entremêlées d'arbres ; à droite, on voit une route , 
une femme appuie de ce côté un panier sur un gros arbre placé 
à terre. 

115. Le lac. 

H. o,o65. L. 0,088. 

Un lac dans lequel s avance, au premier plan, un monticule 
surmonté d'un arbre dépouillé ; près de la rive est une barque à 
voile triangulaire, et un cheval prend terre, tandis qu'un homme 
vient au devant de lui. 

Signé au haut à droite : L, G. inv. 



i83 



116. La cascade. 

H. o,o63. L. 0,088. 

A gauche, une chute d*eau. Deux hommes causent ; Tun d'eux 
est appuyé contre un arbre, il porte une perche. 

117. Le pêcheur. 

H. o,o63. L. 0,086. 

Un pêcheur tend sa ligne en se retenant de Tautre main à un 
arbre; s ur le bord opposé de Feau est une maison de paysan. 

118. Effet de nuit. 

' H. 0,066. L. 0,089. 

Un homme monté sur une barque la dirige le long du bord 
d'un étang, où la lune éclaire, au travers des arbres, une 
maison. 

119. Paysage à la tour carrée. 

H. 0,064. L. 0,087. 

Une tour carrée à laquelle on arrive par un pont de bois sus- 
pendu en Tair et correspondant à un rocher. Au premier plan, il 
y a deux personnes. 

120. La porteuse de sarments. 

H. o,o65. L. 0,045. 

A gauche, sont des arbres élevés; une femme porte des 
sarments ; au fond, des hangars à toits pointus. 
Signé au haut à gauche : L, G., en hauteur. 



i84 



121. Le rocher. 

H. 0,064. ^- 0,044. 

Un rocher à côté duquel s'élève un arbre. Un personnage 
assis se détache en effet vigoureux du même côté. 
Signé à droite : L. G. 

m 

122. La route. 

H. 0,054. L. 0,074. 

Sur une route bordée de ruines élevées, on voit deux hommes 
précédés d*un chien qui jappe. 
Signé : L. G. 

123. Le temple. 

H. 0,048. L. 0,070. 

Vue intérieure d'un temple jonché de ruines ; sur le piédestal 
d'une statue, à droite, se lit : L. G. 

124. Effet d*orage. 

H. 0,045. L. 0,074. 

Au bord d'un étang se trouvent trois arbres. 
Signé dans la marge : Le Gros, Copie du paysage aux trois 
arbres de Rembrandt. 

125. Pêcheurs. 

H 0,043. L. o,o56. 

Du haut d'un puisard sur pilotis où se tiennent trois hommes, 



i85 

l'un d*eiix laisse filer un engin ; une petite barque montée par 
deux hommes est à la droite. 
Signé au haut à gauche : L, G. 

126. La ferme. 

H. o,o32. L. 0,079. 

Devant une maison de paysan sont arrêtées deux charrettes 
couvertes, un homme est au milieu du chemin. 
Signé : L. G. 

127. Le village an bord de la rivière. 

H. o,o3i. L. 0,092. 

La rivière est au premier plan ; au fond, le village, où Ton voit, 
à gauche, un édifice carré, et, à droite, un clocher. 
Signé au haut à gauche : L. G. 

128. Paysage (d'après Molyn). 

H. 0,034. L. 0^092. 

Dans la campagne, on voit causer, à droite, deux person- 
nages, Tun assis, Tautre debout. 
Signé dans la marge : Molyn, dans les ciels : L. G. 

129. Ruines (daprès Moreau). 

H. o,o3i. L. 0,092. 

Deux individus, accompagnés d*un chien, examinent des 

ruines. 

i3 



i86 

Signé dans la marge à gauche^: Moreau, et, dans le ciel, du 
même côté : L, G, 

130. Les chaumières. 

H. o,o3o. L. 0,075. 

Plusieurs chaumières se tenant; devant Tune d'elles, une 
femme agenouillée écure des baquets. 

131. Maison de campagne. 

H. 0,027. L. 0,082. 

Une maison de campagne située au bord de Teau. Trois per- 
sonnes se promènent en barque. Un petit clocher étroit s'élève 
au-dessus du château. 

Signé au haut à gauche, dans l'angle : L, G, 

132. La muraille aux deux tours. 

H. 0,028. L. o,o65. 

Une muraille, à droite, flanquée de deux tours. A gauche, 
une campagne et deux hommes assis qui causent ensemble au 
premier plan. 

Signé au haut à gauche : L. G. 



i87 



NECROLOGIE 



La Belgique vient de perdre un de ses travailleurs d'art les 
plus distingués, dont la destinée utile et étrange ne doit point 
passer inaperçue. 

Charles De Brou était né à Bruxelles en 1 8 1 1 . Daas sa jeunesse 
une gageure imprudente lui brisa les reins : il avait, pour prou- 
ver sa force, parié de soulever une poutre énorme. Il y réussit, 
mais il y laissa sinon la vie, du moins les ressorts qui la font 
mouvoir. On dut le mettre au lit... il y resta vingt-deux ans! 
Ce long et cruel supplice fut adouci dans la mesure du possible 
par une sollicitude princière qui, depuis le jour du fatal accident 
arrivé à De Brou jusqu'à l'heure de sa mort, n'a pas cessé un 
seul instant de se manifester par les prévenances les plus déli- 
cates et les plus intelligentes. Je n'insisterai plus sur cet admi- 
rable détail : il y a des œuvres que Dieu seul doit connaître et 
bénir. 

Cloué sur son lit de douleur, De Brou qui avait reçu une 
éducation distinguée et qui s'était voué à Tétude des arts, eut 
bien vite trouvé ce qu'il lui fallait pour passer le temps et trom- 
per ses souffrances. La peinture, la gravure, la bibliographie et 
l'iconographie furent ses anges consolateurs. La vie active du 
corps lui étant interdite, il développa dans une large mesure la 
vie de l'intelligence. Il s'occupa d'abord avec passion des peintres 
gothiques et de leurs œuvres ; il parvint dans cette partie à un 



i88 

degré de science analytique que peu d'hommes ont eu en partage. 
On lui envoyait les œuvres qu'il ne pouvait aller voir, il les 
comparait patiemment entre elles et finit par acquérir dans 
Tétude des vieux maîtres une notoriété reconnue de l'Europe 
entière. Il déploya la même ardeur dans l'étude des gravures 
anciennes et dans la connaissance des livres. Il a admirablement 
copié quelques chefs-d'œuvre de l'art flamand en peinture et 
en gravure; il a reproduit, d'une pointe irréprochable, les 
plus belles miniatures des manuscrits de la bibliothèque de 
Bourgogne. 

Un ami commun me transmet à ce sujet quelques détails que 
je suis heureux de transcrire ici : 

« Ce n'était pas seulement un bon peintre, un excellent 
graveur, mais c'était avant tout un iconophile vraiment extraor- 
dinaire. Il m'est arrivé plus de vingt fois de lui demander son 
avis sur des planches inconnues ou mal déterminées ; jamais son 
ta6t, son érudition n'ont été mis en défaut. Et puis, les livres 
du quinzième siècle ! quel vaste trésor de connaissances 
n avait-il pas amassé pendant ces longues années de réclusion, 
de souffrances et de méditations! Il touchait à toutes les ques- 
tions de date, d'origine, avec une main sûre et un aplomb inouï. 
Dans les bons moments nous avions formé des projets de publi- 
cations intéressantes destinées à répandre la connaissance des 
gravures anciennes et de leurs auteurs. Un de ses derniers tra- 
vaux fut une étude malheureusement inachevée sur l'œuvre dç 
Fr. Hogenbergh, connue sous le titre de : « L'entrée de Charles- 
Quint et son couronnement comme empereur romain, à Bologne 
en i53o. «Jusqu'à présent cette œuvre de Hogenbergh est impar- 
faitement connue ; De Brou entreprit d'en déterminer les divers 
états et tous les changements apportés à ces planches curieuses. 
Les notes prises sur sept états bien déterminés sont là. Espérons 



i89 

qu'un jour un homme capable s occupera de mettre ce travail en 
lumière. 

« Un autre travail de De Brou, également inachevé, est l'his- 
toire de Robert Péril, le graveur sur bois qui a publié, à Anvers,, 
plusieurs planches très-curieuses et très-rares. Le chevalier Léon 
de Burbure avait déjà consacré à ce graveur une notice dans les 
Bulletins de V Académie, mais cela ne suffisait pas : la maison 
d'Arenberg avait dans ses collerions les éléments nécessaires 
pour compléter le traVail de Thonorable académicien. » 

D'autres travaux, en quantité considérable, sont là et témoi- 
gnent de la science et de Taélivité de cet homme qui, un jour, 
grâce à des soins touchants et après vingt-deux ans, se leva de 
son lit et se mit de nouveau à sourire à la vie. Il avait près de 
soixante ans ! Ce fut comme une aurore nouvelle, il marcha tout 
étonné et vacillant comme un enfant à ses premiers pas ; il sortit, 
se mêla à la circulation humaine et prit pied dans une existence 
aftive où il étonna et charma tout le monde par son érudition et 
un caraftère d'une douceur d'autant moins compréhensible que, 
alité pendant près d'une existence d'homme, on pouvait s'attendre 
à une aigreur qui eût été du reste très-excusable. 

Son aftivité ne se démentit pas; déjà conservateur des collec- 
tions artistiques de la maison d'Arenberg, il fut nommé membre 
correspondant de la Commission royale des monuments, puis 
membre de la Commission directrice des musées royaux, puisL 
membre de la Société royale belge de numismatique. Partout il 
se multiplia et répandit les trésors de son intelligence et de son 
savoir. Le musée royal des antiques surtout, où sa nouvelle vie 
s'était concentrée, lui doit une bonne partie de sa splendeur 
actuelle. Il a publié une quantité considérable de notices dans 
nos revues belges et dans des journaux étrangers. Son dernier 
travail a trait à une polémiique au sujet de la gravure des armes 



190 

de Bourgogne de la Bibliothèque. On y remarque une violence 
de style inaccoutumée, elle trouve son explication et son excuse 
dans le mal nouveau qui était venu le frapper et dont il est mort 
à Tâge de 66 ans. 

On n oubliera pas que M. De Brou avait été lun des membres 
fondateurs de la Société des Bibliophiles ; Tétat précaire de sa 
santé ne lui permettant pas de donner à nos travaux un concours 
aussi assidu qu'il Teût voulu, il eut la délicate abilégation de 
renoncer à ce modeste honneur pour prendre rang parmi nos 
membres correspondants. Dans cette situation plus effacée, il 
ne se crut néanmoins pas quitte de ses obligations envers la 
Société et nous avons dû à son érudition si sûre plus d une 
notice intéressante. Il s'occupait encore de réunir des matériaux 
pour nos analeâes, lorsque la maladie vint abattre son infati- 
gable adlivité. 

Caraftère droit, cœur excellent et pur, esprit loyal, De Brou 
est mort considéré et aimé de tous ceux qui l'ont connu. Il était 
officier de l'ordre de Léopold. Lors de la levée du corps à l'hôtel 
d'Arenberg, Gallait a honoré sa mémoire par quelques paroles 
parties du cœur. Au cinffetière d'Héverlé, près de Louvain, j'ai 
dit le dernier adieu à celui dont je suis heureux d'avoir été l'ami. 

AD. SlRET. 



La mort a eu dans ces derniers temps d'implacables rigueurs 
pour notre Société : elle nous a ravi à quelques jours d'intervalle 
deux autres de nos membres fondateurs les plus distingués. 

M. Campan (Charles-LOUIS-ALCÉE), un des vétérans du 
journalisme et des lettres de notre pays, est mort à Bruxelles, 



1 



191 

le 5 novembre dernier. M. Campan était né à Bordeaux, 
le 25 mars i8oo. Il fut Tun des fondateurs de Vlndépendant, qui 
devint plus tard YIndépendance belge, et y publia pendant plu- 
sieurs années un grand nombre d articles. Retourné dans sa ville 
natale, il fut pendant longtemps secrétaire de la Chambre de 
commerce de Bordeaux; mais il revint en Belgique en i85i, 
collabora à V Étoile belge et fut secrétaire de M. Tielemans lors 
de son passage au ministère de Tintérieur. Des mémoires fort 
remarqués sur les rapports commerciaux de la Belgique avec la 
France lui valurent la croix de Tordre de Léopold. M. Campan 
était un homme d'un esprit élevé et droit, un écrivain poli et 
d un goût sûr, une belle âme ornée d'un beau talent, le type de la 
loyauté et de Thonneur : tous ceux qui lont connu conserve- 
ront pour sa mémoire un affeélueux respe£l. 

Membre fondateur de la Société des Bibliophiles, il fut aussi 
le créateur de ]a Société de Thistoire de Belgique, dont il resta 
Taélif secrétaire et dont il enrichit les publications de travaux 
importants. M. Campan laisse, dit-on, des commentaires 
curieux sur V Esprit des lois mis en parallèle avec les doélrines 
constitutionnelles. Nous connaissons de lui : 

Deux coalitions parlementaires, 1783-1839. Bruxelles, i863. 
(Tiré à 100 exemplaires.) 

La question de Vor en Belgique, Bruxelles, 1860, Decq. 

Les mémoires d'Ensinas. Bruxelles, 1862-1863 (coUedion des 
mémoires de la Société de Thistoire de Belgique). 2 vol. 

La notice annoncée sur la vie et les travaux d'Ensinas n a 
jamais paru. 

Les œuvres de Fonfrède, Bordeaux, 1844-1846, 10 vol. 

Bergues sur-le-Soom assiégé en 1622 (colleélion des 
mémoires). 1867, 1 vol. 



192 

M. VEYDT (Laurent^François-FÉLIX), ancien ministre des 
finances» en 1847, membre de la Chambre des représentants 
de 1845 à 1859^ direâeur de. la Société générale, officier de 
Tordre de Léopold, etc., né à Anvers, le 7 août 1800» est mort à 
Bruxelles, le 22 novembre dernier. 

M. Veydt fut aussi Tun des membres fondateurs de la Société 
des Bibliophiles ; c'était un amateur éclairé du beau dans toutes 
ses manifestations, possesseur de véritables joyaux en fait de 
livres et d'objets d'art. Sa bibliothèque surtout, choisie et entre- 
tenue avec un goût délicat, reflète les prédileâions d un esprit 
sérieux et modeste qui aimait à se délasser dans le commerce des 
livres du tourbillon des grandes affaires où son génie financier 
l'avait porté presque à son insu. 



Mentionnons enfin la mort d'un artiste de marque» 
M. KUHNEN (P. L.), qui était l'iconophile le plus distingué de 
notre pays ; il joignait à un talent éminent une véritable science, 
bien rare chez nos artistes. 



193 



Vente des estampes de M. H. Wolff de Bonn conte- 
nant une série presque complète de l'iconographie 
de Van Dyck et autres gravures rares. 



Le 26 novembre dernier et jours suivants a eu lieu à Franc- 
fort s/M., sous la diredlion de M< Prestel, la vente de cette col- 
leélion célèbre, qui a fourni presque exclusivement les maté- 
riaux de la monographie de H. Weber. 

L'achat en bloc de la collection Verstolk avait permis à 
M. Wolff d'opérer dans la sienne un triage qui explique com- 
ment il a pu réunir un si grand nombre de pièces admirables. 
Le fait est quelles sont toutes dans une condition parfaite, à 
pleines marges et d'une fraîcheur éblouissante : aussi amateurs et 
marchands s'étaient-ils donné rendez-vous à ce tournoi d'en- 
chères qui atteignit un total fort respeftable. Nous ne donnons 
ici que les prix de 100 marks réduits en francs. Nous 

suivons l'ordre du catalogue ; l'abréviation C. renvoie au livre 
de Carpenter et le W. à celui de Weber. 

I. PORTRAITS GRAVÉS PAR A. VAN DYCK. 

Fr c. 

1. J. Breughei (C. 1). Superbe épreuve du 2« état, avant la lettre. 83 1 25 
5. P. Breughei (C. 2). Du i^'' état, admirablement conservée et 

très-rare 1,068 jS 

10. il. Cornelissen (C 3). Très-bel ex. du 2^ état, avant le nom 

du graveur, mais avec une ligne de titre, nom 

du maître et adresse 400 » 

14.-4. Van Dyck (C. 4). Epreuve admirable du i«' état : il n'y 

a de gravé que la tête et l'indication du collet : 
à toutes marges 3,5oo » 



194 

fr. c. 

i5. Erasme (C. 5). Exempl. d'une grande beauté du i®' état, 

avant la lettre 1,000 » 

19. F. Franck (C. 6). Magnifique épreuve du 2« état, avant la 

lettre etle t. c 756 25 

23. Ph. Le Roy (C. 11). i«' état à Teau-forte pure, avant la lettre; 

il n'y a de gravé que la tête, un morceau du 
collet et le haut du manteau. Epreuve remar- 
quable par son brillant et sa finesse .... 2,625 » 

27. J, de Momper (C. 7). Admirable épr. du i^ état à l'eau-forte 

pure, avant la lettre et le t. c, à pleines marges. 1 ,012 5o 

3i. J. de Momper, Gravé une seconde fois par Van Dyck (C. 8). 

La pièce la plus rare de la coUeâion, dont on ne 
connaît d'autre épreuve que celle du Brit. 
Muséum, et d'une beauté digne de sa rareté. On 
sait que cette estampe fameuse n'est pas termi- 
née : la tête seule est gravée, le restant simple- 
ment indiqué au trait 5,937 5o 

36. A. VanNoort (C. 9). 2« état, avant la lettre, mais avec le 

pilastre dans le fond ; très-belle épreuve. . . 656 » 

40. P. Pontius (C. 10). Magnifique et rare épreuve du 2« état 

(on n'en connaîtque deux du i«'), avant la lettre. 1 ,625 » 

43. J. Snellinx (C. i3). i«'état, à toutes marges 887 5o 

46. J, Snellinx. Gravé une seconde fois par Van Dyck (C. i5). 

Superbe 2« état, le \^^ de la planche terminée 
par de Jode, sans nom du graveur, marge pleine. 3 1 7 5o 

52. F. Snyders (G. i6). Charmante pièce du i«' état, la tête et le 

collet seuls gravés, à l'eau-forte pure, avant la 
lettre et le t. c i,388 5o 

55. J. Sustermans (G. 17). Epreuve du i<"f état, pleine de firaîcheur. 1,612 5o 

59. A . Triest (G. 18). Magnifique épreuve du 2® état 594 5o 

63. L. Yorsterman (G. 19). i«' état, eau-forte pure, un des chefs- 

d'œuvre du maître, en fort belle épreuve. . . 2,787 5o 

64. Le même, 4® état 3i8 75 

67. G. de Vos (G. 2), 2® état, avec le fond ; le visage et la partie 

droite du personnage au trait seulement. Très- 
rare. 562 5o 

70. P. de Vos (G. 21). 1®' état, à l'eau-forte pure, la tête et une 

partie du fond seuls sont gravés; très-belle 
épreuve, mais sans marge et montée sur papier, 
ce qui ne l'a pas empêchée de monter à. . . 2,65o » 

74. J, de Wael (G. 22). i«' état, sans bras ni main gauches, 

avant la lettre 1,412 5o 



193 

Fr. c. 

74. J. de Wael. 2* état, avec le bras et la main gauches (proba- 
blement unique), rogné sur l'empreinte de la 
planche i25 » 

IL PORTRAITS GRAVÉS D'APRÈS A. VAN DYCK. 
A. Pour réditeur M. Van den Enden : 

PAR BOLSWERT : 

85. il /*. if -4 r^nt^r^ (W. 2). i« état, fort rare 256 25 

96. A. Brouwer (W. 4). i« état avec le titre, -4 ^r^j/ramfiroiwer, 

très-rare i32 5o 

loi, Juste-Lipse (W, 5), i*^r état 18875 

io5. M. Pepyn (W. 6). i«' état 168 75 

109. 5. Vrancx (W. 7). i« état 162 5o 

11 3. Marg, de Lorraine (W. 8). i«' état, très-rare 126 25 

PAR p. DE JODE (le VIEUX). 

140. Jean de Tilly (W. 14). i«' état, très-brillant i38 75 

PAR p. DE JODE (le JEUNE). 

144. A. de Coster (W. i5). i«' état, extraordinairement beau et rare. 188 75 

154. J, Jordaens (W. 16). i«' état 187 5o 

162. C. Poelenburg (W. 19). 1" état . . . < 157 5o 

167. E, Puteanus (W. 20). i« état 188 75 

177. A, de Wallensteiniyj, 2^Ç). i®' état, superbe i5i 25 

180. Gen» dUrphé (W. 25). Magnifique i«' état, avec le mot 

/f avère», et avant les points. . . . . 363 75 

PAR P. PONTIUS. 

189. H. Van Balen (W. 27). i«' état, une ligne de titre et adresse, 

avant le nom du graveur 187 5o 

194. D.'A, Bas^aniy^. 28). Épreuve très-rare du \^^ état, avec 

Tadresse, mais, avant les points et avec le mot 
Be/^/or au lieu de Regior 162 5o 

2o3. D,-Ch. Colonne (W. 3o). Épreuve de la plus grande beauté, 

du i^^ état, avec deux lignes de titre , grandes 
marges ; très-rare i56 25 

21 3. E. Frockas-Perera-Pimentel (W. 32). Épreuve hors ligne 

pour sa beauté et sa rareté, avant toute lettre . 72625 



196 

fr. c. 

219. C. Vander Geest (W. 33). Très-beau i«' état 460 » 

224. G, Gevartius (W. 34). Superbe épreuve du i«' état, à toutes 

marges 188 75 

233. Gustave-Adolphe de Suède (W. 36). i*'* état, extrêmement 

rare, d'un brillant et d'une vigueur incompa- 
rables 401 25 

234. Le même, 2« état, très-belle épreuve 176 25 

255. Jean de Nassau (W. 41). Épreuve parfaite du i«' état, signée 

P. Ponsius, très-rare 126 25 

260. Palamedes:('Stevens Palamedes (W. 42). Superbe i«' état . 2i3 75 

266. P. PontiusÇW. 43). Magnifique épreuve du i"état .... 488 75 

274. Th. PfitnboutsÇW, 4b), 1" état de toute beauté 187 5o 

279. P. -P. Rubens (W. 46). Épreuve splendide du 1» état avant le 

nom du graveur, bonnes marges 5oi 25 

280. Le même, 2« état 25i 25 

289. Fr,'Th. de Savoie-Carignan[W. 48). i«' état, fort beau . . 188 75 

304. Th. Vijn Loow (W. 52). Magnifique i«' état i25 » 

3 1 5. y. W/We«5 (W. 55). i«' état. Épreuve magnifique .... 18875 
319. Marie de Médicis (W. 56). Admirable épreuve avant toute 

lettre, la seule connue de cet état 375 » 

PAR A. Stock : 

324. Pierre Snayers (W. 57). Une des quatre épreuves connues 

avant toute lettre i63 75 

PAR R. Van Voerst. 

327. 5. ^en. Z>{^^. Avant toute lettre, extrêmement rare .. . . 25i 25 

333. Jtti^o Jbne* (W. 59). i^'état, superbe épreuve 18875 

341. Simon Vb«ef (W. 61). Très-rare et belle épreuve du i^'état . i38 75 

PAR L. VORSTERMAN. 

35 1. J. Ca//or( W. 63). Superbe i« état 18875 

36o. D. Delmont. (W. 66). Épreuve superbe du i®' état, dont la 

première esquisse est attribuée à Van Dyck. . 188 75 
366. A . Van Dyck (W. 67). Magnifique et très-rare épreuve du 

icr état 322 5o 

375. r. Ga//e (W. 69). iw état superbe 126 5o 

38 1. Gaston de France (W. 70). État extrêmement rare, avant les 

points et les guillemets 3i2 5o 

390. P. de Jode (W.J2). i®' état fort beau i25 25 



197 

Ir. c. 

400. C. de Mallery (W. 74). i*' état de ce chef-d'œuvre dont Van 

Dyck a tracé Tesquisse 187 5o 

4o5. J. VanMildertÇW. jb). Magnifique i«' état i25 25 

412. N.-J.</eP«re5c(W. 77). Épreuve superbe du !«' état ... 17375 

417. C. Sachtleven (W. 78). i»' état d'une fraîcheur parfaite. . . 188 75 

421. C. 5c/rttf (W. 79). 1*' état, très-beau i25 25 

426, A, SpinolaÇW. So), i^f état 16750 

429. P. Stevens (W. 81). Admirable i»' état 25o » 

440. C.Z)e Fo5 (W. 83). i«' état, épreuve très-fine i5i 25 

B. Pour réditeur G. Hendrickx. 

PAR BOLSWERT. 

449. Ladx M, Ruthven, femme de Van Dyck. i«' état, inconnu à 

Weber, extrêmement rare i25 25 

PAR P. DE JODE. 

452. P.deJodelejeune.i^^étSLt i25 25 

458. Bolswert. i" état, très-rare 362 5o 

460. A, de ia Faille, i^^ état i5i 25 

PAR J. Neefs. 

462. M, Ryckaert,!^ état 127 75 

464. A, de Tassis. i^' état 162 5o 

466. N. Rockox. K' état, très-rare 126 5o 

C. Pour l'éditeur J. Meissens. 

489. Fer</ma«</ ///. i" état d'une beauté parfaite 18875 

492. Henriette de Lorraine, i«' état, magnifique i56 25 

493. J, Meissens. 2« état, très-beau 1 62 5o 

D. Portraits divers décrits par Weber. 

5 12. Henri Liberti, par P. de Jode. r»* état inconnu à Weber . . 176 25 
527. Phil. Le Roy, par P. Pontius. r' état, avant toute lettre, avec 

le monogramme de L. Vorsterman, extrêmement 

rare 247 5o 

529. Le même. 3« état, en médiocre condition 1 25 25 

533. Ernest de Mansfeld, par R. Van Voerst, avant toute lettre. . 263 75 

535. Pembroke. Magnifique épreuve i63 75 



198 



E^ Portraits non décrits par Webar. 



k 



Fr. 

540. iMCie Percy, par BailUu, diaprés Van Dydc, adresse de 

Meissens 126 25 

541, Le marquis de Mirabelle. Fort beau 226 2S 

Le total de Tœuvre de Van Dyck seulement s'élève à fr. 67,471-25. 

Parmi les autres estampes anciennes nous ne citerons que la Pïkce de 
100 florins de Rembrandt. 2« état (1" de Bartsch), en épreuve parfiûte, 
adjugée à M. Qément pour 9,65o francs. 



199 



ANECDOTES BIBLIOLOGIQUES 



Voici deux petites pièces de vers autographes que j'ai rencon- 
trées sur la garde de deux livres liégeois peu communs : la 
première, dans le Voyage de la Terre Sainte et du Levant, par 

P.-J. Barthélémy Des Champs, récollet de la province de 

Flandres, Liège, P. Danthez, etc., s. d., (1678) ; la seconde, 
dans la Pérégrination de la Terre Sainte, par LAMBERT 
D'ARMONT, Liégeois, Liège, Streel, 1600. Je ne crois pas que 
ces vers trouvent jamais place dans aucune chrestomathie; mais 
il m'ont paru curieux au point de vue de la bibliologie, et 
l'esprit de leurs auteurs digne d'être embaumé dans le cuivre, 
comme dit un de nos académiciens. 

J. P. 



CLoé^ISSI^MO <DOmiV^O 'DVSCO GVILLIELéMO "DE rRE- 
GUILÉ 7. F. *DS F. Bo^liTHOLOéMEVS "DES CHo^éMTS 
"PliOE FLq^ïTsCDQ{IE FF, €MIV^. 1{EC0LL. SINGVLoÂ- 

liisso, QéMico svo ro, «D. C. 

Monsieur à qui je suis obligé grandement 

Agréez ce livret, je vous en fais présent, 

Vous en receverez du goût (comme je croy). 

Sçachez qu*il est à vous, et il n'est plus à moy. 

Si vous parcourez tout ce qui y est écrit. 

Vous verrez les saints lieux des yeux de votre esprit ; 

Vous y verrez aussi un long pèlerinage 

Et tous les accidens d'un dangereux voyage. 



L. 



200 



S'UTi Lq4 'PERÉG^K/^oériOV^ "DE Lq4 TEI^TiE So/ilU^CTE 
ESCrRjTTE ET RECVEILUE TefTt iM . Lq^HM^E^T 
"D'Q^TiêMOtXT LIÉGEOIS. 

SONET. 

Rien (tant fust-il exquis) n*est chéri inconeu. 

Ce fil le grand pour-quoy dont le Verbe suprême. 

Pour es deux nous ravir tous de misère extrême. 

Nous rayonna le cœur, homme estant devenu. 

Qu*est-ce que ce soleil de justice venu 

N'at dit, fai£l et souffert, s'avilissent soy-mesme 

(Afin fiiire chérir le bien digne qu'on ayme) 

Et rendant touts lieux sain£ls, où son cours at tenu. 

La Palestine donc, de ses pas tracassée. 

De ses divins thrésors toutte toutte entassée. 

Chérir tous devenons. Mais lasl Qui la conoît ? 

Ou qui pour la conoître est en point au voyage ? 

Pour à ces deux défe£ls couper broche, eus courage 

Lors (D'Armont) qu*à cest œuvre, estre ta main donoît. 

Danielis Raymondi, Leod. 
1600. 



L'ORAISON FUNEBRE 

DE QUELQUES 
SOUVERAINS DES PAYS-BAS, AU XVI' SIÈCLE 



ÉTUDE LITTÉRAIRE ET BIBLIOGRAPHIQUE 



Les exeques Et pompe funerale de feu deterneîle et tresglo- 
rieuse mémoire Don Fernande roy cathoîicque faiâe et 
acomplie en lesglise sainâe Gaule a Bruxelles le vendredi 
xiiii^ de Mars quin:^e cent\ et quinze par la serenissime haut- 
tesse de tresexcellant trespuissant et tresredoubte prince 
Don Charles son héritier Et ores par la grâce de dieu roy 
cathoîicque. Rédigée en escripr par maislre REMY DU PUYS 
son treshumble Secrétaire Indiciaire et Historiographe. — 
21 feuillets non chiffrés. Sans lieu ni date d'impression. La 
justification est de o°>,i9 de hauteur sur o'^.ia de largeur. La 
marge a o",045. 
L'importance de cette brochure nous oblige à donner l'intitulé 

des divers paragraphes. 
La prébice. — Copie des lettres écrites par feu d'éternelle mémoire don 
ToHB m. 14 



202 

Ferdinand, Roi Catholique, à monseigneur le prince son fils et héritier. — 
L'exhortation du très-redouté Roi Catholique faite à ses princes et barons sur 
le dernier moment de sa vie. — Comment vinrent les nouvelles du trépas du 
Roi Catholique à monseigneur le prince. Et des ordonnances qu'il fit pour 
son acquit envers lui. — Du très-somptueux et riche parement de Téglise de 
Sainte-Gudule à Bruxelles, pour célébrer les exèques. — Le parement de la 
nef en particulier, et premièrement du grand autel et de tout ce qui pouvait 
être à Tentour de celui-ci. — La description de la chapelle royale et des 
appartenances et adjacences. — Comment, de qui et en quels lieux fut faite 
rassemblée du deuil pour mettre l'ordre de marche aux dites funérailles. — 
De Tordre de marche qui fut tenue à Taller aux vigiles d'icelle pompe fiinérale. 
— Des noms et ordre de ceux qui marchaient en la seconde troupe. — La 
troisième partie d'icelle pompe qui fut en l'ordonnance et conduite des 
mystères. — Un exorde recueilli au court des anciens triomphes pour éclaircir 
le pourprys du chariot qui tint lieu en cette pompe fiinérale après ce qui dit 
est. — La description du chariot triomphal compris en icelle pompe. Et de 
toutes les parties d'icelui. — La rédu6lion et concorde des deux chapitres 
précédents. — L'ordre quatrième et final de la pompe funérale qui fut le rang 
des princes et des plus grands maîtres et de l'assiette faite en la dite église. — 
L'ordonnance de la pompe funérale pour le second jour qui fut le vendredi 
xiiii® de mars. — L'entrée faite en l'église. Et l'ordonnance tant du service que 
de l'offrande. — De l'origine des louanges fîinérales. Et du sermon fait par 
révérende et vénérable personne maître Michel Pavye, do£leur aux lettres 
sacrées, doyen de Cambray, confesseur et conseiller de monseigneur le 
prince. 

L'indiciaire de Charles fait remonter cet usage aux lois du 
très-sage Solon, qui ordonna d'honorer la vertu des morts par 
une prédication publique. A Rome, Valérius Publicola proposa 
réloge de Brutus. De là vint ce commun usage qui s'étendit à 
la louange des dames. Julia fut célébrée à ses funérailles par 
son neveu César. La même loi s observe partout. 

Après que l'offrande fut terminée, on plaça devant le cata- 
falque une chaire tendue d'une draperie noire et recouverte par 
dessus d'un drap d'or. Maître Michel Pavye « deduysit moult 



203 

honorablement en la forme et manière que sensuyt sans que icy 
aye adioute diminue ne changie (i). » 

L'oraison funèbre de Ferdinand le Catholique est, selon toute 
probabilité, le premier exemple d'un discours funèbre imprimé 
en Belgique comme brochure séparée. Ce motif nous détermine 
à la transcrire tout entière, quoique Ferdinand d'Aragon n'ait 
jamais régné en Belgique. Nous avons eu à notre disposition 
l'exemplaire appartenant à la riche bibliothèque de notre hono- 
rable et savant confrère, M. le comte de Sauvage. Van Hulthem 
(no 261 32 de son catalogue) mettait cette note à son exemplaire : 
« Cet ouvrage est d'une grande rareté et manque dans les plus 
riches bibliothèques de nos antiquités nationales. Ermens ne 
l'avait jamais vu et marque seulement qu'il se trouvait dans la 
bibliothèque du maréchal d'Estrées, vendue à Paris en 1740. » 

« Homo quidam nobilis abiit in regionem longinquam acci- 
père sibi regnum. Luc. XIX. Afin que en ce présent sermon 
nous puissions dire aucune chose à l'honneur de Dieu. Salut et 
recommandation de l'âme de très-noble mémoire le roi catho- 
lique que Dieu de sa miséricorde et bonté infinie absolve. Pareil- 
lement faire aucune déclaration de ses très-hauts et glorieux 
faits et par iceux le conduire jusques en la prise du royaume 
éternel. Nous nous retournerons à la glorieuse mère de Dieu, 
trésorière de grâce et lui présenterons la salutation angélique en 
disant : Ave gratia plena, tic, Homo quidam nobilis, etc. Pre- 
sens sermo trifarium dividetur. Primo declarabiturfragilitatis 
humane miseranda conditio : quia HOMO. Secundo Régis nostri 
catholici preclara celsitudo : quia NOBILIS. Et tertio anime 



(1) Le leâeur voudra bien nous permettre des changements dans l*ortho- 
^aphe des mots, à Tefiet dis rester intelligibles à d^autres qu'aux bibliophiles. 



204 

eitis ad regnum gloriosa exaltatio : quia ABIIT ACCIPERE SIBI 
REGNUM. En la première partie nous déclarerons la pauvre et 
lamentable condition de Fhumaine nature. Et pour descendre 
au premier terme de notre thème où nous disons Homo : je 
trouve combien que selon les dignités extérieures et séculières le 
très-noble roi catholique pour lequel aujourd'hui ce notable 
service en dévotes cérémonies est fait et célébré, ait été le plus 
excellent et par ses glorieux faits et pluralité de royaumes comme 
le principal monarque et le premier entre les rois, non pas seu- 
lement de chrétienté, mais universellement de tout le monde. 
Et qu'en parlant de lui Ton puisse user de noms de singulière 
prérogative d'honneur : néanmoins pour démontrer sa nature 
avoir été de pareille étoffe et de pareille fragilité avec les autres 
hommes. En proposant le fondement de notre sermon : j'ai usé 
du nom commun en l'appelant homme, comme si l'on voulait 
dire par étymologie homo, humus, un homme : si n'est que 
poudre : ce n'est que terre et cendre : ainsi qu'il est écrit en la 
Genèse, II !« chapitre. Tu cinis es et in cinerem reverteris. Et 
pour démontrer dont procède que la nature de tout homme ou 
femme est irrévocablement sujette à résolution finale et à mort. 
Monseigneur saint Augustin I libro questionum veteris et novi 
testamenti. Conformément à ce qui est écrit au second chapitre 
du livre de Sapience dit ainsi : Deus hominem fecit qui quandiu 
non peccaret immortalitate vigeret : ut ipse sibi autor essetsive 
ad vitam sive ad mortem. Voulez-vous entendre la prérogative 
de l'homme pour le temps de sa création, dit monseigneur saint 
Augustin au livre dessus allégué, que Dieu le Créateur a fait, 
créé et formé l'homme en sa première condition, comme inex- 
terminable et immortel : non pas que le corps, de sa nature, fût 
indissoluble par aucune chose qui ait été en lui. Mais parce que 
l'âme était douée surnaturellement d'une qualité et vertu par 



205 

laquelle elle pouvait préserver le corps de toute corruption, si 
longtemps qu'elle demeurerait sujette à Dieu. Et combien que 
rhomme fut tant noblement créé, il s'est délaissé. In manibus 
sui consilii. C'est-à-dire en son franc arbitre. Et pour ce le 
diable ennemi mortel de notre salut, le voyant capable de béati- 
tude éternelle, par envie le tenta et lui fit transgresser le com- 
mandement du Créateur, dont perdit cette très-noble condition, 
et fut fait mortel et corruptible, non pas seulement lui, mais 
entièrement toute sa postérité. Crudeles parentes qui nesibinec 
filiis pepercerunt. Hélas, nos premiers parents étaient bien cruels, 
quand ils n'eurent pitié ni d'eux ni de leur postérité. Et pour- 
tant Pierre de Ravenne (i), solennel dofleur, en l'une de ses 
épîtres déplorant cette misérable condition qui est tant générale, 
dit en cette manière : O mortalium miranda conditio. Etsiphas 
est dicere conditio deploranda : dum tnortis imperio curvantur 
imperia : Et ejus jugo colla nobilium subiugantur : Et sequi- 
tur de morte. Hec est que nec summas dignitates : nec summos 
potestatus excipit Sed sceptra legionibus equans : omnibus equa: 
omnes efficit coequales. Hélas, dit ce doôeur, c'est une dure et 
merveilleuse condition des humains, quand par la prévarication 
d'un seul homme il faut ainsi mourir, et ni roi ni prince ni sei- 
gneur tant grand qu'il soit qu'il ne faille tirer à cette danse. C'est 
la règle, c'est la loi qui ne reçoit aucune exception, mais plutôt 
parifie les souveraines dignités avec le populaire et les gens de 
basse condition, abat et rejette sceptres et rois et les rend sem- 
blables aux humbles légions. Exemple de notre grand roi catho- 
lique, de très-dignè mémoire, qui le xxiii® jour de janvier dernier 
passé rendit son corps à la terre et son âme au Créateur. 



(i) Connu sous le nom de S. Pierre Damien, mort en 1071. 



206 

Ainsi qu'il est écrit Ecciesiastes capite ultimo : Revertatur pul- 
vis in terram suam et spiritus ad Domtnum qui creavit illum. 
Hélas, notre grand roi catholique abiitin regionem longinquam, 
est allé en une contrée bien étrangère et en une région bien 
lointaine : il est mort, il est mort. Occubuit leo fortissimus : 
cuius fades inclita : enim prepotens dextera. C'était un lion, 
voire de tribu luda, le plus fort des autres, en la face duquel 
reluisait toute noblesse. Et en sa dextre force et puissance non 
pareille : il était glorieux resplendissait en fortune et honneurs 
et le plus haut en renommée qui fût depuis longtemps. Et tout 
lui procédait [réussissait] pour la grande chaleur et zèle de foi 
qu'il portait en son cœur. Hélas, nous nous devons bien lamen- 
ter : et dire ce qui est écrit trenorum [Lamentations de Jérémie] 
ultimo capitulo. Cecidit corona capitis nostri ve nobis, La cou- 
ronne de notre chef, laquelle portait les fleurons principaux de 
trois vertus théologales foi, charité et espoir, et qui était ornée 
de toutes les autres vertus est chute par mort : Ve nobis : pen- 
sons, pensons ce qu'il nous en peut advenir, pleurons et gémis- 
sons. Quia versus est in luâum chorus noster : nos joies et 
ébats, danses et caroles du tout sont tournées en deuil et tris- 
tesse. Mais tant il y a selon Valère [Maxime], quod laudabilis 
sitpietas que mansuetis parentibus prestatur. Néanmoins pleurs 
et gémissements ne peuvent changer ni muer [transformer] la 
volonté du Créateur, les décrets de sa sapience infaillible, ni la 
disposition inévitable de nature. Par quoi un chacun se doit 
apaiser et trouver la consolation, même en considérant que son 
très-aimé fils, notre très-redouté prince et seigneur vit : vivit : 
lequel par le vouloir de Dieu. Sedebit super solium régis et 
super tronum patris sui, comme son légitime successeur, non 
pas seulement de ses royaumes et pays, mais de ses vertus, gloire 
et renommée. Mortuus est pater illius et quasi non est mortuus, 



207 

vivit enimfilius eius. Ecclesiastici tercio capitula . Un père qui 
à la mort, laisse son fils vertueux et sage, se console et tient que 
sa vie est continuée et continue en celle de son fils. Pourquoi? 
Quia infruâu rami bonitas apparet radicis. Et ce qui nous doit 
plus outre consoler à modestement porter la mort de ce grand 
roi, c'est qu'il a vécu catholique et, comme je dirai tantôt, est 
mort glorieusement. Quid enim illustrius quant vitam tryum- 
pho claudere. Quelle chose est-il plus noble et plus illustre que 
terminer ses jours en gloire et triomphe? Certes rien. Luâui 
propterea succédât çythara. Laissons donc pleurs et gémisse- 
ments, prenons la harpe et venons à ses hauts et glorieux faits. 
Qiiia homo noster evangelicus non erat popularis sed nobilis : 

m 

iuxta verbapro themate sumpta HOMO QUIDAM NOBILIS, etc. 

« La seconde partie dlcelui sermon. En laquelle sont déduits 
sommairement les hauts et vertueux faits du feu roi catholique. 

« Nous aurons en cette seconde partie à recenser et faire 
déclaration des hautes entreprises, viftoires et triomphes de 
notre grand roi catholique, en démontrant premièrement sa 
noblesse avoir été non-seulement ombratile et de sang, mais 
héroïque et élevée par glorieux faits par dessus celle des princes 
de son temps. Et le peut-on choisir et prendre comme le paran- 
gon entre les autres pour se faire miroir et donner exemple à 
tous gentilshommes, de quelque état ou degré qu'ils soient, à les 
inciter et émouvoir à entreprendre chose digne de leur noblesse, 
chacun en son endroit. Et pour ouvrir et entrer en son extrac- 
tion, se trouve qu'il est descendu de la royale maison de Castille, 
cousin issu de germain adonna Isabelle de Castille, dive Auguste, 
sa compagne, lui appartenant au troisième degré de consangui- 
nité. Leurs pères, à savoir don Juan, roi de Castille, et don Juan, 
roi d'Aragon, étaient cousins germains. Et leurs grands pères, 
à savoir, don Henri, troisième de ce nom roi de Castille et don 



208 

Ferdinand, roi d'Aragon frères, fils et enfants de don Juan, roi 
de Castille, premier de ce nom. Ce Juan ci fut celui qui entre- 
prit la journée d'Aljubarata (i) en Portugal à rencontre de don 
Juan qui se portait pour roi de Portugal et qui fut père de 
madame Isabelle, femme de très-claire mémoire le bon duc 
Philippe de Bourgogne. Ce Juan I épousa en son second mariage 
donna Eléonore, fille de don Pedro, roi d'Aragon, de laquelle il 
eut deux fils, à savoir don Henri et don Ferdinand. Don Henry, 
son premier fils, lui succéda au royaume de Castille et épousa 
dame Catherine de Lancastre, de laquelle il eut don Juan, par 
après roi de Castille, second de ce nom, qui fut père de don 
Henri, dernier de ce nom et de dame Isabelle, sa sœur. Don 
Ferdinand, second fils de don Juan I, roi de Castille, succéda 
au royaume d'Aragon, à cause de la reine sa mère et par la mort 
de son premier frère, don Alphonse, et épousa la fille du comte 
d'Albuquerque, de laquelle il eut don Juan, qui lui succéda et 
fut père de notre grand roi catholique. Par la mort de don 
Henri, roi de Castille, le frère de donna Isabelle, elle succéda 
aux royaumes de Castille, Léon, Tolède, Galice, Séville et Cor- 
doue, aux seigneuries de Biscaye et de Guipuzcoa et aux appar- 
tenances et appendances d'iceux royaumes. Don Ferdinand, 
notre grand roi catholique, après la mort du roi don Juan son 
père, succéda aux royaumes d'Aragon, de Sicile, Sardaigne, 
Majorque, Valence et Minorque et en la principauté de Cata- 
logne : le roi don Ferdinand. Et la reine donna Isabelle, venue 
par la grâce de Dieu à si grandes et nobles successions, voyant 
la plupart de leurs royaumes et pays tant de Castille que d'Ara- 
gon en discorde, rébellion et guerres intestines, par mûr avis et 



(i) 14 août i385 Foi r AscHBACH, Histoire d'Espagne, II, 181. (Trad. fr.) 



209 

bon conseil s'allièrent par mariage et pour venir à la jouissance 
et paisible possession , moult grandement employèrent leur 
prudence et vertu à les réduire en bon ordre et pacifique union. 
Et pour dresser cette affaire le roi prit pour son enseigne celle 
d'Alexandre le Grand, à savoir, un joug qui n'était pas sans 
claire signification de magnanime cœur pour après entreprendre 
grandes et hautes choses, ainsi qu'il en est advenu. Il prit donc 
un joug, en latin iugum, iugi, qui est la pièce de bois en 
laquelle sont liés et attachés les bœufs par les cornes à la char- 
rue ou à un chariot. Et pour mieux prendre l'histoire, il faut 
noter que, le royaume de Phrygie vacant, fut conseillé Apollon 
qui serait roi; et par son oracle répondit que celui qui pre- 
mier entrerait dans le temple le serait. Il advint que Gordien, 
homme de labour et de charrue, fut celui qui premier entra; 
par quoi en suivant l'oracle fut fait roi. Et pour rendre grâces 
aux dieux de son exaltation à la couronne, prit son joug et ses 
traits et rênes et les y a tant subtilement et artificieusement 
mis à l'entour du dit joug que depuis, jamais homme ne 
les sût délier. En sorte que l'oracle portait que celui qui les 
délierait serait roi de toute Asie. Laquelle chose entendant 
Alexandre a tout son gros cœur désirant bien d'être grand roi, 
s'avança les délier et quand il vit qu'il n'y pouvait réussir, prit 
son épée et au tranchant les délia en disant : Autant vaut-il. En 
espagnol : Tanto monta : comme s'il voulait dire que c'était tout 
un de les délier à la main ou les découper au tranchant de l'épée. 
Je crois bien que notre grand roi catholique au commencement 
de son règne, trouva un merveilleux nœud à délier. Et que en pre- 
nant cette enseigne et ce mot, il leur pouvait donner à connaître 
que s'il ne le pouvait délier à la main et par douce voie, qu'il y 
procéderait au . tranchant de l'épée. Néanmoins plus doucement 
l'exposant je dis qu'il n'est pas à penser qu'il le voulût prendre 



210 

par signification de perpétuelle servitude ou dur traitement qu'il 
voulût proposer à ceux de CastiUe et autres. Car il en prit trop 
mal au roi Roboam, fils de Salomon, lequel pour parler trop 
durement à son peuple et le vouloir trop charger, de douze 
lignées en perdit les dix. Mais le portait non selon Thistoire, 
mais selon la moralité. Pour démontrer lentier amour que lui 
et la reine avaient ensemble, lequel était si grand qu'il semblait 
qu'en deux corps Dieu eût mis seulement une âme et un vouloir. 
Et pour ce démontrer écrivaient en leur monnaie Quod Deus 
coniunxit homo non separet : comme s'ils voulaient dire l'un à 
l'autre : Si je veux croire mes gens et vous les vôtres nous ne 
demeurerons guère en paix. Pourquoi? Quia homo perversus 
suscitât lites et verbosus séparât principes : par iniques rappor- 
teurs et dangereux flatteurs, rois et reines, princes et princesses 
sont souvent séparés et divisés. Le roi donc armé et muni d'en- 
seigne et de mot bien conjoint et uni avec la reine voulut mar- 
cher. Et pour entrer en matière, et par bon ordre déduire les 
glorieux faits, je trouve qu'en faisant quatre choses, il est venu à 
gloire et renommée et non autrement que le bon roi David. 
Primo expellendo inimicos interiores. Secundo confederando 
amicos exteriores. Tertio multiplicando amicos interiores. 
Quarto debellando inimicos exteriores. Où prudence règne rien 
ne faut. Nuilum numenabest si sit prudentia, inquit Juvenalis, 
O la prudence de notre roi qui par bien pourvoir et ordonner 
son fait, est venu à la gloire immortelle ! En quoi faisant Primo 
debellando inimicos interiores. Sa première entreprise fut en 
déboutant et chassant ses ennemis qui étaient en ses royaumes. 
Premièrement le roi Alphonse de Portugal qui sous ombre de 
son mariage querelait la couronne de CastiUe, ne fût-il pas en 
bataille rangée par notre grand roi catholique viélorieusement 
vaincu et chassé? Par après, les juifs, maures, mahométans, enne- 



211 

mis de Dieu et de la chrétienté, lesquels par la grande autorité 
et administration des finances et offices du royaume qui leur 
étaient permises, même que au grand péril et esclandre des 
chrétiens en toutes villes et villages, avaient leurs synagogues et 
mosquées, voir jusques au danger de perdre royaumes et pays, 
ne furent-ils pas en chaleur de foi par notre grand roi chassés 
hors des royaumes, nonobstant la grande rançon des ducats 
qu'ils offraient et présentaient, réservés seulement ceux qui vou- 
lurent être chrétiens? Je me tais de la recouvrance qu'il fit dç 
tant de villes et châteaux que les grands maîtres et seigneurs 
tenaient usurpés de la couronne. Pareillement de la réduélion 
des dites seigneuries. Seulement je dis qu'il vint à renommée 
confederando amicos exteriores, en confédérant rois et princes 
étrangers. Comment notre Saint Père le pape Jules [II], la 
sacrée majesté impériale et lui étaient confédérés. Les hautes 
entreprises lesquelles heureusement a menées pour l'Eglise et 
pour l'Empire. Et de notre temps clairement le démontrent et 
enseignent les alliances par mariage faites de mesdames ses filles 
aux rois et princes, chacun les connaît. Dont pour la seconde 
donna Jeanne très-sérénissime reine, mère de notre très-redouté 
prince, laquelle Dieu de sa bonté veuille tenir en bonne conva- 
lescence. Tant de beaux et nobles royaumes lui sont venus et 
échus. Son trône n'en a-t-il pas été élevé et son seuil royal orné 
de gloire et force insurpassable? Je dis donc que par de telles 
confédérations et amitiés les rois demeurent en honneur et leurs 
royaumes en leur entier. Troisièmement, il est venu à renom- 
mée multiplicando amicos interiores. En gagnant les cœurs de 
ses sujets, ce qu'il a fait par une singulière prudence, par laquelle 
toujours a conduit ses affaires. Pareillement en faisant justice au 
grand et au petit. Et par toutes bonnes voies exaltant son peuple 
et ses sujets. Exquisivit omni modo exaltare populum suum. 



212 

Machab. XI III. Et si nous voulons descendre aux particulières 
opérations, il mit en son temps Tinquisition contre les hérétiques, 
réforma les religions [c'est-à-dire les ordres religieux]^ assura 
les chemins par tous les royaumes, administra les trois grandes 
maîtrises, à savoir : de Saint-Jacques, de Calatrava et Alcantara, 
et finalement pour bonne raison et cause très-légitime les a fait 
incorporer et unir à la couronne de Castille, dont grandement 
[celle-ci] en est augmentée, renforcée et exaltée. Et quant à la 
dextérité de sa personne, il était prévoyant et résolu en conseil 
singulièrement entre plusieurs délibérant à choisir la plus saine 
et meilleure opinion. Le plus secret des autres en toutes ses 
affaires, et par ce moyen redouté des grands et des petits ; et par 
telles pièces et autres innombrables a mérité d être renommé et 
de ses sujets aimé et redouté. Finalement je dis notre roi avoir 
été renommé debellando inimicos exteriores, par les conquêtes 
et viftoires que toujours a rapportées de ses ennemis. Exemple 
de ce puissant royaume de Grenade, lequel par les Maures, 
ennemis de notre foi, avait été occupé et détenu environ huit 
cents ans. Ne Ta-t-il point en six ans par force d'armes conquis, 
joint et uni à la chrétienté? Dont par notre Saint Père le pape 
Alexandre [Vï] a été de ce titre céleste Catholique, pour lui et 
ses successeurs, noblement à jamais exalté et glorifié. Je me tais 
de ses armées passées en Afrique, où il a conquis plusieurs cités. 
Pareillement conquis les cités d'Oran et de Tripoli, puissantes 
cités et havres de mer. En tous lesquels lieux pour augmenter 
la sainte foi catholique, il a érigé évêchés, cloîtres, religions et 
en plusieurs lieux fondé collèges et universités, et tout repeuplé 
de chrétiens. Je me tais de la recouvrance ou conquête des 
royaumes de Naples et de Navarre. Pareillement de Perpignan 
et Roussillon. Mais une chose veux-je bien dire que de ses con- 
quêtes jamais ne perdit rien. Et s'il en est advenu quelque dis- 



2l3 

traftion tantôt après a été réparée. Et pour tout conclure en un 
mot, notre grand roi catholique a tant fait de grandes choses à 
l'exaltation et augmentation de la chrétienté, au bien tant spiri- 
tuel que temporel de ses royaumes et sujets, qu'en moi ne serait 
pas en un jour de les pouvoir développer. Une chose je répéterai, 
c'est que s'il a heureusement son règne encommencé, encore plus 
glorieusement entretenu et continué, et davantage plus catholi- 
quement fini et terminé. Par son testament, il a ordonné pour 
le salut de son âme, a institué notre très-redouté prince son 
héritier universel en tous ses royaumes et pour la pacification 
et assurance d'iceux en attendant sa venue, a voulu partout 
ordonner de bons et loyaux gouverneurs. Finalement voyant sa 
mort de près approcher, lui écrivit une lettre pleine de charitable 
affe£lion, en lui signifiant aucuns pitoyables regrets qu'il délais- 
sait en ce monde. Et après autres choses, lui donnait sa pater- 
nelle bénédiftion. Et post pusillum, après avoir reçu en toute 
révérence et dévotion les sacrements de l'Église, entre salutaires 
paroles pleines de foi, charité et espoir ; entre pleurs, gémissements 
et abondance de larmes de ceux qui étaients présents, rendit 
son âme au Créateur. Et mortuus est. Il est mort, il est mort. 
O très-excellent roi catholique, tes glorieux faits et tes triomphes 
aujourd'hui te rendent immortel ! Et combien que corporelle- 
ment tu sois mort, néanmoins ta renommée et ta gloire ne 
s'éteindra. Car la mémoire de tous les siècles la nourrira et 
l'éternité en béatitude la défendra. Mon très-redouté prince, vous 
avez devant les yeux de votre clair entendement un grand miroir, 
auquel comme au grand livre d'expérience, [vous] pouvez con- 
naître par quelles vertus l'on doit régner. Vous êtes l'héritier de 
ce grand roi catholique, votre grand'père ; et par le vouloir de 
Dieu son légitime successeur avec tant de royaumes, lesquels 
par lui vous sont échus. Il vous a laissé ce grand, noble et céleste 



214 

titre de Catholique, comme s'il voulût vous dire : Mon très-aimé 
fils, aimez et craignez Dieu et le servez de tout votre cœur. 
Soyez zélateur de son honneur et de la sainte foi catholique. 
Et au sûr plus gouvernez en justice votre peuple, et par prudence 
et bon conseil adressez toujours vos affaires, car il n'est rien qui 
tant élève le trône d'un roi que d être sage et prudent. Videns 
autem Saul quod David prudens esset cepit eum rimere. Le roi 
Saûl lequel par sentence divine était rejeté de son royaume, ne 
craignait en son adversaire successeur le roi David que sa pru- 
dence. Où la Glose (i) dit : Nota quod prudentiafacit homines 
timeri. Regardez comment prudence fait un prince redouter. 
Notre très-redouté seigneur, je prie Dieu qu'il vous donne la 
grâce d'être bon catholique, et entre les rois tout le meilleur. 

Amen, 

« La tierce et finale partie d'icelui sermon. 

« Resterait à démontrer, si le temps le portait. Mais non par 
quels suffrages et aides notre grand roi pourrait venir à la jouis- 
sance du royaume qu'il a mérité. Et combien que pour la grande 
chaleur et ardeur de charité qui était en lui, l'on ne puisse pré- 
sumer son âme avoir été bien purgée en ce monde. Néanmoins 
attendu que n'en avons autre certification par évidence ou révé- 
lation. En nous conformant à la coutume de l'Eglise qui prie 
généralement pour tous ceux qui notoirement ne sont morts en 
péché mortel. Un chacun se doit préparer à prier Dieu pour son 
âme. Quelle chose vous peut et doit inciter à ce faire, vous le 
pouvez assez entendre. Et j'espère que moyennant vos bonnes 
prières et d'autres ses bons sujets, son âme sera allégée des 



(i) La Glose ordinaire, faite par Nicolas de Lyra. — C'est un commentaire 
de l'Écriture Sainte. 



2l5 

angoisseuses peines de purgatoire et viendra à la jouissance du 
royaume éterjiel. Quod nobis concedere dignetur qui in trinitate 
perfeâa vivit et régnât Deus. AMEN. » 

Les finales cérémonies d'icelle tant pompeuse solennité et de 
tout le service funéraL 



Oratio \ funebris in illustris \ simae Dnae, Dnae Margarethae 
Archiducissae Austriae, \ Ducissae Burgundiae, etc. exe- 
quijs, coram inviâissimo \ CarOLO V. Romanor, Imperatore 
Augustissimo, \ et Ferdinando Hungariae, Bohemiaeq,, etc. 
Rege pien \ tissimo, Sacriq, Romani imperij Eleâoribus, et 
Principibus, etc. per Dodore lOHANNE Fabri, Eleaù | 
EpiscopOViennen. habita Coloniae | Agrippinae Pridie Calen. 
I lanuarij. | Anno à nato Christo M. D. XXXI. | i AD 
TiMOTH. 3 I Ecclesia est columna et firmamentû veritatis. 

Au verso du titre une gravure sur bois reproduit Fimage de 
Charles-Quint, assis sur son trône, tenant le glaive de la main 
droite et le globe, surmonté d'une croix, de la main gauche. La 
légende porte au bas: Carolvs. ROMA. IMPE. QVINTVS. L'en- 
cadrement est entièrement puisé dans des motifs d'architeéhire 
de la Renaissance. 

Il y a vingt et un feuillets non chiffrés. La justification est de 
o™,i4 en hauteur, de o™,o85 en largeur. 

Cet exemplaire appartenant à la Bibliothèque royale, fonds 
Van Hulthem, n^ 26154, poî'te sur sa cpuverture une vignette 
avec la devise Pietas homini tvtissima virtvs, ce qui semblerait 
indiquer d'après le Diâionnaire des devises des hommes de let- 
tres, publié naguère dans le Bulletin du bibliophile belge, qu'il 
provient de Martin Nutius, imprimeur à Anvers. 

La dédicace de l'orateur à Erard de la Marck, cardinal-prêtre 



2l6 

de la Sainte Eglise Romaine du titre de Saint-Chrysogone, 
archevêque de Valence, évêque de Liège, duc de Bouillon, comte 
de Looz occupe deux pages environ. 

Nous relevons dans cette épître dédicatoire les détails 
suivants : 

L'orateur revient à deux reprises sur ce fait que le discours lui 
a été demandé par Nicolas de Granvelle, conseiller de l'Empe- 
reur, ami éclairé des gens de lettres, studiosorum patronutn 
unicum, et qu'il n'a eu qu'un délai de trois jours pour se préparer. 
Il se trouvait pris à l'improviste, à Cologne même, lui étranger, 
loin de ses livres, in hac urbe peregrinum^ supelleâilem libra- 
riam in promptu non habere. 

Il loue surtout dans le cardinal-évêque de Liège son zèle 
pour les études sérieuses, son dévouement inaltérable aux inté- 
rêts de la religion catholique, sa vigilance pastorale pour 
procurer de bons prédicateurs à ses diocésains. . 

Nous empruntons quelques détails sur l'orateur au Diâion- 
naire encyclopédique de la théologie catholique des Doâeurs 
Welte et Wetzer. 

Jean Heigerlein, surnommé Fabri, de la profession de son 
père qui était forgeron, naquit à Leutkirch, en Souabe, Tan 1478. 
Fort jeune encore, il entra dans l'ordre des Frères Prêcheurs. 
Il fut successivement chanoine de la cathédrale de Bâle et offi- 
ciai de l'évêque, vicaire général in spiritualibus de Constance, 
protonotaire apostolique, confesseur de Ferdinand I, coadjuteur 
de l'évêque de Neustadt en Autriche, évêque de Vienne (il n'y a 
un archevêque que depuis 1722) ; il mourut le 21 mai 1541. 

Erasme dont il avait fait la connaissance à Bâle, lui avait 
conseillé de s'adonner à l'étude sérieuse des Pères de l'Eglise. 
Fabri fut en effet un humaniste distingué, un polémiste habile, 
un solide théologien, un prêtre exemplaire par l'austérité de sa 



217 

vie et par sa charité envers les indigents, un prédicateur éloquent 
dont la parole était avidement recueillie par ses ouailles dans la 
capitale de F Autriche. 

Fabri avait donné pour texte à son oraison funèbre ces 
paroles du Deutéronome, chapitre XXXII : « Concrescat in 
pluviam doârina mea, Fluat ut ros eloquium tneum. — Que 
ma dodrine croisse comme la pluie, que ma parole se répande 
comme la rosée. » 

« L'apôtre saint Paul dans sa première épître aux Thessaloni- 
ciens rappelle que les chrétiens, différant en cela des païens et 
des Sadducéens chez les Juifs, ont Tespérance de l'immortalité. 
Le même apôtre nous dit ailleurs : « La résurrection du Christ, 
voilà les prémices de la résurreftion générale. » Appuyés sur la 
doctrine consolante des divines Ecritures, nous vous dirons, 
Charles et Ferdinand, qu'il convient à des princes chrétiens de 
s'abandonner à une douleur modérée que les uns appellent 
fVRtthttty et les autres /tttrpovtcBuuv, Un poëte païen, Ennius, avait 
dit déjà auparavant que s'il est permis au peuple de verser des 
larmes, cela n'est pas toléré chez un roi en tant que roi. Sans 
doute vous avez perdu une femme hors ligne, votre tante chérie, 
une illustre princesse ; mais il vous reste une meilleure espé- 
rance, celle de la glorieuse résurreftion. « Prions Dieu très-bon 
et très-grand, afin qu'il ordonne que la princesse Marguerite soit 
délivrée promptement des flammes du purgatoire où elle aura 
achevé de se purifier de quelques légères souillures contraâées 
en ce monde. Le Seigneur, dans son immense et ineffable misé 
ricorde, commandera à ses anges de la porter dans le sein d'Abra- 
ham. Tombons donc aux pieds de celui dont le nom fait fléchir 
tout genou au ciel, sur la terre et jusque dans les enfers. 
Disons-lui, à la façon catholique : Notre Père, Je vous salue, 
Marie. » 

Tome xii. i5 



r 



218 

« Il ne manque pas de gens aujourd'hui qui condamnent les 
pompes funèbres ; qui prétendent, à Tinstar de Diogéne le Cyni - 
que, que les corps des chrétiens ne doivent pas être déposés 
dans une terre bénite, mais livrés aux bêtes et déchirés par 
celles-ci ; il en est d'autres enfin qui nient les peines du purga- 
toire. Nous allons combattre cette triple erreur des Philistins 
tant anciens que modernes, non au moyen de la massue d'Her- 
cule, mais par le glaive de la parole divine ; nous emploierons 
la fronde de David et choisirons dans le torrent quelques pierres 
bien aiguisées. » 

I. Plusieurs textes de l'Ecriture sainte nous prouvent qu'il 
faut pleurer les défunts. Sara fiit pleurée par Abraham. Jacob 
pleura son fils Joseph, dont on lui annonçait faussement la mort. 
Les funérailles de Jacob furent célébrées au delà du Jourdain 
non pas seulement par ses douze fils, mais encore par les officiers 
de Pharaon qui s'étaient joints au cortège. Moise fut pleuré par 
son peuple durant trente jours. David pleura son fils Amon. 
Le même David déchira ses vêtements en apprenant la mort de 
Saûl. Passons maintenant au Nouveau Testament. On fit de 
belles funérailles au premier martyr saint Etienne. Il se faisait 
un grand tapage dans la maison de Jaire dont la fille venait de 
rendre l'âme. Lazare n'a pas été seulement pleuré par Madeleine, 
sa sœur, mais par le Christ lui-même, son ami. Qu'on ne soit donc 
pas surpris que Charles, très-grand et très-clément empereur, 
et Ferdinand, le meilleur des rois, aient pris les habits de deuil 
pour pleurer la mort de cette tante qui fut presque leur mère. 

« Elle était en effet une perle très-précieuse (i), d'un prix ines- 



(1) La langue latine a ici un jeu de mots intraduisible. Margarita signifie 
perle. 



219 

timable, dont les incomparables vertus ont relevé les qualités 
de la femme à tel point qu'une si grande abondance de matières 
réduit Torateur à l'impuissance. » Pour célébrer la gloire des 
ancêtres de Marguerite, Fabri vante dans son père Maximilien 
« la valeur guerrière, la clémence, la bonté exquise, l'amour 
de la justice, la générosité, la prudence, le zèle pour la religion 
chrétienne. » 

Née avec un esprit élevé, Marguerite eut soin de l'orner de 
vertus et de tout genre de connaissances. Animée d'une grande 
ardeur pour l'étude, elle s'efforçait de devenir plus savante de 
jour en jour. Elle se forma une bibliothèque composée des meil- 
leurs auteurs ; cette généreuse femme, nouvelle Sempronia, fit 
de tels progrès dans les lettres qu'on doit la proclamer n'ayant 
pas été inférieure à cette Aspasie, dont Socrate, le plus sage des 
Grecs, célébra l'éloge, et à cette Nicaula, que d'autres appellent 
Candace, reine de Saba, laquelle arriva de Méroé, une île du 
Nil, pour proposer des énigmes à Salomon, le plus sage des 
rois. Par sa parole facile et sa phrase élégante, elle rappelait 
Cornélie, fille de Scipion l'Africain. Ce que les historiens rappor- 
tent d'Isis, fille du premier roi des Argiens, qui réussit à sou- 
mettre à ses lois des guerriers sauvages, on peut l'appliquer à 
elle-même. Pacifique par nature, elle ne poussa à la guerre qu'à 
toute extrémité ; alors qu'autour d'elle les contrées étaient en 
flammes, elle gouverna au milieu d'une tranquillité surprenante 
les territoires commis à sa garde. Quelle partie de l'Allemagne 
ne s'est pas ressentie de la guerre des paysans? Quelle contrée 
n'a pas été souillée par le monstre de l'hérésie? Quel coin du 
monde chrétien n'a pas été arrosé du sang de la guerre civile? 
Votre tante, très-auguste Empereur Charles et illustre roi Fer- 
dinand, est parvenue par sa très-grande prudence à préserver de 
ces maux et fléaux les terres des Pays-Bas ; sa douceur, sa clé- 



220 

mence, son indulgence admirable ont maintenu ses sujets dans 
le devoir. Elle ne permit aux novateurs, ennemis pernicieux et 
perturbateurs de la paix publique de poser nulle part le pied sur 
ses domaines. Sa sagacité lui fit comprendre que Funité reli- 
gieuse dans le catholicisme était le seul remède contre les maux 
mortels que la réïbrme veut présentement apporter. Ce bienfait 
de Funité religieuse dont jouissaient la Bourgogne, la Flandre, 
le Brabant, la Hollande, la Zélande, FArtois, contrées pures de 
tout venin de Fhérésie, où Fon suit d une pratique unanime 
les antiques rites et cérémonies, c'est à sa vigilance qu'on le doit. 

Cet amour de la paix, elle Fétend à 1 étranger. Comme une 
autre Véturie, elle apaise Coriolan. Grâce à elle, la France 
respire ; Fltalie, qui était perdue, revient à la vie. 

Le prédicateur vante également la charité de Marguerite pour 
les indigents. « Combien de pauvres n'a-t-elle pas vêtus qui gre- 
lottaient de froid ? Quelles sont les veuves et les orphelins qu'elle 
n'a point pris en pitié ? Tous les malheureux s'en vont répétant 
qu'ils ont perdu leur mère. » Il parle aussi de sa libéralité à 
l'égard des institutions religieuses : elle fonda, sans même parler 
des subsides donnés ailleurs, deux monastères qu'elle dota entiè- 
rement. Vingt ans avant son décès, elle se fit construire deux 
caveaux funéraires pour déposer dans chacun d'eux une partie 
de sa dépouille mortelle. Elle n'eut pas de plus grande préoccu- 
pation dans son testament que de faire distribuer aux pauvres 
d'abondantes aumônes. Elle vit avec calme venir la mort et reçut 
en parfaite connaissance les sacrements de Pénitence, du Saint- 
Viatique et d'Extrême-Onftion. Elle fut vraiment la femme forte 
dont parlent les Proverbes. Il ne vous reste, Charles et Ferdi- 
nand, qu'à rendre à Dieu des aâions de grâces et à dire dans 
votre légitime afflidion : Bienheureux ceux qui meurent dans le 
Seigneur, 



221 

II. Ceux qui refusent la sépulture aux morts se trompent du 
tout au tout. Il serait fastidieux de rappeler ici les noms d'Abra- 
ham, de Jacob, de Samuel, de Tobie dont les charitables pro- 
cédés ont été loués par l'archange Raphaël, de Moïse mort sur 
la terre moabite et enseveli par Dieu lui-même. C'est donc en 
vain qu'à notre honte et à notre douleur, il se rencontre aujour- 
d'hui des gens qui méprisent les usages orthodoxes, ne veulent 
ni ensevelir les morts, ni tolérer que d'autres le fassent. Tous 
ces impies qui ne font cas de la sépulture chrétienne, qui foulent 
aux pieds et réduisent en cendres les ossements des saints et 
leurs reliques, n'échapperont pas à la malédiftion divine. Qui 
ignorerait donc que ce sont ces forfaits d'une impiété inouïe jus- 
qu'à notre époque qui ont attiré sur la Chrétienté presque 
entière, et particulièrement sur la noble Germanie, naguère si 
religieuse, si fidèle à Dieu, ces trois fléaux de la peste, de la 
guerre et de la famine qui la ravagent, la ruinent et la pressurent 
chaque jour davantage? Qu'on ne vienne pas nous objefter que 
cet argent serait mieux employé au service des pauvres. C'est le 
raisonnement de Judas, quand la Madeleine versa un baume 
précieux sur les pieds du Sauveur. A moins de mentir à l'Ecri- 
ture Sainte, les novateurs oseraient-ils prétendre que l'achat fait 
par Joseph d'Arimathie d'un sépulcre neuf, de suaires, de myrrhe 
et d'aloès ait été une offense faite à Dieu ? Tous les princes qui se 
montreront généreux vis à vis de la Divinité auront l'abondance 
des biens de la terre ; le vin et l'huile ne manqueront jamais 
dans leurs celliers. Nous n'invoquerons à l'appui de notre dire 
que le seul Salomon. La construftion du temple et la confedion 
de tous les instruments du culte dans l'or le plus pur appauvri- 
rent-elles son peuple ? Y eut-il jamais un autre règne que le sien 
durant lequel on ne fit aucun cas de métal d'argent? 

Après cette digression, revenons à la sépulture. Presque tous 



- »t 



322 

les rois de Juda, au témoignage des Livres saints, ont reçu 
les honneurs de la sépulture. Il faut donc admettre, comme un 
gage peu vulgaire du salut assuré de la duchesse, que bien long- 
temps avant sa mort, elle se soit construit de ses deniers, à la 
gloire de Dieu, che^ les Brabançons et les Allobroges, c'est-à- 
dire en Savoie (sic), un double tombeau. 

III. Il nous reste en troisième lieu à prouver l'existence du pur- 
gatoire. Nous citerons en témoignage le chapitre 1 1 de Tépître de 
saint Paul aux Philippiens. Le psaume ii3 dit: Tous les morts 
ne vous loueront pas. Seigneur; Isaïe écrit: Venfer, ni la mort 
ne vous loueront^ Seigneur, Il ne reste donc que le purgatoire. 
L'orateur allègue d'autres textes de l'Ecriture : l'Evangile selon 
St-Matthieu, chapitre V, selon S. Luc, chapitre XII, la pre- 
mière épître de saint Jean, chapitre V, ï Apocalypse, cha- 
pitre XXI, et les Machabëes. La croyance au purgatoire est 
admise par le Talmud, Flave Josèphe et les ouvrages des Juifs. 
A quoi bon parler de la Synagogue, alors que nous avons le 
témoignage de la Sainte-Eglise et celui de ses dofteurs les plus 
illustres, Jérôme, Augustin, Ambroise? « C'est là cette Eglise 
en qui tous les princes de la terre ont cru jusqu'à présent 
en toute raison; c'est à elle-même. Empereur très-chrétien et 
très-clément, vous son principal et meilleur avoué, son défen- 
seur et son tuteur, que vous devez et pouvez vous remettre en 
toute sécurité. Elle est la colonne et le fondement de la vérité, 
comme parle S. Paul dans son épître à Timothée. Elle sera gou- 
vernée à jamais par l'Esprit-Saint, l'esprit de vérité. C'est à 
elle que le Christ a dit dans un suprême adieu : Je suis avec 
vous jusqu'à la consommation des siècles. Elle ne se trompe 
donc pas, contrairement à l'opinion de quelques hérétiques de 
notre âge, cette Église catholique et universelle, qui pleure ses 
enfants morts par des rites et des cérémonies touchantes, qui 



223 

donne la sépulture aux défunts et qui célèbre les funérailles de 
ceux de ses adeptes qui disparaissent de ce monde. C est là 
renseignement de TertuUien, qui publiait, il y a quatorze siècles, 
sous les empereurs Sévère et Caracalla, son opuscule sur la 
Couronne du soldat. Cest l'enseignement de S. Ambroise dans 
ses discours sur la mort de Gratien, de Valentinien et de Théo- 
dose. Cest l'enseignement de S. Augustin lors du décès de 
Monique, sa mère chérie. Cest la doftrine des plus illustres 
Pères grecs. Continez donc comme vous avez commencé, 
Charles très-pieux et Ferdinand très-bon, à honorer Dieu, à sou- 
tenir sa sainte religion avec courage et vigueur. Le Seigneur 
vous comblera de ses miséricordes. Il donne la nourriture à tous 
ceux qui le craignent ; il n'abandonne pas ceux qui se confient à 
lui. Le Roi qui règne au plus haut des cieux, qui au ciel comme 
sur la terre a un regard d afifedion pour les petits et les humbles, 
sera un jour votre trop grande récompense. » 

Suivent deux lignes d'errata : 

Enfin : Coloniae Agrippinae ex aedibus Quenteleanis, Anno 
M. D. XXXI V. lanuarij Qua die ibidè ferenijf. ac pientif. 
Hungariae et Bohoemiae etc. Rex Ferdinandus in Romanorum 
Regem eleâus eft. 

Le sermon funèbre fait devant le rqy, par messire FRANÇOIS 
RiCHARDOT, Euesque de Nicopole, et suflFragant d'Arras : 
Aus Obsèques et Funérailles du Très grand, et Tresuiâo- 
rieus Empereur Charles cinquième. Célébrées à Bruxelles 
en la grande Eglise ditte Sainte Gudle, Par lequel est faite, 
non moins eloquemment, que pieusement, et doâement, ample, 
et vraie deduâion des grandes vertus, magnanimité^, hautes 
entreprinses, faits heroiques, vivefqy Catholique, chrestienne 
vie, et sainte fin dudit Seigneur Empereur. 



224 

Autre sermon funèbre fait devant le rqy, par icelluy RlCHAR- 
DOT, aus obsèques de la Serenissime Rqyne Marie douai- 
riere de Hongrie, Bohême, etc. Célébrées audit Bruxelles 
en la chappelle du Palais, 

Encores, un autre sermon, fait par le susdit RiCHARDOT, 
devant Monseigneur le Duc de Savoy e : Aus obsèques de la 
Roy ne Marie d* Angleterre. Célébrées audit Bruxelles en 
ladite Eglise Sainte Gudle. 

A Anvers, de rimprimerie de Christophle Plantin : — 
M.D.LIX. Avec privilège. 

Cet exemplaire appartenait à Anne Thérèse Ph. d'Yve, 1787; 
il passa en 18 19 dans la bibliothèque de Van Hulthem. Le feuillet 
de garde porte la note suivante de la main du savant bibliophile : 
« Lessermons funèbres de l'Empereur Charles-Quint et de sa sœur 
Marie reine de Hongrie, Gouvernante des Pays-Bas, prêches à 
Bruxelles en 1 558, en présence de Philippe //, et celui de Marie 
reine d'Angleterre, seconde épouse du même roi Philippe H, 
par François Richardot, évêque de Nicopole, faisant alors les 
fonftions d'évêque dans le diocèse d'Arras, pour Antoine Per- 
renot de Granvelle, évêque titulaire de cette ville, premier 
ministre du roi à Bruxelles, sont très-rares, et méritent néan- 
moins d être conservés, parce qu'on y trouve quelques traits sur 
les vertus et les bonnes qualités de ces princes, et parce qu'ils 
donnent une idée de 1 éloquence de la chaire à cette époque. » 

Van Hulthem possédait un deuxième exemplaire de la même 
édition, beaucoup mieux conservé que l'autre dont le titre est 
maculé de taches d'encre. Le feuillet de garde porte la note sui- 
vante : « Ces trois discours funèbres de l'Empereur Charles- 
Quint, de Marie, Reine de Hongrie, Gouvernante des Pays-Bas 



225 

et de Marie, Reine d'Angleterre et seconde épouse de Philippe 1 1 , 
sont devenus fort rares. » 

I 

Le prédicateur n a pas de texte de l'Écriture Sainte au début 
de son oraison funèbre. Il entre immédiatement en matière, en 
disant qu'il faut invoquer le Saint Nom de Dieu. « Pour ce que 
je prétends tout ce que je veux présentement déduire, devoir 
ressortir à la gloire de Dieu, et à l'édification de nous autres ; 
pour non être frustrés de notre intention, il fera bien, que nous 
commençons par l'imploration de l'assistance divine. Donc, en 
suivant la bonne et louable coutume de l'Eglise, nous saluerons 
la sacrée et glorieuse Vierge, mère de notre Seigneur et Rédemp- 
teur Jésus-Christ. Et dirons, élevés nos esprits en haut, Ave 
gratia plena, » 

Si les anciens. Grecs, Barbares, Latins, Romains, Hébreux, 
ont eu soin de perpétuer la renommée de leurs grands hommes 
par des monuments somptueux, par des panégyriques, par de 
pompeuses funérailles, il faut que « présentement ce devoir et 
office soit dévotement rendu à l'heureuse mémoire de ce grand 
Prince, de ce grand Empereur, de ce grand Monarque. Je dis 
grand, car si Cyrus entre les Perses, Alexandre entre les Grecs, 
si Pompée entre les Latins, Charlemagne entre les chrétiens, 
ont mérité le nom de grand ; tel titre convient bien à celui, de 
qui les hauts faits, les héroïques entreprises, les heureux progrès 
et succès, ont mis en admiration, non seulement les provinces 
de l'Europe, mais quand et quand, toute la rondeur de la terre. 
J'entends ce très-puissant, très-vidorieux , toujours auguste 
Empereur Charles cinquième. Lequel étant issu du côté pater- 
nel, des très-hautes maisons d'Autriche et de Bourgogne, du 



226 

maternel, des royales races de Castille et d* Aragon, toutes renom- 
mées de tant de bienfaits, accrues de tant de couronnes, célébrées 
de tant de vertus héroïques, prit nourriture conforme à son 
extraction; et telle en effet qu'il convenait à personnage, à 
qui Dieu, en temps si périlleux et difficile, avait remis et réservé 
la défense de son honneur, la tutelle de son Église, la proteélion 
de ses enfants et répouvante des mécréants. Ce qu'ayant bien et 
constamment exploité, après avoir fait ce qui peut rendre 
l'homme immortel devant Dieu et devant le monde, a rendu à 
la nature le commun tribut, et mourant pour toujours vivre, a 
perçu et reçu le fruit, le salaire et la couronne de ses labeurs. » 

Pour déclarer comment Charles-Quint « a conduit le train de 
son Empire », le sufifragant d'Arras remarque d après le pro- 
phète Ézéchiel et Fapôtre Saint-Jean, qu'il y a quatre animaux 
autour du trône de Dieu, « Fun semblable à Thomme, Fautre à 
un bœuf, le troisième à un lion, le quatrième à un aigle. » Ces 
quatre animaux, dit Forateur, signifient sans doute les quatre 
principaux mystères du royaume éternel de Jésus-Christ. Il est 
permis toutefois de donner à ces emblèmes un autre sens, un 
sens accommodatice, comme on dit dans les manuels de théolo- 
gie. On peut entendre par là les quatre grandes qualités requises 
pour gouverner les peuples : la prudence, le travail, la magnani- 
mité, la diligence. 

Charles-Quint a montré une prudence exquise dès le début de 
son règne. A peine âgé de seize ans, il parvint à apaiser FEspagne 
irritée et troublée. Il a fait preuve également de beaucoup de 
prudence dans ses rapports avec François I«r. 

Son travail. L'empereur n'a fait que voyager pour se rendre 
compte par lui-même des besoins de ses sujets. « Quels sont les 
ports et les rivages de ses mers qu'il n'ait vus? Quels cantons de 
ses royaumes n'a-t-il visités? La postérité s'ébahira, quand elle 



227 

lira tant de choses avoir été par lui, en si peu de temps, faites : 

à quoi à peine suffirait non un, non deux, mais ni trois âges 

Toutefois il n'a jamais épargné peine bien sachant que la 

divine ordonnance, qui est de manger le pain en sueur et labeur, 
s adresse au grand comme au menu, si que je ne sais, de tant de 
serviteurs qui Font suivi, s'il s'en trouverait un seul, qui dût se 
vanter d'avoir plus souffert ni enduré que lui. » 

Le courage est symbolisé par le lion. Charles-Quint a prouvé 
sa valeur guerrière lors du siège de Vienne, à la Goulette, à 
Ingolstadt; traversant la France, il s'est confié à la loyauté de 
François 1er. u a su vaincre, sans souiller sa viftoire par l'effusion 
du sang humain, même après l'éclatant triomphe de Mûhlberg : 
« en tant de viftoires qu'il a eues, chaque fois que l'ennemi s'est 
rendu, il n'a jamais laissé, jamais oublié aucun devoir ni office 
de l'humanité et chrétienne bénignité. Xénophon attribue en 
lieu de première louange à Cyrus, homme tant célébré par les 
saintes Écritures, que de l'ennemi vaincu il tâchait faire un ami. 
Mais de cette gloire, ce grand César ne sera pas exclu ; comme 
il a très-bien montré par le traitement qu'il fit au puissant roi 
François. Lequel pris à la déroute et journée de Pavie, et de là 
conduit en Espagne prisonnier, il traita si doucement, visita si 
courtoisement, relâcha et allia à conditions si équitables, que 
l'on ne saurait sinon attribuer tel afte à singulière bénignité. Ce 
qu'il a fait semblablement à l'endroit d'autres. En quoi il a donné 
clairement à entendre que pour lui, toujours la religion, la piété 
et la bonté ont plus pesé que ses profits et intérêts. » 

Tout le monde connaît cet émouvant passage du discours 
prononcé par Charles-Quint, lors de son abdication à Bruxelles, 
le 25 oflobre i555, où l'impérial orateur se défendit d'avoir 
jamais fait des guerres d agression. L'évêque de Nicopole, com- 
parant son héros à l'aigle dont il eut la diligence et la célérité, lui 



228 

rend ce précieux témoignage : « Il a été vraiment tardif, ce 
semble, à prendre le glaive de la guerre. Auquel jamais il n a mis 
la main, sinon forcé et durement offensé, qui est certes Tune des 
premières louanges qu'il puisse avoir, parce que toujours il a 
abhorré Teffusion du sang humain et la dissipation des familles, 
la confusion des choses sacrées et profanes, la misérable viduité 
et pupillarité de tant de pauvres âmes, la licence et abandon de 
tant de maux, les brigandages et pillages, les sacrilèges et blas- 
phèmes, le mépris des lois et de la justice, et de tant de maux 
pour le faire court, qui suivent ordinairement la guerre. A quoi 
si les auteurs et promoteurs d'icelle auraient regard, quel terri- 
ble jugement de Dieu attendraient-ils contre eux?.. Mais où 
besoin a été toutefois de faire diligence, Taigle n est de rien 
plus soudain en son vol qu il a été en ses exploits, De quoi la 
guerre de Saxe donne prompt témoignage, quand, de si loin, 
marchant par quatorze jours à longues journées et sans cesse, il 
arriva et se fit voir à l'ennemi avant qu'il en fût bruit, et le vain- 
quit incontinent qu il Fassaillit, tellement que lors il pouvait dire 
ce qu'autrefois César diftateur avait dit : Veni, vidi, vici. Je vis, 
je vins et je vainquis. De quelle diligence usa-t-il, bien qu'il fût 
fort mal dispos de sa personne, à Namur, à Valenciennes et 
devant Renty ? quand l'ennemi fut plus content de se retirer, que 
de jouer alors avec la fortune à tout risque ? » 

A ces quatre vertus, il en joignit une autre qui couronna son 
immortalité, la piété. « Piété, dis-je, envers ses pays qu'il a plus 
aimé que ses profits. Envers l'Église qu'il a honorée comme une 
mère. Envers Dieu qu'il a adoré comme Créateur, aimé comme 
Rédempteur, redouté comme Rétributeur. » 

« Qu'en dites-vous, ses royaumes et pays? et nommément, 

vous, province Belgique? Combien de fois vous a-t-il fait un 
rempart de sa personne ? Combien de fois a-t-il cherché votre 



229 

repos jusques aux portes de la mort? De quel zèle et affeftion 
envers vous a-t-il fait la destruftion de Térouanne et d'Hesdin 
et bordé votre frontière de ses nouveaux forts, Hesdin-fort, 
Charlemont et Philippeville ? Qu'en dites-vous , le clergé ! 
Quels désastres, quels malheurs, quels calamiteux naufrages 
eussions-nous eus en notre état, neût été sa piété et religion? 
Oftroyons à Constantin cette gloire d avoir été fondateur de la 
paix en l'Église ; soit cet honneur entier à Théodose d'avoir pris 
les armes pour exterminer le reste du paganisme; donnons cette 
louange à Charlemagne, d'avoir mis ses forces pour maintenir 
l'autorité du Saint-Siège apostolique. Certes aussi longtemps 
que le ciel sera et que le soleil le parcourra, à ce grand Empe- 
reur sera l'honneur rendu, d'avoir été défenseur, protefteur, 
propagateur de vous,ô Sainte Mère Eglise, de vous, ô Sainte 
Mère Eglise, on peut bien le dire, une, deux et trois fois. » 

En étudiant les divers règnes des princes, Richardot le 
déclare, c'est à celui de David que le règne de Charles-Quint 
ressemble le plus. Son héros semble avoir hérité du roi de Juda 
son zèle, son affeftion, sa magnanimité. Comme David, Charles- 
Quint fit reconnaître son successeur dès avant son décès. « Il 
remit la charge de ses royaumes et pays aux mains. Sire, de 
Votre Majesté son fils, lui ayant reconnu la prudence, diligence 
et les vertus requises pour bien porter un si grand faix. En quoi 
tant s'en faut qu'il n'a point été déçu dans ses espérances pour 
avoir vu, avant son trépas, par les exploits de la journée de Saint- 
Laurent, par la prise de Saint-Quentin, du Câtelet et de Han, 
et par la viéloire de Gravelines, que telle charge n'était sinon 
très-sagement laissée à un tel prince, qui d'emblée a donné telle 
preuve de sa vertu. » 

Avouons que le compliment n'est pas mal tourné. 

Le prédicateur consacre la fin de son oraison funèbre à nous 



23o 

décrire Charles-Quint, ayant pris du repos pour le reste de ses 
jours, se préparant sérieusement à la mort. Le passage relatif aux 
derniers jours de la carrière terrestre du grand empereur, mérite 
d'être reproduit ici textuellement. Nous n'avons ni Tenvie ni 
le loisir de reprendre à nouveau le problème discuté avec tant de 
compétence par MM. Mignet, Arendt et Gachard, si l'empereur a 
fait célébrer, de son vivant, un service funèbre pour le repos de 
son âme. En tous cas, Richardot ne parle pas de ce trait de piété. 
Il dit: « Et puis se munit des Saints Sacrements de l'Église. Les- 
quels il demanda tant révéremment, il reçut tant dévotement, 
avec un esprit tant prompt et attentif, qu'il donnait admiration 
aux assistants. Et enfin, requérant la faveur des anges, et des 
saints, speftateurs de ce combat [de son agonie], et principale- 
ment l'aide du parrain et patron de ce duel, Jésus-Christ notre 
Sauveur, entra en ce champ clos : et comme nous pouvons le 
croire, y remporta la viftoire et la palitie, passant heureusement 
le détroit de la mort : laissant à la terre son corps, au monde sa 
renommée, aux siens la bonne odeur de ses vertus, et à Dieu son 
esprit. Je dis, le corps à la terre, lequel dormira et prendra son 
repos en paix, jusques au grand réveil général que la trompette 
archangélique sonnera. Et alors, s'il plaît à Dieu, il prendra la 
luisante livrée du grand Roi sous lequel il a fidèlement guer- 
royé, quand il sera reformé à la ressemblance et image du fils de 
Dieu et orné des dotations de la gloire. Il a, dis-je, laissé au 
monde sa renommée, laquelle croîtra et se répandra par tous les 
cantons de la terre et fleurira et même durera aussi longtemps 
qu il y aura des hommes. Aux siens et à sa postérité, il a laissé 
la bonne odeur de son nom, qui leur vaudra et leur tiendra lieu 
de bénédiélion, comme la mémoire d'Abraham à ses enfants, 
comme l'intégrité de Jacob aux douze duchés d'Israël, comme 
la sainteté de David à ses descendants et successeurs. Et n'ayant. 



23l 

ce grand prince et vrai chrétien, plus autre chose que donner, 
rendit, par la dernière voix qu'il proféra, son esprit à celui dont 
il était venu. » 
Citons, en terminant, ce passage de la péroraison : 

« Que l'esprit de votre serviteur soit près de vous, en 

gloire couronné, recueilli au sein d'Abraham, gardé au récep- 
tacle des justes. Là nous savons très-bien, que pour arriver vers 
vous, il faut entrer, non par le haut et sublime portail de la jus- 
tice, mais par la basse poterne de l'humilité, baissant la tête en 
disant humblement ce que disait le prophète Daniel : Peccavi- 
mus nos, etProphetaenostri etSacerdotes etReges. Pourtant ne 
voulons-nous pas ôter celui pour qui nous vous prions du rang de 
ceux qui connaissent avoir besoin du mérite de votre Fils, et de 
passer par la chancellerie de votre grâce, plutôt que par le striél 
et sévère jugement de votre justice. » 

II 

Philippe II assista également aux funérailles de sa tante, la 
reine Marie de Hongrie. 

Le prédicateur venait de rappeler dans son exorde qu'il avait 
prononcé récemment l'oraison funèbre de l'empereur Charles- 
Quint. « Présentement, dit-il, ce dévot et honorable service se 
fait pour cette tant vertueuse Princesse ; je mettrai semblable- 
ment ici quelque chose en avant de ses mérites et bienfaits. Non 
que je prétende pouvoir en si peu de temps, par mon dire, 
atteindre à la hauteur et grandeur de ses excellentes aftions : 
mais seulement j'ébaucherai avec le pinceau en ma langue les 
premiers linéaments, comme les peintres font, pour donner 
matière à qui sera plus expert et disert de peindre au vif pour 
exemple à la postérité toutes ses rares perfeâions. » 



232 

Voici maintenant la proposition du discours : 

« Et pour donner quelque fondement à ce que j'entends 
déduire, je supposerai ce que les Saintes Lettres nous témoi- 
gnent : Que Salomon, ce grand prince, entre autres œuvres de 
sa grandesse, édifia trois somptueuses maisons. L'une, pour les 
choses domestiques et privées, où il logea sa femme, fille de 
Pharaon, comme premier instrument de l'économie. La seconde, 
pour les choses publiques. La troisième pour les divines. Par 
cela donnant à entendre que tous princes et refteurs de provinces 
doivent, non pas confondre, mais séparer les choses privées des 
publiques, les publiques des sacrées et divines, et en toutes trois 
garder le devoir et office requis. 

« Or je veux, s'il plaît à Dieu, démontrer comment cette ver- 
tueuse princesse s'est tellement comportée en toutes ces trois 
maisons de Salomon (j'entends aux choses privées, publiques et 
divines) que les plus sévères censeurs de ce monde n'y sauront, 
sinon trouver matière de singulière louange, tant s'en faut qu'il 
y ait du mécompte. » 

Le prédicateur célèbre parmi les vertus privées de Marie de 
Hongrie, sa chasteté, son amour du travail, son horreur pour 
l'oisiveté, l'affeftion sincère qu'elle garda toujours à son époux, 
le roi Louis, tant durant la vie de ce dernier, qu'après sa mort 
prématurée à la bataille de Mohacz. On sait assez que la sœur 
de Charles-Quint s'était bien décidée à ne jamais contrafter de 
nouveaux liens, quelque brillant que pût être le parti qu'on lui 
présenterait, différente en cela de sa sœur Eléonore, qui, veuve 
d'Emmanuel le Fortuné, s'unit à François I. « Cette vertueuse 
princesse, dit Richardot, dès l'heure de son veuvage, rejetant 
toutes parures, dorures, brodures, recamures, voulut pour le 
surplus de sa vie retenir le simple vêtement des femmes veuves, 
étant contente de l'ornement intérieur convenable aux saintes 
femmes, selon ce que dit saint Pierre. » 



2 33 

L'orateur va maintenant vous entretenir de la part que prit 
Marie de Hongrie à la direftion des affaires publiques comme 
gouvernante des Pays-Bas. Elle occupa avec distinétion ce poste 
difficile durant un quart de siècle. 

Le pouvoir dans tout gouvernement a trois préoccupations 
principales ; « Tadministration de la justice, le recouvrement des 
impôts et la défense du pays. » Marie de Hongrie, à peine appe- 
lée au poste de gouvernante des Pays-Bas, fit preuve d*une apti- 
tude étonnante pour les affaires. Écoutons Richardot : 

« Qui fut certainement chose en elle des plus admirables : 
que de tant de divers négoces, soit des finances, provisions, 
gages, tributs, coutumes, privilèges de lois, de justice, d'offices, 
de traités, et infinies autres choses, il n'y a points, ni articles qu'elle 
n'ait sus et retenus, comme si elle eût fait l'anatomie de toutes 
les parties de la République, et que jamais elle n'eût autre chose 
fait que de .feuilleter et visiter les archives, les chartes et les 
papiers de cette province. Dont elle a acquis telle promptitude 
et expérience de toutes difficultés mises sur le bureau, quelles 
qu'elles fussent, qu'il ne s'est trouvé homme en conseil avec elle 
qui mieux ait su toucher et débattre tous les points du pro et 
du contra^ ni conséquemment en tirer plus sûre résolution 
qu'elle, par quoi elle gagna cette réputation par toute l'Europe, 
d'avoir eu l'esprit autant présent, la connaissance des choses 
d'Etat aussi grande que personne qui vécut de son temps. Je 
dirai davantage, que comme Judith servit de conseil aux reâeurs 
de sa patrie et d'oracle à sa nation, ainsi cette vertueuse prin- 
cesse souvent a été la conseillère de son conseil, et comme 
l'oracle de la République pour pourvoir de loin à ce que le temps 
et la saison pourraient apporter Outre le particulier gou- 
vernement de ses pays, elle a tenu correspondance à l'empereur 
en toutes entreprises et démêlé une infinité d'affaires particulières 
Tome xn. 16 



234 

de la maison d'Autriche, de ses amis et serviteurs, voire a eu 
part en toutes notables et importantes affaires de la chrétienté. » 

Voici le témoignage rendu par Richardot aux aptitudes intel- 
leftuelles de la reine Marie de Hongrie. 

« ... Son esprit était universel à comprendre toutes choses 
bonnes, de façon qu'elle s'est déleétée et semblablement appli- 
quée à l'architeflure, à l'agriculture, à la musique, à la peinture, 
à la connaissance et émulation des choses de l'antiquité avec tel 
jugement et intelligence, qu'en toutes choses de plaisir honnête, 
elle s'est toujours montrée grandement ingénieuse, aimant et 
favorisant les bonnes lettres et avançant les hommes savants 
et lettrés, qui est la partie vraiment entre autres qui donne sin- 
gulier lustre à la vertu et splendeur des princes, et grand orne- 
ment et plus grande utilité à leurs États et pays. » 

L'évêque suffragant d'Arras parle en ces termes des sentiments 
religieux de son héroïne : 

« Cette vertueuse princesse s'est toujours montrée, non point 
ignoramment superstitieuse, mais doflement religieuse. Car elle 
a en premier lieu toujours aimé, embrassé et suivi la vraie et 
sincère doftrine, telle qu'elle a été donnée par Jésus-Christ, notre 
grand Prophète et Doéleur, publiée par les Apôtres, confirmée 
par le sang des saints Martyrs, illustrée par les saints Dofteurs, 
limitée et déclarée par les saints Conciles, aimant mieux boire 
de la claire fontaine de cette vraie doélrine ecclésiastique, que 
des boueuses et bourbeuses citernes des hérétiques. » 

Au résumé, dit l'orateur sacré, 

« Nous trouverons que, si son siècle a porté femme, dame ou 
princesse, en qui l'on sût ainsi reconnaître les perfedlions des 
grandes héroïnes du passé, comme en l'image de Zeuxis l'on 
reconnut les beautés des plus excellentes vierges de Crotone, 
certes elle est du nombre. Si quelques-unes peuvent à bon droit 



235 

être mises au catalogue de celles dont Plutarque et autres font 
tant de compte, vraiment elle ne sera des dernières, s'il s'en 
trouve entre toutes qui puissent justement être nommées du 
premier nom que les saintes Lettres donnent à la femme, qui 
est Issa en langue hébraïque, Andris, en la grecque. Virago en 
la nôtre latine, c'est elle, voire mieux que la Minerve d'Athènes. » 

Voici encore un passage, assez curieux comme littérature ; il 
rappelle le récit des derniers moments de l'empereur Auguste, 
tels qu'on les trouve consignés dans Suétone. 

« Finalement la bonne et vertueuse princesse, après avoir 
dextrement joué et achevé le personnage que le grand maître de 
la scène et comédie de cette vie présente lui avait donné, elle 
sortit du théâtre de ce monde, et dépouillant la vieille robe 
de notre mortalité, et quant et quant les habits de la luftueuse 
tragédie de ce mortel siècle, elle a été (comme nous pouvons 
conjefturer et croire) revêtue du nouvel habillement de l'immor- 
talité, laissant de son trépas à tous les bons qui ont eu connais- 
sance de ses vertus un regret et un confort. » 

III 

Nous n'aurons pas à insister longuement sur cette troisième 
oraison funèbre, composée par le même auteur que les deux 
précédentes. Au point de vue historique, il n'y a guère de détails 
à glaner pour la biographie de Marie Tudor ; on dirait l'évêque 
de Nicopolis à peu près étranger à ce qui se passait alors en 
Angleterre. Au point de vue littéraire, nous serons également 
sobre de citations; nos confrères ont pu suffisamment juger du 
talent de l'écrivain par les extraits précédents. 

Richardot débute par de longues considérations sur la mort 
et sur ses effets. Nous lui emprunterons ce passage : « Par elle 



236 

nous venons en la jouissance des vraies voluptés sans amertume 
et laissons celles qui portent plus de fiel que de miel; quand la 
mort, dis-je, au lieu des amis mortels et caducs nous venons à la 
compagnie des vrais amis immortels, qui sont régnants avec 
Jésus-Christ, leur chef et le nôtre. Que si Socrate but gaiement 
le mortel breuvage de la cicute, pour Fespoir qu'il avait se trouver 
avec les grands personnages, Solon, Lycurgue et autres tels ; 
quel courage doit avoir le chrétien, quand par la mort, il trouve 
entrée au noble sénat et divin consistoire des princes de l'éter- 
nelle cour, du grand Roi des cieux et de la terre ? » 

Richardot louera Marie Tudor pour ses mœurs. Il trouve en 
elle les trois perfe£lions, auxquelles tendent tous les hommes 
vertueux : la civile, selon laquelle nous sommes hommes; la 
chrétienne, et la céleste ou divine. 

Dans sa vie civile^ elle a fait preuve de prudence, de force et 
de continence. Recueillons en passant ces détails sur l'éducation 
de la fille de Henri VIII : « Par le soin et diligence des père et 
mère, et spécialement par la prudence de très-haute princesse. 
Madame Catherine de Castille, sa mère, elle a été si bien instituée 
et façonnée, qu'il semble que l'on ait pris le formulaire de son 
éducation et institution sur ce que saint Jérôme écrit à la sainte 
matrone Laeta pour l'institution de sa fille Marcelle. Mais l'éru- 
dition qu'elle prit dès son enfance lui a grandement accommodé 
et poli l'esprit, pour assister la félicité de sa nature et diligence 
de sa nourriture. Laquelle érudition elle puisa, non des bour- 
beux ruisseaux des hommes lourdement ignorants, mais de la 
claire et belle fontaine de son précepteur Louis Vives, homme 
très-dofte, qui, à vrai dire, a apporté très-grand honneur aux 
lettres et à sa nation d'Espagne. Sous la discipline duquel, elle 
s'enrichit du trésor des bonnes lettres : duquel, comme d'un 
promptuaire, elle a bien su trier les dits et exemples des person- 



237 

nages sages et savants, pour se munir contre les flatteurs de la 
fortune, quand elle lèche, et contre ses mutinements, quand elle 
se courrouce. » 

Dans sa vie chrétienne, elle a montré une foi vive, une espé- 
vdiïict ferme, et une charité officieuse et ardente. 

« Par lesquelles [les trois vertus citées à Tinstant], elle a laissé 
bonne confiance aux survivants que par delà, devant Dieu, elle 
a reçu la troisième perfeftion divine, comme salaire et ornement 
des deux premières. Tellement que nous pouvons raisonnable- 
ment croire et confier : qu'au lieu de la foi qu'ici-bas elle avait, 
là-haut aux cieux, elle a pleine connaissance de Dieu, contem- 
plant sa parfaite beauté, non adunbrée, face à face et en sa 
propre nature... En échange d'espérance qu'ici la soutenait, elle 
a plein et entier contentement de tous désirs, de toutes attentes 
et de toutes affedions... Et pour perfection totale de sa charité,... 
elle se trouve, comme j'espère totalement unie à Dieu... et ainsi 
en pleine jouissance et possession de la troisième perfeâion, de 
gloire non caduque ni défaillante, mais perdurable et éternelle : 
obtenant de Dieu le prix et le but de sa course, qui est la fin, à 
quoi tous nous prétendons. » 



238 

Oraison funèbre, sur le trespas de treshault, très- 
grand, ET TRESPUISSANT MONARQUE DOM PHILIPPE 
SECOND; ROY D'ESPAIGNE, ETC. Prononcée aux obsèques 
de sa Majesté, en V Eglise de Notre-Dame de Tournqy, le 
lundjr XXVI Oâobre M. D, XDVIIL Par M. lEHAN 
BOVCHER Dofteur en Théologie en l'université de Paris, et 
Chanoine de ladi£le église. Seconde édition revue et enrichie. 
A ANVERS, EN L'IMPRIMERIE PLANTINIENNE, chez Jean 
Moretus. CID* ^OC. — Petit in-S® de cent cinquante pages 
chifiFrées et quatorze pages non chiffrées contenant la dédicace 
aux archiducs Albert et Isabelle et un avertissement au leéleur 
sur cette deuxième édition. — L'approbation ecclésiastique a 
été donnée par Pierre Pantinus, Doyen de Sainte-Gudule 
qui en loue la dodrine et la piété : « ob singularem doâri- 
nam, cum pari pietate copulatam. » 

Notre exemplaire provenant du fonds Van Hulthem à la 
Bibliothèque royale, appartint jadis au couvent des Minimes à 
Bruxelles. 

Dans la dédicace aux Archiducs nous notons le passage 
suivant : ^ 

« Et pour n'obmettre les modernes, c'est la louange parti- 
culière de deux des Ancêtres de Vos AA. et tous deux du sang 
de France : dont l'un fut le roi Louis XII, trisaïeul de vous 
Madame : et l'autre le bon Duc Philippe, souche commune de 
Vos AA. qui tous deux ont eu cet honneur d'être dits Pères du 
peuple, » 

Quelques lignes plus loin, l'orateur explique comment lui, 
Français, a été amené à prononcer l'éloge de Philippe II : 
« ... toutes nations demeurant obligées à ce monarque; toutes 
aussi lui doivent cet honneur, que de le louer en leur langue, 
un François osât pour sa part, et pour l'acquit tant de sa patrie. 



239 

où les mérites du défunt se sont si largement entendus, que de 
lui en particulier, qui depuis six ans en deçà, que la défense de 
TEglise et religion catholique lui a fait quitter son lieu naturel, 
et tout ce qu'il avoit au monde, respire Tair en cet Etat, après 
rheureux travail de tant de doftes langues et plumes , que 
d'Espagne que de ce pays, qui se sont égayés sur ce riche et 
ample sujet, faire voir au public et en sa langue, sous Fautorité 
de Vos AA. ce qu'il en auroit dit et prononcé une fois. » 

V Avertissement au leâeur sur cette édition dernière nous 
prévient que Fauteur n a pas été satisfait de la première édition, 
tant pour les fautes typographiques qui s'y glissèrent qu'à cause 
du manque de renseignements sur Philippe II. Son premier 
travail n'ayant pas été désagréable, il sl jugé que le reste de la 
manufadurej comme aussi de la peine et des dépens, n'y seroit 
mal employé. Il en a usé à l'égard de son héros, comme les 
Lysias, les Démosthène, les Isocrate, les Cicéron, et pour 
n'omettre les saints Pères, les Chrysostome, les Nazianze, les 
Ambroise, qui ne faisaient point de difficulté de suppléer par la 
plume à ce qui leur avait manqué dans leur discours parlé. Le 
leâeur trouvera donc dans Fœuvre renommée du chanoine 
tournaisien « FIdée entière, non feinte ou imaginaire, comme 
de Cyrus etXénophon, mais vive et expresse, d'un Roi vraiment 
catholique, et accompli en vertu, tant en la vie qu'en la mort : 
c'est à quoi te devant arrêter, pour repaître ton esprit, et profiter 
en ce beau miroir, plutôt qu'à de simples fleurettes, et couleurs 
de Rhétorique, d'autant plus facilement tu excuseras ce qui 
défaudroit pour cet égard. » 

Boucher a pris pour texte ces paroles du psaume XX : Domine 
in virtute tuâ laetabitur Rex, et super salutare tuum exultabit 
vehementer, Quoniam praevenisti eum in benediâionibus dulce- 
dinis, posuisti in capite ejus coronam de lapide pretioso. 



240 

« Le grand Philippe est mort.... Je dis un grand en toutes 
choses, et par dessus tous les plus grands, qui oncques furent 
sur la terre, grand selon le monde, grand selon Dieu. Je dis 
Philippe le grand monarque, le rempart de la chrétienté, le fort 
et le boulevard de FEglise, le propagateur de la Foi, le porte- 
bannière du Crucifix, le secours des CathoUques, l'ennemi des 
hérétiques, la terreur des infidèles, le support des affligés, 
l'exemple de charité, bref, la bénédiélion de son siècle. Et 
quand je dis que Philippe est mort, je dis que tout cela est mort. 
O mort, comme ton deuil est grand! et comme en un seul 
instant, tu nous prives de grandes choses ! » 

Arrivons à la proposition du discours. 

« Voyons quelles sont ses bénédiftions, voyons quelle est 
cette fin heureuse, qui les a ainsi couronnées ; voyons aussi quel 
fruit de ses mérites, dont le fruit se ressent et le bonheur nous 
demeure. Et puisons de là cette joie et bénédi£tion de Dieu, 
à laquelle il nous faut conclure. Car voilà tout ce que j'ai à 
dire. » 

Quelles sont donc ces bénédiftions, et bénédi&ions de dou- 
ceur ? Qui y tiendra le premier rang ? Sont-ce les trésors et les 
richesses? La noblesse et l'antiquité du sang? Non. Sans doute 
la maison d'Autriche a été bénie de Dieu : S. Ulric, évêque 
d'Augsbourg, S. Gebhard, évêque de Constance, S. Léon IX, 
Pape, Charles-Quint en fournissent la preuve. Le Roi Philippe 
a reçu de Dieu d'abondantes grâces ; il a eu des vertus privées et 
publiques et comme par elles il s'est montré bon prud'homme et 
bon roi ensemble, rien n'a manqué au mérite, qu'il ne fût 
accompli en toutes sortes et manières, 

I. 

Ses vertus privées. Son zèle envers la religion. Sa dévotion 



241 

envers Dieu. Sa révérence envers les saints. Sa piété envers les 
morts. Son respeft envers TEglise. Sa charité envers les pau- 
vres « pour les aumônes secrètes qu il faisoit, et par personnes 
signalées, choisies à cet effet, pour secourir les veuves et marier 
les orphelins et autres œuvres de pitié. » Sa justice envers le 
prochain. « ... Comme il s'est vu en la poursuite du Royaume 
de Portugal, par le soin qu'il a eu de faire examiner et résoudre 
la matière en plusieurs universités, avant que d'user de main 
mise. » Sa continence envers soi-même. Sa frugalité en sa vie 
« pour la simplicité de son vivre, de ses habits et compagnie : 
se contentant d'une ou de deux sortes de viande pour tout 
mets : de deux accoutrements par an, sans qu'aucune soie fût 
sur son corps : et sans user d'autre couleur, ni permettre d'être 
usé en cour, tant à ceux du pays qu'aux étrangers, même aux 
ambassadeurs, sinon de noire, qui pour tant étoit appelée Color 
de corte, couleur de cour. Et sans qu'il y eût en sa chambre 
aucun tapis, sinon celui de sa table, avec les courtines de son 
lit et le dossier de sa chaise, qui étoient de simple drap gris. Ce 
qui étoit l'ordinaire en tous les lieux où il alloit. Et de deux ou 
trois assistants, quand il prenoit son repas. Et de petit nombre 
d'officiers, qu'il choisissoit entre les plus vertueux. » 

« Sa modération au maintien, pour la douce gravité et 
modestie de son geste, bien séante à la beauté et proportion de 
son corps, qu'il tenoit en ses audiences. Estant debout, sans 
vaciller çà ni là, sans tousser ni cracher, et sans remuer l'œil, la 
bouche, ni le bras ou le pied, ni aucune partie de son corps. 
Ecoutant attentivement et avec patience, quelque grand que fût 
le nombre de ceux qui demandoient audience, qui n'étoit refusée 
à personne, lorsqu'il retournoit de la messe : et dût cela retarder 
son repos d'une ou de deux heures entières. Répondant promp- 
tement et de point en point, quelque long que fût le discours. 



242 

avec autant de grâce et de facilité que si c*eût été chose prémé- 
ditée^ 1» 

Sa sollicitude envers ses enfants. Sa conduite au règlement de 
sa maison. Sa magnanimité aux entreprises. Sa sagesse en la 
conduite pour tenir les résolutions secrètes. Sa vérité aux paroles. 
Sa patience aux adversités : telle la perte successive de ses 
quatre femmes. Sa douceur à Fégard de tous, même de ses 
domestiques. « Un sien domestique, qui comme sa Majesté une 
fois eût écrit de nuit de sa main une longue lettre au Pape, et 
icelui appelé pour y mettre de la poudre, eut par mégarde, demi 
endormi qu'il étoit, au lieu de poudre, renversé lencrier sur la 
lettre, sans s'émouvoir aucunement, ni lui dire aucune rudesse, 
recommença doucement la lettre, qu'il récrivit toute la nuit. » 

Voilà ses vertus privées, c'est-à-dire personnelles. » L'ora- 
teur va parler maintenant des « vertus publiques et royales »> de 
Philippe II, « mais qui sont bâties néanmoins sur le fondement 
des premières. » 

Je comprendrai tout en un mot, dit le chanoine Boucher, c'est 
que comme il était un grand roi, il a aussi servi Dieu en roi. 

Les vertus propres aux rois sont les trois suivantes, rappelées 
par l'Ecriture Sainte au psaume 44® : propter veritatem et man- 
suetudinem etjustitiam, VÉRITÉ, DÉBONNAIRETÉ ET JUSTICE. 

La vérité, c'est-à-dire d'être véritable en soi, envers Dieu et 
envers les hommes ; faire croire la vérité aux autres, tant par 
exemple que par autorité, la publier, l'annoncer, la soutenir, la 
défendre. 

La débonnaireté : soulager les humains, soit sujets, soit 
étrangers, supporter leurs infirmités; les garantir de toute 
oppression et injure. 

La justice : rendre à chacun ce qui lui appartient, sans 
acception de personnes. 



243 

La plus importante de ces trois vertus est la vérité. Jésus- 
Christ est ici le vrai modèle des rois. 

Il nous faut montrer comment Philippe a pratiqué ces trois 
vertus. 

La vérité. 

Il a réconcilié le royaume d'Angleterre à l'Eglise Romaine. 
Il n'a jamais toléré en ses domaines deux religions différentes. 
Il a promptement obéi à l'Eglise en publiant aux Pays-Bas, 
dès i565, les décrets du concile de Trente. Il fit publier un cata- 
logue des livres défendus. Il envoya de bons missionnaires au 
Pérou, au Mexique, en Floride, aux Indes tant dans les îles 
que sur la terre ferme. En iSSp, il érigea aux Pays-Bas quatorze 
nouveaux évêchés. Il fonda l'université de Douai et y adjoignit 
sa maison, qu'il convertit en institut scientifique se nommant le 
Collège du Roi. 

Les bibliophiles seront sans doute charmés de lire le passage 
suivant ; il est relatif à la Polyglotte de Plantin, l'une des mer- 
veilles de l'art typographique en Belgique. 

(( Je n'omettrai pour le sixième, cette célèbre édition de la 
grande Bible Hébraïque, Chaldaïque, Syriaque, Grecque et 
Latine faite à Anvers, chez Christophe Plantin, par le comman- 
dement de sa Majesté, et à la diligence des gens doâes de 
toutes nations, qui y ont été employés. Œuvre autant digne de 
Roi, que le fruit et l'ornement en a été grand par tous les 
endroits du monde, où en ont été portés les exemplaires. Dont 
ce grand roi de Mogor (qui commande entre les fleuves Indus et 
Gange) sera pour témoin entre les autres : qui l'ayant en sa 
Bibliothèque, et l'y gardant précieusement, en fit montre avec 
allégresse, aux pères de la Société de Jésus, comme il se voit par 
leurs lettres écrites l'an iSgS. » 

L'orateur va maintenant parler de la débonnaireté et justice 
du roi. 



244 

Il n'épargnait rien, quand il s'agissait du bien de la vérité, 
pour le soulagement de ceux qui souffraient à son occasion et 
qui se rendaient utiles en la propageant. Témoin les sémi- 
naires fondés pour les Anglais persécutés, à Louvain, à Saint- 
Omer, à Valladolid, à Séville. Témoin la fondation de 1 école 
de TEscuriaL 

Dans les charges d'Etat et d'Eglise, il recherchait les hommes 
les plus capables. Il prévenait par ses avances courtoises ceux 
qui se seraient éloignés de la vérité par hérésie ou rébellion, leur 
offrant amitié et grâce, s'ils revenaient à la vérité. 

Quant à la justice elle se peut pratiquer en paix comme en 
guerre. C'est par un effet de sa justice que l'Inquisition espa- 
gnole a assuré à ce pays la paix en le préservant du venin de 
l'hérésie. Boucher invoque en faveur de son assertion Hippoma- 
nus, Italien, Vasaeres, Flamand de nation dans ses chroniques 
d'Espagne et le grand cardinal polonais Hosius et ce témoignage 
oui plus d'une fois de la bouche du pape Paul IV, que le saint- 
office avait été établi par l'inspiration du Saint-Esprit. 

Le roi fit preuve de ses sentiments de justice, quand il publia 
son édit d'oflobre 1 586 pour réformer l'abus des titres et qua- 
lités et pour réprimer l'excès et la superfluité de la toilette. 
Boucher ajoute que le roi faisait à lui seul plus de besogne dans 
l'expédition de ses dépêches que pas un de ses secrétaires. 

Philippe a fait la guerre saintement et courageusement contre 
les infidèles et les hérétiques. Rappelons la prise de l'île de 
Gerbi, la défense de Malte en i565, la vidoire de Lépante 
en iSyi. La France, à son tour, ne lui doit-elle pas de n'avoir 
pas succombé sous les armes de l'hérésie? Les journées de 
Dreux, de Saint-Denis et de Moncontour sont dues à son inter- 
vention. Les injures vomies par les hérétiques n'ont d'autre 
raison que le ressentiment que ces échecs leur ont fait éprouver. 



245 

Vérité, débonnaireté, justice ; voilà les moyens qui font pros- 
pérer les rois, selon quil est écrit : Prospéré procède et régna. 
Il était donc nécessaire que les prospérités suivissent Philippe II. 
C'est ce que nous considérerons « par le discours des histoires, 
s*il en fût jamais de pareilles en un même personnage. » 

Six prospérités semblent à Boucher devoir être principale- 
ment admirées dans le roi Philippe. La première d'avoir eu à 
un titre éminent les mêmes amis et ennemis que Dieu et son 
Eglise. La seconde, d'avoir été en butte à toutes sortes d'attentats 
à sa vie de la part de tous les mécréants de la terre, « jusqu'au 
poison mis sur le pied du crucifix qu'il avoit coutume de baiser 
en sa chambre. » La troisième, d'avoir vu, comme dans un 
champ plantureux et fertile, lui germer les couronnes et multi- 
plier les États. La quatrième d'avoir entretenu tant d'États 
séparés et si divisés. La cinquième, d'avoir dépassé l'âge de 
soixante-dix ans ; Philippe mourut en la soixante-douzième 
année de son âge et la quarante-troisième de son règne, dépas- 
sant ainsi en l'une et l'autre le temps de David. 

Ce nombre 72 est mystérieux. Il est composé du 12 et du 6, 
dont le premier est un nombre universel et qui nombre les 
choses universelles. Nous avons les douze signes du Zodiaque, 
les douze mois de l'année, les douze heures du jour, les douze 
lignées d'Israël, les douze pains de proposition, les douze pierres 
du rational [dou^e pierres précieuses enchâssées dans une 
plaque que le grand' prêtre juif portait sur la poitrine en cos- 
tume de cérémonie], les douze Apôtres, les douze fondements de 
la Jérusalem céleste, les douze étoiles formant la couronne de 
la femme environnée de soleil, laquelle femme est l'Eglise. 

Moise établit soixante-douze anciens d'Israël. Il y a eu 
soixante-douze interprètes [les septante traduâeurs grecs de la 
Bible], et soixante-douze disciples de Jésus-Christ. « J'ajoute 



246 

que c*est à quoi les Egyptiens, qui sur tout observoient les nom- 
bres, pourroient bien avoir eu égard, pleurant leurs rois 
72 jours... comme si ce nombre fût propre aux rois. » Si nous en 
croyons saint Jean Damascène, Michel de Crète, Métaphraste, 
la Vierge Marie a vécu soixante-douze ans, ainsi que Charle- 
magne 

La sixième prospérité de Philippe fut sa nombreuse descen- 
dance. 

Toutes ces bénédiflîons spirituelles et temporelles ont eu pour 
comble une heureuse fin. Il a été donné à Philippe d'endurer et 
de souffrir en Jésus-Christ; le roi a eu ici une part incomparable 
de souffrances. « Que nul n'attende ici de moy que je dissimule 
ses douleurs. » Boucher emploie huit pages à décrire la patience 
du roi ; deux autres pages donnent une description par trop 
détaillée des souffrances de Philippe; il demande au livre de Job 
le complément de cette partie de son oraison funèbre. 

La piété du roi ne se démentit pas dans cette redoutable 
épreuve. Il prolongea durant trois jours la confession générale 
de toute sa vie ; en l'espace de cinquante-trois jours. que dura 
sa dernière maladie, il reçut quatorze fois la Sainte-Commu- 
nion ; il demanda en temps et heure TExtrême-Onâion et elle 
lui fut administrée en présence du roi, son fils. Voilà le dernier 
mot « qu'il a prononcé en sa vie et deux ou trois heures avant la 
mort : Qu'il mouroit catholique, en la foy et obéissance de la 
sainte Eglise romaine. » 

Voici les vertus qui redoublèrent alors de lustre : sa profonde 
humilité, son entière abnégation, son obéissance parfaite, sa 
résignation et conformité à la volonté de Dieu, sa charité et 
bonté, sa magnanimité et constance, son assurance et confiance 
en Dieu. 

Tel fut l'homme, tel fut le chrétien. Il nous reste à considérer 



247 

les vertus du roi mourant. D*abord il fit lire un testament qu*il 
gardait sous son chevet par lequel il remet son royaume et son 
âme à Dieu. Puis il rendit à ses ennemis, c'est-à-dire à ceux qui 
l'auraient offensé soit leurs biens, soit l'honneur, soit la vie, soit 
la liberté. Enfin, il donna des instrudions particulières à son 
fils. 

De vive voix il instruisit son héritier aux trois vertus de 
vérité, débonnaireté et justice. Il fit ensuite tirer d'une riche cas- 
sette un extrait de l'exhortation de saint Louis mourant à son 
fils ; le texte qui s'en lit au chapitre nonante-troisième de la vie du 
roi de France par le sire de Joinville, Philippe l'avait fait tra-. 
duire en langue espagnole, avec charge expresse à l'un de ses 
principaux conseillers de le lui lire après sa mort. 

Enfin, il fit sortiç de cette même cassette la discipline de l'em- 
pereur Charles-Quint, encore teinte de son sang ; on lui apporta 
également son cercueil, afin qu'il pût faire des réflexions sur sa 
dernière demeure, comme il s'exprimait. 

Cette mort fut heureuse. Elle fut heureuse par le concours de 
toutes ces vertus antérieurement énumérées, heureuse par l'expia- 
tion de ses douleurs dernières, heureuse eu égard à la récom- 
pense qui attendait Philippe dans le ciel. Mais elle est surtout 
heureuse pour le fruit de cette même récompense qui en revient 
à l'État et à la chrétienté. A l'Etat, il laisse un successeur de son 
nom et de sa majesté et grandeur. A la Chrétienté, il a appris 
comment on sert son Dieu en roi. Enfin, nous avons au ciel un 
puissant prote£leur qui priera pour nous. Cette pensée nous 
console, elle sèche et tarit nos larmes. 

« Heureux Prince et heureux Monarque... qui ayant fiché 
ses désirs et souhaits en Dieu, et rapporté à sa gloire ses entre- 
prises et ses œuvres, jouit de ce qu'il a aimé le plus, et de l'eflFet 
de ses prières. Entré qu'il est en la joie de son Seigneur, et 



248 

absorbé dans la gloire de sa divinité, et de cette mer de douceur, 
qui réjouit la cité de Dieu. 

« C'est aussi à vous, Seigneur Dieu, que nous en rendrons la 
gloire. Et comme cela est dû à vous seul, qui avez prévenu ce 
prince des vertus que vous couronnez, et lesquelles couronnant, 
vous couronnez vos œuvres, même qui êtes celui, en qui il a 
espéré de son temps, et en votre miséricorde il n'a trébuché 
jamais, pour abandonner votre foi, qui Tavez mis en grand hon- 
neur et en votre salut, faites que sa gloire est grande, ainsi 
tous nous protestons par ces saintes cérémonies , par ces 
flambeaux et luminaires, par ces prières et cantiques, par cet 
auguste sacrifice du corps et sang de votre Fils, et de celui 
qui un jour jugera les vifs et les morts, et par tout ce qui 
est en nous, de vous en donner seul la gloire, de vous en 
louer et bénir, comme nous faisons et ferons par tous les siècles 
des siècles. 

« Suppliant votre bonté, que continuant en la postérité de 
celui, dont nous honorons la mémoire, Teffet de vos saintes 
promesses, par la réunion de TEglise, par la rénovation dlcelle, 
que de si longtemps on attend, par la sanâification de votre 
nom, établissement de votre règne et exécution de votre sainte 
volonté, et surtout, par la paix entre vous et nous, nous puis- 
sions sous leur autorité, tellement vivre en votre crainte, que 
vous soyez à jamais notre Dieu, et nous à jamais votre peuple. 
Amen. » 

Il y a ensuite en guise d'appendice six pages de texte repro- 
duisant, d'après Joinville, les instruâions de saint Louis mourant 
à son fils Philippe le Hardi. 

Dans certaine relation des obsèques faits à Philippe II, de ce 
nom^ brochure de dix pages non chiffrées, imprimée chez Rutger 
Velpius, à Bruxelles, en 1599, on lit : 



249 

« Les Maîtres des cérémonies allèrent semondre le Seigneur 
Révérendissime Evêque de Namur, et le conduisirent à la chaire 
pour faire la Harangue funèbre : auquel devoir il s'est acquitté 
fort honorablement, pour être prélat fort religieux, dofte, pru- 
dent, discret et éloquent : lequel a discouru gravement et avec 
bon ordre et suite des vertus et faits plus signalés de ce grand 
Monarque... » — « De ceci, je n'en dirai davantage, car j'espère 
que de bref le dit Seigneur sera induit, selon la coutume, de 
mettre cette belle harangue en lumière, pour satisfaire au souhait 
de plusieurs, et pour perpétuer la mémoire et les louanges de ce 
grand Roy, votre Prince et Seigneur, lequel comme tout le cours 
de sa vie a donné grande preuve de ses Royales et Chrétiennes 
vertus, aussi a-t-il fait fort évidemment le même, à la dernière 
période et issue d'icelle, lorsqu'il a voulu montrer à tous, qu'il 
voulait mourir très-saintement, et en Prince vraiment Chrétien 
et Catholique. » 

On voudra bien noter ces mots selon la coutume. L*Evêque 
de Namur se conforma donc à l'usage en livrant son discours à 
rimpression. 

Sermon funèbre faiâ par le révérendissime evesque de Namur ^ 
Messire JACQUES Blasaeus, aux funérailles du très catho- 
tique, très haut et très puissât Prince et Monarque Phi- 
lippe 2. Rojr des Espaignes etc., célèbre^ en Brusselles en 
VEglise de Sainte-Goedele, le dernier iour de Decèbre, de 
Van 1 598. En la presece du Sere^^ Prince André Cardinal 
d'Autriche, Gouverneur des Pays bas^ Cap. Gen. etc. •— 
A Bruxelles. Par Rutger Velpius, Libraire et Imprimeur 
iuré â r Aigle d'or près la court, l'An i5gg. Avec privilège. 
Brochure in-40. Trente-huit pages chiffrées, vignette aux 
armoiries d'Espagne sur le titre, marque de l'imprimeur à la 

Tome xii. ' 17 



25o 

dernière page et sa devise : Sub umbra alarum tuarum pro- 
tège nos. 

L'Evêque Ae Namur débute sans texte de l'Ecriture Sainte. 
Il va traiter et discourir des faits très-hauts, très-chrétiens, très- 
catholiques de Philippe IL Pour réussir dans ce dessein il 
compte sur la faveur, attention et patience du Cardinal André 
d'Autriche, présidant à la cérémonie, ensuite sur l'aide du ciel. 

Les anciens, païens aussi bien que chrétiens, ont toujours res- 
peâé la mémoire de leurs morts. Ils voulaient, par ces honneurs, 
récompenser leur vertu en quelque manière, honorer ces corps 
qui avaient été le temple de Dieu, le réceptacle de l'âme, les 
instruments du Saint-Esprit. David prononça l'oraison funèbre 
de Saûl et de Jonathas ; S^ Ambroise, celle de Théodose et de 
Valentinien; S. Grégoire de Nazianze celles de son père, de 
S. Basile et de S. Cyprien ; S. Grégoire de Nysse, celles de Pul- 
chérieet de Placilla; S. Jérôme, celle de Paula. Incapable de 
s'élever à la hauteur de tels modèles, le prédicateur se conten- 
tera, dit-il, de placer auprès de la tombe du Roi, non une statue 
d'or ou d'argent ou de bronze, ou de cèdre, marque d'immorta- 
lité, mais une statue choisie et tirée de V Ecriture Sainte. Ce 
sera celle de David. Le discours aura trois parties. Les deux 
premières traiteront de son extraflion, des choses grandes, 
admirables qu'il a faites et endurées en paix comme en guerre ; 
la dernière sera consacrée au récit de sa mort. 

Blasaeus décrit d'abord longuement l'illustration de la famille 
d'où sortit David. Toutes les excellentes prérogatives, grandeurs 
et noblesses de cette famille de Juda peuvent s'appliquer à la 
maison d'Autriche, la plus noble de toute l'Europe, la seule 
défense invincible, la seule muraille insupérable, et le boulevard 
terrible de la chrétienté contre les infidèles, Turcs et hérétiques. 
De cette illustre maison sont issus huit empereurs, dix rois, 



deux impératrices, seize reines, ce qui ne se trouvera en aucune 
autre Êunille quelconque. De cette sainte maison sont descendus 
S. Georges, martyr en Cappadoce, S. Benott, S. Grégoire le 
Grand, S. Thomas d'Aquin, Boèce, Symmaque, les Albert, les 
Léopold, les Ernest, les. Frédéric,, les Maximilien, les. Phi- 
lippe de ces derniers siècles, et ceux qui les surpassent tous en 
grandeur, en puissance, en hauts faits, ce grand Charies-Quint, 
de mémoire immortelle, et Philippe, digne fils d'un te} père. 

Suivons le parallèle. David ne fut pas plutôt appelé au trône, 
qu'il se vit aussitôt environné d'ennemis^ de persécutions et de 
guerres de toutes parts. Ainsi Philippe a eu un règne qui fut une 
guerre continuelle contre les ennemis de Dieu, Turcs, Maures 
et hérétiques. Après avoir raconté les triomphes de Philippe sur 
rislamisme à Lépante et ailleurs, Blasaeus remarque que les 
rois très-chrétiens eussent succombé depuis longtemps sous le 
joug des Huguenots sans l'aide des rois d'Espagne. Pourquoi 
l'a-t-il fait ? Voulait-il être roi de France et envahir les États 
d'autrui, comme calomnient très-impudemment et très-impru- 
demment ceux qui ne savent rien mieux que mentir et calom- 
nier! Non vraiment... Pourquoi donc l'a-t-il fait? Parce qu'il 
était prince très-chrétien, il n'a jamais voulu abandonner la 
querelle de Jésus-Christ, qudque part que ce fût. 

David a fait la guerre aux Philistins, Ammonites, Moabites ; 
mais sa guerre la plus cruelle fiit celle qu'il dirigea contre son 
propre fils Absalon. La plus longue, la plus cruelle guerre 
que notre roi a eue en sa vie, c'est cette guerre intestine que lui 
ont faite ses propres sujets pendant plus de trente années et qui 
dure encore. 

Comme David, Philippe fiit dément. Il pratiqua la clémence 
aussi longtemps qu'il fut roi et avant de mourir pa^-donna à tous 
ceux qui l'avaient gravement offensé. 



252 

Pour attirer sur ses États les faveurs divines, Philippe savait 
qu'il fallait être un homme religieux. Comme David, il se levait 
la nuit, pour assister au chant des louanges du Seigneur. Le roi 
de Juda honorait singulièrement la personne des prophètes 
Samyël, Nathan, Gad ; Philippe se montra tous les jours de sa 
vie obéissant au Pape, aux prélats, aux do£leurs de TEglise 
catholique. Les ordonnances du Concile de Trente n'ont été 
nulle part mieux observées que dans ses États. Il a envoyé des 
missionnaires aux Indes, au Mexique, en Floride, au Pérou. 
Il a érigé aux Pays-Bas quatorze nouveaux évêchés et y a placé 
« des pasteurs vigilants, personnages excellents en do£lrine, et 
de vie religieuse et exemplaire, pour surveiller sur le parc de 
Jésus-Christ, en déchasser les loups, ramener au troupeau les 
égarés, et paître les ouailles de la vraie do£lrine catholique, et 
les animer à bien vivre, par les exemples de leur bonne vie. » 
Il a fondé des écoles et universités, notamment à Douai, Lou- 
vain, Valladolid et Saint-Omer. 

Sans doute Philippe n'a point imité David dans la composi- 
tion de ses psaumes et cantiques, mais il nous a fait avoir une 
Bible purgée des erreurs que le diable y avait semées par ses 
ministres. « Il a semblablement fait repurger l'imprimerie, mère 
nourrice des bonnes lettres et sciences, et pour cette cause fai- 
sait-il tant de cas de ce Maître Imprimeur de notre siècle Plantin, 
duquel il s'est servi, pour derechef faire venir en lumière cette 
merveilleuse Bible, de Complutum, ou Alcala, invention première 
de ce grand Cardinal de Tolède, Ximenès, mais de notre temps 
beaucoup augmentée et amplifiée, par la diligence de ce très- 
dofte personnage Arias Montanus, et d'autres théologiens très- 
savants, à ce appelés et employés par son commandement. » 

En récompense de ses œuvres, Dieu a fait goûter à Philippe 
dès ce monde un avant-goût des biens futurs. Il est notoire que 



253 

depuis qu'il eut recueilli la succession de Portugal, il a commandé 
à plus du tiers du monde habité ; cette faveur n est échue à nul 
autre roi chrétien, ni même à Auguste, Alexandre le Grand, 
Nabuchodonosor, Assuérus. Cette félicité toutefois n*a été ni 
générale, ni continuelle, pas plus pour Philippe que pour 
David. Le roi d'Espagne a bu le calice des tribulations par 
perte d'armées, par des séditions et rébellions, par la mort de 
ses enfants, femmes, parents et amis ; il a été visité plus d'une 
fois par les ilnaladies et surtout dans la maladie qui la emporté, 
il a montré une constance admirable et vraiment chrétienne. 

Imitateur du saint roi David durant toute sa vie par sa reli- 
gion, piété, magnanimité, clémence, libéralité et patience, il l'a 
imité également dans son trépas. Il mourut en bonne vieillesse, 
plein de jours, de richesse et de gloire. Il mourut à l'âge de 
s6ixante-douze ans, en bonne vieillesse, non fâcheuse, difficile, 
soupçonneuse, avare ou colère, mais douce, tempérée, prudente, 
grave et mûre, sainte et vertueuse. Il est décédé en telle vieil- 
lesse qu'elle ne l'a détourné ni empêché de recevoir dévotement 
les saints Sacrements de l'Eglise. Il a laissé, comme ses pères^ 
une bonne et très-glorieuse renommée et une postérité d'enfants 
semblables à lui. 

Transcrivons la péroraison du discours funèbre de Blasaeus. 

((Je crains certes (et plaise à Dieu que ma crainte soit vaine) 
que cette mort causera de graves inconvénients à la République 
chrétienne. Car lorsque les soubassements d'un édifice sont 
élocés et croules, que doit-on attendre? Quand les colonnes d'une 
maison sont ébranlées ou tombées, que doit- il s'en suivre ? Et 
lorsque les murailles, boulevards et plateformes d'une forteresse 
sont atterries, que doit-on craindre ? Et que devons-nous craindre 
et redouter, puisque nous voyons la terreur des Turcs et infi- 
dèles, l'épouvantement des hérétiques, la crainte et le fléau des 



254 

méchants être par terre et enfermé eh terre? Mais les regrets 
n'ont pas de lieu contre Fordonnance et volonté immuable de 
Dieu. C'est pourquoi retournons-nous aux devoirs de charité, 
que lui devons par toutes obligations. Et comme les membres 
au chef, les sujets au supérieur, les vassaux à leur Prince, et les 
enfants à leur père, rendons peine de Taider par nos ferventes et 
dévotes prières. Joignons-les à celles de TEglise, et à ce grand 
sacrifice propitiatoire, que Ton va offrir pour lui. Et si son âme 
était encore souillée de quelques restances de péchés, prenons 
notre refuge au bain tout chaud du sang de notre Seigneur. Et 
s'il était demeuré reliquateur de la divine justice, pour quelques 
dettes non payées par condigne pénitence et satisfaâion, êmpres- 
sons-iious à ce trésor infiniment riche et précieux, le corps dé 
Jésus-Christ. Oflfrons-le, présentons-le à Dieti son Père, pour 
pleine rançon de ses oubliances, infirmités et imperfeâions, afin 
que par ce moyen, après tant de labeurs, peines et travaux, il 
soit reçu par la miséricorde de Dieu au repos étemel. Amen. » 

Sermon funèbre, que predico el maestre fray Matheo de 
Olando, de la Orden de los Predicadores, en las onras de 
la Magestad Catholica de Don Felipe Segundo Rejr de las 
Espanas, quefueron celebradas por la nacion Espàhola, en 
la villa de Brussellas, en el Monasterio de Santo Domingo, 
y en la Capilla de nuestra Senora del Rosario. A i5. de 
Di^iébre del àho de 1 598. — En Brussellas, En casa de Rut- 
gero Velpio, junto al Palacio, en el Aguila de oro. — Bro- 
chure in-40. Vingt-huit pages non chiffrées. Avec approbation 
ecclésiastique, donnée par Sylvestre Pardo, S. T. L. Chanoine 
de la cathédrale d'Anvers et censeur des livres. 

Les historiens n'ont rien à recueillir, nous a-t-il paru, dans le 
discours funèbre prononcé à l't^lise diss Pères Dominicftins, en 



2i)5 

la chapelle de N.-D. du Rosaire, chapelle appelée de la nation 
espagnole. Il était juste, dit Torateur, que la nation espagnole 
fît à Philippe, son roi de très-heureuse et éternelle mémoire, des 
obsèques dignes de son amour et de sa fidélité habituels. 

Le P. d'Olando a conçu son oraison funèbre comme un dis- 
cours de morale, destiné à faire naître des réflexions pieuses 
dans rame de ses auditeurs. Il a pris pour texte ces paroles de 
V Ecclésiastique y chap. XXXVIII: Souviens-toi de mon juge^ 
ment, car le tien viendra de même aussi : à moi hier et à toi 
atyourd'hui. Il va faire penser à ces grands enseignements de la 
mort. 

A cet effet, le prédicateur suppose que le cadavre de Philippe, 
devenu un squelette décharné, se dresse dans sa tombe et 
adresse aux auditeurs les graves enseignements contenus dans 
l'Ecriture Sainte. 

Tel Alexandre le Grand qui, couché sur son lit de douleur, 
divise son empire avant de mourir.... Ego ille quondam opu- 
lentus, repente contritus sum. Moi opulent, disait Job, j'ai été 
brisé tout d'un coup. Voici comment d*01ando commente ce 
passage: 

« Rien n'a pu me préserver de la mort : ni l'or de mes 
Indes, ni les carrières de pierres précieuses, ni les pêcheries de 
perles, ni les montagnes de métal, ni les collines de Potosi, ni 
les innombrables vassaux de mes royaumes, ni les nombreux 
officiers de ma maison, ni les jardins et les maisons de plai- 
sance, ni les grands médecins ; rien n'a pu me protéger contre 
ses coups. » 

Nous trouvons dans le fonds Van Hulthem, n^ 26668, à la 
Bibliothèque royale, un Recueil de seize oraisons funèbres de 
Philippe II, roi d'Espagne. Malheureusement le titre manque; 
de plus nous n'avons ni approbation, ni privilège. Il nous est donc 



256 

impossible de fixer exaâement la date de ce travail. Le traduc- 
teur français, F. I. Suarez de Sainte-Marie, offre son œuvre à 
Villeroy, secrétaire d'Etat de Henri IV, vraie image et portrait 
animé pour tous les rois du monde (dans Tépître dédicatoire). 
Nous ne risquons guère de nous tromper beaucoup en donnant 
Tannée 1600 comme millésime à cette anthologie funèbre. 

Il va sans dire que l'analyse détaillée de ces discours est 
étrangère au but que nous poursuivons, n'entendant nous 
occuper que d'œuvres prononcées en Belgique. Nos leâeurs 
seront toutefois heureux de trouver çà et là quelques renseigne- 
ments utiles ou curieux. Ces Harangues funèbres comptent 
328 pages in- 12, plus une ample table des matières, par ordre 
alphabétique. 

Le 29 oftobre iSgS, Don Bernard de Roxas et Sandoval, 
cardinal archevêque de Tolède, peu après, en 1599, mais alors 
évêque de Jaen, prononça Toraison funèbre de Philippe II, en la 
cathédrale de Baeça. ■ 

Le 19 oftobre 1598, le doéleur Aquilar de Terrones, prédica- 
teur du roi, prononça le discours aux obsèques que Philippe III 
fit faire à son père en l'église de S. Jérôme de Madrid. 

S. Philippe, dit Aquilar, fut le premier apôtre que Jésus- 
Christ fit parler aux Gentils. Les premiers empereurs catholi- 
ques du monde furent les deux Philippe, père et fils, longtemps 
avant Constantin. Ces deux présagèrent les deux Philippe de 
Castille, aïeul et petit-fils. 

Le 3i o£lobre 1598, Alonso Cabrera, prédicateur de Sa 
Majesté, prêcha aux obsèques solennelles faites par la ville de 
Madrid à Saint- Dominique le Royal. 

Quand l'empereur Charles - Quint récompensait un aâe 
signalé, il avait coutume de donner dix ducats. Philippe en 
donnait plusieurs centaines, dit Cabrera. L*orateur fait un long 



257 

iparalléle entre Philippe et Salomon. La bâtisse de TEscurial, 
la huitième merveille du monde, est comparée à celle du temple 
de Jérusalem. 

Le 8 novembre iSgS, le P. Augustin d'Avila, dominicain, 
prêcha en Téglise métropolitaine de Valladolid. La première 
phrase de Fexorde rappelle aux auditeurs que Philippe naquit en 
leur ville. 

Le R. P. Laurent de Ayala, prédicateur de Saint-Benoît le 
Royal de Valladolid, prêcha aux obsèques que fit à la mort de 
don Philippe II, roi d'Espagne, ce royal monastère, le dimanche 
i5 novembre iSpS, en acquit des grandes obligations que 
cette sainte et royale maison avait aux catholiques rois 
d'Espagne, C'est la première phrase de Fexorde. Citons cet 
éloge de Tinfante Isabelle : « Il (Philippe) nous a laissé la Séré- 
nissime Infante Madame Isabelle, un naturel portrait du 
courage viril et de Tardent zèle de la reine Isabelle sa troisième 
aïeule, la gloire de toutes les femmes du monde : de laquelle nous 
attendons des fruits de bénédiâion de son futur mariage....» 

Nous trouvons ensuite le sermon du dofteur Louis Montesin 
aux obsèques faites à Philippe, en Téglise collégiale de Saint- 
Just. 

Le 9 oâobre 1598, Alonso des Anges, prieur des Carmes 
Déchaussés au couvent de Saint-Joseph, prononça Toraison 
funèbre de Philippe en la cathédrale de Barcelone. 

Il fait ce discours funèbre, parce que selon Platon et saint 
Jérôme, il faut apprendre aux vivants à bien vivre. Les regrets 
que montra la cité de Barcelone à la nouvelle de la mort du roi 
sont beaucoup plus grands que la douleur témoignée par 
Alexandre le Grand à la mort d'Ephestion. 

Pages 157-171. Conceptions sur les paroles du fondement de 
ce sermon, c est-à-dire sur ce texte du livre de la Sagesse^ cha- 



258 

pitre Wll: Je suis un homme mortel semblable à tous et de la 
race de cet homme de terre qui fut créé le premier. C'est une 
série de pieuses méditations. 

Pages 172-198. Recueil des vertus héroïques et des excel- 
lents faits de notre très-catholique roi don Philippe IL Sans 
nom d*auteur. 

L'an 1598 (sans date plus précise), le P. Feraand de San- 
tiago, de l'ordre de N. D. de la Merci, prononça une oraison 
funèbre aux obsèques ordonnées par les chapitres et la ville de 
Malaga. Ce discours est en cinq points. 

Egalement en 1598, en la ville dé Logrogne, Le P. Jean 
Lopez Salmeron, commandeur du monastère de N. D. de la 
Merci, s'acquitta de cet office en l'église de St-Jacques. En pre- 
nant la parole dans cette circonstance douloureuse, l'orateur s'est 
souvenu des deuils tant profanes que sacrés d'Artémise, d*Enée, 
de Pompée, de Nicoclès, d'Abraham, de Joseph, de Marie, sœur 
de Moïse, d'Aaron, et de Moïse lui-même. Et depuis la venue 
de Jésus-Christ, il invoque les exemples de S. Clément, de Denys 
l'Aréopagite, d'Origène, de S. Cyprien, de S. Ambroise, auteur 
de l'oraison funèbre de Théodose, de S. Jérôme, qui fit l'oraison 
funèbre de Paula, de S. Epiphane, réfutant Arius qui niait les 
obsèques, de S. Jean Chrysostome, de S. Augustin, de 
S. Isidore^ de S. Jean Damascène, de S. Grégoire de Nazianze, 
composant l'oraison funèbre de son frère Césaire et du deuxième 
concile de Cologne commandant des obsèques universelles pour 
tous les fidèles trépassés. 

L'université de Salamanque ordonna des obsèques solen- 
nelles à la mémoire de Philippe II. Manuel Sarmiento y pro- 
nonça un discours funèbre, bourré de citations en vers latins. 

Il y eut à la chapelle royale de Grenade une oraison funèbre 
prononcée par le doâeur Martin de Castro. Il en fut de même 



259 

à réglise collégiale de Belmont ; le doSéur François d*Âvila fit 
le discours. Platon et Philon appellent les rois de& tuteurs; 
Plutarque les nomme des pilotes fermes au gouvernail de leur 
navire; Homère, Philon et Platon les appellent pasteurs des 
peuples; eh bien, Philippe a été tout cela. 

Le 21 décembre, l'université de Valladolid célébra les obsè- 
ques du roi. Le dpâeur Sobrino y fit le discours. Il lui applique 
cette parole de Job \Je mourrai dans mon nid. Philippe se bâtit 
le nid de TEscurial et y mourut. « Ceci est nommé nid, parce 
que tout est petit vis-à-vis de Dieu, pour la gloire duquel ce 
bâtiment a été construit. » 



POST-SCRIPTUM. 

Dans son Mémoire historique et critique Sur Aubert Le Mire, 
le chanoine De Ridder raconte la mission dont le savant poly^ 
graphe fut chargé auprès du roi de France, en 1609^ à là suite 
dt la signature de la trêve de douze ans. Cette détasircbt ne fut 
pas couronnée de succès. « Henri IV, dit le lauréat de TAcadémie 
de Belgique, se souciait médiocrement d*aider au rétablissement 
de rinâuence de la maison d'Autriche. Aussi^ en dépit même du 
discours que Jeannin prononça dans l'enceinte des États géné- 
raux de Hollande en faveur des catholiques, il nous semble 
qu'il y a manque de sincérité de la part des représentants du Roi 
Très-Chrétien : triste nécessité que leur imposait l'égoisme d'une 
politique implacable ! Dans de telles conjonâures , Miraeus 
n'avait aucune chance de réussite. Il dut se contenter 4e quel- 
ques promesses, à l'efficacité desquelles le président Jeaanin 
lui-même ne semblait ajouter aucune foi. » 



26o 

Ces paroles graves d'un érudit justement regretté nous sont 
revenues à la mémoire en lisant, entre autres, l*oraison funèbre 
de Philippe II, composée par Boucher, et celle de Tarchiduc 
Albert, prononcée à Téglise des SS. Michel et Gudule par Tabbé 
de Montgaillard. 

Nous savons bien qu*un effet ne saurait être plus grand que 
la cause qui Ta produit ; cela est vrai en philosophie. Mais la 
politique est souvent peu raisonnable ; et, plus d'une fois, une 
cause insignifiante en elle-même a eu des conséquences incalcu- 
lables. 

Il faut Tavouer en toute franchise, Henri IV, auquel nous 
reconnaissons de grandes capacités de gouvernement, ne poussa 
jamais, que nous sachions, la vertu jusqu'à l'héroïsme. On com- 
prend, même après la signature de la paix de Vervins, qu'il ne 
fût guère favorablement disposé à l'égard de l'Espagne. Mais 
encore, on doit le remarquer, les archiducs mettaient un peu 
les torts de leur côté en couvrant d'une faveur éclatante quelques- 
uns des personnages les plus compromis dans le soulèvement 
de la Ligue. 

Prenons Jean Boucher, par exemple. Entré dans Paris, 
en 1594, Henri se fit dresser une liste de tous ceux qui passaient 
pour lui être le plus hostiles; ces habitants, au nombre de 
cent vingt, reçurent l'ordre de quitter la capitale sans désem- 
parer. Notre dofteur de Sorbônne avait même pris les devants ; 
il s'était déjà retiré à Beauvais, où il continuait à prêcher contre 
le roi, dit M. de Chalambert dans son Histoire de la Ligue. 

Une notice publiée par feu M«^ Voisin dans les Mémoires de 
la Société historique et littéraire de Tournai sur ce turbulent 
personnage, bon prêtre du reste, nous donne le sujet de quel- 
ques ouvrages dont le titre devait mal sonner aux oreilles du 
roi de France. 



26 1 

Apologie pour Jehan Chastel, parisien^ exécuté à mort ... 
divisée en cinq parties. Paris, iSgS. Réimprimée en 1610. 

Semions de la simulée conversion et nullité de la prétendue 
absolution de Henry de Bourbon^ prince de Béarn, à Saint- 
Denys en France^ le 25 juillet iSpS. Ces sermons, au nombre 
de neuf, prononcés à la paroisse de Saint-Merry, parurent Tannée 
suivante à Paris et furent reproduits immédiatement après à 
Douai. 

Le mercredi 25 septembre iSpô, Boucher prononçait à Féglise 
de Sainte-Gudule Voraison funèbre de Chrétien de Savigny, 
seigneur de Rosne. Ce discours fut imprimé la même année chez 
Jean Moemmaert, dans le format in-S^. Le leéleur voudra bien 
se rappeler que Savigny, obligé également de quitter la France, 
avait été admis, dés le printemps de iSgS, au service d'Espagne. 
Le comte de Fuentès Favait nommé maître de camp général de 
Tarmée et Tarchiduc Albert Tavait confirmé dans cette charge. 11 
fut tué au siège de Hulst, le 20 août 1 596. (Voir Histoire de 
Varchiduc Albert, de Montpleinchamp , annotée par M, de 
Robaulx de Soumoy). 

L année même de la mort de Henri IV, en 1610, Jean Boucher 
prêcha la station de carême à la cathédrale de Tournai. Une 
délibération des Consaulx gratifia d'une pièce de vin Fancien 
curé de Saint-Benoit à Paris, ci-devant prieur de Sorbonne et 
refteur de FUniversité. 

Bernard de Môntgaillard se trouvait à peu près dans la même 
situation que Boucher. Il s'était jeté avec ardeur dans la Ligue ; 
après la chute du parti, il s'était rendu à Rome. Clément VIII 
envoya le Petit Feuillant aux Pays-Bas. Les archiducs s'atta- 
chèrent cet orateur renommé en qualité de prédicateur ordinaire; 
ce n'est pas tout, en 1606, il fut pourvu de l'opulente abbaye 
d'Orval. Encore une fois, nous admettrons que Môntgaillard 



262 

fut le Chrysostftme belge du xvn« siècle, Belgicam aureo ore 
in admirationem sui traxit, dit son épitaphe ; nous proclame- 
rons la modestie qui le porta à refuser les évéchés de Pamiers et 
d*Angers et l'abbaye cistercienne de Morimont ; durant les vingt- 
trois années qu'il gouverna Orval, il procura à son monastère un 
éclat nouveau ; les personnages les plus éminents en piété étaient 
sous sa direâion ; citons, entre autres, la mère Anne de Saint- 
Barthélémy, disciple de sainte Thérèse. 

Au résumé, Boucher et Montgaillard étaient des ecclésias- 
tiques vertueux, instruits; on n'a, de ce côté-là, aucun reproche 
à articuler contre eux. En cherchant quelque peu, on trouverait 
probablement d autres hommes encore, compromis dans les 
troubles de la Ligue et qui avaient trouvé aux Pays-Bas, non une 
retraite obscure où ils se faisaient oublier, mais des positions 
recherchées qui les mettaient en évidence. On conçoit que le 
roi de France s'offusquât de cette espèce de prime accordée au 
mépris de ses droits et que ses rapports avec la cour de Bruxelles 
ftissent «mpreints d'une froideur, résultat de rancunes tout au 
plus assoupies, mais non éteintes. 

AD. DELVIGNE. 



263 



ANECDOTES BIBLIOLOGIQUES. 



N(His relevons dans les Annaes da Biblioteca nacional de 
Rio de Janeiro, publiées sous la direâion de M. Ramiz Galvâo, 
les Belgica suivants qui pourront intéresser quelques-uns de nos 
lecteurs, avec d'autant plus de raison que nous les croyons tout 
à fait inconnus chez nous. Ils font partie de la Colleâion dEpi- 
thalamesderois, reines, princes de Portugal, recueillis et légués 
à la Bibliothèque nationale de Rio de Janeiro, par Diogo Bar- 
bosa Machado, abbé de Féglise paroissiale de S. Adrien de Sever, 
membre de l'Académie royale de Lisbonne. 

28) T. II. Inaugustas nuptias | Pétri II. | Serenissimi Portugalliae, et Algar- 
biorum | Régis, | Cum Serenissima | Maria Sophia | Elisabetha | Neobur- 
gensi Palatina | Epithalamium. | Canebat | Carolus Josephus | de Ligne 
Princeps S. R. T. Senescallus | Hannoniae. Marchio de Arronchez | Régi à 
Concilijs. | (Armes du Portugal). Utissipone, \ Ex Typographia Michaelis 
Deslandes, | M. DC. LXXXVU. | Cum facultate superionim. | In f^ de 
10 ff(i). 

Emblema | Hostibus horribiiis, placidum fert lumen amicis | Serenissimo ac 
Potentissimo Domtno ] D. Petro | Régi | Portugaliae, et Algarbionna... | 
Festivum Diem Nuptialem Suum Cdebranti | Cum Serenissima i| Maxia 
Sophia Elisabetha I .... J Sub direâione Illustrissimi ac £xcellentis3tixû 
Domini | D. Emanuelis Tellesy Sylvy | ... ad altè memtum | Serenissimum 
Ele£lorem Palatinvm | Legati Extraordinarii, etc. | 2* julii 1687. | (Carmen) 
I ... sic precatur et optât, | Regiarum Majestatum Suarum devotissimus 
servus ac cliens | L. I. vande Wiele Flandro-gandavensis. | Heidelbergae 



(1) Charies-Joseph Procope, jnarquis d'AronChes, troisième fiito de Claude 
Lamoral et de Marie-Clûre de Nassau. 



264 

' TjTpis Philippi Delbornii. Anno 1687, ^ ^ ^^'^ coUés dans le sens de la 
hauteur. 

65) T. IV. Estampe allégorique en llionneur du double mariage de José I avec 
Marie-Anne- Vidoire de Bourbon, et de d. Fernand, prince des Asturies, 
avecd. Marie-Barbe, infante de Portugal. 

Sous les seize vers latins disposés sur deux colonnes au pied de cette estampe, 
commençant par Ut junâos animos quatuor sic cemite dextras, etc., 
on lit ces mots : Clientissimus subditus et sculptor, sacrae suae cesareae 
catholicae Majestatis, Fran* : Harrewijn 1729. H. 0,341. L om.2o3. 

70) Componimento | per musica | da cantarsi in Brusselle nel Palazzo | 
d'Egmont | gli 14 Aprile 1728. | Per la Festa che darà TEccellentissimo | 
Signor Ambasciadore di Portogallo, | in occasione | degli Sponsali di 
S. A. R. il I Principe del Brasile | con | Tlnfanta di Spagna | .s. 1. n. d., 
in-40 de 3i ff., aux armes du Portugal en tête. Texte italien (en vefs) et 
français (en prose) ; poésie de Gio. Sebast. Brillandi, musique d*Ant. 
Cortona. 



VERS INÉDITS ET AUTOGRAPHES 
DE CONRAD DINNER. 



Dans le fonds dit de la Ville de la Bibliothèque royale de 
Bruxelles, sub n© 6487, se trouve un exemplaire de Pétrarque 
( Venise, Bevilacqua, 1 564, in- 18) ayant appartenu à C. Dinner (1), 



(1) C. Dinner, philologue, historien, jurisconsulte, né à Akkrum, en Frise, 
en 1540, était professeur de poésie, à Fribourg, à Tâge de vingt ans, et, après 
avoir exercé cet emploi pendant quatre ans, il alla voyager en Italie : à son 
retour il fut nommé conseiller près Tévêque de Wurzbourg et professeur de 
langue grecque à Tuniversité de cette ville ; il mourut au commencement du 
xvii« siècle. 



265 

comme le marque cette inscription écrite sous le titre : E di 
Corrado Dinnero. Comparai in Bologna alli X, di settem- 
bre MDLXIIII. — Sur la garde du même volume Dinner a écrit 
ces vers charmants qui nont point été recueillis dans les Delitiae 
poet gertn. de Gr utérus : 

In Lq4V^K^SM: Petrarchae 
Conrad. Dinneri 

Postera dum dulceis aetas memorabit amores ; 

Dum feret alatus tela facesque puer : 
LoâV^J^^y tuum nomen niveis super aethera pennis 

Musa vehet, Thusci candida Virgilij. 
Liliaque laurosque et suave rubentem hyacinthum 

Laurigerae spargent ad tua busta Deae. 
Quin etiam Manesque tuos geniumque beatum 

Almus in Elysijs neftare pascet Amor. 
LoâV^Bp^y vale salveque, tuus postfata peraâa 

Dat tibi perpétua luce Petrarcha firui. 

III. Id. Vllbr. AP m. D. L. XIIII 
BONONIAE. 



VARIETES. 



Il s'est vendu ces jours derniers chez MM. Sotheby & C®, de 
Londres, une édition de Zainer, de Imitatione Ckristi, qui s'est 
élevée à 3^ 6<i, à cause de cette annotation manuscrite que portait 

Tome xn. 18 



266 

Fexemplaire : Isti quatuor libri dicuntur cotnpilatiper Fratrem 
David de Augusta qui fuit socius Fratris Berchtoldi de Ratis- 
porta. Ce David de Augusta Vindelicorum (Augsbourg) était 
un frère mineur qui mourut en 1272 et écrivit différents traités 
religieux dont le plus connu est le Spéculum de septetn proces- 
sibus religiosi status. Avis aux profonds érudits qui ont fait un 
serment d*Annibal contre Thomas à Kempis. 



Le premier numéro des Bibliographische Adversaria, de 
M. Nijhofif, contient entre autres une fort curieuse notice de 
livres danois imprimés à Anvers de i520 à i526, par un impri- 
meur inconnu^ qui paraît n*être autre que le célèbre réformé 
danois, Chr. Pedersen. 



Nous signalerons à Fauteur de la bibliographie du Chant de 
la Cloche, de Schiller, publiée dans VAn:{eiger, de M. Petzhold, 
la traduction suivante, en vers français, qui lui a échappé : 

La Cloche [par F. de Schiller] suivie de poèmes et de ballades, traduits de 
l'allemand et de V anglais, par Mlle Julie Miéville, auteur d^Âbraham ou 
les Patriarches. In-40. Vignettes. Lausanne^ Ducloux, iSSg. 



M. H. Tross, après avoir eu Fintention de se retirer complè- 
tement des affaires, sollicité par ses anciens clients de continuer 
la publication de catalogues de livres rares et précieux, vient de 
déférer à ce désir en produisant un premier catalogue pour 1878 : 
il en annoncé un autre qui donnera prochainement une grande 
liste de manuscrits et de raretés hors ligne. 



267 



BIBLIOGRAPHIE. 



Inventaire alphabétique des livres imprimés sur vélin de la 
Bibliothèque nationale. Complément du catalogue publié par 
M Van Praet, Paris, Champion, 1877, in-S^. 174 pp. 

M. Van Praet avait fait imprimer dès i8o5 un Essai d'inven- 
taire des livres sur vélin, in-f», qu'il supprima pour le remplacer 
par un catalogue publié en 181 3, dont les exemplaires furent 
encore détruits à l'exception de neuf, dont deux sur vélin. Enfin, 
reprenant son œuvre, il fit paraître de 1822 à 1828, le catalogue 
de tous les vélins conservés à la Bibliothèque de la rue Richelieu. 
La composition de cet ouvrage, la prolixité des détails et la 
complication des recherches le rendent d'un usage peu commode. 
Le nouvel inventaire se réduit à une simple énumération alpha- 
bétique, où l'on a pris soin de reftifier les inexactitudes et de 
compléter la liste des entrées nouvelles. 

Il remédie ainsi à une nécessité reconnue par tous les travail- 
leurs et se présente dans les conditions les plus satisfaisantes. Il 
nous manque maintenant un catalogue de tous les livres en vélin 
dont on connaît l'existence. M. Van Praet avait entrepris cette 
liste,, qui remplit quatre volumes publiés de 1824 à 1828; mais 
son travail est fort incomplet. Ce serait une tâche digne de tenter 
quelque bibliophile laborieux, que de dépouiller tous les cata- 
logues des dépôts publics, des libraires, des bibliothèques privées 
et des ventes aux enchères, pour y relever les livres de ce genre. 



268 

Le Conseiller du bibliophile, voué à une consomption lente 
bien avant la mort inopinée. de son direfteur, M. C. Grellet, 
était parvenu à prolonger son existence depuis le i^' avril 1876 
jusqu'au mois de juin 1877. Sa succession tente de nouveaux 
Amadis : le Moniteur du bibliophiley Galette littéraire, anec- 
dotique et curieuse, paraissant le i^^^* de chaque mois, gr. 
in-80, double couronne, format carré, a fait son apparition le 
i«r mars 1878. De dire qu'il sort de chez Alcan-Lévy, c'est assez 
signaler son élégance matérielle. Son programme est tout tracé 
dans l'avertissement : « Nous inclinons, dit-il, et visiblement 
vers la bibliographie contemporaine. » Il se publie par livrai- 
son de 64 pages, dont 32 pour la ga:(ette et 32 consacrées à 
l'édition ou à la réédition de publications spéciales avec une 
pagination distinéle. Le Moniteur se présente sous le patronage 
de deux écrivains dont le nom n*a point encore brillé, que je 
sache, dans le firmament bibliographique : M. Cl. A. Noriac 
[Jules Cairon], romancier, successivement collaborateur du 
Figaro, de la Revue fantaisiste, de la Revue des beaux-arts, des 
Nouvelles et direfteur des Bouffes- Parisiens, et M. A. Heulhard, 
qui ne nous est connu que pour avoir déjà tué sous lui, entre 
autres, la Chronique musicale en son 63« numéro d'âge : Moni- 
teur, comme on voit, peu grave et bibliophiles sans prémédi- 
tation. 



TABLE ALPHABETIQUE 



DES MATIERES ET DES NOMS CITES 



Abd-ul-Hamid, 40. 

Abry(L.), héraut d'armes, à Liège, 1, 

2,9- 
Abry (S.-J.)» 3 n. 
Aesopus de Schoeffer, 1497, 46. 
Aigar et MauHn, geste provençale, 

89. 
Aix-la-Chapelle, 49, 5o. 
ALBE(ducd\ 88. 

ÂLBEMARLE (le C^^ d*), 86. 

Albert (l'archiduc), 260, 261. 

Alexandre le Grand, sa devise, 209. 

Aile, vue, 32. 

A Imanachs belges, 76 . 

Almanach royal, etc., de France, 

Alonso des Anges, 267. 
Altenaar, 21. 
Altmeyer, 84. 
AmbleveCC), vue, 63, 65. 

Analeaes typographiques, 

87. 

André (cardin.) d'Autriche, évêque de 
Namur, 25o. 

Anecdotes bibliologiques, 

199, 263. . 
Annaes da Bibl. nacional de Rio de 

Janeiro, 263. 
Anne de St-Barthélemy, 262. 

Anniversaire (400*) de Caxton, 

47- 
Anvers^ vues, 61, 64, 66, 69, 71. 

Afiverji (almanachs d'), 81. 

Aquilar de Terrones, 256. 

Ardennes (les), par Joly, 3o; vues, 

64, 65. 

Tome xii. 



Ardennes (château d'), vue, 35 . 

Arenberg (d'), 189. 

Arenberg (A. d'), 195. 

Arias hontanus, 252. 

Amhem, 24. 

Aronchez (marquis d'), 263. Voy. 

Ligne, 
Asselyn(J.), 176. 
Attavantt, 40, 42. 
AviLA (Aug. d'), 257. 
AviLA (Fr. d'J, 259. 
Ayala (L. de), 257. 
Baartz (W.), 59. 
Backhuizen, 160, 169. 
Baeça, 256. 
Bàilliu, 198. 
Barcelone, 257. 
Bazan (D.-H.), 195. 
Beaufort (chat, de), vue, 36. 
Becdelièvre, 49. 
Belgica de Rio de Janeiro, 263. 
Bellangé, 70. 
Belmont, 239. 
BÉRioT (Ch. de), 83. 
Besançon (MS. de Corvin à), 41. 
Bible polyglotte de Plantin, 243. 

Bibliographie, i, 40, 44, 46, 

47, 85,87, 267, 268. — Voy. aussi 
Almanachs. Anecdotes. Impri- 
meurs, Incunables. 

Bibliographie moliéresque, 85. 

Bibliothèque de Math. Corvin, 
40. 

Bibliothèques citées. — Univ. 

de Liège, 7n, — de Mathias Corvin, 
40, — de rUniv. de Pesth, 40, 41. 



»9 



270 



— B. R. de Bruxelles, 40, 41, 85, 
89, — B. I. de Vienne, 41, — du 
Sérail, 41, — de Londres, 41, — 
B. N. de Paris, 41, — de Wolfcn- 
buttel, 41, — de Florence, 41, — 
de Venise, 41, — de Rome, 41, — 
de Besançon, 41, — Académie des 
sciences à Pesth, 41. — Chapitre 
de Raab, 41, — Univ. de Leipzig, 
44., — La Haye, 46, — Aix-la- 
Chapelle, 5o, — A.-F. Didot, 43, 

— Em. Martin, 44, — Free church 
collège, à Glasgow, 44. 

Blades (W.), 48. 

Blasaeus (J.), 249, 25o, 25i, 253. 

BoissT (de), 06. 

BoissY (L. de), 86. 

BOLSWERT, 195, 197. 
BOUCHARDON, 157. 

Boucher (F.)» i57. 
Boucher (J.), 238, 260. 
Bouillon, vues, 3o, 3i, 32. 
Bourbon (Marie-Anne-Vidoire de), 

264. 
Bourguignon, impr. liégeois, i3, 14. 
Bourscheid (château de), vues, 35. 
Brandebourg (château de), vue, 37. 
Brant (Séb.y, 46. 
Breughel (J.), 193. 
Breughel (P.), 193. 
Brillandi (G. -S.}, 284. 
Brouwer (A.), 195. 
Bruhezius ou van Bruhexen, 49. 
Bruxelles (MS. de Corvin à), 41. 

— (vues), 72. 

— (almanachs de), 76, seq. 

— (cercle art. et lit.), 83. 

— (fête à l'ambassade de 
Portugal), 264. 

BuRBURE (de), 189. 

Busbecq., 41. 

Cabrera (Al.), 256. 

Cairon (J.), 268. 

Callo t, iq6. 

Campa N (G. -L.- A.), 190. 

Campi ne, vues, 63. 

Capitaine (Ul.), 49. 

Carmane, impr. liégeois, 16. 

Castille (roi de), 207. 

Castro (M. de), 258. 

Caxt on (W.), son anniversaire, 47. 

Cercle artistique et littéraire 
de Bruxelles, 83. 



Chalambert (de), 260. 
Charles-Quint, 88, 223, 25 1. 
Chastel (Jean), 261. 
Cherière, vue, 33. 

Chevaux (noms des) dans Aigar et 
Maurin, 147. 

Chronique, 43. 
Chronogrammes, 2, 88. 

Cloche (la) de Schiller, 286. 
CoLLiN, calligraphe liégeois, 5. 
Colonne (D.-Ch.), 195. 
CoNRADiNus Henning. Poésies sur des 

événements belges du xvi« siècle, 

88. 
Conseiller du bibliophile, 268. 
C0Q.UEREAU, i65. 
C0RNELISSEN (A.), 193. 
CoRTONA (A.), 264. 
Danel (L.), 78. 
Dante, 42. 

D*Armont (T-.), 199, 200. 
David de Augusta, 286. 
Deblock (E.), 71. ' 
De Braeckeleer, 69. 
De Braeckenier, 79. 
De Brou (Ch.), 187. 
Decaisne (H.), 74. 
Decoster (A.), 195. 
Decoster (Ch.), 73. 
Degrave (J.), 168. 
De Jode, 195, 196, 197. 
Delafaille (A.), 197. 
Delille (fabbé), i56. 
Delhont (D.), 196. 
Denobele (H.), 69. 
Deridder, 259. 
Deschamps (Bart.), 199. 
Descheppere, i65. 

Devises, 209. 

Devos (C), 157. 

Devos (G.), 194. 

Devos (P.), 194. 

Dewael (J.), 194, 195. 

Dewailly, 159. 

Didot (vente de gravures), 43. 

DiGBY (S.-K.), 196. 

Dillenburg, 47. 

Dinant, vues, 65. 

Dinne(E.-J.), 79. 

Dinner (Conr.), 264. 

Divina Commedia, MS. d'Attavanti, 

42. 
Dohan, vue, 33. 



271 



Douai, 252. 

DOURET, 76. 

DupuYS (Rémi), 201. 

Durer (les) du cabinet Didot, 43. 

DuviviER (G.), graveur liégeois, 2 n., 

10 n. 
Egmont (c*« d*), 68. 
Elst, 21. 
Erasme, 194, 216. 

ËRMENS, 2o3. 

Errata, p. 193, l. i5. Dans quelques 
exemplaires il existe un blanc à 
Tendroit où sont tombés de la 
forme les mots : au-dessus. On 
doit les suppléer et lire : Au-dessus 
de 100 marks, — P. 196. Reporter 
le chiffre de la page a gauche. — 
P. 196, n9 333, lire Inigo au lieu de 
luigo. 

Esch sur la Sûre, vue, 35. 

Escurial, 257. 

Estampes, ventes Didot (43) et 
Wol£f(iq3). 

ESTRÉES (d^), 203. 

Fabri (J.), 21 5. 

Falkenstein, vue, 37. 

Felt\ (château de), vue, 37. 

Ferdinand le Catholique, 201 et s. 

Ferdinand III, 197. 

Ferdinand (prince des Âsturîes), 264. 

Flamand (T.), i58. * 

Flandre (vues en), 60, 62. 

Florence (MS. de Corvin à), 41. 

Fontaine (J.), impr. liégeois, 10 n. 

Fontainebleau, vues, 60. 

Franck (F.), 104. 

François (J0S.I, 157, i58. 

FuENTES (c*« de), 261. 

Galle (T.), 196. 

Galvao (R.), 263. 

Gaston de France, 196. 

Gérard, peintre liégeois, 3 n. 

Gereb (Lad.), 40. 

Gernsheim. Voy. Schœfer, 

Gertrude (s^), statue, i58. 

Gevartius (G.), iq6. 

Glasgow (Free church collège), 44. 

Goethe (man. de), 44. 

Gormond (le roy), 89. 

Gramme, impr. liégeois, 10 n. 

Granvelle (N. de), 216, 224. 

Grebbendyk, 20. 

Grellet (C), 268. 



Grenade, 258. 

Gruterus, 265. 

Gustave-Adolphe de Suède, 196. 

Han (grotte de), vues, 38, 39. 

Hanson, peintre liégeois, 8. 

Harrewyn (Fr.), 204. 

Hastieres, vue, 64. 

Heigerlein (Jean). Voy. Fabri (J.). 

Helbig (A.), 46. 

Hendrickx (G.), 197. 

Henning. Voy. Conradinus. 

Henri IV, 256, 25q. 

Heulhard (A.), 268. 

Hillemacher (F.), i52. 1 

Hirzel (Sal.), 44. 

Hogenberg (F.), 188. 

Hokoy, vue, 67. 

H0LBEIN, 43. 

Hollerfelt^ (château de), vue, 37. 

HoLTROP (J.-G.), 46, 47. 

Huigens, i58. 

Hulst, 261. 

Huyghe (G.), 80. 

HUYSMANS, 71. 

Hymans (L.), 83. 
Imitatio Christi, 265. 

Imprimeurs. — Caxton, 47. 

— Schoefer, 46. — Velpius, 249, 
254. — Plantin, 243, 252. — Zainer, 
265. 

Incunables. — Aesopus de 
Schoefer (1497), 46. — Hortus sani- 
tatis, du même (1485), 46. — Orde- 
ningen van Siegen und Dillenburch 
(14^), 47. — The dide of Philoso- 
phers, de Caxton (1477)1 47 n. — 
Ordonnance de 1499, 07. 

Inventaire des livres imprimés sur 
vélin, etc., 267. 

Isabelle de Castille, 207, 257. 

Jeannin, 259. 

joinville, 247, 248. 

JoLY (Via.), 3ô. 

Jones (Inigo), 196. 

JoRDAENs(J.), 195. 

José I, 264. 

Joseph II, 154. 

JusTE-LiPSE, 195. 

Kaiser (J.-W.), 19. 

Kepel (Anne), 86. 

Kiers (P.), 24. 

Kruseman ^C), 25. 

Kuhnen(L.), 26, 192. 



2^2 



KuYTENBROuwER (M.)» dit Martûius, 
38. 

Lamarck (Er. de), 2i3. 
Lambert (Gerrit), Sy. 

LAHBRICHâr(E.)f 58. 

Lamme (P.-J.), 59. 
Lamorinière (F.J, 60. 
Langendyck, i58. 
Laroche, vues, 62. 
Laure, 264, 265. 
Laus de Boissy, 86. 

Lautenberger (F.)j 67. 
Lauters (P.), 68. 
^ Lauwers (F.), 74. 
Lavaerts (A.), 73. 
Lebret, 86. 
Legros (Em.),i54. 
Legros (Sauv.), 1 52 et seq. 
Leif^ig (Université de), 44. 
Lemay (O.), i56, 164, 107, 168, 175. 
Lemercier, 84. 

LÉONARD, graveur liégeois, 10 n. 
LÉONARD (Jean), 76, 77, 78, 
Le Roy (Ph.), 194, 197. 
Lersch, 49, 5o, 5i. 
Lesueur (P.), 78. 

Lettre de Bruhezius, 49. 

Leys, 70. 

Liberti (H.), 197. 

lÀége : Recueil herald, des bourg- 
mestres, 1. 

Liège : Almanachs, 81. 

LienneQai)j vue, 62. 

Ligne (Fr. de), i55 et seq. 

Ligne (Ch.-J.-P. de), 26S. 

Lincoln (Abr.), y5. 

Lions (noms de) dans Aigar et Mau- 
rin, 148. 

Logrogne, 258. 

Londres (MS. de Corvin à), 41. 

Lorraine (Henriette de), 197. 

LoRRAiNiE^ (Marguerite de), 195. 

Louis II, 40. 

LOUKYER, l52. 

Louvain, 70, 252. 

LOYENS, 1, 2, 3, 9. 

Lucas de Leide, 43. 
Machado (D.-B.), 263. 
Malaga, 258. 
Malaise, 68^ 
Mallery (de), 197. 
Mansfeld (E. de), 107. 
Mansvelt (J . -J.), 170. 



Manuscrits de M. Corvin dans 
diverses bibliothèques de 
TEurope, 41 ; restitués à 
Pesth, 42. 

Marguerite d* Autriche, 21^ et seq. 
Marie de Hongrie, 40, 224, 23i, seq. 
Marie-Barbe de Portugal, 264. 
Marie d'Angleterre (Tudor), 224, 235. 
Martin (Emm.), vente, 44. 
Martinus, voy. Kuytenbrouwer. 
Mathias Corvin, sa bibliothèque, 40. 
Maurin, Voy. Aigar et Maurin. 
Mayence, 46. 
MÉDicis (Marie de), 196. 
Meissens (J.), 197, 190. 
Meuse, vues, 61. 
Meyer (N.), 168, 175. 
MiéviLLE (Julie), 266. 
Mirabelle (marquis de), 198. 
MiRjEus, 259. 

Missel de Mathias Corvin, 40. 

Molière : V Avare, 85. 
MoLiTOR, 172, 174. 
Molyn, i85. 
MoMPER (J. de), 194. 
Moniteur du bibliophile, 268. 
Montaigle (château de), vue, 39. 
MoNTEsiN (L. de), 257. 
Montgaillard (Fabbé de), 260, 261. 
Montplaisir (château de), vue, 65. 

MONTPLEINCHAMP, 261. 
MOREAU, l85. 

Mortehan, vue, 34. 
Mo![ève, vue, 33. 
Namur (évéque de), 25o. 
Nassau (Jean de), 196. 

Nécrologie. — De Brou, Ch., 
187. — Campan (C.-L.-A.), 190. 
— Veydt (L.-F.-F.), 192. — Kûh- 
nen (P.-L.), 192. 

Neefs(J.), 197. 

Neubourg (Marie-Sophie-Élisabeth 
de), 263. 

Noms ethniques dans Aigar et Mau- 
rin, 148. 

NoRiAC (Cl.-A.), 268. 

NuTius (M.), 2i5. 

Nyhoff, 260. 

Olando (Math, de), 254. 

Ommeganck, 166. 

Opheusden, 20. 



273 



Ophoyen, 6 n, 8, 9, 11, 12, r3, 14, i5, 

16, 17. 
Ophoven (Henri), 9, 11, 17, 18. 

Oraisons funèbres des souve- 
rains des Pays-Bas au xvi* siècle, 
201. 

Orval, vue, 84, l*abbaye, 261. 

OsTADE, 161, 162. 

Our, vue, 32. 

Palahedesz-Stevers, 196. 

Pantinus (P), 238. 

Pardo (Sylv.), 254. 

Paris (MS. de Corvin à), 41. 

Pavye (Mich.), 202. 

Pazmann, 41. 

Pedersen (Ch.)t 366. 

Pelgrom (J.), 19. 

Pembroke, 197. 

Pepyn (M.), 195. 

Percy (Lucie), 198. 

Péril (R.), 189. 

Personnes (noms de) dans Aigar et 

Maurin, 146. 
Pesth (MS. de Corvin à), 40, 41. 

PÉTRAR<iUE, 264, 265. 

Peyresc (N.-J. de), 197. 

Philippe II, 224, 23i, 238, 249, 25i, 

254, 257, 260. 
Philippe III, 256. 
Pierre II de Portugal, 263. 

PiLLEMENT, l6g, l8o. 

Pimentel (F.-P.), 195. 
Plantin, 243, 252. 
Poederoyen, 20. 
Poelenburg (C), 195. 

PONTIUS (P.), 194, 195, 196, 197. 

Prestel, i9£. 

Puteanus (E.), 195. 

Raab (MS. de Corvin à), 41. 

Racle, peintre liégeois, 4, 8, 17. 

Rahier, vue, 62. 

Raoul, 83. 

Raymond (Dan.), 200. 

Rechtberger, 178. 

Recueil héraldique des bourgmestres 

de Lzé^e (continuation du), 1 et seq. 
Réguilé (G. de), 199. 
Reiffenberg (de), 89. 
Rembrandt (les) du cabinet Didot, 43 ; 

cité, 59, 160, 161, 198. 

RlÇHARDOT (F.), 223, 224. 

RoBAULT (de^ ae Soumoy, 261. 
Rochette (la), vue, 37. 



^ocKOx(N.), 197. 

KoMBouTs (Th.), 196. 

Rome (MS. de Corvin à), 41. 

Roos (H.), i65, 171. 

RbxAS Y Sandoval (B. de), 256. 

RuBENs (P.-P.), 196. 

RuTHVEN (Lady), 197. 

Ryckaert (M.), 197. 

Sachtleven (C.), 197. 

Saftleven, 162. 

Saint-Juste, aSj, 

Saint-Omer, 252. 

Saint-Remacle fgrotte), 34. 

Sainte-Gertrudeié^iist de), àUtrecht, 

Salamanque, 258. 

Salmeron (J.-L.), 258. 

Santiago (F. de), 258. 

Sarmiento (S.), 258. 

Sarto, ingénieur liégeois, 10 n. 

Sauvage (c»« de), 2o3. 

Sauvagius, 5o. 

Savigny (Ch. de), 261. 

Savoie- Carignan(F.-T. de), 196. 

SCHELER (A.), 84. 

Schilde, vue, 61. 

Schiller, 266. 

ScHOEFER (Pierre), 46. 

Schoen (Martin), 43. 

Schut(C.j, 197. 

Semoy (la), vues, 34. 

Siegen, 47. 

SiMONis (E.), 83. 

Smits (Ed.), 84. 

Snayers (P.), 196. 

Sneessens (M"»«), 159. 

Snellinx (J.), 194. 

Snyders (F.), 194. 

SOBRINO, 259. 

Soliman le Magnifique, 40. 
SoNTAG (Henriette), 26. 
Sotheby, 205. 

Sp^» 49» 5i, 52. 

Speety 20. 

Spinola (A.), 197. 

Stapleaux (Ad.), 80. 

Stevens (P.), 197. 

Stock (A.), 190. 

Stoumont, vue, 66. 

Strater, 49. 

SuAREZ DE Sainte- Marie, 256. 

SUSTERMANS (J.), I94. 

Sylvius (Tellesius Emm.), 263. 
Tack(J.-F.),25. 



274 



Targnon, vue, 63. ^ 

Tassis (A. de), 197. 

Tenxate (Mari), 20. 

Théaulon fA.), i65. 

Theux (X. de), cont. du Rec, herald., 

16. 
Tilly(J. de), igS. 
TiscHEMDORF (sE bibUothèque), 44. 
Trie8t(A.), lai. 
Tross (H.), 2bb. 
Urphé (gén. d*), igS. 
Utrecht, 24. 

Valladolid, 262, 267, 259. 
Van Balen (H.), iqS. 
Van Bloerner, 164. 
Vanden Enden, 195. 
Vander Geest (G.), 196. 
Vander Haeghen (F.), 90. 
Vanderkeelen, 21. 
Vanderkellen Senior (David), 22. 
Vanderkellen Junior (David), 24. 
Vandernoot (H.-J.), i56. 
Vandevelde, 162, 166. 
Vande Wiele (L.-J.), 263. 
Van Dyck (A.), 193, 196, 198. 
Van Goyen, 169. 
Van Heil, 172. 

Van Hulthem, 2o3, 21 5, 224. 
Van Kuyck (L.), 27, 67. 
Van Loon (Th.), 196. 
Van Mildert, 197. 
Van Noort, 1^4. 
Van Praet, 267. 
Van Rooy, 68. 
Van Rykelykhuizen, 22. 



Van Voerst, 196, 197. 
Variétés, 265. 
Velpius, 249, 254. 
Venise (MS. de Corvin à), 41. 

Ventes. — Didot (estampes), 43. 
— Emm. Martin, 44. — Wolff, de 
Bonn (estampes), 193. — Sotheby, 
265. 

Verboekhoven (E.), 71. 
Verhaes, i65. 

Vers inédits de Dinner, 264. 
Verstolck, 43, 193. 
Vervins (paix de), 260. 
Verwée (L.-P.), 70. 
Veydt (L.-F.-F.), 192. 
Vianden (château de), vue, 36. 

ViLLERAY, 256. 

VivRoux, sculpteur liégeois, 3 n. 
Voisin, 260. 

Vorsterman (L.), 194, 196, 197. 
VouET (Simon), 196. 
Vrancx (S.), 195. 
Wagner, 172. 
Walckiers, 160, 175. 
Wallenstein IX* de), 195. 
Wartbourg (château dé la), vue, 26. 
Weber (H.), 193, 197, 198. 
WiLDENs (J.), 196. 

Wolff (H.), vente de ses estampes, 
193. 

WOUWERMANS, 164. 

XiMENEs, card. de Tolède, 252. 
YvE (A.-T. d*), 224. 
Zainer, 265. 



TABLE DES AUTEURS 



Anonyme. 



BODY (A.). 

bormans (s.). 

Campbell. 
Delvigne (Ad.). 

Heuschling (X.)* 

Hippert. 

HoFFMANS (feu F.-L.). 

SCHELER (A.). 
SiRET. 

ViNCK d^Orp (bon de). 



La bibliothèque de Mathias Corvin 40 

Chroniques et variétés 43, 205 

Le 400* anniversaire de Caxton 47 

Contribution à la bibliographie moliéresque . . 85 

Nécrologie 190 et suiv. 

Vente des estampes de M. Wolff 193 

Anecdotes bibliologiques 200, 263 

Bibliographie 267 

Un écrit inconnu de Bruhezius 49 

La continuation du recueil héraldique des bourg- 
mestres de Liège 1 

P. Schoefifer de Gernsheim 46 

L'Oraison funèbre de quelques souverains des 
Pays-Bas au XVI* siècle 201 

Sur le cercle artistique et littéraire de Bruxelles. 83 

Le peintre-graveur des Pays-Bas . . . 19, 67, i52 

Analedes typographiques 87 

Aigar et Maurin 89 

Nécrologie : De Brou 187 

Almanachs belges 76 



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